ANNEXE 1
Tout le long de la côte Syro-palestinienne, on trouve
des Cités-États de petite taille mais très
prospères, qui fournissent à l'Égypte tout
un ensemble de produits manufacturés (armes, vaisselle,..)
et des chevaux. Cette région , qui intéresse tous
les grands empires de proximité, est très instable
politiquement, les Princes ou roitelets de ces cités
changeant d'alliance en fonction de leurs intérêts.
L'Égypte assure traditionnellement sa souveraineté
sur cette région par la présence de quelques garnisons,
et par un réseau de clientèle qui tient les princes
vassaux par la menace d'expéditions militaires punitives,
et par la fourniture d'or nubien.
Aménophis III n'a pas entrepris une seule expédition
militaire dans cette région, aussi à la fin de
son règne l'empire d'Asie commence à se disloquer
au profit de celui qui va devenir le nouvel adversaire de l'Égypte
dans la région, le royaume Hittite.
ANNEXE 2
Les relations entre le un et le multiple ont été
imaginées sous de nombreuses formes. A Thèbes,
c'est une compagnie de trente entités qui symbolise
la démultiplication d'Amon, par ses 10 baous (càd
ses puissances de manifestations), ses 10 kaous (le ka
est
l'énergie vitale qui a besoin d'être entretenue
par les offrandes) et ses 10 noms.
ANNEXE 3
La titulature complète adoptée par le roi le
met clairement sous le patronage d'Amon :
Nom d'Horus : " Taureau puissant aux hautes plumes ",
allusion à la coiffe d'Amon
Les Deux Maîtresses : "A la grande royauté
de Karnak "
Nom d'Horus d'Or : " qui exalte les couronnes dans l'Héliopolis
du Sud " (Karnak)
" Prénom " : Amenhotep ("Amon est satisfait")
dont les grecs feront Aménophis.
ANNEXE 4
Le point sur la question de la corégence vient d'être
fait récemment par Leslie Bailey, dans une thèse
soutenue à l'université de Chicago. Elle
conclut
qu'on
ne peut pas conclure actuellement !Voyez le document ICI).
ANNEXE 5
En fait, le territoire de TEA n'était pas entièrement
vierge
Il jouxte Hermopolis et son grand temple de Thot,
très ancien. Cela n'a pas posé de problème
parce que Thot sous sa forme de babouin surtout, porte sur
la tête la lune avec ses deux aspects, de croissant
et de disque. Or lune et soleil sont complémentaires,
la lune étant l'avatar nocturne du soleil.
Quand au mot " Akhet ", il ne désigne que
partiellement l'horizon. C'est plutôt un endroit d'adoration,
ainsi la porte d'un temple entre deux pylônes peut aussi
être Akhet, ou encore le roi à sa fenêtre
d'apparition.
Si l'on veut vraiment s'imaginer akhet, il faut se représenter
le soleil levant : la lumière dégagé
par l'astre rend flou la zone de terrain où il émerge,
semblant la déprimer (vue
43).
ANNEXE 6 :
On peut remarquer que l'orientation des tombes, comme celle
de Ay, est l'inverse de celle des tombes thébaines.
Dans ces dernières, le mort est en adoration vers
l'est, le soleil levant en quittant sa tombe (-sortie
au jour-). En
Amarna, le défunt quitte la tombe pour regarder le
soleil couchant (-la mort-). Il y a donc une conception
très
différente de l'utilité de la tombe, mais nous
ne la comprenons pas bien. La tombe n'est probablement pas
destinée à une renaissance, mais doit servir
de coque protectrice pour la momie. Remarquons qu'il n'y
a
que des scènes "civiles" pour décorer
les murs (même si les scènes représentant
le roi sont en fait concues comme de signification religieuse).
ANNEXE 7
Les deux cartouches contiennent le nom propre de l'Aton.
En dehors de la période amarnienne, on ne donne
pas de noms propres aux divinités, et les cartouches
sont strictement réservés aux noms royaux.
Akhenaton a voulu montrer le lien serré entre le
Dieu et le Roi et la consubstantialité de leur
nature et de leur pouvoir. Le double signe " Shen " veut
montrer que les cartouches du nom du Dieu sont eux même
une entité divine.
Remarquons qu'à la différence du pharaon, l'Aton
n'a pas de titulature.
Les deux cartouches doivent se lire ensemble, ne formant qu'un
seul nom, qui a été coupé pour ne pas
faire trop long. On voit ainsi le caractère artificiel
de ces constructions.
Annexe 8
Une grande polémique règne depuis des années
sur l'occupant de la tombe KV 55 de la Vallée des Rois.
Certains ont voulu y voir la momie d'Akhénaton, d'autres
celle de son éphémère successeur Smenkharé.
En fait, on ne sait rien de formel.
Annexe 9
Pas question de rentrer ici dans le débat de la succession.
Par contre ,un mot sur la filiation de Toutankhamon: une chose
dont on peut être sûr, c'est que -contrairement
à ce que continue à soutenir Mme Desroches-Noblecourt
contre l'évidence- il ne saurait être le dernier
enfant d'Aménophis III. Outre l'âge auquel sa
mère la reine Tyi aurait du le porter, il y a autre
chose, tellement évident que je m'étonne de
ne jamais avoir lu l'argument.
Si TTA avait été un fils d'Aménophis
III, qui de plus a restauré l'ancien système,
on ne voit pas pourquoi on l'aurait inclus dans la damnatio
memoriae qui a duré jusqu'à Aÿ inclus.
Il s'agit forcément , comme Aÿ, d'un très
proche d'Akhénaton: son fils d'une épouse secondaire
(Kiya est une bonne hypothèse) ou de son union avec
une de ses filles.
Annexe 10
Je pense qu'on peut deviner en partie l'origine de la figuration
de l'Aton lorsqu'on regarde la lumière filtrer à
travers un nuage: on a vraiment l'impression d'une matière
solide (les rayons) qui remplissent un espace (celui représenté
par le dieu Shou).
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