| Dernière mise à jour
: 23/05/2007 |
Le concept de la Maat regroupe plusieurs dimensions totalement
indissociables dans l'imaginaire égyptien. Nous n'allons
les séparer que pour des raisons didactiques.
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Maät
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La Maat, "l'ordre juste du monde", est au coeur
de la compréhension de la civilisation égyptienne
toute entière, et elle est le fondement de sa longévité.
Elle est liée et confondue avec l'éthique (incluant
la justice, la vérité), avec l'ordre universel
(l'ordre cosmique, l'ordre social, l'ordre politique ) et
avec l'intégration sociale basée sur la communication
et la confiance.
Fondement de l'identité culturelle égyptienne,
Maat est la grande création des penseurs de l'Ancien
Empire. C'est elle qui offre un cadre idéologique à
l'État pharaonique, tant au niveau de la justification
de son existence qu'à celui des règles qui définissent
le bon gouvernement.
Initialement, la Maat n'est pas conceptualisée, elle
est assimilée à -et manifestée par- la
volonté du roi.
Mais nous ne saurions pas ce que recouvre ce principe si une
rupture n'était survenue. Cette rupture, c'est la décomposition,
à la fin de l'Ancien Empire, de l'unité centralisée
du pays incarnée par le roi. Émergent, alors
de multiples pouvoirs locaux qui se partagent le territoire
pendant une couple de siècles (la Première Période
Intermédiaire).
Le désordre, et l'anarchie sociale qui en a été
la conséquence, ont profondément marqué
l'imaginaire égyptien. La nécessité s'est
alors faite jour de formuler et d'expliquer ce qui allait
de soi à la période précédente.
Cette réflexion est passée par le biais d'un
genre littéraire, dont les premieres traces remontent
à la IIIème dynastie, qui concerne la conduite
des individus : la littérature sapientiale, avec ses
enseignements.
Elle s'exprime également à travers un nouveau
type de littérature, propre à la difficile période
traversée : les lamentations (complaintes) ou littérature
pessimiste. Cette dernière concerne davantage la société
que la bonne conduite des individus.
Il en va de même d'un troisième genre que sont
les écrits de roi à leurs fils et qui expriment,
pour la première fois, des propositions concrètes
sur le gouvernement des hommes.
1. MAAT, BASE DU CIMENT SOCIAL
Le Moyen Empire verra se reconstituer l'unité politique
et sociale du Double Pays, réunifié autour du
concept central de la Maat. C'est le "Conte de l'oasien"
qui résume le mieux le concept de Maat à cette
époque.
Dans les neuf suppliques qu'adresse à son juge un
paysan qui a été volé, ressortent les
trois attitudes fondamentales d'un comportement conforme
à la Maat: Il n'y a pas d'hier pour le paresseux,
pas d'ami pour celui qui est sourd à la Maat, pas
de jour de fête pour l'avide.
(1) La paresse - Faire la Maat.
La paresse, c'est l'absence d'action, l'inertie. Pour l'Égyptien,
toute action doit entraîner une réaction dans
un engrenage reliant les actions passées (l'hier) aux
actions présentes. Il faut agir pour celui qui agit
et ce, pour une raison très pratique: afin de l'engager
à rester actif.
Dans une société où la subsistance de
l'individu se fait au jour le jour, dans un lacis relationnel
complexe, le moindre dérèglement peut compromettre
la survie des personnes ou le fonctionnement de la machine
administrative.
Ne pas oublier le bien qui a été fait, c'est
la base de la confiance. C'est une solidarité de survie,
basée sur l'interdépendance, incarnée
par la Maat.
(2) La surdité à la
Maat - Dire la Maat.
La plus grande sagesse selon l'Égypte ancienne, c'est
de savoir écouter dans le silence, de méditer
la parole reçue et d'agir en conséquence.
Cela n'est pas étonnant quand on sait l'importance
de la langue, des mots prononcés qui sont une substance
vivante, une vraie nourriture. La vie sociale n'est possible
que par l'échange d'une parole harmonieuse, qui seule
permet l'intégration de l'un et de l'autre dans une
dynamique basée sur la confiance des actions qui
seront réalisées.
Le sourd qui n'écoute pas l'autre, c'est l'insensible,
l'indifférent. De ce fait, il n'a pas d'ami et n'est
pas intégré dans la société.
Quand on ne communique plus, à l'échelon de
l'individu ou de la société, c'est la violence
et la loi du plus fort qui s'installent. Ceci est bien illustré
dans Le "dialogue du désespéré
avec son âme", un autre texte classique du Moyen
Empire.
(3) L'avidité.
C'est une propriété du coeur pour l'Égyptien.
Il n'y a rien qu'on puisse faire dans un cas pareil : c'est,
disent les sages, une maladie incurable.
Elle est doublement négative:
- pour l'individu : en effet, durant sa vie, l'homme accumule
une énergie "subtile" notamment lors des
fêtes, qui semble en relation avec la joie de vivre.
Cette énergie alimente son ka, son double immatériel.
Celui qui ne sait pas être heureux porte donc tort à
son propre ka.
- pour la société : l'égoïsme, le
désir de possession, la jalousie, entraînent
la destruction des relations sociales. Celui qui spolie quelqu'un
qui a travaillé pour lui, lui enlève son moyen
de subsistance, le met en péril, et est de ce fait
un inducteur de violence.
Par ailleurs, en essayant de se sortir de sa dépendance
des autres, de s'individualiser, l'homme rompt le système
d'interaction dynamique de la société et va
là encore engendrer la violence.
Au contraire, Maat c'est l'honnêteté, la charité,
l'absence de jalousie, le travail justement rétribué.
2. LA MAAT ET LA TOMBE
Le but de l'Égyptien de la haute société
est de devenir un propriétaire de tombe, un imakhou
(ce qui est, en soi, l'expression tangible de son statut social
de "bien pourvu"). Ceci nécessite que plusieurs
conditions soient réunies:
- Une fonction rémunératrice et une autorisation
royale.
- Un culte post-mortem coûteux supposant soit une
filiation, soit des prêtres spécialisés,
dans tous les cas des revenus importants.
- Un souvenir dans la société.
Trois cliquets de sécurité sont ainsi mis
en place pour contraindre moralement l'homme à se
bien comporter :
• La fonction exercée devra avoir été
correctement remplie afin d'avoir joui de la faveur royale.
• Un testament devra pouvoir être rédigé
et les biens du défunt passer à son héritier;
cela n'est pas automatique. Il faut que le testament soit
approuvé (scellé) par le vizir lui-même
qui peut déshériter si les biens ont été
mal acquis.
• Le bon souvenir laissé à la collectivité,
afin que la chapelle soit entretenue et non détériorée,
et les formules de vie prononcées.
Il faut s'être fait aimé de son vivant (il
ne s'agit pas d'aimer l'autre !). Cette tâche ardue
suppose qu'on a suivi la voie de la solidarité préconisée
par la Maat.
Les biographies dans les tombes précisent bien qu'on
a donné à celui qui avait besoin (pain, vêtements,
bateau ... ) qu'on n'a pas commis de péché
de langue (médisance, calomnie ...) et qu'on a rendu
bonne justice.
Il s'agit, dans ces obligations impersonnelles, de s'assurer
de la conformité de la vie du défunt à la règle
générale. Ce comportement éthique est
distinct de la carrière "professionnelle".
3. ÉVOLUTION DES CONCEPTS
Ces conceptions évoluent au cours des diverses périodes
de l'histoire.
(1) À l'Ancien Empire.
La Maat est confondue avec la volonté du roi et suppose
le service des hommes : "la Maat, c'est ce que dit le
roi".
Elle n'est pas la carrière elle même, puisque
celle-ci est spontanée et liée à l'ambition,
mais la manière de la pratiquer.
Carrière au service du souverain et Maat sont donc
nettement séparés, mais forment néanmoins
un binôme indissociable.
(2) À la Première Période
Intermédiaire.
Après la chute de la monarchie d'Ancien Empire, la
Maat n'est plus consubstantielle à une carrière
au service du roi. Le mot même de Maat, qui reste cependant
identifié par les Égyptiens au roi, à
l' État, disparaît des inscriptions. Une vie
conforme à la justice, équilibrée, vertueuse,
peut seule conduire à l'immortalité.
La vertu de l'homme est maintenant le véritable monument
: un bon caractère est un monument; c'est un monument
de faire du bien; le monument de l'homme est sa vertu.
Plus besoin de tombe ou de carrière royale. Peut
être les difficultés économiques ont-elles
aussi joué dans cette nouvelle vision, car très
peu de gens pouvaient avoir accès à un monument
authentique à cette période.
(3) Au Moyen Empire.
Grâce à une littérature dite "de
propagande" (terme inadapté, mais il n'en est
pas de plus proche), la monarchie réintroduit la
notion traditionnelle de la Maat- service du roi,
comme nécessité de la survie.
Elle s'ajoute aux deux autres nécessités que
sont la vertu de la tombe. Tombe et Maat deviennent inséparables.
(4) Par la suite, et surtout à
partir du Nouvel Empire.
Après la chute du Moyen Empire et l'invasion des
Hyksos, la Deuxième Période Intermédiaire
a montré qu'il n'était pas possible d'être
assuré d'un monde terrestre stable où la Maat
pourrait régner sans partage.
Une conséquence majeure en est tirée pour l'Au-delà
: il ne peut plus être une simple continuation de la
vie terrestre. Le défunt ne peut plus se contenter
de survivre. Il doit passer dans un autre état, celui
de Dieu vivant immortel dans le royaume d'Osiris.
Pour que le mort acquiert son nouvel état, il faut
des rites de passage : ce sera le "jugement des morts"
(entre autre, car l'enterrement, l'Ouverture de la Bouche,
...sont également des rites de passage).
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Amulette d'Oiseau-Ba
à tête humaine.Faïence.
Musée du Louvre
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Le jugement des morts constitue un rite initiatique important
car c'est un tribunal divin qui autorise le passage à
la parcelle immortelle de l'homme, représentée
par son Ba (improprement, mais à défaut de
mieux, traduit par âme). Mouvant entre les mondes,
le Ba est représenté comme un oiseau à
tête humaine.
L'Enseignement pour Mérikaré nous donne plusieurs
renseignements fondamentaux sur le tribunal: "le tribunal
n'est pas indulgent, pourtant c'est pour l'éternité,
ce qui est là et celui qui y parvient sans délit
à son actif, y sera là-bas comme un dieu."
Ceci traduit la nouvelle image qu'on se fait de l'homme
qui devient responsable de ses propres actions par l'intermédiaire
de ce que lui dicte son coeur.
Dans la tradition des textes funéraires remontant
à l'Ancien Empire où la magie joue un rôle
dominant, on a procédé à la mise en
forme des actions ayant trait à Maat. On les a systématiquement
codifiées, donnant ainsi le fameux Chapitre 125 du
Livre des morts, celui qui contient la non moins célèbre
"déclaration d'innocence".
Cette "déclaration d'innocence" résume
sous forme de liste négative, toutes les actions
considérées comme non conformes à la
Maat, relevant de l'Isfet (le" Mal"), le contraire
de la Maat.
Il s'agit, entre autre, de ne pas avoir tué, volé,
maltraité, blasphémé, transgressé
les tabous, etc.
Ainsi le défunt peut "se séparer de ses
péchés", se purifier.
Si son coeur est en équilibre sur la balance avec
la plume de Maat, il devient alors apte à être
introduit dans le monde des dieux; il devient un "maa-khérou",
ce qui signifie un Juste de voix, mais aussi un Pourvu,
quelqu'un pour qui sur terre on agit encore.
Remarquons que le coeur ne doit pas non plus être
plus léger que la plume, sinon cela signifierait
qu'il y a eu une absence d'action pendant la vie terrestre,
"pêché" aussi grave que l'accumulation
de mauvaises actions.
Remarquons encore qu'Osiris et le tribunal divin ne font
que ratifier le jugement que la société a
déja porté sur le défunt. En effet,
en laissant le mort se munir d'une tombe, d'un Livre des
morts et de tout le matériel complémentaire,
la communauté des hommes a implicitement reconnu
que son action sur terre avait été conforme
à l'éthique.
Comme la Maat intégrait l'homme dans la société
humaine, elle l'intègre dans la société
divine; il devient membre de la communauté des dieux
et a accès au pain-bière de la table d'Osiris.
Maat devient ainsi une condition sine qua non, non seulement
pour réussir sa vie terrestre, ou pour laisser une
trace dans la mémoire collective, mais également
pour passer l'examen de la balance du jugement dernier.
La grande idée qui ressort, et vraiment nouvelle,
est qu'il faudra justifier ses actions dans l'au-delà.
C'est là un fondement moral qui sera repris par la
tradition judéo-chrétienne, même si
elle ne l'entendra pas exactement de la même façon.
4. MAAT LA DÉESSE
Présente dès les textes des pyramides, Maat
devient à la XVIIIème dynastie fille d'Atoum-Ra,
confondue avec Tefnout, la redoutable lionne solaire.
Maat représente ainsi, par un de ses aspects, une
déesse dangereuse. Maat-Tefnout et son frère
Shou sont des principes qui à la fois précèdent
et apparaissent en même temps que le dieu créateur
Atoum-Ra. Dans un passage des Textes des sarcophages, le
dieu dit :"celle qui vit, Tefnout est ma fille, qui
existera avec son frère Shou. Il s'appelle Vie. Elle
s'appelle Maat".
Maat organise le monde en justifiant son émergence.
Elle représente la réussite permanente du
cosmos dont témoigne sa présence chaque jour
renouvelée à la proue de la barque solaire.
Cette perpétuité suppose un effort continu,
nécessitant une collaboration des dieux et des hommes
par l'intermédiaire du roi.
L'union de Rê et de Maat, dont témoigne notamment
l'uraeus, explique l'embrasement continuel du soleil, tout
en présentant la Maat comme nourriture, boisson et
onguent du dieu suprême. Bref tout ce qui lui est
bénéfique et lui permet de vivre est Maat.
Ainsi Maat, fille d'Atoum-Ra rend-elle à son père
ce qu'il lui a donné. Ceci rejoint le fondement de
l'offrande égyptienne : on rend au dieu ce qu'il
donne.
On "fait monter" la Maat par la récitation
divine de prières dans un incessant effort où
l'on s'écoute l'un l'autre, où on agit l'un
pour l'autre. Ainsi s'interpénètrent vie sociale
et vie cosmique : elles sont le reflet l'une de l'autre.
Si la société civile ne fonctionne plus selon
la norme, c'est l'univers entier qui est menacé.
Si Apophis, qui est la personnification du chaos toujours
possible, n'est pas anéanti dans l'Au-delà,
c'est la société civile qui sera désorganisée
(guerre, rébellion..) et la monarchie déstabilisée.
5. MAAT ET L'ÉTAT PHARAONIQUE
La structure du monde divin comme celle du monde humain
est pyramidale.
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Au soleil démiurge ordonnateur du ciel doit répondre
le pharaon, ordonnateur de la terre. Le roi est installé
pour réaliser (se-kheper), établir (se-mn)
la Maat et anéantir Isfet, le Mal. Il assure
ainsi les conditions pour que le simple mortel puisse, à
son niveau, dire et accomplir Maat, ce qui est indispensable
à la vie terrestre.
Or établir Maat n'est pas un phénomène
naturel, car la tendance spontanée des choses, c'est
la dégradation, l'entropie, l'isfet. Celle-ci se
manifeste dans le désordre, la violence, la loi du
plus fort, l'absence de l'indispensable organisation pour
rendre le pays d'Égypte viable et prospère.
C'est le rôle du pharaon et de l'État de lutter
par tous les moyens contre cette tendance spontanée
à la désorganisation.
Cet État égyptien si présent qu'il
peut nous sembler étouffant n'a donc pour but que
de rendre la vie des hommes et des dieux possible.
C'est pourquoi l'offrande principale que fait le roi aux
dieux et qui est très souvent représentée,
concerne l'offrande de la Maat. Dans une conception
très classique d'agir pour qui a agi, il renvoie
vers la divinité qui s'en nourrit le principe qui
justifie sa fonction.
A l'époque amarnienne, la signification qu'Akhénaton
donne à la Maät a changé. J'ai longuement
abordé cet aspect dans l'article sur Akhénaton
et son époque, je vous y renvoie.
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Le pharaon Akhénaton fait offrande de la Maat à l'Aton
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6. LA TYRANNIE DE MAAT ?
Maat a beaucoup contribué à construire un
monde humain et nous apparait comme une très haute
idée dont l'apparition à une période
aussi reculée est extraordinaire.
Mais Maat n'a pas que des côtés positifs, du
moins de notre point de vue moderne d'Occidental. En effet
on pourrait appeler tyrannie de Maat la tendance globalisante
et anti-individuelle que transporte cette idée.
Maat, c'est le conservatisme absolu, la négation
de toute évolution sociale; c'est l'homme obéissant
qui reste à sa place. L'individu n'avait pas à
se manifester en tant que tel, il n'avait pas à réclamer
d'autonomie. Il n'était qu'un maillon d'un tissu
social global où il lui était demandé
de se fondre.
Toute tentative de modification de l'état des choses
était non seulement dangereuse pour la société
mais pour le cosmos lui-même.
Maat, en tant que concept, correspond donc parfaitement
à la réalité sociale égyptienne,
composée de sujets (et non de citoyens) dominés
par un État omni-présent.
7. MAAT ET LA PIÉTÉ
PERSONNELLE
Dès la fin du Nouvel Empire, une période de
trouble recommence en Egypte, avec notamment l'affrontement
entre l'armée et la classe sacerdotale.
Les textes montrent que c'est une période d'instabilité
et de grande angoisse, qui met à mal l'idée
de la Maat traditionnelle.
Le destin individuel de l'homme devant son dieu supplante
alors progressivement le destin de l'homme intégré
dans une société idéale.
À la Basse Époque, l'apparition de la notion
de dieu personnel et surtout de piété personnelle
va sonner le glas de la Maat, car les deux notions sont
incompatibles.
En effet, l'homme n'est plus alors dépendant de ses
relations avec les autres mais de la volonté du dieu.
C'est ce dernier, et non plus le roi, qui établit
la Maat qui apparaît maintenant comme un don divin.
L'homme maintenant place Dieu dans son coeur, disent les
textes. Il est responsable devant lui, mais plus devant
la collectivité.
Ainsi apparaît l'individu, l'être seul face
à dieu, négation radicale de la Maat traditionnelle
qui combattait la tendance à l'individualisme.
Finalement, c'est la religion au sens judéo-chrétien
du terme, l'irruption de la transcendance, qui fait disparaître
la Maat, et avec elle l'Égypte pharaonique.
Cette disparition de la notion de solidarité verticale
peut apparaître comme regrettable pour qui comprend
bien le concept moral sous tendu.
Elle aura une conséquence majeure : pour maintenir
dorénavant la cohésion sociale, il faudra
une autre invention, mais qui ne sera pas égyptienne,
une solidarité horizontale : la fraternité.
Page réalisée par Thierry Benderitter
© OsirisNet 2003-2007 |
| Bibliographie
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| De très nombreux
ouvrages font référence à la Maat. Je vous en propose
quelques uns ci dessous, récents et facilement
accessibles. Vous trouverez une liste plus détaillée
dans leur propres pages bibliographiques.
- ASSMANN Jan : Maat, l'Égypte et l'idée
de justice sociale, Julliard, 1989
- ASSMANN Jan : The search for God in Ancient Egypt,
Cornell University press, 2001
- ASSMANN Jan : Mort et au-delà dans l'Égypte
Ancienne, Rocher, 2003
- MENU Bernadette : Maat, l'ordre juste du monde,
Michalon, 2005
- GOYON Jean-Claude : Rê, Maat et Pharaon,
ou le destin de l'Égypte antique, A.C.V.,
1998
- GOYON Jean-Claude : Rituels funéraires
de l'ancienne Égypte, Cerf, 2004
- MEEKS Dimitri, FAVARD-MEEKS Christine : La vie
quotidienne des dieux égyptiens, Hachette,
1993
- WILKINSON Richard : The complete Gods and Godesses
of Ancient Egypt, Thames & Hudson, 2003
- WALLIS BUDGE E.A. : The Gods of the Egyptians,
Dover publications, 1969 (2 vol)
- REDFORD B (& al) : The Oxford Encyclopedia
of Ancient Egypt, AUPC, 2001
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