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Le mastaba de Mererouka  surnommé Meri


Plan du secteur
Le mastaba de Mererouka est situé dans le secteur Nord-Est de l'immense nécropole de Saqqara, en bordure du plateau rocheux.
Le monument se trouve juste au Nord de la pyramide de Teti, premier roi de la VI ème Dynastie.
C'est une période de déclin de la monarchie, comme en témoignent la taille relativement modeste et la qualité de construction amoindrie des pyramides des souverains de l'époque. Elles contrastent en cela avec la taille et la qualité des tombes de certains hauts dignitaires, dont la richesse et la puissance vont progressivement mettre à bas la royauté, qui s'effondrera à la fin de la dynastie.
Les deux monuments les plus imposants dans ce contexte sont les mastabas des vizirs Mererouka, que nous allons voir, et celui de son prédécesseur dans sa charge, Kagemni.
Le mastaba de Mererouka est le plus complexe. Il regroupe en fait les appartements funéraires de trois personnes : Mererouka (les pièces qui lui sont dévolues seront libellées "A"), une de ses épouses, Watekhethor (pièces "B"), et son fils Meryteti, pour qui le mastaba sera agrandi (pièces "C"). On accède aux pièces B et C par l'intérieur, à partir des pièces A (voir plan).


Mastabas à proximité
Bien que le mastaba de Kagemni soit connu depuis le milieu du XIXème siècle, il fallut attendre juillet 1893 et J. de Morgan, directeur du service des antiquités, pour que le monument soit identifié. Le service remonta ce qui restait des murs, et recouvrit l'ensemble d'un toit. Le monument fut alors ouvert au public. En 1912, partiellement recouvert par le sable, il dut de nouveau être dégagé.

La première publication sérieuse du monument est l'œuvre de Prentice Duell, et date de 1936. Il y avait bien eu une publication de Daressy une quarantaine d'années auparavant, mais il ne s'agissait que d'un court traité.
La présente étude est basée sur ces deux ouvrages princeps. Du fait des lacunes dans la couverture photographique, nous serons amenés à utiliser de nombreux dessins. Plusieurs sont des œuvres originales dues au talent de Jon Hirst, qui a travaillé à partir de photos noir et blanc. Les autres sont inspirés de l'ouvrage de Duell.
Aucune mesure précise n'étant disponible, celles qui sont données ne sont que des estimations faîtes à partir des plans.

Curieusement, aucune étude d'ensemble vraiment complète n'a jamais été réalisée. Cette présentation essaiera donc de proposer, outre l'approche classique, quelques nouvelles données.

Chacune des trois portions du "mastaba de Mererouka" fait l'objet d'une étude séparée :
•  Pages dédiées à Mererouka (vous y êtes)
•  Pages dédiées à Meryteti
•  Pages dédiées à Watetkhethor

Dans ce qui va suivre, nous nous limiterons aux pièces A, concernant Mererouka.)

 MEREROUKA ET SA FAMILLE 

Mererouka, (plus précisément "Mererouka, de son beau nom Meri") le "beau nom" est celui que Mererouka s'est choisi lui-même.
Comme tous les hauts dignitaires, il portait des dizaines de titres, certains correspondant à une fonction réelle, d'autres purement honorifiques. On ne peut pas discerner clairement lesquels lui ont été attribués lors de sa nomination au vizirat. Ces titres sont si nombreux qu'ils sont présentés dans une page spéciale (voir les titres de Mererouka).
Dans toute cette liste hétéroclite, on note surtout que Mererouka succède à Kagemni comme "Vizir du roi (Teti) de Haute et de Basse Égypte", une position qui fait de lui le second personnage de l'État, avec les fonctions d'un premier ministre et d'un ministre de la justice.

Nedjetempet (de son "beau nom" Tiyet) , est la mère de Mererouka. Elle est désignée comme "relation" ou "connaissance" du roi. Son mastaba se trouve inclut dans la partie Nord-Est du complexe Kagemni-Mererouka (voir le plan du cimetière de Teti). Son nom apparaît trois fois dans les appartements de Mererouka : deux fois dans la chambre A13, de chaque côté de la statue, ( vue A13-nw-4a et vue A13-nw-4b) et une fois à l'extrémité Sud du mur Est de la même pièce.

Watekhethor (de son "beau nom" Seshseshet) , est l'épouse de Mererouka ( vue A13-nw-4c). Elle n'avait pas de titre administratif, mais portait des titres religieux.
C'était une très grande dame, puisqu'elle était "fille aînée du roi, de son corps". Mererouka était ainsi le gendre d'un souverain, très probablement Teti, son seigneur. [NB : Kagemni était également l'époux d'une fille de roi, Nebty-Noub-Khet, dont le beau nom était aussi Sesheshet].

Meryteti, (de son beau nom Meri, comme son père) ( vue A13-nw-4a). Il est désigné à la fois comme "le fils aîné" de Mererouka et de Watekhethor, mais aussi, de manière fort intrigante, comme "fils aîné du roi, de son corps". Le nom Meryteti signifie d'ailleurs "aimé de Teti".
Quoi qu'il en soit, Mererouka lui a transmis beaucoup de ses titres, auxquels s'en sont ajoutés de nouveaux : "prêtre lecteur de son père" et "Inspecteur des prêtres attachés à la pyramide de Pepy" (successeur de Teti après le court règne d'Ouserkare). Sa femme, Nebet, est citée dans les chambres appartenant à Meryteti.

Pepyankh est un autre fils. Il a usurpé l'extension du mastaba que représentent les appartements de Meryteti ; par ailleurs, il a fait effacer le "Mery" (aimé de…) du nom de son frère dans l'ensemble des pièces A et C, mais pas dans les pièces B de sa mère Watekethor. Ultérieurement, le nom de Meryteti fut rétabli. Nous n'avons, hélas, aucune idée de ce qui a bien pu se passer

Il existe cinq autres frères : Memi , Khenti , Apref , Khenu et Nefer , qui sont soit mentionnés, soit représentés. Memi est, comme Meryteti, désigné comme "fils aîné", sans nulle doute d'une autre épouse. Il a été suggéré, sans preuve convaincante, que Memi et Pepyankh seraient la même personne, Memi ayant fait changer son nom.

Il est aussi fait mention d'une fille de Watekhethor, Ibnebou qui est donc soeur de Meryteti ; elle n'est représentée qu'une fois dans la salle B01 de sa mère. Elle y est désignée comme "Sa fille, son aimée, de son corps", et quoiqu'on lui ait donné des formes, sa coiffure prouve qu'elle est encore une jeune fille.

Ihy , frère de Mererouka, est représenté plusieurs fois, notamment une belle figure en ronde-bosse qui le montre assis dans une barque en papyrus sur le mur Est de la pièce A4.

Ihy et les autres frères de Mererouka sont nommés sur le mur Sud de la chambre A10, ainsi que sur le mur Nord de la chambre A13. Sept de ceux cités en A13 portent le titre de "gardien" (ou "celui qui précède"), une position qu'occupait sans doute Mererouka au début de sa carrière. Il s'agit de personnes formant une sorte de garde rapprochée du souverain.

Par ailleurs, une centaine de personnes sont représentés sur les murs du mastaba, pour la plupart anonymes : prêtres, officiels de rang inférieur, serviteurs...

 VUE D'ENSEMBLE DE L'ESPACE ARCHITECTURAL DU MASTABA 

Depuis son apparition aux premiers temps de la civilisation pharaonique, la superstructure funéraire connue sous le nom de mastaba (dérivé de l'Arabe "banc plat") est caractéristique de l'Ancien Empire (bien qu'on en trouve plus tard), et présente un aspect extérieur quasiment immuable, rappelant une pyramide (très) tronquée. Le corps de l'édifice est construit à partir de morceaux de pierre, d'argile, et cloisonné par des briques crues. Dans le meilleur des cas, il est rehaussé par un parement de plaques de calcaire.
Ainsi est évoqué symboliquement le tertre primordial, la butte initiale qui a jailli du Noun, l'océan des abîmes, au premier jour du monde. Pour le défunt, c'était le lieu magique ou s'établissait la communication entre les mondes, là où les cultes devaient être rendus et les offrandes présentées, afin que la partie immatérielle de l'individu puisse venir en profiter ; ainsi serait entretenu son Ka, son énergie vitale, pour l'Éternité (théoriquement…).
Si la forme extérieure est quasiment immuable au cours de l'Ancien Empire, il n'en est pas de même de l'arrangement intérieur.
Il existe, bien sûr, des variations selon les nécropoles, mais qui ne remettent pas en cause un processus de fond : l'augmentation de la taille du monument, et la complexification de sa structure interne au fur et à mesure du temps. La VIème Dynastie marque l'apogée de ce processus, qui culmine avec la puissance des grandes familles.

Mererouka, Kagemni et Merefnebef
Il est intéressant de comparer le mastaba de Mererouka avec celui de son prédécesseur Kagemni, ainsi qu'avec celui du vizir Merefnebef, qui lui est postérieur d'assez peu (mais qui ne lui a pas directement succédé) (Mysliewiec).
On y découvrira de nombreux points communs, mais aussi des variations, souvent subtiles mais néanmoins significatives.


Description générale

Le mastaba de Mererouka mesure 23 m d'Est en Ouest et 30 m du Nord au Sud, distance qui doit être étendue à 41 m si on inclut la portion C de Meryteti ; sa hauteur est de 4,5 m.
A l'extérieur, un mur bas délimitait l'enceinte d'un temenos. Ce mur était orné d'images répétitives du nom et des titres du propriétaire.
Les murs du mastaba sont décorés sur leurs faces externe et interne par un pavement de blocs de calcaire fin. Le corps du monument est constitué par un remplissage plus grossier fait d'éclats de pierre, de sable et de débris divers, cloisonné par des briques crues.
De nombreuses parois (mais pas toutes) ont reçu un décor très soigné, combinant reliefs et peintures. Hélas, toute la partie supérieure des décors s'est perdue lorsque les assises de pierre ont été démantelées pour être remployées ailleurs. Seule une zone sur le mur Sud de A8 et deux du mur Sud également de A10, peuvent aujourd'hui nous en donner une idée. On s'aperçoit ainsi, par exemple, qu'une frise de Khakhérous courait à l'extrémité supérieure des murs ( dessin).

La tombe était certainement couverte, et aérée par des fentes horizontales ménagées à la partie supérieure des murs, presque au contact des dalles de plafond. Ainsi, un peu de lumière pénétrait dans le monument, juste assez pour créer une semi-obscurité solennelle, dans laquelle les reliefs devaient paraître encore plus impressionnants.

Remarquons une particularité intéressante : le monument fait face au Sud, et non à l'Est comme il est habituel.
Il apparaît clairement que la chambre A10, tournée vers l'Est, constituait, à l'origine, le portique à piliers d'entrée dans la tombe. Son mur Est est en effet constitué par un remplissage réalisé entre quatre colonnes, lesquelles faisaient pendant aux quatre autres situées au milieu de la pièce.
La seule explication possible est l'existence d'un arrangement entre Mererouka et son prédecesseur Kagemni, sans qu'on n'en connaisse la vraie raison.

Structure interne

Plan intégral du mastaba
Le mastaba de Mererouka est le plus grand d'Égypte, si l'on se réfère au nombre de pièces qui le composent : 31, en incluant les passages larges, mais en excluant les petites sections, pourtant décorées, qui séparent les pièces.
Sur ces pièces, 21 appartiennent à Mererouka proprement dit (pièces "A"), 5 à son épouse Watekhethor (pièces "B") et 5 à son fils Meryteti (pièces "C").
Et il s'agit là des pièces de surface, auxquelles il faut rajouter les appartements funéraires souterrains auxquels on accède par trois puits : celui de Mererouka part de la pièce A11, tandis que ceux de la femme et du fils partent du toit du mastaba et s'enfoncent dans la superstructure, puis dans le sol.

Sur les 21 pièces de Mererouka, 10 furent décorées complètement, du sol au plafond. Comme nous l'avons dit, la partie haute du décor a disparu presque partout, mais ce qui persiste est de qualité, et dans l'ensemble, bien préservé.
On pourrait aisément se perdre dans ce monument complexe, véritable labyrinthe.
[NB : Jon serait intéressé par réaliser une visite 3D de ce très beau monument, mais hélas, comme déjà signalé, l'iconographie dont nous disposons n'est pas complète].

Avec la tombe de Mererouka, nous sommes devant un glissement conceptuel important : à l'origine, le mastaba était un bloc solide, avec très peu de pièces. Ici, c'est tout différent : les espaces pleins sont devenus minoritaires, au profit des salles, et les murs ont perdu beaucoup de leur épaisseur.

Autre point intéressant : l'examen du plan montre que les chambres de Mererouka forment un "L" qui enserre celles de sa femme Watekhethor. Les pièces de Meryteti, elles, ont été rajoutées ultérieurement au Nord, étendant ainsi le massif.
Ainsi le grand Mererouka embrasse sa femme au Sud-Ouest et est accompagné de son fils aîné au Nord, réalisant, avant l'heure, une triade familiale symbolique.

Nous avons vu que Mererouka possède 10 pièces décorées sur 21 : A1, A3, A4, A6, A8-A13. Il faut y rajouter les décors présents sur les corridors d'entrée des différentes pièces, ainsi que les décors qui surmontent les entrées aux pièces A14 et A16.

Les pièces A1, A3, A4 et A6 peuvent être considérées comme des couloirs menant aux tables d'offrande des pièces-chapelles A8 et A11, ainsi qu'à la célèbre et impressionnante statue de Mererouka dans la chambre A6.
Les magasins sont regroupés à part du trajet cérémoniel, connectés avec A13 et A8.
Les chapelles A8 et A11, ainsi que le serdab A7 et son approche A6 sont centrés sur la pièce A11 - d'où part le puits funéraire - formant ainsi le noyau central du monument.
L'absence de stèle extérieure est compensée par la présence de deux stèles fausse-portes tournées vers l'Ouest, permettant au Ka du vizir de passer du monde souterrain au monde terrestre, afin de profiter des offrandes qui lui sont présentées. L'une est dans la pièce A8, la seconde dans la pièce en enfilade, A11, où se trouve le puits.
Le serdab A7 a, un jour, contenu la statue de Mererouka. Par une fente étroite, cette pièce communique avec la pièce A6. Le vizir pouvait ainsi suivre le déroulement des cérémonies et rituels.
La petite ouverture menant à la chambre A2 a été taillée dans un mur déjà décoré de la pièce A1. Manifestement, on s'est rendu compte qu'il persistait à cet endroit une épaisse zone permettant la réalisation d'une nouvelle pièce. Cette dernière ne se justifiait pourtant pas, architecturalement parlant ; elle ne peut être imaginée que comme une antichambre du vestibule précédent.

Dans les pièces portant un décor, celui-ci commence à 1 m du sol, dont il est séparé par un bandeau constitué par deux bandes rouge et jaune, cernées de noir. Ces couleurs ont disparu en plusieurs endroits. Parfois elles n'ont pas été appliquées. Sous le bandeau, l'espace allant jusqu'au sol avait été peint en noir ; la couleur a souvent complètement disparu, ou s'est affadie en un bleu grisâtre. Les restes les plus significatifs de ce bandeau se trouvent sur le mur Ouest de la chambre A10, et le mur Nord de A13.
Ce qui reste sur les murs et piliers dans la pièce A13, ainsi que des traces ailleurs, montre que le fond des scènes a été réalisé en gris sombre, avec des exceptions pour la pièce A10, où les fonds étaient bleu gris, ainsi que l'étaient probablement ceux de la chambre A12, toutes deux réalisées sous la direction du même artiste.
C'est sur les murs Nord (surtout) et Ouest de la chambre A1, ainsi que sur le mur Est de A13, que les couleurs sont les mieux conservées. Dans les autres pièces décorées, la couleur a quasiment totalement disparu, laissant les reliefs presque bruts ; le rouge de la peau des hommes et les fonds sombres sont presque les seuls restes colorés.

Il faut bien se rappeler en visitant le monument que tout cela était peint de vives couleurs, et l'ensemble devait présenter une merveilleuse chatoyance dans la semi-obscurité régnante.


 CHRONOLOGIE DE LA CONSTRUCTION DE LA TOMBE 

Le début de la réalisation de la chapelle de Meryteti date probablement de la fin du règne de Teti, et elle a dû être achevée vers le milieu du règne de Pepy I. A l'origine, le mastaba de Mererouka ne comportait que deux parties : la partie principale était pour lui même, et le coin Sud-Est pour son épouse Watekhethor. Ce n'est que plus tard que le mastaba fut étendu vers le Nord pour leur fils Meryteti, par l'ouverture d'une porte à l'extrémité Nord de la salle A 13, qui était pourtant déja décorée.
Le cas de Meryteti reste problématique : il n'était pas le fils aîné, car avant lui se trouvait Memi, qui sera appelé Pepyankh, issu d'un premier lit ; alors pourquoi tant d'honneur ?
Watekhethor est représentée partout dans les chambres "A" propres à Mererouka ; par contre, Meryteti, lui, n'est présent que dans les trois scènes des chambres les plus tardivement décorées. Il est donc probable qu'il soit né quand le mastaba de son père était déja bien avancé.
Meryteti apparaît par contre régulièrement dans la décoration des pièces "B" propres à Watekhethor comme "Son fils aîné", et il est donc raisonnable de penser que la réalisation (ou du moins la décoration) de cette partie du mastaba date d'après sa naissance.

Les chambres "C" de Meryteti ont vraisemblablement été commencées par son père ; il est peu probable qu'il s'agisse d'un ajout fait après le décès de Mererouka. Nims suggère que Meryteti porte les titres honorifiques de son père comme s'il s'agissait d'un droit héréditaire, et qu'il a été représenté par anticipation comme un adulte.
On serait donc passé par dessus le vrai fils aîné, Memi, issu d'un premier mariage. Le rang de Meryteti pourrait l'expliquer : Watekhethor est fille du souverain, et Meryteti son fils est donc petit-fils du roi Teti.

A la mort de Teti, la période de la prise de pouvoir par Pepy I semble avoir été trouble.
Après le décès de son grand-père (et possiblement de son père) et l'accession au pouvoir du nouveau souverain, le fils aîné, Memi, trouve politiquement avisé de changer son nom en celui de Pepyankh, faisant ainsi clairement allégeance au nouveau roi. Il a probablement manoeuvré habilement, puisqu'il réussit à se faire attribuer les chambres "C" du mastaba de son père.
Les modifications à apporter étaient minimes : il n'a pas eu besoin de toucher au décor, il n'a eu qu'à changer le titre de "fils aîné du roi, de son corps" en "Meri, son fils aîné, de son corps", qui était compatible avec Pepyankh. Le nom "Meryteti" fut remplacé par "Pepyankh"; mais aucun autre titre n'a été changé ou effacé. Quelques modifications du même ordre furent apportées aussi dans les chambres "A", mais rien n'a été touché dans les pièces "C" de Watekhethor.
Il y a une certaine logique dans tout cela.
En effet, Meryteti était petit-fils de roi par sa mère ; et il n'y avait pas de raison politique (si le sujet se tenait tranquille) de lui refuser une place dans la tombe de ses parents : il continue à figurer chez son père Mererouka, haut fonctionnaire sans doute méritant, et chez sa mère. Par contre, il n'était pas question de risquer de soulever des problèmes successoraux en lui permettant, dans un monument qui lui soit propre, et à Saqqara, de se proclamer petit-fils (et -qui sait- peut être était t'il l'aîné des petits-fils ?) du souverain précédent.
S'il n'y a pas eu de problème de lignée dans la succession entre Teti et Pepy I, ce dernier devrait être l'oncle de Meryteti. Pure hypothèse, mais imaginons que Watekhethor n'était pas seulement l'aînée des filles de Teti, mais l'aînée tout court...Cela aurait pu faire de Meryteti un prétendant au trône !

Il semble que le nouveau roi ait assigné à Pepyankh un poste important en province. A ce moment, la chapelle est réattribuée à Meryteti, qui avait probablement donné des preuves de sa loyauté (mais nous ignorons comment). Le mot "ankh" de "Pepyankh" et le cartouche de Pepy sont alors englobés dans un nouveau titre, celui de "Inspecteur des prêtres de la pyramide de Pepy", complété par trois autres titres.
devient
Quand ces changements, et l'ajout des nouveaux titres, nécessitaient plus de place que la paroi ne pouvait en offrir, les lapidaires n'ont pas hésité à déborder sur le décor.
Les images et inscriptions concernant la femme de Meryteti, ses enfants et quelques familiers sont des ajouts datant de cette reprise de possession de la chapelle par Meryteti. Ce fut également à cette époque que les représentations et noms de son demi-frère aîné Memi furent effacées de la chambre A13 de Mererouka.

Nous avons parlé jusqu'ici d'usurpation, mais il s'agit peut être simplement d'un arrangement entre les deux demi-frères. Si Pepyankh s'était fait une place importante dans une ville de province, il a pu vouloir s'y faire enterrer. Ou encore, il a pu se voir attribuer une autre concession à Saqqara, dont nous avons perdu la trace.

Nous allons maintenant commencer la description détaillée du mastaba

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