Le mastaba D64 de Akhethotep et Ptahhotep


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Le mastaba D64 se situe dans la partie Nord-Ouest de la nécropole de Saqqara, à l’Ouest de la pyramide à degrés de Djoser. Il représente la partie la plus importante d’un vaste complexe funéraire et servait de tombe commune à deux puissants personnages de la fin de la Vème Dynastie, le vizir Akhethotep et son fils Ptahhotep.
Le mastaba fut découvert par Auguste Mariette dans les années 1850. La source majeure d’information est la publication de Norman de Garis Davies au début du XXème siècle, mais depuis le monument a été largement restauré.

De nos jours, une rampe donne accès à une avant cour. Juste en bas de la rampe se trouve un premier mastaba dont l'entrée donne à l’Est, numéro D62, qui appartient au grand père de Ptahhotep, donc le père d’Akhethotep. Il s’appelait lui aussi Ptahhotep, auquel on a rajouté I afin de ne pas le confondre avec son petit fils homonyme.

Ainsi bien que le mastaba D64 soit couramment désigné (et même sur l'écriteau qui surmonte son entrée) comme "le mastaba de Ptahhotep", il s'agit d'une erreur liée au fait que pendant longtemps seule la partie Pthahhotep était visitable. Mais il s'agit bien d'un monument pour deux personnes.

Dans cette première partie nous allons examiner le mastaba dans son ensemble, et présenter cette grande famille de courtisans. Dans la seconde partie nous étudierons la partie du mastaba plus spécifiquement dédiée à Akhethotep et dans la troisième partie celle plus spécifique à Ptahhotep.

 Une puissante famille 

Plusieurs hauts personnages de l’époque portent le nom de Ptahhotep, dont au moins trois ont vécu avant les propriétaires des mastabas D62 et D64. Seuls les occupants de ces derniers peuvent cependant être reliés entre eux avec certitude. :
•   Le Ptahhotep du mastaba D62 est le plus vieux, et de ce fait est connu comme Ptahhotep I
•   Akhethotep du mastaba D64 est son fils
•   ce dernier a lui même pour fils Ptahhotep II qui partage son mastaba avec lui.
•   dans le mastaba D64 sont aussi mentionnés les noms de deux autres Akhethotep et Ptahhotep comme fils de Ptahhotep II

Ce dernier Akhethotep fit quant à lui ériger son mastaba E17 au Sud-Est de la pyramide de Djoser, mais au Nord de la chaussée d'Ounas. La partie décorée de la chapelle se trouve au musée du Louvre. En 2000 le reste du mastaba, qui avait été perdu, fut retrouvé et est en cours de fouille par les archéologues de l'équipe du Louvre.

 Le mastaba D64 : description générale 

Les mastabas sont composés de deux parties distinctes : une construction de surface et un réseau plus ou moins compliqué de galeries souterraines aboutissant au caveau. La partie de surface est bâtie et héberge la chapelle où les parents du défunt et/ou un personnel spécialisé viendra présenter les offrandes au défunt. L’architecture en est assez monotone puisqu’il s’agit en général d’un parallélogramme à parois lisses, supportant rarement, et uniquement autour de la zone d’entrée, quelques inscriptions. Il existe des exceptions avec de véritables complexes de surface, comme le très célèbre mastaba de Ty.
C’est dans cette maçonnerie de surface qu’on a aménagé un nombre variable de salles dont certaines portent les décors qui font tout l’intérêt de ces monuments. Cela est particulièrement vrai pour notre mastaba D64 dont les décors combinant relief levé et peinture sont d’une qualité exceptionnelle, en particulier dans la salle décorée réservée à Ptahhotep (et on comprend qu’on ait par raccourci donné son nom à l’ensemble) ; Ceux des deux pièces réservées à Akhethotep ont presque disparu et sont de facture un peu moindre.

Pour construire le mastaba D64, trois types de pierre sont utilisées.
Les parties les plus importantes sont réalisées en calcaire blanc, le fin calcaire provenant des carrières de Tourah., le plus beau et le meilleur pour la gravure de décors. Les dalles de plafond sont taillées dans une pierre jaunâtre plus solide. Tout le reste est d’une pierre plus grossière, de teinte légèrement pourpre. On entre dans le mastaba par l’extrémité Est de sa face Nord. La façade a été reculée, formant un "C" carré pour délimiter un espace rectangulaire orné de deux piliers (et qui était peut être couvert). Les parois ne sont pas inscrites.

L’entrée, haute et très étroite, donne sur un long corridor orienté Nord-Sud d’environ 7 m de long pour 2 m de large. Il est décoré, mais très incomplètement, et on peut identifier tous les stades de réalisation, depuis des dessins à l’encre préliminaire presque effacés jusqu’à des reliefs levés de haute qualité. Cette partie était décorée au nom d’Akhethotep, Ptahhotep n’étant mentionné que comme son fils. Le décor de la partie Est contient une scène montrant une procession de 17 femmes, chacune étant une représentation symbolique d’un des domaines gérés par Akhethotep. Les autres scènes concernent des activités agricoles ou pastorales. L’extrémité Sud du corridor se termine par une petite niche dont la base est surélevée d’environ un mètre, très probablement destinée à recevoir une statue assise du défunt. Trois passage s’ouvrent à partir de ce corridor, deux sur sa face Ouest, une sur sa face Est. Le passage donnant à l’Est donne sur une annexe parallèle au corridor, très détruite, possiblement destinée à agrandir le monument ultérieurement. Le premier passage à l’Est, situé près de l’entrée donne sur deux autres salles annexes anépigraphes. La première est orienté Est-Ouest, et la seconde Nord-Sud.

Le second passage, près de la niche, donne sur une salle à 4 piliers également non décorée, qui constitue la partie centrale de l’édifice. Elle mesure environ 6,3 m de largeur (Est-Ouest) et 8,4 m de longueur (Nord-Sud). Les lourdes dalles de plafond sont supportées par trois séries d’architraves
grossièrement taillées d’une portée de trois mètres, supportées par les piliers centraux. La salle (à l’exception des contours des ouvertures) est réalisée en calcaire blanc et aurait pu recevoir une décoration mais celle ci n’a pas même été débutée. Il est donc possible qu’elle ait été volontairement voulue anépigraphe.
Par ailleurs, un petit passage ménagé dans la paroi Nord rejoint les deux annexes dont nous avons déja parlé.

Sur la face Ouest ce ce hall, dans l'axe de l'entrée venant du corridor, se trouve le passage qui mène à la chapelle d'Akhethotep, qui a reçu tout son décor. Elle a la forme d'un "T" renversé. Les petites branches de celui ci sont considérées comme formant une antichambre. A son extrémité Ouest, et donc toujours dans l'axe d'entrée, se trouve la fausse porte du défunt, c'est à dire l'endroit où son Ka pourra sortir de son complexe souterrain pour profiter des offrandes.
On peut accéder à "l'antichambre" de cette chapelle également par une petite porte venant des annexes Nord.

Sur la face Est du hall enfin, s’ouvre l’entrée vers la chapelle de Ptahhotep, via une petite pièce intermédiaire.
Ces salles sont orientées Nord-Sud et sont à niveau légèrement plus bas que la salle à piliers.
Le puits principal menant à la chambre funéraire souterraine se trouve dans l’angle Ouest de la pièce. Un puits plus petit fut ensuite découvert à l’Est du corridor d’entrée : il était plein de débris provenant du pillage de tombes plus tardives et pourrait de ce fait avoir été creusé bien après Ptahhotep.

Les trois salles décorées vont maintenant être examinées plus en détail.

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Bibliographie

- GARIS DAVIES Norman de, The Mastaba of Ptahhetep and Akhethetep,
    Part I, EEF, London, 1900; Part II, EEF, London, 1901
- PAGET, R.F.E. and PIRIE, A.A., The Tomb of Ptah-hetep, Egypt Research Account, 1896.


Merci à Cau Brualla, Alain Guilleux (une promenade en Égypte)
et Jon Bodsworth (Egypt archive) pour leur aide photographique

Page créée par Jon Hirst
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