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TOMBE N°4, groupe Nord
La tombe de Meryra fait partie des six tombes inscrites qui
constituent le groupe Nord (voir site) et porte le numéro 4. Les
tombes sont taillées dans la falaise qui enserre le
site de Tell el Amarna et dont toutes les entrées sont
ouvertes approximativement vers le Sud.
Par ses dimensions et sa facture, cette tombe compte parmi
les plus belles et les plus imposantes et traduit le statut
privilégié d’un très haut personnage
de la cour amarnienne. Le monument n’a cependant jamais
été terminé, et le puits funéraire
n’a même pas été creusé,
un des nombreux mystères qui entourent cette tombe.
Meryra
est le seul Grand Prêtre d'Aton qui nous soit connu
avec certitude. L'étiquette d'une jarre à vin
nous montre qu'il exerçait encore sa fonction en l'an
16, et donc probablement à la mort d'Akhénaton
en l'an 17. Il est resté en poste au moins 6 ans, un
temps largement suffisant pour terminer une tombe, et pourtant
la sienne ne l'a pas été, sans bien sûr
que nous sachions pourquoi.
Meryra est doté des titres suivants :
(1)
"Grand Prêtre (litt : Grand des Voyants) de l'Aton
dans la maison d'Aton à Akhetaton."
(2)
"Flabellifère à la droite du Roi."
(Le flabellifère désigne le porte éventail)
(3) "Chancelier
Royal."
(4) "Ami
unique"
(5)
"Noble héréditaire [(j)r(y)-p'.t-h3tja],
et Prince". On peut se demander pourquoi ce titre
si important est pourtant si peu présent dans la tombe.
Peut être le mot "héréditaire"
est il de trop et Meryra ne doit il son titre de prince qu'à
la faveur d'Akhénaton, ce qui tendrait à confirmer
l'impression générale qu'il s'agit d'un parvenu.
(6) "Proche
du Roi."
| Situation de la tombe, technique de réalisation et état actuel |
a) Situation
La tombe fait partie du groupe Nord; elle est creusée
dans la falaise qui enserre la ville d'Akhetaton, près
de l'entrée du ouadi principal. Voyez cette image
satellitaire (Google Earth) et consultez le plan de Norman de Garis Davies. On peut plus précisément
situer la tombe sur cette
image (courtoisie de l'Egypt Exploration Society)
b) Plan de la tombe
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| Plan de la tombe (pl 01 et 02) |
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c ) Technique
La falaise dans laquelle fut creusée la tombe
est faite d'une roche de qualité assez médiocre,
qui ne permettait pas la réalisation directe
de reliefs dans le creux. Les artisans ont donc d'abord
sculpté finement la roche directement, puis ont
passé une couche de plâtre qu'ils ont travaillée
profondément pour donner un aspect de relief
dans le creux, puis l'ensemble a été peint.
Certains détails trop fins, comme les plis des
vêtements ont été simplement peints.
d)- État actuel de
la tombe
La tombe de Meryra, quoiqu’elle soit une des mieux
conservée, est actuellement dans un état
assez pitoyable, suite à des ravages liés
surtout aux hommes. Ces dégradations remontent
haut dans l’histoire, puisqu’elles débutent
peu après la mort du pharaon "hérétique"
Akhenaton.
L’exécration dont sa mémoire va
rapidement être la victime s’étend
à toutes ses représentations, ainsi qu’à
celles de la reine Néfertiti, qui dans cette
tombe comme ailleurs ont été sauvagement
attaqués, au point d’avoir quasiment disparu
malgré la profondeur de la sculpture.
Puis les Coptes et les Musulmans se sont installés
et ont transformé la tombe selon leurs besoins,
perçant par ici, plâtrant par là.
C’est ainsi que la paire de colonnes de la partie
Ouest de la salle hypostyle a été détruite.
De nombreuses niches ont aussi été percées
là où le besoin s’en faisait sentir.
Enfin des pilleurs modernes ont tentés de détacher
des fragments de scènes causant ainsi de nouveaux
dégâts.
Cette tombe de Meryra a ainsi perdu beaucoup de son
aspect original, à commencer par presque toutes
ses couleurs. Elle reste néanmoins un monument
historiquement important pour mieux comprendre la période,
et séduisant pour le visiteur. On ne peut en
effet s'empêcher d'être saisi par l'aspect
imposant des portes, et par la quasi obscurité
de la salle principale à plafond arqué
encore embellie par la corniche à gorge qui en
occupe la périphérie.
(photo à gauche, courtoisie Egypt Exploration Society)
Certaines parties ont aussi été creusées
beaucoup plus profondément dans la falaise que d’autres,
aussi l’aspect d’ensemble est il assez étrange
car elle est tout sauf régulière. Presque verticale
près de la porte, elle présente un fruit considérable
quand on s’en éloigne.
L’avant de la tombe a été évidée
dans la pente de la falaise qui a été creusée
sur une profondeur d’environ 6m sur 30 m de long. Il
en résulte une sorte d’avant-cour artificielle
qui a ensuite été entourée latéralement
par des murs.
L’effet de relief autour des jambages qui entourent
l’entrée a été obtenu par
le creusement d’une sorte de rigole au pourtour.
En hauteur, l’avancée de la roche délimite
un petit auvent au dessus de l’entrée avec
un linteau surmonté d’une corniche.
La décoration des jambages fait appel à
des motifs stéréotypés de l’art
amarnien. Sur chacun d’eux on trouve un hymne
adressé au soleil, au roi et à la reine,
répété en quatre colonnes. Au bas
de ces colonnes, Meryra est représenté
agenouillé, en prière. On le retrouve
dans cette posture à chacune des extrémités
du linteau, regardant vers le centre (pl
40, partie médiane) .
Dans un motif que nous retrouverons souvent, la partie
centrale du linteau est occupée par un motif
symétrique (ici très dégradé)
comportant le cartouche double mentionnant la titulature
de l’Aton imaginé par Akhenaton auquel
sont adossés trois cartouches plus petits du
roi et de la reine. Ainsi sont représentés
les souverains adorant le dieu solaire.
(pl 41)
L’épaisseur des murs Est et Ouest accueille deux
représentations de Meryra en relief dans le creux (qui
accroche mieux la lumière à cet endroit). Tourné
vers l’extérieur, il lève les bras en
adoration, récitant les prières inscrites autour
de lui. Crâne rasé comme un prêtre, il
ne porte que les insignes de "porte-éventail à
la droite du roi", un sceptre heqa et un grand éventail
en rapport avec sa fonction.
Côté Ouest
: De cet emplacement, Meryra voit se lever le soleil
le mâtin, et la prière y fait référence :
"Adorer Aton quand il se
lève dans l’horizon oriental du ciel. Que ton
lever est beau, Ra vivant […] (Tu) donnes la vie pour
toujours, à jamais. Tu illumines le Double Pays de
toutes tes beautés, tu entoures le Double Pays au moyen
de ton disque. […] tu ordonnes les pays pour réjouir
son cœur et satisfaire son Ka. […]. Il les gouverne
pour toi avec un coeur [aimant]...Le pays lui est soumis comme
il t'était soumis. Les neuf arcs (=
les ennemis traditionnels de l'Égypte)
sont devant sa Majesté […] sous ses sandales.
Tu as fait qu’il règne pendant la même
durée que toi, étant ici avec toi, éternellement,
voyant tes rayons chaque jour. Tu lui accordes des fêtes-Sed
et des années par millions. Toutes tes places sont
sous son œil, (pour) ton fils, issu de ton corps, le
Seigneur des Deux Terres Nefer-Kheperou-Ra, doué de
vie".
Côté Est : De cet emplacement, Meryra
voit se coucher le soleil le soir. Le texte est fortement
mutilé : "Adoration
à Aton lorsqu'il se couche dans l'horizon Ouest
du ciel (rappelons que pour les anciens Égyptiens
l'horizon ne représentait pas une ligne continue
mais le point d'émergence et de coucher du soleil.
Il y a donc deux horizons). Ton coucher est beau, Ô
Ra vivant [...]"
Le plafond (pl
39) est séparé en trois caissons par
des bandes de hiéroglyphes bleus sur fond jaune
entourés d’une classique "frise
égyptienne". Chaque caisson comporte
un motif traditionnel, soit en diamant, soit en fleurettes.
C’est la seule partie de la tombe qui comporte
encore un plafond reconnaissable.
(pl 01, détail) A la différence des autres tombes
amarniennes où l’on passe directement de
l’extérieur dans la pièce principale,
Meryra a ajouté une antichambre. Il en résulte
une pénombre qui rendra d’autant plus solennelles
les parties plus profondes de la tombe.
Il s’agit d’une petite pièce carrée
d’environ 3,60 m de côté dont le
toit est légèrement voûté
et souligné par une corniche qui renforce l’illusion
d’une tombe bâtie plutôt que creusée.
Les murs ont été recouverts de plâtre
mais aucune décoration où sculpture
n’a été appliquée.
1)- Les murs Est et Ouest
Ils ont été grossièrement amorcées
ce qui aurait pu constituer des ouvertures ou des emplacements
pour de futurs autels. Au pourtour on a esquissé à
l’encre des jambages (pl
40, vue
50). Celui du côté Nord du mur Ouest représente
une énorme accumulation de végétaux stratifiés
formant un composition florale verticale, tandis que le "jambage"
Sud montre les cartouches et titres de l’Aton et du
couple royal siégeant sous les rayons du disque.
Une tranchée court Nord – Sud dans la partie
Est du sol. On la retrouve dans la première chambre
de trois autres tombes de ce groupe. Sa signification
reste obscure. Peut être s'agit t'il d'une rigole
destinée à receuillir le sang d'animaux
sacrifiés à cet endroit.
2)- Les deux côtés
du mur d’entrée Sud
Ils sont occupés par une image de Meryra debout
en adoration récitant l’hymne reproduit
en hiéroglyphes bleus à côté
de lui (pl
38).
Celui ci s’adresse au roi qui est qualifié
côté Ouest de "enfant
parfait de l’Aton vivant".
Il précise : "tant
que durera le ciel, tu dureras. Tu auras de nombreuses
années, des milliers de fêtes-Sed. Ta durée
est comme l’éternité, la durée
de Ra comme souverain des Deux Terres, les années
d’Aton dans le ciel. Tu t’es établi
à Akhetaton, la place parfaite que tu as élevée
pour Ra et où viennent tous les hommes".
Du côté Est, on trouve une formulation
plus personnelle : "le
souverain bon qui m’a formé, qui m’a
engendré, qui m’a fait croître, qui
m’a associé aux princes, la Lumière
par laquelle je vis, mon Ka jour après jour".
Meryra semble ainsi constituer un exemple de ces hommes nouveaux promus par le roi, un parvenu qui doit tout à
son souverain.
3)- Côté Nord : le
pourtour de la porte
(pl
39) Sur l'architrave du haut on trouve à chaque
extrémité une petite représentation de
Meryra agenouillé, les bras levés devant la
partie centrale de la scène qui a disparu, mais où
l'on reconnaît la présence de restes de cartouches.
Les deux jambages de chaque côté comportent
quatre colonnes verticales de hiéroglyphes portant
des prières, qu'on retrouvera sur les autres
jambages de porte dans la tombe comme ils étaient
présents sur la façade.
A
gauche, le texte dit : "Louanges
à toi, l'Aton vivant, et au Ka du roi (ailleurs c'est
à celui de la reine). Puisse t'il (le roi) donner un
grand âge[...], et un bel enterrement dans la colline
d'Akhetaton (les tombes de la falaise),
le séjour des favoris. Puisse t'il donner une longue
vie pour voir ta beauté. Puisse ta vision ne jamais
lui faire défaut. Puisse t'il recevoir une offrande
de pains et de boissons dans le temple d'Aton. Pour le Ka
du grand prêtre d'Aton dans Akhetaton, au Ka du Chancelier
Royal et Ami Unique, flabellifère à la droite
du roi, au Ka du Chancelier Royal, aimé de son seigneur,
grand favori du Seigneur du Double Pays, Meryra, Juste de
voix."
A
droite, Meryra demande que son nom ne soit pas oublié,
que les offrandes qui lui sont faites soient abondantes,
...
| Le passage vers la première salle hypostyle |
L’épaisseur des murs est décorée
des deux côtés.
a)- A droite (Est) (pl
37)
Meryra fait face à l’entrée dans
l’attitude de prière déjà
décrite. Il est vêtu d’un pagne long
soigneusement figuré et qui ne présente
pas la transparence diaphane des autres représentations.
Autour de son cou sont disposés quatre colliers
d’or provenant d’un don du roi qui lui marquait
ainsi son estime.
Il récite ce qu'on a coutume d'appeler le Petit Hymne
à Aton, ainsi nommé par opposition au Grand
Hymne. Si ce dernier ne se trouve que dans la tombe de Ay,
il existe cinq versions du Petit Hymne (parfois plus d'une
copie par tombe) dans les tombes de Toutou, Mahou, Apy et
Any en sus de celle de Meryra.
Tous ces textes étant rédigés avec la
première version du "nom didactique" de l'Aton
on peut en déduire qu'ils datent d'une période
comprise entre l'an 5 et l'an 9 du règne, période
à laquelle un second "nom didactique" est
substitué au premier (voir Akhenaton
et la religion d'Aton). C'est ce second nom qu'on trouve
ailleurs dans la tombe de Meryra (pl 06, détail), prouvant que la décoration
de la tombe date au moins partiellement de la seconde partie
du règne.
Le Petit Hymne traite successivement du cycle solaire
quotidien et de ses conséquences sur la création,
puis des rapports entre Akhenaton et Aton.
Chez Meryra, l'hymne commence par une formule d'adoration
puis se continue ainsi :
"Que ton lever est beau, Ô Aton vivant,
Seigneur de l'Éternité ! Tu es étincelant,
beau et brillant, ton amour est grand et puissant de
ses rayons (...) Ta surface brille donnant vie aux coeurs.
Tu remplis le Double Pays de ton amour, le bon guide
qui s'est formé lui même, créant
chaque terre et ce qui est dessus (...) ils vivent quand
tu te lèves pour eux. Tu es le père et
la mère de tout ce que tu as fait : leurs yeux,
quand tu te lèves, voient par ton intermédiaire.
Tes rayons illuminent toute la terre (...) quand tu
te couches à l'horizon occidental du ciel, ils
reposent, comme s'ils étaient morts. (...) Quand
tu as envoyé tes rayons, tout le pays est en
fête : les chanteurs et les musiciens haussent
le ton de joie dans la cour cour de la Maison du Benben.".
Vient ensuite l'éloge du roi, représentant
unique du dieu sur terre : "Ton
fils est pur, accomplissant ce qui te plaît, Ô
Aton vivant, celui qui l'a créé, son fils,
l'Unique de Ra, comme son image (...)"
b)- A gauche (Ouest)
(pl
36)
On trouve une représentation de l’épouse
de Meryra, la dame Tinro
décrite comme "grande favorite
de la Dame des Deux Terres". Elle est dans la
même attitude de prière que son mari. Elle est
vêtue d’une grande robe de lin fin débordant
sur les bras qui laisse voir ses formes, dans un style caractéristique
de l’époque. Elle est coiffée d’une
grande perruque sur laquelle repose un cône d’onguent.
Elle récite une longue prière :
"(...) tu te lèves dans l'horizon
oriental du ciel pour donner la vie à tout ce
que tu as créé (...) Tu as donné
ton fils bien-aimé, qui vit de Maat, le Seigneur
du Double Pays ...etc... et sa Grande Épouse
Royale, Dame des Deux Terres, sa bien aimée,...etc..étant
à ses côtés pendant qu'il satisfait
ton coeur et voit ce que tu fais chaque jour. Il se
réjouit de voir tes rayons. Puisses tu lui donner
l'Éternité comme roi du Double Pays."
Finalement on voit que ce discours n'est guère différent
de celui du Petit Hymne.
Remarquons toutefois qu'elle a eu beaucoup de chance d'avoir
le droit de se faire représenter dans la tombe de son mari,
faveur qu'elle doit probablement au fait qu'elle soit proche
de la reine Nefertiti. En effet, une des nombreuses originalités
des tombes amarniennes par rapport à celles des périodes précédentes
est la disparition des représentations familiales dans la
plupart des tombes. Il s'agissait pourtant d'un souhait -et
d'un besoin- majeur pour le défunt jusque là. Tout se passe
maintenant comme si la tombe n'était qu'un pseudopode, une
projection, de l'idéologie royale, dont elle représente un
des supports.
| La première salle hypostyle |
(pl
01, détail) Il s’agit d’une pièce imposante,
dont la majesté est encore accentuée par la
pénombre qui règne. Elle mesure environ 5m de
long pour 6 m de large. Le sol est irrégulier, mal
fini, donnant une hauteur de plafond variable qui culmine
à 4,75 m à l'extrémité Nord.
On est immédiatement frappé par les deux
grandes colonnes qu’on voit sur la droite, et instinctivement
on recherche leurs symétriques. Hélas, les deux
colonnes de gauche ont été entièrement
arasées lors des réutilisations de la tombe,
pour gagner de l’espace. Cette mutilation a cependant
un effet positif : tout le mur Ouest montrant la procession
royale vers le temple est devenu plus lisible.
Quand on est au centre de la pièce, les deux ouvertures d’entrée
et de sortie apparaissent majestueuses en raison de leur hauteur
imposante.
Tous les murs sont décorés en reliefs dans le
creux qui n’ont hélas conservé que très
partiellement leurs couleurs. L’éclairage moderne
par des néons donne de plus une désagréable
teinte verdâtre qui n’aide pas vraiment à
saisir la qualité des figurations, qualité que
l’on devine pourtant, (ni a photographier les parois
!). Enfin les dégâts infligés à
la tombe après la mort d’Akhenaton sont partout
visibles : les figures du couple royal ont été
sauvagement martelées ainsi que leurs cartouches.
Tout autour des scènes figurant sur les murs, on trouve une
superposition de bandes colorées. Tout d'abord une classique
"frise égyptienne" avec ses rectangles de couleur, entourée
d'une double ligne verte; puis se succèdent une alternance
de bandes rouges et bleues. Ce type de représentation est
inhabituel par la surface qu'elle occupe. Peut être faut t'il
y voir une figuration des différentes enceintes entourant
le temple?
I- Les colonnes et le plafond
 |
d'après "Aménophis IV et
les pierres du Soleil"
Vergnieux-Gondran |
Elles sont massives (environ 1 m de diamètre pour
3,8 m de hauteur, directement évidées dans la
masse), représentant l’assemblage de huit tiges
de papyrus à boutons fermés, réunies
par quatre bandes horizontales sous l’émergence
des boutons. Leur base repose sur une excroissance circulaire.
Sur le côté qui fait face au centre de la pièce,
on a rajouté du plâtre afin de former une plaque
rectangulaire sur laquelle on a représenté le
disque rayonnant surmontant les cartouches des souverains
et de l’Aton. Au sommet de chaque colonne se trouve
une abaque qui semble supporter la pseudo architrave rapportée
dans le plafond. Les deux abaques restantes portent sur leur
côté Ouest le nom et les titres de Meryra :
sur la colonne Sud : "Le
grand prêtre d’Aton dans Akhetaton, Meryra, juste
de voix"
et sur celle du Nord : "Le
porte éventail à la droite du roi, le grand
favori du dirigeant parfait, Meryra, Juste de voix".
Une inscription en très grands hiéroglyphes
courait tout le long des deux architraves mais elle a aujourd’hui
quasiment disparue.
La partie centrale du plafond située entre ces deux
architraves est légèrement voûtée,
tandis qu’elle est plate en dehor; son décor
a disparu.
Une corniche décorée à l’origine
de motifs de plumes verts, bleus et rouges court tout
le long des murs à la limite d’avec le
plafond, et ne s’interrompt qu’aux ouvertures
d’entrée et de sortie où ce sont
les grandes corniches à l’égyptienne
qui prennent le relais.
II- Mur Sud
A- La porte Sud
Son linteau est identique à ceux précédemment
rencontrés. Les jambages portent des prières
en trois colonnes, récitées par le défunt
agenouillé, accompagnées des cartouches de Ra-Horakhty
et du couple royal (pl 35).
B- Partie Ouest du mur
Sud
C’est celle que l’on découvre sur
sa droite après s’être retourné
vers l’entrée.
1)- registre supérieur
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| vue 23 |
Planche 06 (détail) |
Il est consacré à l’investiture
de Meryra en tant que "Grand des Voyants
d’Aton dans le domaine de l’Aton qui est
dans Akhetaton" par le roi accompagné
de la reine Néfertiti et de la princesse Merytaton.
La scène se situe au niveau de la fenêtre d’apparition
du palais (vue
92). Cette ci est décorée sur ses montants
de cartouches et à la base d’une composition
florale. Au sommet, se trouve une ébauche d’architrave
surmontée d’uræus couronnés du disque.
Elle est interrompue à la partie centrale, rappelant
ainsi les portes d’entrée des temples d’Aton.
Car rien ne doit gêner le cheminement des rayons lumineux
terminés par des mains qui descendent du disque qui
surmonte la scène.
Sous la corniche qui sert de balustrade, une immense motif
semi circulaire rappelle un collier Ousekh. Le roi est penché
par dessus cette balustrade, et semble appuyé sur une
un coussin, représenté en rouge foncé
constellé de figures bleues en forme de diamant. Il
se penche pour donner ou jeter quelque chose pendant qu’il
proclame devant tous la nouvelle dignité dont il honore
son serviteur Meryra.
Ce dernier se tient avec les assistants sous la fenêtre.
Ceci n’étant pas possible à représenter
valablement pour l’artiste, il a placé des personnages
qui auraient du être côte à côte
sur des plans superposés. En bas se tient Meryra, qui
est figuré deux fois : agenouillé puis
porté en triomphe par ses proches et portant alors
des colliers d’or autour du cou (pl 08 et pl 08bis).
Dans
un petit sous registre au dessus on trouve cinq personnages.
Quatre sont des scribes qui notent les paroles royales :
"…Vois, je te fais pour moi Grand
des Voyants dans le temple d’Aton à Akhetaton
car tu es dans mon cœur. Il dit : Oh mon serviteur,
qui écoute l’enseignement, mon cœur
est satisfait par tout ce que tu fais. Je te donne cette
dignité (en) disant : tu mangeras les provisions
de Pharaon (per aa) - Vie, Santé, Force- ton
souverain dans le temple de l’Aton"
Au
dessus encore se trouvent deux séries de personnages
de rang inférieur, vêtus d’un pagne
simple à devanteau rectangulaire, séparés
par la figuration du mât palmiforme à oriflamme
qui traverse tout le registre. Les quatres premiers
sont des porteurs d’éventail, les quatres
autres portent en main un bâton et assurent le
service d’ordre.
Couronnant
tout le registre, et centré par le disque rouge
solaire orné d’un uræus, on trouve
les cartouches de l’Aton, du roi et de la reine
et l’inscription : "Aton
vivant et grand, maître des jubilés, maître
de tout ce qu’il entoure, Aton maître du
ciel, maître de la terre, dans le temple d’Aton
à Akhetaton".
2)- En dessous de ce registre
principal se trouve un second registre (pl 06 ter).
Il s'agit d'un bandeau qui présente des personnages
secondaires qui assistaient aussi à la cérémonie,
formant une sorte de second cercle mais que l’artiste
a représenté en dessous, tournés vers
un centre où aurait du se trouver Meryra. Il est difficile
de savoir exactement si ces gens avaient un rôle autre
que celui de spectateur. Peut être certains d’entre
eux étaient t’ils chargés de collecter
des présents offerts par le roi à Meryra ?
Le coffre représenté en haut à gauche
pourrait en être un.
En tous cas on distingue clairement en bas, a droite,
un groupe de femmes chantant, battant du tambourin et
dansant en signe d’allégresse. Des porteurs
d’étendards sont également présents
pour ce moment de jubilation.
Du côté gauche, le char attelé
attend Meryra pour quitter le lieu de la cérémonie.
C- Partie Est du mur Sud
La scène montre ici le couple royal faisant offrande
au soleil. Elle aussi est séparée en deux sous
registres : en haut, la scène principale, et en
bas des personnages secondaires (pl 22).
1)- le sous registre supérieur
Il n’y a aucune représentation architecturale
dans ce panneau, pas même un autel. Seules trois table
d’offrandes sont figurées reposant à même
le sol.
Les conventions du dessin égyptien sont parfaitement
respectées. La scène montre le roi et la reine
l’un derrière l’autre, mais qui se tenaient
en réalité côte à côte (vue
48), qui jetent une résine odoriférante
dans les deux braseros qui surmontent la table d’offrande.
Ces braseros se trouvaient en fait devant la table sur laquelle
on avait empilé les denrées animales et végétales
habituelles. Akhenaton est coiffé du khepresh, et n’est
vêtu que d’un pagne remontant haut sur les reins.
L’ensemble du corps est représenté particulièrement
gynoïde (càd avec un aspect en poire associant un élargissement des fesses et des hanches de type féminin), très semblable à celui de Néfertiti.
[N.B. : La signification possible de cette représentation
physique du souverain est discutée dans l’article
Akhenaton
et la religion d’Aton]. Derrière le couple,
deux de leurs filles qui portent la mèche de l’enfance
–Merytaton et Maketaton- agitent un sistre.
Meryra est accompagné d’un autre prêtre,
beaucoup plus petit. Il tend au roi des produits destinés
à l’offrande, probablement un cône
d’encens.
On voit ici la place qu’Akhenaton assignait au plus
haut dignitaire de son clergé : celui d’un
subalterne, sans aucun rôle théologique puisque
le roi et la reine, et eux seuls, pouvaient s’adresser
à Aton et rendre le culte dans sa plénitude.
Sans doute avait t'il cependant le pouvoir de rendre un culte, probablement simplifié, lorsque les souverains étaient indisponibles.
La représentation du disque qui surmonte la scène
est extraordinaire et n’a jamais été retrouvée
ailleurs (vue
22). Elle a fait l’objet de nombreuses spéculations
qui méritent un
chapitre spécial.
2)- Le sous registre inférieur
De taille moindre, il représente sur deux lignes ce
qui se passait en dehors de la scène ou en dehors du
temple. Les groupes sont disposés symétriquement
par rapport à un centre vers lequel ils semblent converger
(pl
23).
En haut à droite, des prêtres courbés,
dont l’un offre une fumigation ; à
gauche un groupe de deux hommes et de huit femmes
portant éventails et étendards, apparemment
encadrés d’une sorte de service d’ordre (vue 49).
En bas, à gauche, un chariot attelé
attend la famille royale pour la ramener au palais.
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| Pl 23, détail |
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| vue 46 |
A droite se trouve une des plus belles scènes de toutes
les tombes d’Amarna. Il s'agit d'un groupe de huit hommes assis. Le premier
joue d’une harpe, les sept autres sont manifestement
des chanteurs, tous sont aveugles comme c’est
la tradition (et l’on sait qu’avec la fréquence
des maladies oculaires, les aveugles ne devaient pas
manquer dans le pays). Ils entonnent un de ces "chant
du harpiste", qui seront représentés
si souvent à partir de cette seconde partie de
Nouvel Empire, chants qui véhiculent une idée
pessimiste de l’existence et du devenir dans l’Au-delà.
Ici ce qui est frappant c’est l’extraordinaire
dimension humaine et réaliste des visages rendus
par l’artiste : vieux, avec des traits marqués,
des rides. Peut être s’est il inspiré
des vrais protagonistes qui oeuvraient dans le temple.
D'une manière générale, dans cette
tombe (comme dans d'autres tombes amarniennes), les
traits des personnages sont souvent beaucoup plus détaillés
que dans les tombes des époques précédentes,
avec même une accentuation caricaturale des traits
les plus frappants.
III- Mur Ouest et partie Ouest
du mur Nord
Tout le panneau est occupé par une grande représentation
de la famille royale se rendant vers le temple d’Aton,
et des scènes secondaires à côté
et en bas (pl
10). Cette scène se continuera sur la partie Ouest
du mur Nord où elle trouvera sa conclusion avec l’arrivée
sur place et l’accueil des souverains (pl
10 A).
La place exacte de la scène par rapport à Meryra (qu’on
ne reconnaît plus formellement) reste incertaine :
fait elle partie de son intronisation, ou s’agit
t’il d’une des visites quotidiennes que
le roi rendait pendant qu’il était déjà
en fonction ?
A- Mur Ouest
1)- En haut et à
gauche nous trouvons le palais royal
(pl 18 ; vue 58) De là vient le cortège, qui nous est montré
dans la perspective égyptienne où l’on
superpose ce qui ne peut être montré sur le même
plan.
Il existait une cour externe protégée
par un mur. Au milieu de ce dernier se trouvait une
porte monumentale, de type traditionnel mais sans
linteau (comme pour tous les édifices amarniens
: rien ne doit gêner le passage de la lumière),
flanqué à gauche par une ouverture plus
petite. Dans la cour, un serviteur répand de
l’eau à la main sur la terre battue,
tandis qu’un second manie un petit balai.
Seule une partie de ce monument de très grande taille
est représentée. L’empilement de denrées
diverses montre ainsi l’opulence qui régne. Certaines
étaient sans doute destinées à être emmenées au temple. Remarquons
que les denrées figurées à l’extérieur
sont isolées de la poussière et des animaux
errants par une protection représentée comme
un V renversé qui rappelle le hiéroglyphe
Devant, deux hommes probablement responsables de la prise
en charge des offrandes discutent, l'un appuyé sur
une longue canne.
On peut comparer les
deux représentations du palais royal dans la tombe, selon deux
axes différents, sur les murs Ouest et Est.
2)- La suite du cortège
(pl
19) Il s’étire derrière le couple
royal et s’étend sous la représentation
du palais évoquée plus haut. Nous voyons défiler
en chariot les princesses royales et leur suite, encadrées
de chaque côté (mais figuré en dessous et au
dessus) par le service d’ordre dont les agents sont
représentés (comme dans toutes les tombes amarniennes)
d’une manière bizarre, non naturelle, courant
tout en étant courbés à l’extrême,
et tenant en main un bâton.
(vue
24) Ce sont quatre princesses qui accompagnent ici leurs
parents. Les aînées Merytaton et Maketaton se
tiennent sur le premier char, mais sont presque effacées ;
elles sont suivies sur le second par Ankh(es)-n-pa-aton et
Nefer-neferou-aton-(ta)-sheryt (lit : Nefer-neferou-aton
la petite, pour la distinguer de sa mère Néfertiti).
Elles sont figurées comme des femmes adultes, ce qui
est manifestement impossible : l’aînée
devait avoir une dizaine d’années, pas plus.
On peut d’ailleurs comparer avec leur représentation
sur le mur Est : les petites princesses y sont bien représentées
comme des enfants.
Dans chacun des chariots, l’une des princesses tient
les rênes ainsi qu’un fouet, tandis que la seconde
s’accroche de la main gauche à une poignée
et passe le bras droit affectueusement autour de l’épaule
de sa sœur, les protégeant ainsi toutes deux des
cahots du chariot (vue
56).
Chacun des chariot de princesse est accompagné de trois
autres, totalisant six suivantes qui tiennent en main les
enseignes surmontées d’une grande plume, elles
aussi omniprésentes dans l’art amarnien. Les
suivantes comme les princesses sont simplement vêtues
d’une longue robe-manteau et d’un châle
coloré (vue
57).
Ces chars devaient être d’une certaine largeur
car le conducteur se trouve dans une petite cabine latérale,
séparé ainsi des femmes, et ne risquant pas
de les toucher en cas de cahot.
L’art amarnien aime les chevaux, et dans le cortège
ceux ci sont bien sûr nombreux. Leur pelage est d’un
rouge sombre, comme presque toujours d'ailleurs dans l’art
égyptien en général. Remarquons la raideur
et le manque de naturel des animaux. Pas plus ici qu’ailleurs
les artistes n’ont bien su représenter le cheval,
un animal nouvellement introduit dans le pays et pour lequel
il n’existait pas de canon traditionnel.
3)- En avançant vers
le milieu du cortège, nous trouvons le roi et
la reine.
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| vue 45, détail |
Planche 17 (détail) |
(pl
17) Akhenaton est représenté a plus grande
échelle que Néfertiti, mais en dehors de cela,
chars et chevaux sont strictement superposables. Probablement
l’artisan a t’il voulu ainsi nous montrer qu’en
fait le couple partageait le même chariot (vue
45) .
Ce dernier est d’un modèle très léger
- même sa caisse en bois est ajourée -tout à
fait semblable à ceux trouvés dans les tombes
de Thoutmosis IV et de Toutankhamon.
Le roi porte un pagne serré à la taille par
une écharpe décorée. Il est coiffé
du Khepresh et derrière son cou flottent deux rubans
qui, comme l'écharpe, donnent une idée de mouvement.
Il tient en main les rênes et un fouet. Les chevaux
sont richement harnachés. Ainsi au niveau du garrot
on trouve un harnais de cuir surmonté d'un disque.
Ils portent sur la tête une sorte de capuchon de cuir
auquel sont fixées de hautes plumes alternativement
blanches rouges et bleues. Deux petits personnages courent sous la figuration du cheval, peut être des palefreniers en cas de problème?
4)- Devant le cortège
royal
(pl
15 et vue
51) On voit courir les hommes de la garde royale, disposés
sur trois rangs. Celui du haut est formé de porte étendards,
de porte éventails et à l'avant un archer (probablement
Nubien, avec sa plume dans les cheveux) puis un porteur de
lance (probablement asiatique avec sa barbe), puis un guerrier
avec une hache ronde (probablement un Lybien).
Le second rang est formé de soldats portant lance,
hache et un bouclier.
Enfin en dessous quatre hommes portent sur l'épaule
ce qui ressemble à un fléau (?).
En dessous encore sont représentés quatre hommes représentant une sorte "d'avant garde" : deux soldats et deux prêtres venus du temple pour les accueillir.
5)- Le registre inférieur
Formant une sorte de bandeau, il montre une autre escorte accompagnant un char. Il s'agit peut
être de celle de Meryra, ou plutôt de celle qui
accompagnait de chaque côté le couple royal.
B- Partie Ouest du mur
Nord
Elle constitue la continuation du tableau, avec l'arrivée
au temple (pl 10 A).
1)- Devant le temple
Tout le personnel est sorti pour accueillir et louer le couple royal (pl 13).
La scène semble se lire de bas en haut, avec tout d'abord
quatre personnages qui ne sont pas des soldats (peut être
des prêtres accompagnat le roi) sont acceuillis par des membres
du clergé du temple, avec peut être Meryra le plus en avant-mais
hélas le texte est illisible.
En dessous, quatre flabellifères, un genou à
terre, précèdent trois prêtres portant
des bouquets et tirant deux boeufs gras (dont un richement
paré) destinés au sacrifice (pl
14, détail). Leurs collègues représentés
en dessous sont, d'après ce qui reste de texte, de
même rang qu'eux.
Sur les deux rangs du haut, des femmes revêtues d'une
ample robe sont des chanteuses qui s'accompagnent de tambourins.
On remarquera au second rang une fillette brandissant une
branche festive (pl
13, détail et pour plus d'information voyez l'article
"Les
branches festives"). Elles sont accompagnées
de serviteurs de moindre rang dont certains, selon l'expression
égyptienne, "flairent la terre".
2) Dans le bandeau sous-jacent,
qui continue celui du mur Ouest, d'autres personnages de moindre
rang, amenant également des boeufs sont représentés
sur le même modèle (pl
14, détail).
3)- Le Grand temple
Nous pouvons dans un premier temps examiner grâce à une photo
satellitaire et à une représentation dessinée par Jon
Hirst le véritable aspect de ce complexe, dont l'étendue au
sol est immense. On peut également apprécier la distance considérable
entre l'arrière du temple (Gem-pa-Aton) et le sanctuaire (Hout-Benben)
L'artiste Égyptien quant à lui nous donne une
vue d'ensemble du monument selon une pseudo perspective Est–Ouest
(pl
12, détail). On entre dans l'enceinte par le grand pylône
du bas. On pénètre ainsi dans un large espace tapissé sur
les côtés de centaines de tables d'offrandes et qui entoure
tout le bâtiment principal du temple.
Les différentes divisions du temple sont ensuite schématisées.
On voit de plus qu'à l'arrière du bâtiment
principal et séparé de lui par un vaste espace
vide (voir la photo satellite) s'en trouve un autre plus petit,
le sanctuaire proprement dit (pl
11). Il s'agit du Saint des Saints, spécifiquement réservé à la famille royale.
On remarque dans la cour précédent ce dernier,
à gauche, un escalier conduisant à une stèle
sur un piédestal.
Tout ceci sera vu plus en détail dans la description
du mur Est.
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