La salle V

Nous voyons son entrée et le début du mur Nord sur la et la , prises depuis la salle IV, qui montrent d'une part la porte entre salle IV et salle V, et également au fond et à gauche l'ouverture vers la salle VI. La représente la partie Ouest du mur Nord, ouverture sur la gauche étant celle qui mène vers la salle VI.

L'embrasure de la porte est décorée des deux côtés par une procession de porteurs d'offrandes, chargés de fruits, d'oiseaux, de vases contenant des fleurs, de bateaux et de corbeilles remplis de pains, de viandes et de légumes destinés au «ka de Memi».
Kagemni est figuré sur la paroi Sud () et sur celle du Nord (, qui comporte aussi la porte menant vers la salle VI et ) ; il reçoit les produits des domaines qui pourvoient à son culte funéraire. Il voit ainsi les processions de serviteurs chargés des biens les plus divers, et qui s'apprêtent -magiquement- à rentrer dans la salle VII, celle des offrandes ( et ).

La procession des porteurs d'offrandes commence en fait sur le mur Est et se dirige vers la porte donnant sur la salle VII
et continuera jusqu'à l'arrière de la représentation de Kagemni sur le mur Nord.
Au-dessus de la porte du mur Nord qui conduit de la salle V à la salle VIII, nous voyons une superposition de scènes. Celle du rang le plus bas montre des coffres et sur sa gauche un étrange assemblage comportant un éventail, un chasse-mouches, reposant sur ? peut être un lit. Le premier rang d'hommes au-dessus est constitué de scribes transportant différents rouleaux (). On remarquera un détail : l'un d'entre eux a rajouté son nom devant l'homme de tête ().
Au-dessus encore (), remarquez les trois premiers hommes du registre et la curieuse disposition de leurs bras. Si l'on peut concevoir le premier et le troisième comme des gestes de salutations, on reste perplexe sur l'attitude de celui du milieu.

La salle VI

C'est dans cette pièce que l'on a trouvé un puits funéraire d'époque tardive. Lors de sa réalisation, des dégâts ont été infligés aux parois, notamment sur le mur Nord et partiellement le mur Ouest (, les deux pierres dressées appartiennent à l'inhumation secondaire).

Le décor résiduel de ce dernier est proche de celui du mur Est (), et on trouve, sur le registre du bas, des bêtes abattues et gisant sur le dos, notamment des boeufs.

Au second registre, au-dessus, nous trouvons deux représentations d'hommes halant un traîneau sur lequel sont figurés deux sortes de cônes surmontés d'une double plume (). On ignore absolument de quoi il peut s'agir.

Au troisième registre, des hommes mesurent du grain à partir de gros tas situés devant eux, grain qui va ensuite être transporté dans un silo.

Plus haut encore on trouve des hommes transportant des coffres sur des tiges de bois.

Le maître, représenté en majesté sur le mur sud, surveille toutes ces activités (). Il est revêtu, par-dessus son pagne, de la peau de panthère de prêtre-sem. Derrière lui sont 15 hommes en cinq rangées superposées de trois hommes. Parmi ceux-ci, on trouve Téti-ankh, un autre fils - qui n'a pas eu l'honneur d'être nommé, un frère de Kagemni lui aussi anonyme, et des "hem-ka". Ces derniers sont des prêtres (litt des serviteurs) du ka préposés au culte de ce "double" du défunt, censé contenir la substance de sa vitalité, sa force vitale au sens propre du terme. C'est cette partie immatérielle de sa personne qui était capable d'aller et de venir entre les mondes d'en haut et d'en bas, et de rapporter à la momie du défunt les essences vitales qu'il avait absorbées à partir des offrandes (réelles ou figurées sur les murs).

La salle VII

On accède à cette chambre par la salle V ( montrant à gauche l'entrée vers la salle VII et à l'avant celle celle vers la salle VIII).
Dans l'embrasure de la porte, reliant les deux pièces, on reconnaît le traditionnel défilé des porteurs d'offrandes ().

Cette pièce en longueur est tout entière focalisée vers le mur de fond, à l'Ouest, comportant la stèle fausse-porte ().

1) - Les murs Nord et Sud

Ils sont symétriques quant aux thèmes, même s'il existe des variations de détails. Tous deux comportent en effet de multiples porteurs d'offrandes, hommes ou femmes, des prêtres du Ka, … Tous se dirigent vers le fond où les attend Kagemni assis, dos vers la fausse porte ( et et ).
Parmi les multiples détails qui montrent l'intérêt que les Égyptiens ont souvent manifesté pour le règne animal -surtout à cette époque de l'Ancien Empire- on remarquera la précision des représentations, par exemple ce hérisson en cage (), ces petits veaux qui jouent () ce qui n'empêche pas non plus de montrer un veau mort transporté dans un panier ()… On reste plus dubitatif devant la représentation de deux bouquetins dans un panier : il s'agit plus probablement d'un accessoire d'ornement ()

2) - Le mur Ouest est donc entièrement occupé par la stèle fausse porte

( et ).

Elle est surélevée par rapport au reste du plancher : on y monte par une petite volée d'escaliers. Sa partie supérieure manque, mais dans l'ensemble elle reste très bien préservée.

Ses montants droit et gauche sont formés de trois panneaux gravés plus profondément de l'un à l'autre vers l'intérieur, réalisant un aspect en redans. Ils portent des colonnes verticales de hiéroglyphes rappelant les titres du prince, et ses deux noms (Kagemni et Memi).

L'ouverture centrale, très étroite est peinte en orange et surmontée d'un mince rouleau portant le nom de Kagemni. Comme dans une habitation terrestre, ce rouleau est l'équivalent du store protégeant une ouverture d'une maison terrestre, sans porte.
Par cette ouverture, située juste au-dessus des appartements funéraires souterrains, le Ka de Kagemni pouvait entrer et sortir du sarcophage, et venir se rassasier des offrandes alimentaires qui lui étaient présentées devant la stèle.
Et si d'aventure son culte funéraire tombait dans l'oubli, le Ka avait toujours à sa disposition les représentations sur les parois qui assuraient magiquement le même rôle. La paroi ouest est entièrement occupée par la stèle fausse-porte, amputée de sa partie supérieure.

Au-dessus du rouleau, le maître est représenté assis devant une table garnie de "milliers de pains, bière, albâtre, tête de bétail…", réalisant ce qu'on appelle en jargon égyptologique une "pancarte". Cette formule de souhait était aussi destinée aux vivants qui devaient la réciter à haute voix pour qu'elle devienne réalité dans l'au-delà.

Nous nous retournons maintenant et sur la nous voyons sur la droite la porte donnant sur la salle V et sur la gauche, celle qui contient à la salle VIII.

La salle VIII

Pour pénétrer dans la dernière salle, on tourne sur sa gauche en quittant la salle des offrandes () et passe entre les files de porteurs représentés sur l'embrasure de la porte ().
La salle représente une extension de la salle VII et est entièrement décorée d'offrandes et de porteurs d'offrandes. On est frappé dès l'entrée par une préservation de certaines couleurs et de la partie haute des parois bien meilleure que dans les autres pièces. En particulier le bleu gris de fond et le rouge de la carnation des hommes sont bien visibles, tandis que les autres ont plus ou moins complètement disparu, notamment au niveau des hiéroglyphes.

1) - Mur Ouest

Immédiatement après avoir franchi l'entrée de la salle, le mur Ouest -à main gauche- continue la procession des porteurs qui a débuté dans la salle VII, s'est poursuivie dans l'embrasure de la porte, et ne s'arrêtera qu'à l'extrémité Est du Mur Nord.
Six équipes d'hommes, répartis en deux registres, tirent des traîneaux chargés d'énormes vases à huile ( et et ). Dans les registres supérieurs, on note une accumulation de coffres qui contiennent eux-mêmes des vases souvent soigneusement assurés par des cordes.
Les hommes atteignent ainsi l'angle avec le mur Nord, mur sur lequel ils continuent leur chemin vers le maître.

2) - Mur Nord

( et ).

Nous retrouvons les porteurs, toujours disposés sur les deux registres du bas, lesquels sont séparés par une épaisse bande sculptée de hiéroglyphes.
Ceux du registre bas portent dans chaque main un objet long que l'on n'identifie pas, et dans lequel certains reconnaissent une pièce d'étoffe (). Dans ce cas, elle serait étonnament rigide.
Les hommes du registre du dessus portent de grands vases (), où des anneaux qui sont peut être des colliers (). Plusieurs sont désignés comme des prêtres du Ka.

Ils progressent ainsi jusqu'à l'extrémité (Est) du mur ( et ) où Kagemni debout les attend ().

3) - Mur Est

Sa moitié inférieure comporte des porteurs disposés sur deux rangs et qui ont la particularité d'être symétriquement divisés en deux sous groupes par une ligne médiane visible. Ceux de chaque moitié se dirigeant vers la figure de Kagemni la plus proche, soit sur le mur Nord soit sur le mur Sud (). Dans la partie haute de la paroi, on trouve des empilements de vases, de coffres, …

4) -Mur Sud

Ses reliefs ont plus souffert que les autres. Ils restent bien conservés, quoique non colorés. A l'extrémité Est du mur, on retrouve une grande figure de Kagemni, moins bien conservée que sur le mur d'en face (). On peut remarquer que le sceptre qu'il tient de la main droite passe de manière illogique devant son pagne, tandis que sur le mur Nord il est correctement représenté derrière lui.
Si nous ressortons (), nous pouvons voir l'enfilade de pièces aboutissant au bout au mur Sud de la salle V (la salle VII se trouvant immédiatement sur la droite).

Les appartements souterrains

Les murs des deux pièces sont couverts de scènes d'offrandes et d'inscriptions, dont une grande liste d'offrandes.
Le sarcophage porte le nom et des titres de Kagemni. Les pillards en ont déplacé le couvercle. La cuve de calcaire contenait un cercueil en bois pratiquement en miettes et des ossements appartenant au grand nomarque dont la momie avait été fracassée pour y voler les amulettes et autres objets précieux qu'elle contenait. Les fouilleurs ont retrouvé peu de choses du mobilier funéraire, essentiellement de la vaisselle. Des vases canopes étaient également présents, mais brisés.