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L'entrée dans la salle B3

Le passage d'entrée se trouve à l'extrémité sud du mur ouest de B1 ; il mesure 0,70m de large pour 0,50 m d'épaisseur, et sa hauteur est d'un peu plus de 2 m. L'embrasure sud réalise une protubérance de 0,15 m, celle du nord est de 0,35 m. Du côté de B3, le passage s'agrandit de 0,35 m en largeur et de 0,15 m en hauteur, délimitant ainsi un espace destiné à recevoir une porte. L'agrandissement a dû se faire en deux fois, car il a empiété sur les colonnes de hiéroglyphes préalablement sculptées sur le mur est. L'emplacement pour un gond a été creusé dans le plafond, du côté sud, dans l'idée de placer une porte ; un second pivot a été placé dans le sol, mais de l'autre côté, parce que quelqu'un a décidé de changer la porte de côté... Il n'y a aucune preuve que l'une ou l'autre n'ait jamais été mise en place.

Les deux côtés présentent une décoration quasiment en miroir, avec trois registres conservés sur toute leur hauteur dont les participants sont tournés vers B3. L'épaisseur sud (voir détail) a conservé plus de couleurs que l'opposée. Les deux registres du bas montrent trois porteurs qui amènent des oies vivantes, des légumes, des fleurs de lotus, des paniers de pain, des récipients, des sacs, des jarres de boisson.
Le registre supérieur ne comporte qu'un homme, identifié comme "le surveillant de l'étable à bétail" qui tient des végétaux d'une main, tandis que de l'autre il saisit un court licot avec lequel il dirige un animal qui, malgré sa belle taille, est désigné comme "jeune bœuf appartenant à l'étable".

La chambre B3



La pièce mesure 4,40 m (nord-sud) X 2,10 m (est-ouest). Ses murs persistent sur une hauteur d'environ 2,50 m. Tous sont décorés et les couleurs sont parfois assez bien préservées. L'entrée depuis B1 se trouve à l'extrémité sud du mur est, tandis que la sortie vers B5 est percée du côté est du mur nord.
Les murs de la chambre B3


1)- Mur est (dessin)

Il est divisé en deux panneaux, chacun portant une grande image de Watetkhethor et une beaucoup plus petite de Meryteti, tous deux debout, tournés vers l'entrée. Cette dernière à sérieusement réduit la quantité de décors sur le panneau de droite (sud).

Watetkhethor et son fils sont représentés d'une manière très semblable à celle que nous avons déjà rencontrée. Il apparaît ici plus clairement que sa robe moulante comporte deux bretelles décorées, mais cependant le sein est montré nu, de profil. Il s'agit sans nul doute d'une représentation conventionnelle, conforme au canon égyptien, car, vu leur disposition et leur largeur, on voit mal comment les bretelles n'auraient pas recouvert la poitrine. Elle porte un grand collier, des bracelets aux poignets et aux chevilles. Ses cheveux (ou sa perruque) sont courts, maintenus par un ruban dont l'extrémité se projette toute droite derrière son dos. Ce type de représentation aura cours jusqu'au Moyen Empire, puis disparaîtra.
Meryteti se présente comme un jeune enfant, nu, une fleur de lotus dans une main et un oiseau dans l'autre, avec de légères variations d'une image à l'autre.

La colonne de texte pour la scène de gauche nous dit (la partie haute est manquante) : "…qui sont amenées pour elle depuis ses domaines et ses villes du Delta et du Sud, avec lesquelles faire des offrandes invocatoires"

Les cinq registres (complets) et une partie du sixième, situés devant les protagonistes, montrent huit ou neuf porteurs d'offrandes chargés de nourriture ou de boisson. Il s'agit probablement d'une personnification des domaines funéraires de la défunte, bien qu'ils ne soient pas nommés contrairement à l'habitude (voir détails registres 1-3 gauche, reg.2 gauche et reg.1-2 droit).

Sur le panneau droit, qui jouxte l'entrée, seuls les jambes et les pieds de quatre porteurs ont survécu. Ils devaient certainement être plus nombreux à occuper le panneau, mais ils ont été amputés par un élargissement secondaire du mur destiné, comme nous l'avons vu, à l'adjonction d'une porte. Le peu qui persiste de la colonne de texte jouxtant l'entrée (voir dessin pour plus de détails), montre qu'il devait s'agir d'une copie de son homonyme sud.

2)- Mur sud (dessin)

Du côté droit, nous retrouvons Watetkhethor et son fils qui font face à l'entrée depuis B1. Elle est représentée comme à l'accoutumée, tenant une fleur de lotus dans sa main gauche. Meryteti est cette fois vêtu d'un pagne dont le devanteau se projette vers l'avant, tandis que le reste de sa physionomie ne change pas. Tous deux regardent le spectacle qui se déroule devant eux (vue).
Dans les deux registres inférieurs, quatre hommes sont occupés à abattre un bœuf (un autre git déjà à côté, mort). Certains le maintiennent, d'autres, un couteau à la main, s'apprêtent à égorger l'animal. Le troisième registre est la suite logique des deux précédents : des hommes transportent sur l'épaule les cuisseaux avant, pièces de choix, vers la défunte. Au dessus, les deux registres montrent des hommes chargés de victuailles diverses.
On notera que la qualité de la sculpture est médiocre dans ces scènes.

3)- Mur ouest (dessin)

Comme son homologue controlatéral, il est divisé en deux panneaux qui montrent chacun Watetkhethor et Meryteti faisant face au sud. Seule petite différence d'un panneau à l'autre, au sein d'images quasiment identiques aux précédentes, Meryteti ne porte qu'une fleur dans un des cas, mais une fleur et un oiseau dans l'autre.

a)- Le panneau de droite
Il est composé de quatre registres. Chacun présente cinq femmes (il n'y a aucun homme) chargées d'offrandes alimentaires diverses, qu'elles portent à la main, en travers du bras, ou dans des paniers sur la tête. Il est vraisemblable qu'ici aussi nous sommes en présence de personnifications des domaines funéraires de la défunte, ce qui est corroboré par leurs noms :
Registre du haut (N°4) : "le lait de Sesheshet ; le lotus de Sesheshet ; la nourrice de Sesheshet ; le vin de Sesheshet".
Troisième registre : le fruit babat de Sesheshet".
Certaines femmes tiennent en laisse de petits animaux : registre 4, un oryx à cornes recourbées, un veau et peut être une gazelle ; registre 2, un veau, un ibex nubien, une gazelle et un oryx ; registre 3, un ibex ; registre du haut, une gazelle.

Derrière cette paroi se trouve la pièce B4, le serdab, dont nous parlerons plus loin. Sur le dessin du mur oueston peut observer l'espacement entre les personnages, qui entoure une zone de 0,10 m de large et 0,50 m de haut, où se trouvait la fente permettant de voir la pièce, et qui constitue la seule ouverture de celle-ci. Le rectangle bleu représente la fente, qui a été bouchée lors de la restauration de 1920 mais que Duell a retrouvé.

b)- Le panneau de gauche
La scène est décrite comme suit :"…tous les animaux sains (?) du désert qui sont amenés devant-elle, avec lesquels des offrandes invocatoires sont faites pour elle". Il persiste cinq registres bien conservés devant Watetkhethor, chacun montrant trois hommes tirant un animal à l'aide d'une courte corde. La plupart portent le pagne protubérant des surveillants, d'autres ont des pagnes serrés et courts. Les animaux du registre supérieur sont désignés comme "jeune oryx aux cornes recourbées". Tous les autres sont des "jeunes bœufs". On remarque la symétrie de l'ensemble, avec l'alignement vertical des hommes et des bêtes.
Note : si vous pointez votre souris sur la vignette de gauche, vous verrez une surcouche explicative, tandis que si vous cliquez, vous agrandirez l'image.

4)- Mur nord (dessin)

Au-dessus du passage vers B5, tournée vers la gauche, se trouve une grande image de Watetkhethor. Elle est assise sur un siège à pattes de lion, le dos calé par un coussin. Elle porte sa robe, ses bracelets et son collier comme à l'accoutumée. De sa main droite, elle présente un vase de parfum à ses narines. Nous pouvons enfin discerner correctement sa coiffure. Elle ne porte pas de perruque, mais des cheveux courts, enserrés dans un ruban qui se termine par un nœud. Les deux bandes de celui-ci sont très inégales, l'une étant toute petite, tandis que l'autre est très longue et se projette tout droit derrière elle, comme s'il avait été rigidifié par quelque chose.
Une ligne de hiéroglyphes l'identifie comme "[la fille aînée du roi] de son [corps] Watetkhethor, de son beau nom Sesheshet". C'est la première fois que son titre à survécu. On remarquera qu'il n'y a aucune mention de Mererouka, son époux, et que leur fils Meryteti n'est pas représenté.
La description de la scène qui lui fait face bénéficiait d'une colonne de texte, dont il ne persiste que les mots ...qui est fait pour elle".


Watetkhethor surveille les festivités qui sont données en son honneur dans les cinq registres situés devant elle. Dans chacun se trouvent de très jeunes filles en train de danser, avec leur longues nattes terminées par un disque. Elles portent un pagne et un large collier. Leur poitrine est nue. Un doute subsiste sur le second personnage à gauche dans le registre du bas, qui pourrait être un garçon : il n'a pas de tresse et ne danse pas.
Il est certain que les registres sus-jacents, qui sont perdus, contenaient encore d'autres scènes du même type, ce qui en fait un des murs les plus riches et les plus complets consacrés à la danse de tout l'Ancien Empire.
En effet, même si le relief n'est pas d'une réalisation exceptionnelle, le contenu des tableaux l'est. On y trouve de nombreux mouvements très différents, rendus avec plus ou moins de grâce. On remarque que la plupart du temps les danseuses vont par paires, mais des groupes plus grands existent également. Certaines se tiennent la main, d'autres se présentent leurs mains ou leurs avant-bras, d'autres encore se font simplement face.
Ces danses et la gestuelle qui l'accompagne font allusion (d'après le texte correspondant) à divers évènements religieux, à la naissance, ou à des éléments du rituel funéraire. Certains ont avancé l'hypothèse qu'il s'agirait des divers mouvements d'une seule danse.
Il existe de nombreux petits textes d'accompagnement, essentiellement des dialogues entre les protagonistes, qui sont très déroutants. On retiendra les suivants :
Registre du bas : "sa main est forte pour le claquement, car elle est jeune", ce qui peut se rapporter au claquement des doigts ou des mains pour entretenir le rythme.
Second registre : "Vois, c'est le secret de la naissance"
Troisième registre : "Regarde le secret de chaque participant". Il s'agit sans doute d'une incitation pour que la jeune fille perfectionne sa technique.
Quatrième registre : "Vois la célébration dans la salle d'audience".
Registre du haut : "Voici la danse, faite par le doré".

Chambre B4 (le serdab)

Cette pièce mesure environ 2 m du nord au sud et 1 m de l'est vers l'ouest. Il s'agit d'un espace à part, complètement hors des salles normales eton ne peut y entrer. Comme nous l'avons déjà dit, elle se situait de l'autre côté du mur nord et seule une petite fente dans celui-ci permettait de voir son contenu. Le serdab n'est jamais décoré. Il s'agit d'une annexe destinée à recevoir une ou plusieurs statues du défunt. Celles-ci fournissent un corps de réserve au mort, qu'il peut occuper à sa convenance. On n'en a retrouvé aucune trace ici.

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