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Malgré son
piètre état,
la tombe d'Akhénaton
reste un monument historique
exceptionnel , et sa visite
est un moment privilégié que
je vous invite à partager.
Vous trouverez beaucoup de détails sur Akhénaton
et son époque dans l'article:
Akhénaton
et la religion d'Aton
Vous êtes intéressés par le devenir post
mortem du roi? Voyez au bas de la page.
Dernière mise à jour 28/08/2003 |
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Reconstitution de la tombe
d'Akhénaton
D'après Reeves et Wilkinson: The complete
valley of the kings
et Aldred et Zivie: Akhénaton, roi d'Égypte
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La tombe royale a été
découverte dans les années 1890. Cette découverte
relativement tardive est due à sa situation, très
loin (environ 6 kms) du site d'Akhetaton, au bout du "Ouadi
Royal" dont l'entrée se situe dans une échancrure
de la falaise entre les groupes de tombes privées
nord et sud.
L'entrée de la tombe royale se trouve au niveau du
sol d'une vallée latérale et fait face à
l'est, la région où Aton se lève chaque
jour. Cet événement, le lever du soleil et
le réveil à la vie du temp le et de ses adorateurs,
est l'un des thèmes - inhabituels - représentés
sur les reliefs gravés sur les parois des chambres
intérieures. La disposition de la tombe comme sa
décoration s'écartent brutalement des modèles
en usage dans les tombes des précédents rois
de la dynastie. La tombe est formée d'un long et
large couloir où la descente se fait au moyen de deux escaliers
abrupts séparés par un long passage en pente, à l'intérieur
du flanc de la colline, et cela sur une longueur de 28 mètres,
avant de déboucher sur une antichambre donnant accès à la
chambre funéraire. L'antichambre est située au pied du second
escalier et ouvre, à travers une porte, sur le "puits de
protection" dont la chambre supérieure est décorée.
En sortant de cette chambre, on accède directement
à la porte de la chambre funéraire.
Latéralement, deux "suites" ont été
dégagées dans la falaise, ce qui est totalement
inhabituel.
La tombe est actuellement dans un état lamentable
en raison des saccages qu'elle a subi après la mort
du roi, mais aussi à la fin du XIXème siècle
.
L'entrée, vaste (3,2m), s'ouvre à l'est et l'on
descend immédiatement dans le corridor par un escalier-rampe,
le premier du Nouvel Empire.
Le premier corridor est immense et combine les deux premiers
passages d'une tombe royale "standard". Il se termine
par un second escalier-rampe, caractéristique qu'on
ne retrouvera plus jusqu'à Ramses II. Celui ci donne
directement sur le puit.
On a insisté à juste titre sur le changement
théologique induit par ce couloir. A la différence
des tombes antérieures, celle ci a un axe médian
qui donne directement sur la salle du sarcophage, sans coudure.
On a interprété ce fait comme étant la
volonté de permettre au défunt de sortir directement
à la lumière du jour, ce qui est plausible.
Par contre on a dit aussi que cette orientation permettait
aux rayons du soleil levant d'atteindre le sarcophage, ce
qui ne tient guère. En effet, d'une part la tombe était
fermée donc le soleil ne pouvait en aucun cas y pénétrer
(curieusement je n'ai vu nulle part cette explication pourtant
si simple). D'autre part, le sarcophage n'était pas
au centre de la chambre funéraire mais excentré
et les rayons solaires n'auraient de toute façon pas
pu le toucher.
Le puits est plus large mais moins
profond qu'habituellement (3 m environ).Les parois de la
chambre qui forme la partie supérieure du puits avaient
été jadis enduites, puis ornées de reliefs et d'inscriptions,
mais tout ce qui en subsiste désormais montre simplement
que l'entrée était flanquée de deux reliefs gravés avec
soin montrant des bouquets floraux.
Parmi les autres scènes de la chambre au puits, il y avait
des représentations du roi et de la reine faisant offrande
à Aton, ainsi que de la princesse aînée, à l'extrémité des
parois.
On voit ainsi que le puits, outre une fonction de protection
contre les flots dévastateurs des rares mais violents
orages, a aussi une fonction symbolique.
En sortant de cette chambre, on accède directement à la porte
de la chambre funéraire.
Elle avait été scellée
d'un mur de briques calcaires, qui a ensuite servi de remblai
pour combler le puit et ressortir le matériel funéraire
pour le transporter ailleurs. Ceci prouve que des inhumations
ont eu lieu dans la tombe. Celle d'Akhénaton lui
même, sa fille Makétaton, et sa mère
Tiy.
La chambre funéraire est une impressionnante salle carrée
d'environ 10 mètres de côté et 3,5 mètres de hauteur. Elle
a été excavée en ménageant une plate-forme sur la gauche,
de 33 centimètres de hauteur, sur laquelle s'appuient les
restes de deux piliers carrés.
Les maçons avaient tout juste commencé à tailler un passage
vers une autre chambre, à l'angle le plus éloigné du mur
de droite, peut être une autre "suite" pour
un nouvel enterrement.
Les reliefs et les inscriptions gravés sur les parois enduites
de cette chambre ont été presque entièrement effacés peu
de temps après la mort du roi. Des traces d'inscriptions
près du plafond, dans un état de grande fragilité, donnent
les titres et les noms d'Aton, d'Akhenaton et de Néfertiti.
On peut reconnaître avec difficulté, dans les scènes qui
étaient jadis représentées là, les habituelles cérémonies
d'offrande à Aton durant lesquelles officiait la famille
royale, d'énormes quantités de nourriture) de boissons et
de fleurs s'amoncelant sur les autels d'Aton. Des éléments
du mobilier et de l'équipement funéraires destinés au défunt
figuraient sur ces scènes.
Par contre, et conformément à l'idéologie
atonienne qui rejetait les "Livres de l'au-delà",
la chambre funéraire ne comporte pratiquement pas
de textes. Parmi les rares reconnaissables, on remarque
la grande fréquence du cartouche de la reine Néfertiti,
qui souligne son rôle liturgique très important.
En
plus des salles principales de la tombe, deux séries différentes
de chambres ont été creusées. L'une part du couloir descendant
à mi-chemin du mur de droite, tandis que l'autre commence
au bas de ce couloir, à l'endroit où il ouvre sur l'antichambre.
Le groupe situé au niveau supérieur est absolument unique.
A partir du premier corridor une suite a été
creusée sans être finie, qui consiste en t
rois couloirs se faisant suite et permettant d'accéder à
une enfilade de trois chambres Cette suite est inachevée
et d'apparence fruste, mais elle ressemble étroitement,
dans sa disposition, à une tombe royale, y compris par la
présence d'un couloir d'accès descendant. La ou les destinaires
potentiels sont la reine Tiye, mère d'Akhénaton,
une de ses filles, voire une grande épouse royale.
A l'opposé de l'entrée de celui-ci, sur la paroi gauche
du couloir principal, on a commencé à percer une porte qui
devait ouvrir, semble-t-il, sur une autre suite de chambres,
mais son creusement n'a jamais été poursuivi.
On trouve une disposition similaire à l'extrémité inférieure
du couloir principal : sur la gauche, on a esquissé une
porte (reconnaissable à quelques entailles initiales), tandis
qu'en face un passage a été creusé, menant à une suite de
trois chambres ouvrant l'une sur l'autre.
L'enfilade
des trois chambres s'ouvrant au bas du couloir descendant
à droite a été nommé "suite
de Maketaton", car ces trois pièces, désignées
traditionnellement par alpha, béta et gamma (ici
A, B, C) semblent en rapport avec le décès
de cette princesse. Ceci a été contesté
récemment, mais sans preuve.Tous les reliefs sont
très endommagés. Quand les épigraphistes
français commencèrent à copier les
reliefs des chambres alpha et gamma en 1894, les scènes
étaient pratiquement complètes ; mais maintenant
elles ne sont plus grand-chose d'autre que des esquisses
fantomatiques.
La
chambre A est de forme carrée; elle a environ 5,5 mètres
de coté et 3 mètres de hauteur. Toutes ses parois ont été
terminées et ornées de reliefs qui étaient peints.
Deux longues scènes montrent la famille royale avec cinq
des filles, en train de faire des offrandes dans une cour
de temple, tandis qu'Aton se lève sur le mur est et se couche
sur la paroi opposée. Les autres murs sont interrompus par
des passages, mais ils comportent des reliefs montrant des
conducteurs de chars qui ont accompagné les adorateurs et
les attendent à l'extérieur, devant les portes du temple,
en même temps que leur escorte militaire. D'autres scènes
représentent le roi et la reine qui se tiennent dans une
chambre, pleurant la mort d'une femme - reine ou princesse
- étendue sur une couche funéraire. Aton luit dans la chambre
; mais dans une scène identique, juste au-dessous, le disque
solaire rayonnant manque, ce qui indique peut-être une veille
nocturne.
Hors de la chambre, des deuillants se lamentent et se versent
de la poussière sur la tête. Un vizir figure parmi les gens
en pleurs; il est reconnaissable à sa longue robe bouffante.
Une nourrice sort de la chambre funéraire : elle porte un
petit enfant dont le rang élevé est indiqué par la présence
d'un porte-éventail. On a vu dans cette scène le deuil mené
par la famille royale à l'occasion de la mort prématurée
d'une princesse. Un trait particulier des reliefs réside
dans le fait que certaines représentations ont été regravées
pour tempérer le style artistique peu flatteur des premières
années du règne .
La
chambre B est anépigraphe, et servait peut être
de dépot.
La
chambre C est la plus petite des trois chambres . Il s'agit
d'un carré de 3,5 mètres de côté ; sa hauteur est de 1,8
mètre. Elle a de toute évidence été conçue comme une chambre
funéraire.
L'une des parois comportait dans sa décoration des reliefs
montrant le mobilier funéraire. Mais la caractéristique
principale réside dans la présence sur les reliefs d'une
autre paroi, d'une autre scène montrant un lit mortuaire,
semblable à celle de la chambre alpha. La princesse
défunte est Makétaton (son nom est indiqué).
Elle repose sur une couche funéraire dans une chambre a
coucher, mais son image et son nom ont été effacés. Elle
est pleurée par ses parents en larmes tandis que, à
l'extérieur de la chambre funéraire, se tient une nourrice
allaitant un petit enfant qu'elle tient dans ses bras (et
qui a pu être assimilé à Toutankhamon,
mais sans preuve), et suivie de deux porte-éventail. Un
important groupe de courtisans, de dames d'honneur et de
fonctionnaires se joint aux lamentations, leurs attitudes
dénotant un violent chagrin.
Sur la paroi opposée, une scène associée à la précédente
montre le roi et la reine, suivis par les quatre princesses
survivantes et un groupe de deuillants, en train de se verser
de la poussière sur la tête.
| MATÉRIEL
FUNÉRAIRE, MOMIES, ET LEUR DESTIN |
Une série de fragments de granit rosé appartient au sarcophage
du roi, tandis qu'un autre ensemble, en granit gris cette
fois, provient du couvercle de celui-ci. Il y avait aussi
des morceaux d'un autre sarcophage de granit rouge, avec
un couvercle de granit gris, qui appartenait à une femme
: la princesse Maketaton, peut-on présumer, dont la mort
et les funérailles sont représentées dans la chambre
gamma. Toutefois les deux sarcophages ont été brisés
en petits morceaux et dispersés ça et là sur une grande étendue
; les pertes ont été si importantes au cours de cette
opération
qu'il s'est avéré impossible de reconstituer complètement
les deux monuments. Néanmoins, on peut se faire une bonne
idée de l'aspect du sarcophage du roi (voir ci dessous).
Sa reconstitution montre qu'il comportait des représentations
de la reine Néfertiti, sculptées en haut relief et étendant
ses bras protecteurs à chaque angle du monument, à l'instar
des déesses
gardiennes des quatre angles.
Il est moins évident d'identifier le propriétaire de l'autre
sarcophage. On suppose qu'il a été réalisé pour Maketaton
; mais les noms d'Akhenaton, Aménophis III, Néfertiti Tiy
et Meritaton apparaissent à côté de celui de Maketaton sur
des fragments provenant de la cuve et du couvercle.
Des serviteurs funéraires, ou chaouabtis,
ont également été retrouvés. Leur
présence demeure un mystère puisqu'il s'agit
d'une pratique osirienne et qu'Osiris était formellement
banni de la religion amarnienne.
La tombe ne fut pas la dernière demeure d'Akhenaton.
Son successeur Toutankhamon a fait transporter une partie
du matériel funéraire et sa momie à Thèbes,
certainement pour les protéger. Il semble actuellement
admis que le mystérieux occupant de la tombe de la
Vallée des Rois KV55 soit Akhenaton, du moins c'est
ainsi que le présente le Musée du Caire (mais
cela a donné lieu à temps de controverses....Smenkare,
Tiy, ont été également pressentis).
Si vous vous intéressez à la KV55 et à
la saga des feuilles d'or de la base d'un des sarcophages,
retrouvées au Musée de Münich, voici 4
sites :
TMP, William
Max Miller,
Ian Bolton, le
Musée du Caire.
© Texte Thierry Benderitter 2003
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JE VOUS INVITE MAINTENANT A VOIR LE DIAPORAMA
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Grâce à Jon Bodsworth( Egypt archive), voici des photos d'un des sarcophages internes d'Akhenaton qui a regagné le Musée du Caire en 2003.
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Partie supérieure du sarcophage anthropoïde en bois.
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Partie supérieure du sarcophage anthropoïde. On voit la mutilation volontaire consistant à arracher le visage, et en particulier le nez.
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Partie supérieure du sarcophage anthropoïde.Le cartouche identifiant le propriétaire a été très soigneusement découpé. Un autre moyen, en privant le défunt de son nom, de l'empêcher de revivre dans l'Au-delà.
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Autre vue de la partie supérieure du sarcophage anthropoïde.
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Partie inférieure du sarcophage anthropoïde, reconstitué par placage des feuilles d'or sur plexigas au musée de Munich.
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Partie inférieure du sarcophage anthropoïde, reconstitué par placage des feuilles d'or sur plexigas au musée de Munich.
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