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Remerciements à
Pr Claude Traunecker
Mme Annie Schweitzer
Christian
Mariais et
Michel
Treillet |
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Le petit temple-chapelle ptolémaïque
de Kasr (ou Qasr) el Agouz (litt:
le château de la vieille),
encore appelé chapelle de
Tééphibis, se situe
à environ 200 m au sud-ouest
du temple de Medinet Habou, entre
ce dernier et les restes du lac
sacré qui accompagnait le
temple d'Amenhotep III à
Malgatta. Malgré son originalité,
il est virtuellement inconnu des
visiteurs, même ceux qui se
sont rendus plusieurs fois à
Louxor. Il semble donc intéressant
d'en fournir une couverture photographique
aussi complète que possible
grâce à l'aide de Christian
Mariais dont les images ont complètées
les miennes.
Si le temple
est architecturalement presqu'intact,
il n'en est pas de même de
sa décoration qui a beaucoup
souffert. Les correspondances qui
sont faites avec les dessins de
l'article princeps de description
par Dominique Mallet (qui sont celles
reproduites ici) sont donc parfois
difficiles à faire.
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| Photo aérienne par Cau Brualla |
Photo aérienne d'après
Theban Mapping Project |
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Le Pr Claude
Traunecker et Mme Annie Schweitzer ont bien
voulu nous fournir
le texte de présentation suivant. Un
grand merci à eux. |
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LE TEMPLE DE QASR EL-AGOUZ
Travaux récents de l'Université
Marc Bloch et de l'IFAO.
Le petit temple ptolémaïque de Qasr el-Agouz situé tout près du temple de Medinet Habou est daté de Ptolémée VIII Evergète II. Il se compose de trois salles barlongues successives, dont les deux
dernières, la salle des offrandes et le sanctuaire sont décorées. La salle des offrandes n'est que partiellement sculptée, la grande majorité des scènes iconographiques étant simplement peinte.
Ce temple a fait l'objet d'une édition épigraphique par Dominique Mallet en 1909 (IFAO). Cette édition néglige totalement l'aspect archéologique du sujet. De plus, une visite préparatoire effectuée en novembre 2000 par Claude Traunecker et Annie Schweitzer a permis de mesurer combien cette édition était fautive et lacunaire.
C'est pourquoi, dans le cadre d'une étude des édifices cultuels des périodes tardives, et de ses recherches sur les liturgies tardives thébaines, l'Institut d'égyptologie de l'Université Marc Bloch de Strasbourg a sollicité auprès du Conseil Suprême des Antiquités d'Egypte, en collaboration avec l'IFAO, l'autorisation de travail dans ce monument.
Ce projet s'inscrit dans une quadruple perspective :
1. Etude du contexte archéologique du monument avec des nettoyages de sols larges et des sondages ponctuels.
2. Nouvelle édition du décor du temple avec traduction et commentaire des textes.
3. Etude exhaustive de l'architecture du monument.
4. Restauration et présentation nouvelle du monument.
Une première campagne a eu lieu en avril 2001. Elle a réuni une équipe archéologique, épigraphique et architecturale de 6 personnes (trois de Strasbourg et trois du Caire).
La campagne 2002, de la même importance, a permis d'achever une première copie des textes et de relever les scènes du décor du temple ; l'équipe d'architecture a bien avancé l'enregistrement des données du monument ; l'équipe archéologique a découvert dans le sondage sud du sanctuaire un mur de briques antérieur au temple ptolémaïque ; ce dernier passe sous le mur ouest du temple. Des informations recueillies dans la salle des offrandes permettent d'y situer une petite église.
Au cours de la campagne 2003, un mur de briques ancien orienté nord-sud a été découvert pendant le nettoyage de l'étroite zone qui longe la façade arrière du temple à l'est. Ce mur est exactement orienté comme le temple ptolémaïque. Deux départs de murs de refend recoupés par la construction du temple de Ptolémée VIII permet de penser que nous sommes en présence d'un édifice cultuel à trois sanctuaires antérieur au temple ptolémaïque. Son extension vers le nord et vers l'est n'a pas été reconnue pendant la campagne 2004.
À la fin de cette campagne et avant l'étude détaillée du matériel, nous proposons une chronologie provisoire :
1. Un grand bâtiment en brique crue, probablement cultuel avec trois cella (75,10). Nous n'avons aucun matériel céramique caractéristique sûrement associé à cette construction de sorte que sa date reste hypothétique.
2. Le temple de Ptolémée VIII Evergète II avec un déambulatoire pavé (76,20 a l'extérieur).
3. La construction du pronaos est inachevée ainsi que le projet d'une enceinte avec déambulatoire qui semble n'avoir jamais été réalisée.
4. Des constructions modestes et utilitaires s'établissement au sud et au nord au-dessus du déambulatoire ptolémaïque à l'époque romaine ou copte.
5. Le percement des portes latérales du sanctuaire et la réutilisation du temple comme église avec un grand pavement de dalles carrées au nord.
À la suite des travaux des campagnes précédentes nous disposons à présent d'une copie complète des scènes et des textes du temple (paroi au 1/20ème, dessins de mise en place des textes au 1/10ème et copie proportionnelle des textes). Cette documentation compte 151 numéros de scènes.
La fonction du temple de Qasr el-Agouz
On a longtemps cru que le temple de Qasr el-Agouz était un édifice oraculaire ou encore lié au culte d'un personnage divinisé. Si l'identité du dieu honoré est sans équivoque, Thot, présent tant dans les épithètes que dans les représentations, sa signification est très éloignée de celle que lui attribuaient les précédents commentateurs de cet édifice. Il faut, en effet le replacer entièrement dans le cadre des rites de Djemé. Dans le sanctuaire, sur la paroi du fond, c'est Amon de Djemé qui occupe l'axe du temple, Thot étant relégué au premier registre. Sur les parois latérales, on assiste à une partie du culte journalier devant la statue de Thot et sa barque processionnelle.
Comment peut-on faire la jonction entre ces deux approches ? On sait que les rites de Djemé sont la transposition au premier millénaire avant notre ère des anciennes festivités de la nécropole toutes tournées vers la tombe royale et les temples commémoratifs du règne. Le départ de la royauté pharaonique vers les capitales et surtout vers les nécropoles du Nord à partir de la XXIe dynastie a profondément modifié les rituels thébains et le fonctionnement même de Thèbes en tant qu'espace de liturgies complexes et connectées entre elles. Amon de Djemé, forme défunte de l'Amon vivant de Karnak vient se substituer à Pharaon. Tous les ans, l'Amon vivant vient rendre le culte funéraire à sa forme défunte. D'ailleurs, par mimétisme rituel, d'autres divinités bénéficient de cette dualité (Montou, Khonsou-Chou et Min). La légitimité du successeur est étroitement liée à son rôle d'officiant dans les funérailles et les cultes funéraires du prédécesseur.
Mais quel rôle peut jouer Thot dans cette configuration ?
La paroi Est du sanctuaire donne des éléments de solution : sur le registre supérieur, figurent en quatre scènes déjà remarquées par Champollion : le roi régnant Ptolémée VIII Evergète II auquel il rend le culte à ses ancêtres : Ptolémée II Philadelphe, Ptolémée III Evergète I, Ptolémée IV Philopator et Ptolémée IV Epiphane.
Sur la paroi sud, au registre inférieur figurent deux scènes extraites des rituels djemaïques (culte à Kematef, c'est-à-dire l'Amon démiurge et défunt, et l'offrande d'onguents à Onnophris) ; au nord (scène n° 7) Thot assisté de Horsaisis remet les symboles de la longévité royale à Ptolémée VIII Evergète II.
L'hypothèse de travail actuel me conduit à considérer Thot dans son rôle d'officiant funéraire (Thot Sotem). Mais en recoupant ces scènes avec certains titres de prêtres thébains, il apparaît que Thot est aussi le gardien des couronnes royales. Thot de Qasr el-Agouz joue donc un rôle important dans les cérémonies de légitimation de la royauté pharaonique selon les rituels spécifiques de Thèbes.
Pour le moment le rapport avec l'ancienne « place aimée de Thot » centre de l'administration et du maintien de l'ordre dans la nécropole pendant la Troisième Période Intermédiaire n'est pas clair.
Sur les rites de Djemé et l'évolution des liturgies thébaines:
C. Traunecker, « La chapelle d'Achôris à Karnak. II. 1ère partie: Décors, textes et interprétation », Mémoire du Centre Franco-Egyptien n°2, 1981, 140 pages. Le décor de la chapelle (fac-similés par F. Le Saout). Textes, traductions et commentaires. Etudes iconographiques. Fonctions rituelles et signification religieuse.
C.Traunecker, "Thèbes , Memphis
: quelques observations" dans Memphis
et ses nécropoles au Nouvel Empire,
Actes du colloque international CNRS 198 ,
édité par A.-P.Zivie, 1988,
p. 97-102 ;
idem, "Le papyrus Spiegelberg et l'évolution
des liturgies thébaines" dans
"Hundred-Gated Thebes", Acts of
a Colloquium on Thebes and the Theban Area
in the Graeco-Roman Period, Leiden, 1995,
p.183-201 ;
idem, "Une famille de prêtres à
Karnak aux 1er et 2e siècles avant
J.-C. les Horsaisis-Nekhtmontou" dans
In Memoriam Jan Quaegebeur, Editions Peters,
1998, p.1191-1230 ;
idem, « Pharaon ritualiste. le
culte divin » dans Les Pharaons
sous la direction de C. Ziegler. Exposition
au Palazo Grassi à Venise, p. 145-157.
Sur les campagnes travaux : Rapports des travaux de l'IFAO dans : BIFAO 2001 à 2004.
Voir aussi Y. Volokhine, Le dieu Thot de Qasr el-Agouz, BIFAO 102.
Strasbourg, décembre 2005
Claude TRAUNECKER, directeur de l'Institut d'Égyptologie (IES) de l'Université Marc Bloch (Strasbourg) et Annie SCHWEITZER, égyptologue et archéologue, chargée des collections de l'IES. |
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Ce
temple-chapelle donc est dédié à
:
• Thot-Ibis (Djehouty-her-pa-heb
ou Djhwty-stm).
Outre
ce titre spécifique au temple,
il porte également ses épithètes
habituelles de Seigneur de Khnoumou
(Hermopolis), Maître des Paroles
Divines (= les hiéroglyphes),...
Dans le temple, le dieu est toujours
représenté avec un
corps humain et une tête d'ibis,
coiffé tantôt du disque
lunaire avec ses deux phases de
pleine lune et de croissant, tantôt
d'une couronne composée à
partir de l'Atef. Il est possible
qu'un culte des ibis sacrés
ait eut lieu dans le temple. •
On y trouve également
évoqués deux mortels
divinisés à Basse
Époque : Imhotep dans son
rôle de saint guérisseur
et Amenhotep-fils-de-Hapou. Leurs
représentations sont cantonnées
à la seconde salle, et on
ne les retrouvera pas dans le sanctuaire
du fond. • Enfin
le culte dynastique ptolémaïque
lui même y est largement représenté,
incluant les ancêtres du Ptolémée
(mais sans mentionner le tout premier
Ptolémée fils de Lagos,
qui était un roturier, général
d'Alexandre le Grand) et leurs reines.
Par un subtil travail consistant
à prêter aux rois et
reines les attributs et couronnes
des dieux et déesses, on
accentue l'effet recherché
d'assimilation des uns aux autres.
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| Nehemtawouy |
Des déesses accompagnent
Thot et les autres dieux, tandis
que dans les scènes royales,
c'est la reine qui accompagne Évergète
et joue le rôle de déesse.
La principale est Nehemtaouy, déesse
qui peut être la parèdre
de la divinité serpent Nehebou-kaou,
mais aussi de Thot comme c'est le
cas ici. Il semble d'ailleurs qu'elle
était vénérée
dans tous les sanctuaires de Thot,
notamment dans sa ville d'origine
Hermopolis. Habituellement -mais
pas ici- elle est représentée
comme une déesse à
l'enfant. Elle porte sur la tête
un sistre architectural qui permet
de la différencier de Mout
et d'Hathor. Nous sommes à
Thèbes, et sur le modèle
de la triade thébaine, on
a adjoint à Thot un "dieu-fils",
en la personne de Khonsou, lequel
tient le même rôle dans
la triade thébaine classique
(Amon-Mout-Khonsou).
Une des originalités
du Qasr el Agouz est de comporter
de nombreuses scènes non
sculptées mais uniquement
peintes, ce qui est à ma
connaissance très rare dans
les monuments ptolémaïques
et qui traduit l'inachèvement
de l'édifice dont témoigne
aussi les murs extérieurs
qui ne sont pas décorés. Les
représentations murales sont
variablement conservées,
on l'a dit, et la comparaison entre
les photos actuelles et les descriptions
de Mallet montrent que l'état
du temple s'est nettement dégradé
depuis un siècle, d'autant
que dans les siècles précédents
le temple avait été
transformé en étable.
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JOLLOIS, Description de l'Égypte |
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Ce petit temple,
si l'on en juge par
son étendue,
est de peu d'importance.
Il n'a point été
terminé, ce
qu'annoncent évidemment
son portique à
peine dégrossi
et ses murs [NB: extérieurs]
sans ornements; mais
il mérite d'être
observé, parce
que, renfermant des
sculptures entièrement
achevées et
d'autres qui ne sont
qu'ébauchées,
il présente
les différents
degrés du travail
des artistes égyptiens
dans l'exécution
des bas-reliefs. On
y voit, en effet,
des figures tracées
en rouge avec une
pureté de trait
et une hardiesse de
dessin qui supposent
une grande connaissance
des formes et beaucoup
d'habileté
dans ceux qui les
ont exécutées.
Ces dessins mêmes
sont supérieurs
aux sculptures. Les
proportions, auxquelles
les dessinateurs étaient
assujettis, sont déterminées
par des carreaux qui
subsistent encore.
Tel était le
premier degré
du travail qui, sans
doute, était
exécuté
par une même
classe d'artistes.
Tout près de
ces figures construites
au simple trait, on
voit un bas-relief
ébauché.
Le ciseau du sculpteur
a suivi tous les contours
du dessin, et fait
disparaître
la matière
qui environnait l'espace
circonscrit par le
trait du dessinateur.
Celle opération
a détaché
la figure du fond
: mais elle est encore
grossière;
toutes les formes
sont carrées,
et toutes les parties
du relief sont dans
le même plan
: c'était là
le travail d'une seconde
classe d'ouvriers.
Ensuite un sculpteur
plus habile venait
mettre la dernière
main à l'ouvrage
ébauché,
et donner ces formes
douces et arrondies
que l'on remarque
près de là
dans les sculptures
entièrement
terminées.
Des figures qui n'ont
point été
peintes, et d'autres
qui sont toutes brillantes
des plus vives couleurs,
font conjecturer que
le travail du peintre
suivait immédiatement
celui du sculpteur. |
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L'entrée
dans le temple se fait par une porte
monumentale qui donne dans une avant
cour rectangulaire de 14 m de large
et qui devait avoir dans les 7 m
de haut. Elle tenait lieu de pronaos,
ou de salle hypostyle, mais ne comportait
pas de vraie colonne. Derrière
se trouve la chapelle proprement
dite mesurant 13 X 8 m. Son axe
est perpendiculaire à la
première cour. Les deux premières
salles sont considérées
comme des vestibules.
La
première salle, à
l'origine éclairée
par des soupiraux a vu une
grande partie de son toit à
gauche enlevé et est maintenant
partiellement à l'air libre.
Elle est complètement anépigraphe
et de peu d'intérêt.
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| Plan d'après "Temples
of the last pharaohs" |
Attention:
les pages sont assez lourdes.
Veuillez patienter.
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