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..." Seule compte la perpétuation
d'une continuité"
F. Dunand - Ch. Zivie-Coche
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Figure majeure du panthéon, Osiris est un dieu très
ancien dans l'histoire égyptienne, déjà
présent dans les Textes des Pyramides
. Dans ces premiers corpus constitués de l'histoire
de l'Égypte, son rôle de Dieu qui meure puis
est reconstitué est déjà exprimé,
mais le rôle d'Osiris reste plutôt marginal.
Osiris va voir sa position peu à peu s'affirmer, jusqu'à
devenir préeminente en tant que Dieu de l'au-delà;
le culte d'Osiris et sa mythologie vont se développer
jusqu'à occuper le champ de la religion funéraire.
Et à partir de la fin du Nouvel Empire et dans les
périodes plus tardives, Osiris prendra une place spéciale
dans la piété populaire, liée à
la recherche du salut personnel propre à cette période.
Ayant au départ exercé une royauté terrestre
(voir l'article de B. Mathieu),
Osiris n'existe cependant réellement qu'une fois mort,
et dans son royaume hermétiquement séparé
du monde d'ici-bas. Son destin alliant mort et renaissance
deviendra progressivement dans l'histoire égyptienne
celui sur lequel se modèlera tout d'abord celui du
Roi , puis celui de tous les hommes. 1.
ORIGINE D'OSIRIS :
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WSJR
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L'origine du nom Wsjr, comme celle de presque tous les "grands"
dieux du panthéon reste incertaine: "le Puissant",
"celui qui préside sur son trône",
....
Certains ont proposé de voir en Osiris un très
ancien roi de la cité de Busiris, dans le Delta, dont
le destin aurait donné lieu à la constitution
d'un mythe .
Plus vraisemblablement Osiris est un dieu à l'origine
agricole, une divinité de la fertilité et de
la croissance végétale à qui deux villes
principales sont reliées: Busiris dans le Delta, et
surtout Abydos en Moyenne Égypte.
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Seth
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À partir de la Ve dynastie, les prêtres du Dieu
soleil Ra d'Héliopolis l'incorporent dans l'Ennéade
héliopolitaine en tant que premier enfant de Geb et
Nout.
Osiris est né pendant les cinq jours épagomènes
à un endroit appelé Ro-Setaou qui ultérieurement
désignera l'entrée dans le monde inférieur.
Osiris épouse sa sœur Isis et reçoit en
partage de son père Geb l'Égypte, tandis que
son frère Seth reçoit le pouvoir sur les étendues
désertiques périphériques.
Dieu bon et non violent, Osiris apporte la civilisation aux
hommes: la manière de cultiver, les arts, des principes
moraux... 2. LE MYTHE
OSIRIEN :
Il nous est essentiellement connu par le récit tardif
de Plutarque, car les textes égyptiens eux-mêmes
sont peu nombreux et assez évasifs, répugnant
à parler du meurtre et du démembrement d'Osiris.
Selon le mythe le Dieu Seth, jaloux de son frère Osiris,
va s'attaquer physiquement à lui et le tuer. Comment?
• Ayant obtenu les mensurations de son frère (qui, selon
la légende était un géant), Seth fit
fabriquer un magnifique coffre qu'il promit d'offrir lors
d'un banquet à celui à qui il s'adapterait le
mieux. Naturellement ce fut Osiris.
• Lorsque ce dernier se fut allongé dans le
coffre, les 72
complices de Seth en clouèrent le couvercle et jetèrent
dans le Nil ce qui allait devenir le premier sarcophage,
et
Osiris périt noyé. C'est pour cette raison
que les noyés ont toujours été considérés
comme accédant directement au royaume d'Osiris.
Le règne d'Osiris avait duré 28 ans, durée
mythique qui doit bien sûr être rattaché
au cycle lunaire de 28 jours.
• Le sarcophage clos, parfaitement adapté à la
forme du Dieu, et flottant dans un milieu liquide, évoque
une nouvelle gestation : le Dieu "endormi", en léthargie,
est en cours de régénération pour un
nouveau cycle vital, comme le fœtus dans le liquide amniotique.
Cette mort par noyade est controversée, et ne figure
pas dans les Textes de Pyramides (voir l'article
de N. Guilhou)
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La
déesse Isis portant le hiéroglyphe
de son nom sur sa tête. Musée du Louvre.
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Anubis.
Musée d'Hildesheim . |
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La
déesse Nephtys. Musée de Marseille. |
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Moule pour Osiris végétant.
Musée du Louvre. |
(1) Première quête
d'Isis.
Le coffre contenant le cadavre d'Osiris dérive jusqu'à
Byblos où il est emprisonné dans le tronc d'un
tamaris. Le souverain local fait couper l'arbre qui devient
une colonne du palais royal. Ceci explique le lien très
profond entre Osiris et les arbres qui agrémentent
toujours ses cénotaphes.
Après de multiples péripéties, Isis,
archétype de l'épouse exemplaire, réussit
à retrouver le cadavre de son frère et mari,
puis le ramène en Égypte, dans les marais du
Delta où elle le pensait à l'abri de la malveillance
de Seth.
Malgré toutes ses précautions, ce dernier retrouva
le cadavre, par une sorte de hasard, alors qu'Isis était
absente.
Dans sa colère, et pour interdire à son frère
une sépulture digne de ce nom, il découpa le
cadavre en morceaux dont le nombre varie selon les textes
: 14 (un demi-mois lunaire), 16 (16 coudées est la
hauteur idéale de la crue) ou 42 (correspondant au
nombre des nomes d'Égypte). Il dispersa ensuite les
morceaux, pensant ainsi se débarrasser définitivement
de sa victime.
Mais Isis ne s'avoua pas vaincue et elle entreprit de recueillir
les morceaux épars du Dieu. (2)
Deuxième quête d'Isis.
Celle-ci consiste à rassembler les différents
morceaux d'Osiris dispersés par Seth. Certains textes
rapportent qu'Isis enfouit les fragments là où
elle les trouva, permettant à chaque ville d'Égypte
de posséder une relique osirienne.
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Osiris
remembré par Isis. D'aprés S. Cauville:
Chapelles osiriennes de Dendérah.
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Anubis,
qui a reconstitué la momie, pratique sur
elle le rituel d'ouverture de la bouche. Isis
et Nephtys sont présentes au pied et à la
tête. Tombe de Nakhtamon. |
Ailleurs, on nous dit que la déesse fabriqua une réplique
de chaque morceau de son époux, qu'elle enterra sur
place tandis qu'elle reconstituait le corps du Dieu martyr.
Seul le phallus d'Osiris, avalé par un poisson Oxhyrinque,
ne fut pas retrouvé.
Isis, la Grande Magicienne, réussit avec l'aide de
sa sœur Nephtys et d'Anubis à reconstituer l'intégrité
physique d'Osiris qui représente ainsi la première
momie. Anubis,
en reconstituant le corps de son père défunt
devint le modèle des embaumeurs.
Isis, par la magie de son verbe, réanime alors son
époux et après s'être transformée
en milan lui redonne le souffle en battant des ailes. Elle
reconstitue magiquement le phallus, puis elle réussit
à se faire féconder pour pouvoir ainsi concevoir
un fils, son héritier, Horus le jeune .
On voit ainsi qu'on ne peux pas parler d'une résurrection
mais d'un renouvellement d'existence, d'une perpétuité
.
Horus ainsi conçu aidé d'Anubis, fils adultérin
d'Osiris et de Nephtys pourront alors eux-mêmes intervenir
pour pratiquer les rites indispensables d'ouverture de la
bouche et des yeux sur leur père-frère-époux-amant
Osiris.
Ceci est largement représenté sur les parois
des tombes et les vignettes du Livre des Morts où l'on
voit également Isis et Nephtys sous forme humaine avec
la tête surmontée du hiéroglyphe de leur
nom, ou parfois sous forme de milan, au pied et à la
tête du lit funéraire en train de pleurer leur
frère.
(3) Seth et le tribunal des dieux.
Le meurtre de Seth, aussi répréhensible soit-il,
apparaît cependant comme un événement
nécessaire pour la mise en place des cycles cosmiques
et leur renouvellement. De fait, Seth, dont les démèlés
avec Horus -fils post mortem d'Osiris- occuperont pourtant
l'assemblée des dieux pendant des décennies,
ne sera jamais inquiété par le tribunal divin
pour son acte meurtrier.
3. OSIRIS DIEU AGRAIRE :
On l'a vu, Osiris semble être à l'origine un
Dieu en rapport avec la végétation renaissante,
auquel on attribue les destins annuels du sol terrestre.
• Lorsque vient l'inondation, Osiris est aussi l'eau nouvelle
qui fait reverdir les champs. Mais lorsque les plantes flétrissent
et meurent, on dit alors qu'Osiris est mort. Mais il n'est
pas tout à fait mort puisque l'année suivante
les herbes poussent de nouveau de la terre (son corps ) et
prouvent ainsi qu'il est toujours vivant.
• Les chairs du Dieu peuvent être représentées
de ce fait en vert, couleur de la végétation
renaissante, ou en noir couleur du limon fertile. On le représente
comme un champ qui surgit de l'eau au retrait de l'inondation
et parfois la terre tout entière est décrite
comme étendue sur le cadavre d'Osiris. Les arbres lui
sont également associés, et on en retrouvera
toujours au niveau des tombeaux-cénotaphes d'Osiris.
• Les Osiris végétants représentent parfaitement
cet aspect agraire du Dieu. Au mois de khoïak, on modèle
une image souvent ithyphallique du Dieu défunt avec
du limon, qu'on place dans un modèle réduit
de sarcophage. On y plante des graines que l'on arrose et
lorsque le grain lève, le Dieu est ressuscité.
On retrouve parfois ces figurines couvertes de blé
ou d'orge flétri dans les tombes thébaines.
• Les Égyptiens, peuple d'agriculteurs, cherchaient par
ce moyen à s'accaparer l'énergie régénérée
du Dieu afin qu'il favorise la germination et la levée
des semences. Osiris devient ainsi également le modèle
du passage obligé pour la renaissance de tous les êtres
vivants.
4. OSIRIS ET LA PERPÉTUITÉ
:
La légende tardive de Plutarque correspond en fait
à une mise en forme de textes égyptiens authentiques
plus anciens où le corps d'Osiris n'est pas démembré
mais plutôt se décompose.
Isis arrête magiquement cette décomposition grâce
à l'aide de Thot et d'Horus . Ceux-ci revivifient le
corps en déversant sur lui des signes Ankh (le hiéroglyphe
pour vie), une scène abondamment représentée
sur les murs des temples et des tombes : le pharaon momiforme
est ainsi entouré de signes de vie.
Entre
la IVe et la Ve dynasties, le sort d'Osiris cesse d'être
l'apanage exclusif du souverain. Osiris devient un intercesseur
dans les formules d'offrandes funéraires, mais on ne
peut s'adresser à lui que par l'intermédiaire
du roi, grâce à la formule htp-dj-nsw : "Puisse
le roi donner une offrande invocatoire à Osiris afin
qu'il donne..." (NB: tout le monde n'est pas d'accord
avec cette traduction, mais c'est une autre histoire). Suit
alors la liste des offrandes.
Progressivement,
les particuliers abandonnent la croyance en une destinée
solaire d'inspiration Héliopolitaine (qui leur
échappait d'ailleurs largement) et se rapprochent d'Osiris
dont il font petit à petit leur Dieu personnel.
Les
Textes des Sarcophages
du Moyen Empire, puis les vignettes et formules du
Livre des Morts au Nouvel Empire traduisent à profusion
cette assimilation et cet espoir de partager le sort du
Grand
Dieu et de devenir eux-mêmes un Osiris après
leur mort.
Il est assez logique que les Égyptiens, très
proches de la nature et de l'agriculture, aient assimilé
leur destin à celui d'un Dieu de la terre fertilisante
et de la végétation qui en jaillit après
chaque inondation.
En effet, ils voyaient chaque année en juillet la terre
toute craquelée par l'effroyable chaleur solaire et
qui semblait destinée à mourir, puis, soudainement,
constataient qu'elle était à nouveau recouverte
par les eaux de l'inondation. À la décrue, l'émergence
des champs dans la nappe liquide leur évoquait tout
à fait celle du corps du Dieu jeté dans le Nil.
Le réveil du Dieu après sa léthargie
et son séjour dans les eaux du Nil apparaissait ainsi
comme l'archétype d'une existence renouvelée
après le passage obligé de la mort terrestre
qui ne se présentait plus que comme une étape.
On comprend ainsi pourquoi le meurtre d'Osiris par Seth était
une nécessité, car c'était le seul moyen
d'assimiler le destin du Dieu à celui de l'humanité.
À
partir du Moyen Empire et surtout du Nouvel Empire, des conceptions
funéraires complémentaires font leur apparition.
Une fois la survie du Dieu assurée par l'embaumement
et les rites funéraires, Osiris est devenu Seigneur
de la Douat (le monde inférieur).
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Re
fondu en Osiris à tête de bélier.
Tombe de Séthy 1
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Assimilé à la lune, il en vient à se
rapprocher de Rê et à représenter la forme
nocturne du soleil. Ceci est illustré dans la formule
:"Osiris est le ba
de Rê et Rê c'est le ba d'Osiris". Dans les
hypogées du Nouvel Empire, l'être à tête
de bélier qui circule en barque dans le
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Re-Osiris
entouré d'Isis et Nephtys, avec les deux
formules: "Osiris repose en Re" et "(ce)
Re repose en Osiris". Tombe de Sethy 1.
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monde souterrain représente la fusion d'Osiris et de
Rê .
Ceci explique aussi pourquoi Isis et Nephtys, gardiennes et
revivificatrices d'Osiris mort, deviennent également
les déesses qui accueillent le soleil à son
lever. Remarquons le rôle majeur de l'Épouse
dans le devenir d'Osiris, et donc dans celui de tous les mortels.
C'est à elle qu'incombe le devoir de réveiller
son époux de sa léthargie mortelle, de le reconstituer
et de lui rendre les capacités sexuelles qui lui permettront
de renaître de ses propres œuvres dans l'au-delà.
Osiris
dirige le monde inférieur et ses habitants,
les Occidentaux. Il préside également le tribunal
divin chargé de juger les morts. La scène de
la pesée de l'âme lors de ce jugement est très
fréquemment représentée.
Osiris, Seigneur de Maât , représente le Dieu
bon, la vérité et la justice, et c'est devant
lui que l'on se justifie par la pesée du cœur
et la récitation des formules négatives (je
n'ai pas tué, je n'ai pas volé, ...). Chacun
compte sur sa bienveillance pour accéder à la
vie éternelle.
On comprend ainsi que ce Dieu très humain se soit imposé
comme modèle : comme les hommes, il a subi l'épreuve
de la mort et en a triomphé, donnant ainsi le salut
et l'espoir à l'humanité.
Tous les êtres sont égaux devant lui lors du
jugement et chacun est traité selon ses mérites,
les injustices des jugements terrestres n'existant plus.
Osiris apparaît ainsi comme le précurseur du
modèle chrétien du Dieu bon, sauveur personnel
de chaque individu.
Par contrecoup, ceci explique l'exécration progressive
dont fut victime son frère et meurtrier Seth qui n'apparaîtra
bientôt plus à la basse époque que comme
représentation du mal.
5. OSIRIS DIEU DES MORTS
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Le
mort justifié en adoration devant Osiris
sous son dais.
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Osiris est devenu, après son "passage"
souverain du Monde d'En-Bas, la douat. Il a laissé
la royauté terrestre à son fils Horus. Et
la possession de cette royauté par le fils est un
élément indispensable pour la "re-vie"
sociale d'Osiris dans le monde des dieux, comme l'a montré
J. Assman.
"Premier des Occidentaux ",
"Maître de l'Éternité", Osiris
règne sur le monde des morts. Il est le juge suprême,
dirigeant le plus souvent le tribunal divin devant lequel
les défunts doivent se justifier pour avoir accès
à la seconde vie. La scène la plus célèbre
résumant ce jugement est celle dite de la psychostasie
où l'on voit le coeur du défunt pesé
sur un plateau de la balance et une représentation
de la déesse Maat sur l'autre plateau. Thot consigne
le résultat -qui est toujours favorable, bien sûr-
et l'annonce à Osiris silencieux sous son dais à
qui le défunt, déclaré imakh ,
rend hommage.
6. REPRÉSENTATIONS D'OSIRIS
:
Le caractère humain d'Osiris est encore accentué
par son mode de représentation toujours anthropomorphe
(humain), loin des constructions antropozoomorphes (humain
/ animal) des autres grandes divinités.
Assis, couché, debout (souvent sur un signe Maât),
toujours (à de très rares exceptions) immobile,
Osiris est étroitement engainé dans un vêtement
collant ou parfois enveloppé dans des bandelettes.
Seules les mains et la tête (et sur le Dieu allongé,
le phallus) émergent.
Ses chairs sont parfois vertes comme la végétation
renaissante, ou noires comme le limon fertile du Nil. Il
porte toujours la barbe longue recourbée des dieux
morts.
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Osiris-juge
coiffé de la couronne Atef à gauche
et tenant en main les sceptres du pouvoir. Papyrus
funéraire (G) et tombe d'Horemheb (D)
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Il tient en main les insignes du pouvoir : le sceptre héqa
et le flagellum (nekhakha). Il porte soit une haute mitre
blanche parfois flanquée de deux plumes, soit sa couronne
Atef caractéristique. Elle est formée d'un appendice
bulbiforme flanqué de deux hautes plumes avec parfois
des cornes de bélier à sa base.
Couronne solaire, l'Atef lui est remise par Rê quand
Horus le jeune a vengé le meurtre de son père
Osiris et pris le pouvoir sur l'Égypte.
Quant au pilier Djed qui lui est associé, il signifie
la stabilité ou la continuité du pouvoir. Signe
très ancien, on le retrouve par exemple en décoration
sous forme de frite glaçurée dans la chambre
souterraine de la pyramide de Djéser à Saqqara.
Sa signification première reste obscure: arbre ébranché,
autel primitif... Il finit par représenter la colonne
vertébrale d'Osiris, les quatre barres le surmontant
représentant les vertèbres.
Il peut s'orner de la couronne Atef ou comporter deux yeux
Oudjat,
ou encore donner issue à des mains tenant sceptre
et flagellum.
Le Djed peut revêtir l'aspect d'un corps humain dont
la tête est représentée par l'extrémité
du pilier, traduisant la revivification du Dieu.
L'érection du pilier Djed est un élément
important de différentes fêtes, notamment à
Abydos , où était censée se trouver
la tête du Dieu.
Elle fait partie du rituel du couronnement royal (attesté
sous Senousret Ier ) et de la fête-Sed qui renouvelle
la force royale. L'érection du pilier, c'est l'accomplissement
final de la résurrection d'Osiris qui, redressé,
devient stable comme la royauté. On en trouve
des représentations dans la tombe Thébaine de Kherouef.
7. LES ÉPITHÈTES
D'OSIRIS :
L'égyptologue W. Budge (dont les interprétations
sont controversées au demeurant) n'en dénombrait
pas moins de 40.
Les Égyptiens, toujours obsédés par
leur désir de rejeter la mort par tous les moyens,
emploient des métaphores ou des périphrases
plus ou moins explicites pour parler d'Osiris et de son
état. Les divers Livres des Morts en fourmillent.
On remarque que le Dieu n'est jamais mort, il dort, il est
apathique, en léthargie, etc.
Voici quelques exemples : "le grand inerte", "le
roi de ceux qui ne sont pas", "le seigneur des
vivants", "le maître de l'éternité",
"celui qui préside à Ro-Sétaou",
"le premier des occidentaux".
En tant qu'Osiris Ounennefer, c'est-à-dire "celui
qui demeure parfait", Osiris représente la forme
accomplie qui a retrouvé la pleine possession de
sa vitalité et de sa capacité à la
fois régalienne et sexuelle. Il est matérialisé
par la pleine lune puisque celle ci, comme le Dieu, s'est
progressivement régénérée après
avoir temporairement disparu.
À la Basse Époque s'est produite une fusion
entre la personnalité d'Osiris et Apis, le taureau
sacré de Ptah à Memphis . Cette fusion donna
Wsjr-Apis, dont les Grecs ont fait Sérapis. Son culte
connut une très grande popularité, débordant
largement les frontières de l'Égypte.
8. LES FÊTES D'OSIRIS
Certains épisodes de la légende osirienne
sont représentés annuellement lors des fêtes
d'Abydos : la sortie du Dieu guidée par Oupouaout
(l'ouvreur des chemins), la mort du Dieu et son enterrement
à Peker (rite Abydénien) suivi de son enterrement
au lieu dit Oupéqer. Puis le grand combat sur la
rive de Nédit, lieu de la mort d'Osiris et la vengeance
sur ses meurtriers. Ces scènes donnaient parfois
lieu à des violences entre acteurs qui pouvaient
aller jusqu'à la mort...
Des "mystères" s'accomplissaient dans des
salles retirées de certains temples. Ces fêtes
avaient lieu au mois de khoïak, lorsque les eaux de
l'inondation commençaient à baisser, et que
les champs apparaissaient. C'est à ce moment que
l'on confectionnait les statuettes d'Osiris végétant
dont nous avons déjà parlé. Ces figurines
étaient ensuite transportées dans la barque
Nechmet vers l'île évoquant le tertre initial
où se trouvait son tombeau.
9. LES SANCTUAIRES D'OSIRIS
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Cénotaphe
d'Osiris . Remarquer les arbres (d'après
O'Connor, 1985)
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- Busiris (Djedou) dans le Delta où Osiris succède
au Dieu Andjty (dont l'emblème est représenté
par deux plumes que l'on retrouve sur l'Atef).
Il s'agit d'un des plus anciens sanctuaires d'Osiris et l'on
remarque que le nom de la ville est écrit avec deux
piliers Djed (Djedou).
- Abydos où Osiris évince le dieu Khentymentiou
pour devenir le premier des occidentaux.
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L'Osireion
situé à l'arrière du temple
de Séthy 1 en Abydos
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C'est le lieu sacré entre tous puisque c'est en Abydos
qu'est enterrée la tête du Dieu.
Le temple d'Osiris a actuellement disparu. Par contre, dans
le temple de Séthy Ier (1294 - 1279), pharaon de
la XIXe dynastie, des épisodes du rituel sont très
bien conservés.
Derrière ce temple, on retrouve l'Osiréion
censé représenter le tertre primordial et
une tombe symbolique du Dieu.
Pour l'anecdote, c'est lui qui a inspiré E.P. Jacobs
lorsqu'il a imaginé sa "chambre secrète"
dans la bande dessinée "Le Mystère de
la Grande Pyramide".
- Biggah (Senmet), petite île située à
proximité immédiate du temple d'Isis à
Philae. Le corps d'Osiris est censé y avoir séjourné.
Une libation de lait y était effectuée en
procession tous les 10 jours.
- Enfin, toutes les villes dans lesquelles un morceau du
Dieu démembré avait été retrouvé
possèdent un cénotaphe d'Osiris.
© Thierry Benderitter 2003.
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Bibliographie
|
- SAUNERON
S., YOYOTTE J., Dictionnaire de la civilisation Égyptienne,
Hazan, 1983
- WALLIS BUDGE E.A. Osiris and the egyptian
resurrection, vol I et II, Dover, 1973 (reédition)
- HART
G. A dictionnary of Egyptian gods and godesses,
Rootledge, 1986
- FRANCO I.
Mythes et dieux. Le souffle du soleil, Pygmalion,
1996
- CAUVILLE
S. La théologie d'Osiris à Edfou,
BIFAO XCI, 1983
- CAUVILLE
S. Dendera les chapelles osiriennes(Dendera
X/2), Vol I et II, MIFAO 1997
- DESROCHES-NOBLECOURT
Ch. Amours et fureurs de la Lointaine, Stock,
1995
- ROSSINI S.,
SCHUMANN-ANTELME R. Netjer, dieux d'Égypte,
Trismegiste, 1992
- BARUCQ A.,
DAUMAS F., Hymnes et prières de l'Égypte
ancienne, Cerf, 1980
- MEEKS D.,
FAVARD-MEEKS Ch. La vie quotidienne des dieux égyptiens,
Hachette,1993
- MATHIEU B. "Quand
Osiris règnait sur terre", Revue Égypte
N°10, 1998
- GUILHOU N. "Les
deux morts d'Osiris", idem
- LAVIER M-C. "Les
fêtes d'Osiris à Abydos",
idem
- JECQUIER
G. Considérations sur les religions égyptiennes,
A la Baconnière, 1946
- ERMAN A.
La religion des Égyptiens, Payot, 1937
|
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