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Le puits funéraire part de l'angle Nord du mastaba
de brique. Dans le corps du mastaba, il est chemisé
en blocs de pierre irréguliers, et préservé
sur une hauteur de 2,50 m. Ensuite, il se poursuit dans la
roche sous jacente (pl
078b).
Il est large de 2,30 m à la surface, et descend à
14,40 m dans la roche. Il débouche directement à
l'Ouest dans la chambre funéraire.
Ce puits reste à distance des deux fausses portes du
mur Ouest de la chapelle décorée, une situation
très inhabituelle.
Il est donc probable que Merefnebef a utilisé un puits
déjà creusé mais non utilisé,
datant d'une époque antérieure, ou même
qu'il a usurpé la chambre funéraire.
La chambre sépulcrale est grossièrement taillée,
de 5,42 x 3,15 x 2,70 m, et ses murs conservent des traces
d'enduit blanc. Au centre se trouve un sarcophage de calcaire
blanc d'environ 2,95 m de long. Grossièrement taillé,
il est irrégulier dans sa forme générale
et sur ses parois. Le couvercle est de la même facture.
Il n'y a aucun décor (pl 010, détail).
La pièce a été retrouvée violée,
et il y a tout lieu de croire que ce vandalisme a eu lieu
peu après les funérailles.
Lors de la découverte, la pièce était
remplie de sable, de cailloux, de morceaux de calcaire et
de brique crue. Des gros fragments, détachés
de la voûte, couvraient l'ensemble. Les débris
dépassaient la hauteur du sarcophage (pl
010, détail).
Six poteries étaient encore présentes : 2 jarres,
deux plats, un bol et un vase en forme de pain sTt.
Les jarres contenaient une terre grise noirâtre, comme
cela a été constaté aussi dans d'autres
tombes de l'Ancien Empire. Cette terre remplaçait en
quantité et en poids la bière qui aurait dû
s'y trouver (pl 112g). Ainsi, le récipient restait plein pour l'éternité…
Dans le puits funéraire furent retrouvés des
centaines de fragments d'un type particulier de jarres : les
jarres à cendres, qui faisaient partie intégrante
des offrandes funéraires. Ces jarres étaient
probablement remplies des restes du dernier repas funéraire
pris devant la tombe.
Les pillards ont tiré le corps hors de la cuve du sarcophage,
et l'ont abandonné sur le couvercle après l'avoir
fracassé. Rien n'indique son identité, mais
il s'agit vraisemblablement de Merefnebef-père. Son
corps ne porte aucune trace de momification, et a été
retrouvé à l'état de squelette, mais
avec des os encore en situation anatomique (sauf le crâne)
; ceci pourrait indiquer que le pillage a eu lieu alors que
les tissus mous étaient encore présents (pl 010, détail).
Il s'agit d'un homme, qui devait avoir dans les 45 ans à
sa mort. La cause du décès n'a laissé
aucune trace osseuse et reste donc un mystère.
| DATATION ET HISTOIRE
DE LA TOMBE |
La tombe du vizir Merefnebef se composant d'un mastaba en
briques crues de surface, d'une chapelle en pierre creusée
sous le mastaba, et d'une seconde chapelle ajoutée
au mur Est du mastaba, a manifestement été
construite en plusieurs étapes.
Merefnebef a dû commencer sa carrière sous le
règne de Teti ; celle-ci a culminé sous le court
règne d'Ouserkaré, et il semble être mort sous
le règne de Pepy I.
Phase (1) :
a)- creusement d'une chapelle
rectangulaire b)-
cour basse 1a c)-
cour rectangulaire haute
d)- mastaba en briques crues au-dessus de la chapelle.
Il est probable que seul l'intérieur de la chapelle
était décoré à la fin de cette
phase. Ceci permet de classer Merefnebef parmi les courtisans
de rang intermédiaire, expliquant la taille et la forme
modeste du monument.
Phase (2) :
Elle semble débuter au moment de la nomination de Merefnebef
comme vizir par – probablement - Ouserkaré. Alors,
la façade fut gravée, avec de nombreuses répétitions
du mot "vizir". Une monumentalisation de cette modeste
sépulture fut alors envisagée, mais jamais menée
à bien. L'arrêt des travaux a pu coïncider,
soit avec la mort de Merefnebef, soit avec sa disgrâce
politique après la mort d'Ouserkaré.
Phase (3) :
Très peu de temps après la mort de Merefnebef,
et certainement encore sous le règne de Pepy I, un
conflit a opposé les enfants du vizir. Il semble avoir
été remporté par un fils puîné,
Merefnebef / Fefi, qui a fait effacer les noms de ses frères.
Mais au conflit familial s'est surajouté un conflit
politique. Le mot "roi" fut martelé dans
les inscriptions mentionnant le défunt comme "honoré
par" le monarque -un titre spécifique au père-
; "roi" est même remplacé en une occurrence
par le mot "désert". Le souverain ainsi virtuellement
anéanti est Ouserkaré.
Nul doute que cela n'ait été fait dans les débuts
du règne de Pepy I, car ce souverain a fait vandaliser
de la même manière d'autres tombes de nobles
à Saqqarah.
Toutefois, Merefnebef / Fefi n'a pas uniquement détruit,
il a aussi restauré ; au passage, il n'a cependant
pas manqué d'ajouter quelques scènes de son
cru, le montrant avec son épouse Hemi (mur Est, côté
Sud). On peut donc parler d'usurpation partielle du monument
du père par le fils.
Peu de temps après ces évènements, peut
être encore sous Pepy I, ou sous son successeur Merenra,
le mastaba de briques crues s'est écroulé dans
la cour basse N°1, bloquant l'entrée de la chapelle
pour des millénaires. Les membres de la famille, non
seulement n'ont pas essayé de déblayer, mais
ont renforcé la couverture, sans doute pour protéger
la tombe.
Phase (4) :
Quelque temps après, en tout cas avant la fin de la
VIème Dynastie, des membres de la famille, désireux
de rendre un culte à cet ancêtre, mort depuis
longtemps mais prestigieux, ont édifié une petite
chapelle de culte contre le mur Est de ce qui restait du mastaba
de surface.
Cette petite construction, plus symbolique qu'autre chose,
comportait cependant une fausse porte monumentale de calcaire
dur, surmontée d'un grand linteau. La porte fut découverte
renversée dans le sable (pl 081a) ; on y retrouve six représentations du vizir, symétriquement réparties par rapport à
l'axe central. Étonnamment, le mot nswt (roi) a été
effacé dans le titre "Honoré
auprès du roi", comme il l'avait été
dans la chapelle. Cela signifie que, des années après
le décès de Merefnebef, sa famille était
toujours divisée entre les "pro" et les "anti"
!
En fonction des résultats des analyses céramologiques,
on pense que le culte funéraire rendu à Merefnebef
s'est prolongé dans la chapelle Ouest jusque sous le
règne de Merenra, et dans la chapelle Est, jusqu'à
la fin de la VI ème Dynastie.
Une réplique grandeur nature de la chapelle a été réalisée
et est exposée à Varsovie.
| Bibliographie
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- La publication
princeps a été détaillée page
1. Elle contient une bibliographie très fournie.
- Une interview
du Pr Myśliwiec sur le site de l'académie
des sciences de Pologne (2005)
- Polish archaeologists have completed another season
of excavations in Saqqara : Eduskrypt.pl
(28/11/2007) |
Pages réalisées
par Thierry Benderitter
(basées sur la publication du Pr Karol Mysliwiec)
© OsirisNet 2008 |
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