Dans l'épaisseur de l'ouverture reliant les salles III
et IV figurent quatre serviteurs qui transportent des
pièces de l'équipement funéraire de Kagemni,
tandis que derrière l'embrasure de la porte on trouve
une scène de halage où figure un traîneau sur lequel
se trouve la "statue du Ka" de Kagemni. Cette dernière
est celle qui a été placée dans le serdab, cette pièce
qui a ensuite été complètement refermée.
1)-Mur Ouest
a)- premier registre
On trouve deux scènes similaires de chasse aux
oiseaux à l'aide d'un filet hexagonal. Celle de gauche est particulièrement bien conservée (vue 1345). Les filets ont été tendus à proximité d'une mare et un palmier unique est représenté à côté de chaque mare.
Quand suffisamment d'oiseaux se trouvent sous le filet,
l'homme de droite donne le signal et, avec ses trois
compagnons devant lui, ils tirent violemment sur la
corde, refermant la nasse et piègeant les volatiles.
Seuls quelques uns arrivent, affolés, à s'échapper du
piège (vue 1188).
A droite, la seconde scène remontre un filet
bien garni. L'homme situé à droite tient
une pièce d'étoffe entre ses bras tendus,
signal pour ses compagnons cachés de tirer la
corde (vue
1183 et vue
1187).
b)- deuxième registre
Il est consacré à une scène de basse cour.
Trois volières sont représentées côte à côte, entourées
de filets et avec un toit soutenu par des bâtons à extrémité
fourchue (vue 1339).
Devant la première volaille se tient un personnage debout
en train de laisser couler à terre du grain à partir
d'un sac qu'il tient sur l'épaule droite. Il s'agit
là d'une représentation conventionnelle typique de l'art
Égyptien, car le personnage n'effectuait pas cette action
dehors bien sûr; il était rentré dans l'enclos par la
petite porte représentée au bas. Mais comme l'artisan
aurait eu du mal à le représenter dedans, il est montré
accomplissant sa fonction "dehors" (vue
1181 et vue
1182).
c)- troisième registre
Il est en grande partie détruit et était consacré au
gavage des oies (vue
1335). Les fermiers assis au sol préparent des boulettes
que d'autres vont introduire de force dans le gosier
des malheureux volatiles. Le tout se déroule sous l'inévitable
regard d'un surveillant. On remarquera l'attitude si
diverse des canards et des oies.
d)- quatrième registre
Nous restons dans une opération de gavage, mais celle ci est très différente et beaucoup plus dangereuse. En effet les animaux nourris de force sont des hyènes. Cet animal n'a d'ailleurs jamais pu être domestiqué, et c'est pourquoi les Égyptiens ont renoncé à leur exploitation dès la fin de l'Ancien Empire.
Quoi qu'il en soit, les scènes ici représentées sont
fort intéressantes.
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| photomontage des scènes de gavage de hyènes |
A gauche, un homme seul enfonce de force des morceaux
de volaille dans la bouche d'une hyène renversée à
terre, les pattes liées. Plus à droite, deux hommes
conduisent un autre animal, l'un le tenant par la
queue et le second par une corde autour du cou. Encore
plus à droite, deux hommes oeuvrent autour d'un animal
renversé, car si ses pattes arrières sont liées il
n'en est pas de même pour les deux pattes avant. Le
scribe assis et qui tourne le dos au dernier personnage
note tout, bien sûr, et ce rapport sera présenté
à Kagemni par son supérieur debout devant
lui.
e)-cinquième registre
Il est très mutilé, montrant des étables avec des
bovidés, et l'inévitable scribe et contremaître. On
remarquera que les hommes se mettent à deux pour la
traite, et également que le trayeur semble empoigner
deux tétines différentes en même temps (vue
1338).
f)- sixième registre
Un bouvier avec son boeuf et des scribes, il n'en
reste pas plus.
2)- Mur Sud
Un cortège de cinq porteuses d'offrandes animales
se dirigent vers le fond de la tombe, plus précisément
vers la salle VII où se concentrent les offrandes.
3)- Mur Est
Cette paroi est assez abîmée. On y retrouve
Kagemni en grande taille, avec son épouse Nebty-noub-khet,
de son "beau nom" (Ren nefer) Seshesshet. La princesse
se tient debout derrière Kagemni, tandis qu'on
retrouve son fils Teti-ankh sous forme d'un petit
personnage qui enserre la jambe de son père.
Les personnages reçoivent les apports de poissons
résultant de l'activité des serviteurs dans les marais
(vue
1337).
4) Mur Nord
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Une scène située au dessus de la porte conduisant
vers la salle V montre Kagemni assis dans une chaise
à porteurs, nonchalamment accoudé sur le bras droit
tandis qu'il tient une canne dans la main gauche à
hauteur de l'épaule. Il porte un large collier
au cou.
La chaise est transportée par 20 hommes disposés en
deux équipes de dix, portant chacun un bâton (vue
1139 et
détail ainsi que vue
1141 et
détail); entre les rangs un surveillant, canne à
la main, est prêt à faire respecter le rythme
de marche aux maladroits. On remarquera l'énorme disproportion
(volontaire) des tailles entre le seigneur et sa chaise
d'une part, et les autres personnages d'autre part.
Devant et derrière le palanquin, deux hommes tiennent
des sortes de mâts verticaux qui sont en fait les
manches de parasol.
Nous possédons un exemple d'une chaise à porteur de
ce type, celle de la
reine Hetepheres conservée au musée du Caire.
Comme l'a bien souligné Jacques Vandier -et
comme on le voit avec la chaise de la reine- il existe
une grande différence entre la taille réelle des chaises
et celles qui sont parfois représentées. Il ne faut
certainement pas 20 hommes pour les porter. Victor
Loret a émis une très ingénieuse hypothèse, basée
sur la similitude du nom désignant ce modèle de chaise
et celui désignant le mille-pattes : "Sepa". Or un
mille-pattes n'a en réalité que 42 pattes...soit exactement
le nombre de jambes que représentent 10 porteurs par
côté, plus un surveillant!
A l'avant de la scène, s'avancent (superposés)
trois nobles personnages parmi lesquels est cité
"son fils", mais son nom n'est pas précisé.
Immédiatement au dessus de l'embrasure de la porte,
on remarque un nain tenant en laisse deux chiens à
queue recourbée, de type "sloughy" et un singe.
Nous voyons son entrée et le début du mur Nord sur la
vue
1139 et la vue
1141 prises depuis la salle IV, qui montre d'une
part la porte entre salle IV et salle V, et également
au fond et à gauche l'ouverture vers la salle VI. La
vue
1140 représente la partie Ouest du mur Nord,
l'ouverture sur la gauche étant celle qui mène
vers la salle VI.
L'embrasure de la porte est décorée des
deux côtés par une procession de porteurs
d'offrandes, chargés de fruits, d'oiseaux, de
vases contenant des fleurs, de plateaux et de corbeilles
remplis de pains, de viandes et de légumes destinés
au «ka de Memi».
Kagemni est figuré sur la paroi Sud (vue
1151) et sur celle du Nord (vue
1148, qui comporte aussi la porte menant vers la
salle VI et vue
1147); il reçoit les produits des domaines
qui pourvoient à son culte funéraire.
Il voit ainsi les processions de serviteurs chargés
des biens les plus divers, et qui s'apprêtent -magiquement-
à rentrer dans la salle VII, celle des offrandes (vue
1149 et vue
1150).
La procession des porteurs d'offrandes commence en fait
sur le mur Est et se dirige vers la porte donnant sur
la salle VII et continuera jusqu'à l'arrière de la représentation de Kagemni sur le mur Nord.
Au dessus de la porte du mur Nord qui conduit de la
salle V à la salle VIII, nous voyons une superposition
de scènes. Celle du rang le plus bas montre des coffres
et sur sa gauche un étrange assemblage comportant un
éventail, un chasse-mouches, reposant sur ? peut être
un lit. Le premier rang d'hommes au dessus est constitué
de scribes transportant différents rouleaux (vue
1179). On remarquera un détail : l'un d'entre eux
a rajouté son nom devant l'homme de tête (vue
1180).
Au dessus encore (vue
1156), remarquez les trois premiers hommes du registre
et la curieuse disposition de leurs bras. Si l'on peut
concevoir le premier et le troisième comme des
gestes de salutations, on reste perplexe sur l'attitude
de celui du milieu.
C'est dans cette pièce que l'on a trouvé un puits funéraire
d'époque tardive. Lors de sa réalisation, des dégâts
ont été infligés aux parois, notamment sur le mur Nord
et partiellement le mur Ouest (vue
1152, les deux pierres dressées appartiennent à
l'inhumation secondaire).
• Le décor résiduel de ce dernier est proche
de celui du mur Est (vue
1154), montrant au registre du bas des bêtes abattues
et gisant sur le dos, notamment des boeufs.
• Au second registre, au dessus, nous trouvons
deux représentations d'hommes halant un traîneau sur
lequel sont figurés deux sortes de cônes surmontés d'une
double plume (vue
1346). On ignore absolument de quoi il peut s'agir.
• Au troisième registre, des hommes mesurent
du grain à partir de gros tas situés devant eux, grain
qui va ensuite être transporté dans un
silo.
• Plus haut encore on trouve des hommes
transportant des coffres sur des tiges de bois.
Le maître, représenté en majesté sur le mur sud, surveille
toutes ces activités (vue
1153). Il est revêtu par dessus son pagne de la
peau de panthère de prêtre lecteur. Derrière lui sont
15 hommes en cinq rangées superposées de trois hommes.
Parmi ceux ci on trouve Téti-ankh, et un autre fils
qui n'a pas eu l'honneur d'être nommé, un frère de Kagemni
lui aussi anonyme, et des "hem-ka". Ces derniers sont
des prêtres (litt des serviteurs) du ka préposés au culte de
ce "double" du défunt, censé
contenir la substance de sa vitalité, sa force
vitale au sens propre du terme. C'est cette partie immatérielle
de sa personne qui était capable d'aller et de venir
entre les mondes d'en haut et d'en bas, et de rapporter
à la momie du défunt les essences vitales qu'il avait
absorbé à partir des offrandes (réelles ou figurées
sur les murs).
On accède à cette chambre par la salle
V (vue
1157, montrant à gauche l'entrée vers la salle VII
et à l'avant celle celle vers la salle VIII).
Dans l'embrasure de la porte, reliant les deux pièces,
on reconnaît le traditionnel défilé
des porteurs d'offrandes (vue
1155).
Cette pièce en longueur est toute entière
focalisée vers le mur de fond, à l'Ouest,
comportant la stèle-fausse porte (vue
1158).
1)- Les murs Nord et Sud
sont symétriques quand aux thèmes,
même s'il existe des variations de détails.
Tous deux comportent en effet de multiples porteurs
d'offrandes, hommes ou femmes, des prêtres du Ka,...
Tous se dirigent vers le fond où les attend Kagemni
assis, dos vers la fausse porte (vue
1159 et vue
1161 et vue
1162).
Parmi les multiples détails qui montrent l'intérêt que les Égyptiens ont souvent manifesté pour le règne animal -surtout à cette époque de l'Ancien
Empire- on remarquera la précision des représentations, comme par exemple ce hérisson en cage (vue 1348), ces petits veaux qui jouent (vue 1347) ce qui n'empêche pas non plus de montrer un veau mort transporté dans un panier (vue 1349)... On reste plus dubitatif devant la représentation de deux bouquetins dans un panier : il s'agit plus probablement d'un accessoire d'ornement (vue 1350)
2)- Le mur Ouest est donc
entièrement occupé par la stèle fausse porte
(vue
1160 et vue
1178).
Elle est surélevée par rapport au reste du plancher :
on y monte par une petit volée d'escaliers. Sa partie
supérieure manque, mais dans l'ensemble elle reste très
bien préservée.
• Ses montants droit et gauche sont formés
de trois panneaux gravés plus profondément de l'un à
l'autre vers l'intérieur, réalisant un aspect en redans.
Ils portent des colonnes verticales de hiéroglyphes
rappelant les titres du prince, et ses deux noms (Kagemni
et Memi).
• L'ouverture centrale, très étroite est
peinte en orange et surmontée d'un mince rouleau portant
le nom de Kagemni. Comme dans une habitation terrestre,
ce rouleau est l'équivalent du store protégeant une
ouverture d'une maison terrestre, sans porte.
Par cette ouverture, située juste au dessus des appartements
funéraires souterrains, le Ka de Kagemni pouvait entrer
et sortir du sarcophage, et venir se rassasier des offrandes
alimentaires qui lui étaient présentées devant la stèle.
Et si d'aventure son culte funéraire tombait dans l'oubli,
le Ka avait toujours à sa disposition les représentations
sur les parois qui assuraient magiquement le même rôle.
La paroi ouest est entièrement occupée
par la stèle fausse-porte, amputée de
sa partie supérieure.
• Au-dessus du rouleau, le maître
est représenté assis devant une table
garnie de "milliers de pains, bière, albâtre,
tête de bétail...", réalisant ce que
le jargon égyptologique nomme une "pancarte". Cette
formule de souhait était aussi destinée
aux vivants qui devaient la réciter à
haute voix pour qu'elle devienne réalité
dans l'Au-delà.
Nous nous retournons maintenant et sur la vue
1177 nous voyons sur la droite la porte donnant
sur la salle V et sur la gauche, celle qui contient
à la salle VIII.
Pour pénétrer dans la dernière
salle on tourne sur sa gauche en quittant la salle des
offrandes (vue
1163) et passe entre les files de porteurs représentés
sur l'embrasure de la porte (vue
1164).
La salle représente une extension de la salle VII et
est entièrement décorée d'offrandes
et de porteurs d'offrandes. On est frappé dès l'entrée
par une préservation de certaines couleurs et de la
partie haute des parois bien meilleure que dans les
autres pièces. En particulier le bleu-gris de fond et le rouge de la carnation des hommes sont bienvisibles, tandis que les autres ont plus ou moins complètement disparues, notamment au niveau des hiéroglyphes.
1)- Mur Ouest
Immédiatement après avoir franchi l'entrée de la salle,
le mur Ouest -à main gauche- continue la procession
des porteurs qui a débuté dans la salle VII, s'est poursuivie
dans l'embrasure de la porte, et ne s'arrêtera qu'à
l'extrémité Est du Mur Nord.
Six équipes d'hommes, répartis en deux
registres, tirent des traîneaux chargés
d'énormes vases à huile (vue
1174 et vue
1175 et vue
1176). Dans les registres supérieurs on trouve une
accumulation de coffres qui contiennent eux mêmes des
vases souvent soigneusement assurés par des cordes. Les hommes atteignent ainsi l'angle avec le mur Nord, mur sur lequel ils continuent leur chemin vers le maître.
2)- Mur Nord (vue
1166 et vue
1165).
Nous retrouvons les porteurs, toujours disposés
sur les deux registres du bas, lesquels sont séparés
par une épaisse bande sculptée de hiéroglyphes.
Ceux du registre bas portent dans chaque main un objet
long que l'on n'identifie pas, et dans lequel certains
reconnaissent une pièce d'étoffe (vue
1173). Dans ce cas, elle serait étonnament rigide.
Les hommes du registres au dessus portent de grands
vases (vue
1172) où des anneaux qui sont peut être des colliers
(vue
1166). Plusieurs sont désignés comme des prêtres
du Ka.
Ils progressent ainsi jusqu'à l'extrémité (Est) du mur
(vue
1167 et vue
1168) où Kagemni debout les attend (vue
1169).
3)- Mur Est
Sa moitié inférieure comporte des porteurs disposés
sur deux rangs et qui ont la particularité d'être symétriquement
divisés en deux sous groupes par une ligne médiane visible.
Ceux de chaque moitié se dirigeant vers la figure de
Kagemni la plus proche, soit sur le mur Nord soit sur
le mur Sud (vue
1170). Dans la partie haute de la paroi, on trouve
des empilements de vases, coffres,...
4)-Mur Sud
Ses reliefs ont plus souffert que les autres. Ils restent
bien conservés, quoique non colorés. A l'extrémité Est
du mur, on retrouve une grande figure de Kagemni, moins
bien conservée que sur le mur d'en face (vue 1170). On peut remarquer que le sceptre qu'il tient de la main droite passe de manière illogique devant son pagne, tandis que sur le mur Nord il est correctement représenté derrière lui.
Si nous ressortons (vue
1171), nous pouvons voir l'enfilade de pièces aboutissant
au bout au mur Sud de la salle V (la salle VII se trouvant
immédiatement sur la droite).
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Les appartements souterrains |
Les murs des deux pièces sont couverts de scènes
d'offrandes et d'inscriptions, dont une grande liste
d'offrandes.
Le sarcophage porte le nom et des titres de Kagemni.
Les pillards en ont déplacé le couvercle.
La cuve de calcaire contenait un cercueil en bois pratiquement
en miette et des ossements appartenant au grand nomarque
dont la momie avait été fracassée
pour y voler les amulettes et autres objets précieux
qu'elle contenait. Les fouilleurs ont retrouvé peu de
chose du mobilier funéraire, essentiellement de la vaisselle.
les vases canopes étaient également présents quoique
brisés.
Page réalisée
par Thierry Benderitter
© Copyright OsirisNet 2007 |
| Bibliographie
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| -
Porter /Moss III, p. 521-525, Griffith Institute,
Oxford, 1978
- Bissing FW : Die Mastaba des Gem-ni-kai,
Berlin, 1905-1911
- Roccati A : La littérature historique
sous l'Ancien Empire Égyptien, Ed du
Cerf, 1982,
p 139-141
- Vandier J : Manuel d'archéologie
Égyptienne, tome IV, Editions Picard,
Paris, 1964
- Yvonne M. Harpur and Paolo J. Scremin, The
Chapel of Kagemni: Scene Details (Egypt in
Miniature, Volume 1. Series Editor:
Geoffrey T. Martin), Oxford Expedition to
Egypt, 2006
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