
Le domaine de Mout se situe au sud du
grand temple de Karnak, perpendiculairement à l'axe
du Xème pylône auquel il était relié dans
l’antiquité par un dromos flanqué de
chaque côté par des sphinx à têtes
de béliers. L’allée processionnelle
qui allait de Louxor vers Karnak obliquait à l’est
afin de passer devant l’entrée du domaine
de la déesse. Un reposoir de barque de Mout et Khonsou
datant de Tothmosis III - Hatchepsout se dressait d’ailleurs à cet
endroit. De l’autre côté de
l’allée un temple dédié à Amon-Kamoutef.
Cette allée est en cours de restauration (vue 60).
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Plan du temple de
Mout, d'après "The encyclopedia
of ancient Egypt architecture"
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Le mur d’enceinte du domaine, élevé par
Nectanebo, se présente actuellement plutôt
comme un talus trapézoïdal de 250X350 m qui
circonscrit un domaine où il n’y a qu’une
porte d’accès. De celle ci, située
au nord, ne reste que la base d’époque ptolémaïque
(Ptolémée II et III) avec quelques blocs
sculptés (vue 76b).
Et c’est ainsi que s’offre à la vue
les édifices du domaine de Mout, probablement somptueux
autrefois, et qui sont maintenant à peine reconnaissable
par quelques excroissances de terrain. On a du mal à imaginer
que cette enceinte contenait au moins six sanctuaires.
Immédiatement dans l’axe de l’entrée,
on voit les restes au sol de la petite allée édifiée
par Taharqa (XXVème Dynastie), qui conduit à l’entrée
proprement dite du temple de la déesse Mout (vue
11).
A partir d’une probable base du Moyen Empire, un édifice
plus imposant est édifié à la XVIIIème
Dynastie (par Hatshepsout ?). C’est Amenhotep III
(Aménophis) qui reconstruira en grès ce temple
de Mout. Il le garnira de centaines (on pense 720 ou 730,
une pour chaque jour de l’année, matin et
soir) de statues de la déesse Mout sous sa forme
léonine de Sekhmet (vue
8, vue 9).
Plus tard Ramses II restaurera l’édifice.

Entrons !
Après avoir jeté un regard à gauche
de la porte de l’enceinte sur un colosse à terre,
pathétiquement brisé (vue
10), on découvre
les restes d’une grande stèle en « albâtre » de
Ramses II sur laquelle est rapporté son mariage
avec une princesse Hittite (vue
56, vue 57, vue
58)
On franchit tout d’abord un pylône. Dans l’épaisseur
de la porte, une représentation du dieu Bès
(vue 7).
On entre alors dans une première cour (vue
1, vue
2, vue 3)centrée par une colonnade également
d’époque Kouchite, dont toutes les faces étaient
précédées de statues de Sekhmet (vue
4, vue 5, vue
6).
La seconde cour est dans l’enfilade de la première,
avec une porte réduite quasiment à rien actuellement.
Cette seconde cour, plus petite que la première,
comportait à sa périphérie des colonnes à section
carrée. Derrière celles ci, contre le mur,
de nouveaux de nombreuses Sekhmet et devant elles (du moins
devant certaines) des statues de pharaons assis (vue
20,
vue 18, vue
19, vue 40, vue
41).
L’une des Sekhmet porte sur la tête une sorte
de mortier rond constitué d’uraei côte à côtes
(vue 16, vue
15). On remarquera d’ailleurs la variation
des couvre-chefs de la déesse d’une statue à l’autre.
Cette statue très particulière porte également
les cartouches d’un pharaon que j’identifie
comme Sheshonq I (Meryimen) / Hedjkhepere-Setepenre (vue
14, 14b, vue
13, 13b).
Elle date donc de (ou a été usurpée à)
la XXIIème Dynastie dite Libyenne, et plus précisément
des années 945 - 924 BC.
D’autres exemplaires de la déesse sont encore
en bon état, avec parfois le séma-taouy représenté sur
le siège cubique bas archaïque (vue
21, vue
22), ou une autre coiffée du disque solaire
(vue
24, vue 23).
Elles incarnent le triple aspect Mout – Sekhmet – Œil
de Ré que pouvait prendre la déesse.
On entre ensuite (entrer est un bien grand mot car il n’y
a presque plus rien debout) dans les parties les plus intimes
du temple. On y découvre les restes d’une
stèle dont le cintre portait des figurations de
la triade thébaines Amon, Mout et Khonsou (vue
26,
vue 25).
Admirons aussi ce qui reste d’un groupe
de babouins en adoration devant le soleil levant (vue
36).
A la périphérie du mur externe du sanctuaire,
encore des statues alignées de Sekhmet (vue
29, vue 34, vue
33, vue 27).
On arrive ainsi au lac sacré (Asherou) en forme
de fer à cheval qui entoure le temple sur trois
côtés (vue 31 , vue
30). Pour la petite histoire,
il contient des poissons et certains y pêchent…
De l’autre côté du lac, vers l’ouest,
on trouve les restes du temple de Ramses III (vue
32, vue
31, vue
28).
Très détruit, on y retrouvé mention
des campagnes militaires du roi au Proche-Orient. Il est
précédé de deux colosses acéphales.
En nous retournant, l’arasement des parois permet
de voir l’une derrière l’autre la seconde
et la première cour, ainsi que des bases de colonnes
variées (vue 39, vue
38, vue 37).

Allons maintenant dans la zone du temple
d’Aménophis
III dont ce qui reste
du pylône indique l’entrée (vue
46).
Ce temple est placé à l’angle nord-est
de l’enceinte, et il était dédié à Amon-Ré.
Il est très mal étudié à ce
jour.
Quelques sphinx cryocéphales rappellent
le dieu Amon auquel était destiné l'édifice
(vue 55, vue
54)
D’emblée, l’œil est attiré par
deux colosses osiriaques. Le premier, en piteux état
, est encore à moitié enfoui (vue51).
Le second est intéressant(vue
50). Approchons nous
(vue 49)
et nous pouvons déchiffrer les cartouches
(vue 48). Et l’on s’aperçoit immédiatement
qu’ils ont été surchargés.
A l’origine, le pharaon était Djehoutymes
/ Menkheperouré, donc Thoutmosis IV (1386-1349 BC).
Dans la surcharge du cartouche du haut (vue
77) on reconnaît
une image de Maat et de Ré, ce qui semble indiquer
Nebmaatré / Amenhotep III, mais la disposition ne
va pas, et le second cartouche (vue
78) reste pour moi
un mystère (appel aux bonnes volontés !).
On peut cependant être sûr que cet édifice
date, contrairement à ce qui est avancé,
d’avant Amenhotep III.
Il fut également agrandi ou restauré par
Nectanebo I (380 – 362 BC) puisque ses cartouches
apparaissent sur un reste d’architrave : Nakhtnebef
/ Kheperkare (vue 47).
Par contre je ne sais pas qui sort à moitié de
terre sur ces deux photos (vue
44 et vue 45).
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Vue 74
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| Vue 69 |
Une fois le pylône passé, on voit les arasements
des pièces suivantes.
Après une cour à colonnades, on voit les
restes de la salle hypostyle (vue
68) avec ses bases de
fûts cannelés et on approche des pièces
du fond, le Saint des Saints (vue
63, vue
64, vue
65).
On retrouve à terre des représentations diverses, parfois
avec des reliefs colorés (vue
70, vue 73), des groupes
de dieux (vue 71, vue
75, vue 67), une assez rare effigie
d'Anubis (vue 66), une autre de Mout sous sa forme de vautour
(vue 69), etc...
Une scène célèbre: celle d'une circoncision
(vue
74).
La
dernière
pièce
au fond et à gauche
(vue
62), quoique de petite taille, comportait deux colonnes
encore bien visibles (vue
61).
Bon, les gardiens s’impatientent… Un bon bakchich
et tout le monde est content.
Il ne reste plus qu’à sortir du temple et à se
diriger par le dromos de Mout vers le Xème pylône
de Karnak (vue 60).
Page réalisée par
Thierry Benderitter
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Bibliographie
sommaire
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-AUFRERE S, GOLVIN
JC, GOYON JC : L'Égypte restituée, T1, Errance,
1991
-ARNOLD D : The encyclopedia of Ancient Egypt Architecture, I.B. Tauris,
2003
-WILKINSON R H : The complete temples of Ancient Egypt, Thames and
Hudson, 2000
-CLAYTON P : Chronique des Pharaons, Casterman, 1995
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