Dernière mise à jour
: 05/02/2008
Les divinités funéraires -ou génies,
car ils n'ont jamais eu de temple (ni de culte) nulle part-
ainsi désignées correspondent à Imset
(ou Amsit), Hapy, Douamoutef et Qebehsenouf. Ils sont attestés
dès l'Ancien Empire, et on les retrouve dans les Textes
des Pyramides.
Leur nom même prête à confusion : ils
sont dits clairement dans plusieurs textes être les
descendants d'Horus, mais nous verrons plus bas que cette
filiation n'est pas univoque. Ils sont exclusivement en
rapport avec un contexte funéraire.
Signalons que le nom "Quatre Enfants d'Horus"
est synonyme de celui, plus connu, de "Quatre fils
d'Horus". Il existe en effet un flou sur le sexe original
d'Amsit, dont le nom est parfois représenté
avec le "T" terminal du féminin. Quoi qu'il
en soit, par glissement progressif afin de s'adapter au
mythe, ce génie est considéré comme
masculin, justifiant le terme de "Fils".
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| Amsit |
Hapy |
Douamoutef |
Qebehsenouf |
| Deux versions différentes sont
données pour chaque nom |
Nous avons l'habitude de voir les quatre Enfants d'Horus sous
deux formes principales : soit associés au lotus
bleu qu'ils font émerger de l'eau primordiale, soit
sous forme de bouchons fermant les vases canopes qui contiennent
les viscères du défunt.
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Amulettes-British Museum
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Néanmoins, on les retrouve aussi avec une grande régularité
dessinés ou sculptés sur les cercueils de bois
comme les sarcophages en pierre à partir du Moyen-Empire.
Des amulettes les représentant étaient volontiers
introduites entre les bandelettes pendant la momification,
surtout à partir de la Troisième Période
Intermédiaire. Des filets à leur image recouvrant
les momies sont également connus.
On a aussi retrouvé, à partir de l'époque
de Ramses III, des images en cire des génies introduits
dans la cavité abdominale lors de la momification,
en parallèle à la réintroduction des
viscères dans la momie à cette époque.
1)- Les Enfants d'Horus dressés
sur un lotus
• Cette représentation apparait à
la fin de la XVIIIème Dynastie, sans réelle
systématisation au début. Puis le motif des
quatre personnages debouts, figés selon un ordre précis,
sur la corolle du lotus ouvert sera le canon standard de la
XXème Dynastie jusqu'à l'époque Romaine
: Amsit (tête humaine), Hapy (tête de cynocéphale),
Douamoutef (tête de chien) et Qebehsenouf (tête
de faucon).
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Papyrus Ani |
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• Le choix du lotus bleu est clairement en rapport
avec la montée à cette époque de la cosmogonie
Hermopolitaine. Celle ci met en scène, à l'aube
des temps, quatre personnages mâles qui fécondent
le lotus primordial flottant sur les eaux abyssales du Noun
(ou le Noun lui même, d'où sortira la plante);
lotus d'où jaillira l'enfant solaire, et donc la Création.
Mais à Hermopolis, c'est une Ogdoade de quatre créatures
mâles et quatre créatures femelles qui a créé
le monde.
Nous verrons plus bas comment les penseurs Égyptiens
ont transformé les entités mâles en fils
d'Horus, et les femelles en quatre déesse : Isis, Nephthys,
Neith et Selket, et comment ils ont établi la relation
entre les déesses, la naissance du soleil et celle
des Enfants d'Horus.
Cette association Enfants d'Horus - déesses a été
conservée sur certaines boîtes à canopes,
comme celles de Toutankhamon
par exemple. Dans l'imbrication même des chapelles
en bois doré ce schéma est respecté,
jusqu'au niveau du dernier récipient en calcite.
• Les "Quatre Enfants" sont nés d'Isis
comme l'indique la formule 112 du Livre des Morts :
"Quant à Amsit, Hapy, Douamoutef
et Qebehsenouf, Horus est leur père et Isis leur mère. Alors
Horus dit : Mets deux frères à Bouto et deux frères à Hierakonpolis,
de cette mienne corporation; ils seront avec moi, assignés
pour l'éternité, afin que le pays prospère, et que le tumulte
soit apaisé".
D'emblée, ils ont une connotation géographique
en regard avec l'ensemble de l'espace où a été
jeté le corps démembré d'Osiris, et sont
donc en rapport avec la réunification, la reconstitution
de celui ci.
C'est pourquoi ils sont aussi en relation avec l'oeil Oudjat,
symbole de la reconstitution complète, achevée,
du dieu Osiris qui a retrouvé vie mais aussi du dieu
Horus dont l'intégrité physique avait été
atteinte par la perte de son oeil.
2)- Les représentations
du lotus sur lequel se dressent les quatre Enfants peut
varier, mais toutes sont en rapport avec Osiris.
Le dieu, debout ou assis sur un trône, repose toujours
sur une estrade.
Cette dernière est parfois biseautée, dessinant
alors le hiéroglyphe "m3a"
Il est particulièrement indiqué, puisque sa
forme évoque la berge d'un cours d'eau -en l'occurence
bien sûr, le Nil (Servajean et Wörterbuch, II,
25, 2-4). Et plus précisément, la berge au moment
de la crue, quand -mythologiquement- les lymphes d'Osiris
inondent les terres proches du fleuve, d'où dépassent
les tiges végétales.
Issue de ses deux jambes (rd.wy),
l'inondation ramène les eaux de l'océan primordial,
le Noun, fertiliser une nouvelle fois les terres de l'Égypte.
Remarquons au passage qu'il s'agit là d'une des raisons
qui rendaient nécessaire le mythe de la mort et de
la recomposition d'Osiris : l'Égypte ne pouvait pas
vivre sans la mort puis la renaissance du Grand Dieu.
La plante peut pousser entre les jambes d'Osiris, ou directement
de ses pieds, mais aussi de l'estrade elle même, dans
laquelle on a parfois dessiné les ondulations représentant
l'eau. Elle peut être représentée uniquement
par sa tige, mais parfois aussi c'est son rhizhome qui est
mis en valeur, ce qui a donné naissance au hiéroglyphe
Gardiner M31 : 
Voici quelques représentations dans les tombes thébaines:
• Tombe
de Roy • Tombe
de Khonsou • Tombe
de Nefersekherou et détail
3)- Les Enfants d'Horus et les (vases)
canopes
Les quatres génies participent à la reconstitution
de l'intérieur ib du défunt (première
explication mythologique)
Ces notions ont été analysées finement
par Thierry Bardinet : "le ib
comprend la totalité des cavités corporelles
situées derrière le coeur Haty (= le viscère
du coeur) dans le creux du corps qui forme ce que les Égyptiens
appelaient le Shet, et qui correspondrait dans la terminologie
moderne à la fois au ventre et au thorax. Le ib le
remplit presque totalement. Cette position du ib dans le Shet,
affirmée par les textes, n'indique pas une relation
anatomique avec les intestins, ou avec différents organes.
Elle indique qu'il n'y a pas d'élément du ib
qui ne soit pas partie intégrante du Shet, le coeur-Haty
mis à part. [....] Le ib est donc d'une grande complexité
anatomique...les viscères étant simplement des
endroits anatomiques particuliers du ib"
On comprend dès lors le rôle des quatre
Enfants d'Horus dans la reconstitution de l'intérieur
ib, ainsi que leurs rapports avec les vases canopes.
La correspondance entre le contenu des vases n'est cependant
pas toujours parfaitement en accord avec les données
textuelles.
Ces dernières mettent en relation théorique,
dès la fin de l'Ancien Empire :
• Amsit avec le foie,
la déesse Isis, les pieds, la ville de Hierakonpolis
en Haute-Égypte, le Sud
• Hapy avec les poumons,
la déesse Nephthys, les mains, la ville de Bouto dans
le Delta, le Nord
• Douamoutef avec la rate
ou l'estomac (ce n'est pas toujours clair), la déesse
Neith, les mains, la ville de Bouto dans le Delta, l'Est
• Qebehsenouf avec "les
intestins", la déesse Selket, la ville
de Hierakonpolis en Haute-Égypte, l'Ouest
a)- Aspects anatomiques pratiques
Au cours de la momification, les trois premiers viscères
cités ci dessus sont extraits, et puis il y a le reste.
Dans ces tissus restants prédominaient l'intestin grêle
et le colon bien sûr, reconnaissable histologiquement
(ça, c'est le travail des anatomo-pathologistes, comme
moi). Ce qui fait qu'on a longtemps pensé que seuls
ces viscères étaient présents, alors
qu'ils étaient simplement majoritaires.
Qebehsenouf a en fait la garde de tout ce qui reste dans
le Shet après extraction des poumons, du foie et de
la rate. Il recueillait aussi les liquides (sang, lymphe,...)
qui s'écoulaient lors de l'éviscération.
Ceci lui donnait des liens particuliers avec les éléments
liquides mettant en relation eaux primordiales (Noun) -"humeurs"
d'Osiris- crue du Nil (dont il est dit explicitement qu'elle
provient de l'écoulement des humeurs d'Osiris, en particulier
par ses jambes). Qebehsenouf peut d'ailleurs être représenté
sous forme d'un poisson.
• Le viscère cardiaque restait dans la momie
ainsi que les reins. Si pour le coeur, la signification symbolique
que les Égyptiens lui accordaient explique aisément
sa présence (siège de la pensée, des
émotions, de la personnalité, des sens, de la
mémoire...) celle des reins est moins claire.
Par expérience professionnelle, je pense qu'une partie
au moins de l'explication tient à des raisons purement
pratiques. En effet, les reins sont des organes rétro-péritonéaux,
profondément situés et d'atteinte difficile
pour quelqu'un qui passe par une petite incision latérale.
De plus, leur ablation créée une véritable
"brêche" dans la cavité péritonéale,
ce qui a peut être été jugé inapproprié.
Une autre hypothèse est que ces organes, situés
hors du Shet, n'étaient pas considérés
comme plus important que les tissus mous.
b)- Aspects mythologiques
La formule 151A du Livre des Morts rend compte (entre autre)
des rôles spécifiques de chaque entité
:
• "Paroles dites par Amsit
: je suis ton enfant, N.; je suis venu pour être ta protection;
j'ai maintenu ta demeure de façon tout à fait durable, conformément
à ce qu'a ordonné Ptah, conformément à ce qu'a ordonné Ra"
• "Paroles dites par Hapy : Je suis venu pour
être ta protection, Osiris N.; j'ai rattaché
ta tête et tes membres, et j'ai frappé pour toi
tes ennemis sous toi; je t'ai redonné ta tête,
pour toujours"
• "Paroles dites par Douamoutef : Je suis
ton enfant, Horus bien-aimé, N. ; je suis venu protéger
mon père Osiris de celui qui agit (contre) toi : je
le mène sous tes sandales"
• "Paroles dites par Qebehsenouf : je suis
Qebehsenouf; je suis venu pour être ta protection, N.;
je t'ai rassemblé tes os, je t'ai réuni tes
membres, je t'ai apporté ton coeur et je le remets
à sa place dans ton corps; j'ai maintenu ta demeure
après toi."
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Directement inspirée de ce chapitre 151, la paroi nord
de la tombe TT96 de Sennefer peut résumer la disposition
des éléments protecteurs et régénérants
du caveau. On remarque d'abord le découpage en espaces,
clos mais imbriqués. Le corps momifié dans son
cerceuil noir en occupe le centre. Anubis pratique sur lui
le rite du réchauffement du coeur, et il est veillé
par Isis et Nephthys. Au milieu des quatre parois, les quatres
"briques magiques" qui étaient enfouies dans
chaque mur (une mèche enflammée, un pilier Djed,
un cercueil miniature et une représentation d'Anubis)
Et nous trouvons, aux quatre angles du rectangle intérieur,
les quatre Enfants d'Horus (dont le nom ne correspond d'ailleurs
pas à la tête...) qui participent activement
à la reconstitution du défunt.
Selon le chapitre 17 du Livre des Morts, les quatre fils sont
placés en protection du sarcophage d'Osiris par Anubis
: "Quant aux sept Esprits, C'est
Amsit, Hapy, Douamoutef, Qebehsenouf, Maanitef (= celui-qui-voit-son-père),
Kheibaqef (= celui-qui-est-sous-son-olivier) et Menkhetyenirty;
ils ont été placés par Anubis en protection
du sarcophage d'Osiris.". Signalons cependant
que, quelques lignes plus loin, lorsqu'on évoque une nouvelle
fois ("Autre version")
les sept Esprits, il n'est plus question d'eux...
4)- Pourquoi y a t'il quatre
canopes ?
Comme le démontre Frédéric Servajean,
il n'y a pas quatre canopes parce qu'il y a quatre viscères,
mais parce que c'est le chiffre quatre qui est recherché.
Les raisons en sont complexes, et plutôt liées
à des raisons physiologiques que mythologiques. Il
faut chercher du côté de l'idée que
les Égyptiens se faisaient de la filiation, et notamment
de ce qui revenait à chaque parent.
La mère (ici Isis) transmet à son enfant (ici
Horus) la moitié de son être-ib, et bien sûr
idem pour Osiris. Horus ne peut donc pas recomposer son
père puisqu'il ne porte en lui que la moitié
de son essence. Ses propres "enfants" ne possèdent
plus, eux, que le quart de l'être-ib de leur "grand-père"
Osiris. Il faut donc qu'ils soient quatre pour le reconstituer
intégralement. Et cette recomposition ne peut avoir
lieu avant la deuxième génération.
Or nous savons bien que, selon le mythe, la renaissance
d'Osiris en être complet (Oun-nefer) est le fait d'Isis,
qui ne peut donc qu'être la mère des quadruplés.
5)- Il existe une autre tradition
(deuxième explication mythologique)
Celle ci est directement calquée sur celle d'Héliopolis
: les quatre Enfants d'Horus seraient issus du sperme de ...Seth
Après qu'Horus ai recueilli dans ses mains la semence
du dieu Seth, son oncle, qui essayait de le violer, il le
rapporta à sa mère Isis qui, horrifiée,
coupa les mains de son enfant et les jeta dans le marais.
Le sperme féconde alors le lotus primordial qui jaillit
hors de l'eau et s'ouvre, donnant naissance soit au soleil,
soit aux quatre Enfants d'Horus.
Le rapport entre Enfants d'Horus et mains coupées d'Horus
est donné par la formule 113 du Livre des Morts :
"Alors Ra dit : je donne Hierakonpolis à Horus
pour être le site de ses mains' [...] Alors Horus dit
: 'Donne moi donc aussi Douamoutef et Qebehsenouf, pour que
je les garde, car c'est mon groupe séditieux! Ils seront
installés là-bas, sous la dépendance
du dieu d'Hierakonpolis"
Quoi qu'il en soit, les rapports que nous avons déjà
vus entre les quatre Enfants (en particulier Qebehsenouf) avec
le milieu liquide nous explique aussi pourquoi ce sont eux
qui rapporteront du fond de l'eau des fragments du corps des
dieux mutilés, comme la tête d'Osiris ou les
mains d'Horus. Ainsi il est dit (Papyrus Jumilhac) : "c'est
la tête de ce dieu que l'on rapporte dans le filet des
enfants d'Horus". Rappelons à ce sujet
que la pêche au filet est une simple métaphore
de la reconstitution de l'intérieur-ib (Th. Bardinet).
6)- Autres rôles
Les quatre Enfants d'Horus interviennent également dans
le parcours nocturne du soleil. C'est ainsi qu'ils peuvent
enchaîner certains serpents dangereux, alliés
d'Apophis qui essaie de renverser, nuit après nuit,
la barque solaire. Ils sont représentés à
la partie Ouest des plafonds astronomiques des tombes Ramessides.
Certains textes, assez confus, mentionnent une corrélation
astronomique des Enfants avec Seth. Le chapitre 17 du Livre
des Morts nous dit : "Qui est-ce?
Les maîtres de vérité, c'est Seth et Isdes,
Maître de l'Occident. La corporation divine autour d'Osiris,
c'est Amsit, Hapy, Douamoutef et Qebeh senouef ; et ce sont
ces dieux qui sont derrière la Cuisse dans le ciel
du Nord". La Cuisse désigne la Grande Ourse,
dont les étoiles dessinent une cuisse, qui serait la
cuisse de Seth que garde enchaînée la déesse
Thoueris. Ils empècheraient ainsi Seth de rejoindre
Orion, constellation en lien avec Osiris, dans le ciel du
Sud.
On les retrouve également, sous une forme très
originale, dans la
tombe du pharaon Ay : Amsit et Hapy sont coiffés
de la couronne rouge de Basse Égypte, tandis que Douamoutef
et Qebehsenouf portent la couronne blanche de Haute Égypte.
7)- Les (vases) canopes ont grandement
varié selon les époques.
• A l'ancien Empire, les canopes n'étaient
pas toujours des vases, mais pouvaient être des excavations
aménagées dans la tombe elle même et
qui recueillaient les viscères momifiés du
défunt. Le premier exemple royal attesté
se trouve à côté du sarcophage de Khephren.
Des vases en bois ou en pierre étaient aussi utilisés.
Ils étaient fermés par des bouchons bombés
ou plats, sans forme particulière.
• A partir de la première période
intermédiaire, les bouchons commencent à représenter
des têtes humaines, tandis que le contenu des vases
lui même est parfois décoré. A cette époque,
il semble que ces têtes anthropomorphes étaient
conçues comme représentant le défunt
lui même et non un dieu ou un génie.
• Les inscriptions sur les boîtes contenant
les vases, initialement réduites au nom et au titre
du défunt s'étoffent également, pour
ressembler de plus en plus aux textes des cercueils eux mêmes.
• Vers la fin du Moyen-Empire, un type "canonique"
était fixé, bien que souvent pris en défaut:
une boîte de pierre (= sarcophage) entoure une boîte
de bois (= cercueil) compartimentée en 4, chaque
case contenant un vase à bouchon en forme de tête
humaine auquel est associé un des Enfants d'Horus. Les
déesses protectrices entourant les boîtes,
bras étendus pour embrasser la totalité du
défunt.
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| Coffret à canopes en calcite |
Croisillons délimitant les cavités
dans la pierre. Bouchons en place |
Détail d'un bouchon |
Sarcophage momiforme en or contenant des viscères
momifiés |
| MATÉRIEL FUNÉRAIRE DE LA
TOMBE DE TOUTANKHAMON |
• Au début de la XVIIIème Dynastie,
les cercueils rectangulaires ont définitivement disparu
au profit des anthropomorphes. Parallèlement, les
boîtes à canopes se sont rapprochées
de la forme d'un naos de temple, souvent placé sur
un traîneau (voir ci dessus celle de Toutankhamon).
La forme des bouchons évolue elle aussi, avec apparition
de bouchons à tête animale sur trois des vases.
Cette évolution résulte d'un important glissement
conceptuel : les vases ne renferment plus le défunt,
mais bien les génies mêmes qui constituent des
aspects de la personne totale du défunt.
Ainsi dans la tombe de Basse Époque de Pétosiris
(datant de la seconde domination Perse, fin du IVème
siècle avant J.C.), nous voyons clairement le nouveau
sens qu'on leur avait assigné. Chacune des divinités
porte au défunt une partie de son être, qui s'est
désintégré au moment de la mort. Il ne
s'agit donc plus seulement d'une reconstitution du corps-Shet,
mais bien de l'individu tout entier. C'est ainsi que nous
voyons les quatre fils apporter à Petosiris, en procession
: son Ka, son coeur-ib, son Ba et la momie-Sah (vue).
Signalons que, pour les personnes royales, les "vases"
pouvaient être des cavités creusées dans
un bloc de pierre dure, coiffées d'un bouchon, et contenant
les viscères dans des cercueils miniature. Le meilleur
exemple est celui de Toutankhamon.
Nous présentons également ci dessous les magnifiques
vases de Touyou, père de la reine Tiy qui fut Grande
Épouse Royale d'Amenophis III, exposés il y
a quelques années au musée Égyptien du
Caire.
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Vase canope sous la
protection de Amsit |
Vase canope sous la
protection de Qebehsenouf |
Sarcophage contenant les "intestins" dans
le canope de Qebehsenouf |
| MATÉRIEL FUNÉRAIRE DE
LA TOMBE DE TOUYOU |
8)- Épilogue
A partir de la XXIème Dynastie, tout change. Les viscères
momifiés sont le plus souvent remis dans la momie,
notamment chez les particuliers (pour des raisons religieuses,
et peut être aussi économiques), rendant théoriquement
l'usage des vases redondant.
L'usage des canopes ne disparaît cependant pas complètement,
car la tradition était fermement établie.
C'est ainsi que des vases vides peuvent accompagner la momie,
ou des coffrets en bois en forme de naos, sur lesquels sont
peints les génies. Parfois même les vases sont
remplacés par des jarres factices, en pierre non évidée.
Malgré tout, cette tradition finira tout de même
par disparaître, et il n'en est plus question à
l'époque ptolémaïque.
Par contre les représentations des quatre Enfants d'Horus
perdureront encore jusqu'à l'époque Romaine
et on en rencontre encore au IVème siècle après
J.C.
| Bibliographie
|
| - Assmann
Jan : Mort et au-delà dans l'Égypte
Ancienne, Rocher, 2003
- Bardinet Thierry : Les papyrus médicaux
de l'Égypte Pharaonique. Fayard, 1995
- Barguet Paul : Le Livre des Morts des anciens
Égyptiens, Ed du cerf, 1967
- Bruwier Marie-Cécile : Les coffrets à
reliques funéraires, Anubis et les Enfants
d’Horus – Cahiers de Mariemont n°30-31,
pp.18-38 (2003)
- Dodson Aidan : "canopic jars and chests"
in The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt, under
the direction of Donald B. Redford, vol 1, page
231-5, AUCP, 2001
- idem "four sons of Horus" page
561-563
- Piankoff Alexandre : The shrines of Tut-Ankh-Amon,
Harper & Row, 1952
- Reeves Nicholas : Toutankhamon, le roi, la tombe,
le trésor royal. Belfond, 1991
- Servajean Frédéric : Le lotus émergeant
et les quatre Enfants d'Horus : analyse d'une métaphore
physiologique, in Encyclopédie religieuse
de l'univers végétal, direction Sydney
Aufrère, Orientalia Monspeliensa XI, 2001
- Toro Rueda, María Isabel: Das Herz in der
ägyptischen Literatur des zweiten Jahrtausends
v. Chr. Untersuchungen zur Idiomatik und Metaphorik
von Ausdrücken mit jb und h3tj (Le coeur dans
la littérature égyptienne du IIème
siècle avant J.C. Une recherche sur le sens
idiomatique et métaphorique des expressions
avec jb et h3tj). Dissertation
téléchargeable
- Wilkinson Richard H. : The complete gods and godesseses
of Ancient Egypt. Thames & Hudson, 2003
- Ziskind Bernard, Halioua Bruno : La conception
du coeur dans l'Égypte Ancienne, Erudit.org
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