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TOMBE
N°4, groupe Nord
IV- Mur Est et partie Est du
mur Nord
(pl
25) Il est occupé par une vaste fresque divisée
en deux registres supérieur et inférieur avec
une description détaillée du Grand temple, et
des scènes montrant l’adoration du soleil par
le couple royal, ainsi que la récompense de Meryra,
résultat de la bonne administration du fonctionnaire
qui a rempli les magasins du temple.
Comme son homologue du mur Ouest les tableaux se prolongent
sur la partie adjacente du mur Nord.
A- Mur Est, registre supérieur
Le monument en question est le Grand Temple d’Aton (Per-jtn-m-Akhet-jtn
= La demeure d’Aton dans Akhetaton). L’énorme
masse du temple occupe la plus grande partie (environ les
2/3) de l’espace. L’action est donc cantonnée
dans le 1/3 droit, et centrée par l’offrande
faite par le couple royal.
1)- A l’extérieur
de la porte du grand temple (pl
26)
a)- Le Palais Royal (pl
26, détail)
La partie droite du tableau montre une vue en élongation
du palais royal que nous déjà vu sous un autre angle sur le
mur Ouest (voir celui ci page 1 pour une comparaison). Le
palais est ici surmonté par l’image de l’Aton
rayonnant entouré des cartouches royaux, tous effacés.
Cette fois le palais est représenté vide, sans aucun serviteur
affairé. On remarquera que ce qui semble représenter le second
pylône correspond en réalité à la fenêtre d'apparition (voir
partie Ouest du mur Sud, page 1).
Juste derrière se trouve une salle comportant deux chaises
à pieds ouvragés (ou deux trônes) qui entourent une table
chargée de victuailles et qui semblent attendre le retour
du couple royal.
On peut utilement comparer les angles de présentation du palais
sur les murs Est et Ouest grâce à ce
montage.
b)- L’escorte qui a amené
le couple royal l'attend pour le retour (pl 26). Elle se tient à l'extérieur de l'enceinte du temple.
Les chevaux des deux attelages royaux sont retenus par un
palefrenier tandis que le conducteur se tient à l’arrière,
courbé.
Au dessus des chars, une série de six porte-enseignes
tenant en main pour les quatre premier un enseigne avec le
double cartouche de l’Aton, et pour les deux derniers,
un enseigne portant la barque solaire. Ils sont suivis par
deux Nubiens armés de leurs arcs traditionnels et de
quatre personnages provenant de Syro-Palestine et de Libye.
Peut être s'agit t'il d'une figuration de type iconique
des différents peuples censés être contrôlés
par l’Égypte.
En dessous, un troisième char attend, faisant partie
de l’escorte militaire qui, avec les porte-éventails,
escortera le couple royal.
2)- Dans l'espace entre le pylône
d'entrée dans l'enceinte et le premier pylône
du Gem-pa-Aton
Le couple royal consacre les offrandes divines sur un autel
en plein air, entre le pylône d’enceinte et le
premier pylône du temple proprement dit (pl
27). Cinq petits autels surchargés de provisions
et deux de fleurs sont placés devant et entre le roi
et la reine qui brandissent tous deux un sceptre sekhem. Leurs
visages ont été martelés, mais il persiste
la coiffe de Néfertiti, composée d’une
double plume entourant un disque solaire. Le disque Aton et
ses rayons terminés par des mains surmonte la scène.
Remarquons le personnage tout petit qui présente un
vase à libation d’une main, et le matériel
pour la fumigation de l’autre : il s’agit
peut être de Meryra ?
Derrière le couple royal, on retrouve disposé
sur deux rangs en pseudo perspective quatre petites princesses
avec autant de suivantes (pl
26, détail et vue
54). Elles agitent des sistres Hathoriques.
L’inscription est historiquement importante
pour les datations de la période amarnienne
car elle est une des très rares mention de
la plus jeune des filles du couple royal : "Nefer-neferou-jtn-ta-sheryt",
c’est à dire "Neferneferouaton
- la petite", pour ne pas qu'on la confonde
avec sa mère Nefertiti. Curieusement, c’est
d’ailleurs la seule des princesses nommée.
L’artiste a par ailleurs pris soin de les distinguer entre
elles par leur taille et par la nudité de la
plus petite.
3)- le temple proprement dit ou
Gem-pa-Aton
(pl 25, détail, et la pl 12 déjà citée pour une vision selon l'axe Est-Ouest).
Ce gigantesque ensemble est entouré par une enceinte
en briques crues mesurant 730 X 230 mètres, délimitant
ainsi un espace interne d’environ 17 hectares.
Cet espace est occupé par un bâtiment principal,
le temple proprement dit, le Gem-pa-jtn (ou Gem-pa-Aton
= La rencontre avec le disque), mesurant environ 210 m de
long par 33 m de large.
Derrière celui ci on trouve un sanctuaire séparé,
le Hout Benben (= le château du Benben).
Le temple est représenté comme vu par son côté
Nord (à comparer avec la vision "de face"
de la représentation sur la partie Ouest du mur Nord).
Grâce à Google Earth, il est possible de comparer
le plan des monuments avec les traces qu'ils ont laissé au
sol. Une vue
générale montre l'étendue de tout l'ensemble architectural.
Dans la diapositive de gauche, vous pourrez comparer plan
et tracé au sol du Gem-pa-Aton.
L'allée centrale de circulation dans le temple était surélevée,
les autels dans les trois premières cours apparaissant
alignés dans des fosses légèrement en
contrebas.
De chaque côté du temple, l'image satellitaire montre parfaitement
les centaines d'autels en plein air disposés dans la cour.
Quelques uns sont également représentés par Meryra chargés
de provisions, le long des murs Nord et Sud. On y trouve aussi une cour carrée servant à l'abattage et contenant le cadavre d'un boeuf aux pattes liées qu'on vient de sacrifier. On peut comparer cette cour d'abattage à la représentation d'une autre proche du Hout-Benben.
a)- Le pylône d'entrée (N°1)
et le complexe du Per-hay
(vue
23 ; pl
12, détail) Il est représenté (de face)
sur la gauche du couple royal.
Il matérialise l’entrée dans le temple
lui-même mais également, par un raccourci typiquement
égyptien, la salle à colonnes qui lui faisait
immédiatement suite, appelée Per-hay (= la Maison
de Réjouissance). Il est intéressant de remarquer
comment l’artiste l’a rendue : les deux môles
du pylône sont ornées de mâts portant des
étendards, mais on y a aussi dessiné un empilement
de 8 colonnes lotiformes à chapiteaux fermés
qui se trouvaient en fait derrière.
De même entre les deux môles, on remarque deux
portes, l’une plus petite que l’autre qui correspondent
à l’entrée et à la sortie de la
salle Per-hay.
Cela apparaît clairement si l'on considère la
vue comparative
Google-Earth au niveau de l'emplacement désigné comme
"pavilion" et qui est le Per-hay.
b)- Après le Per-hay
(pl
25, détail)
on
franchit le pylône 2 et on se retrouve alors dans la
première grande cour où sont disposé de chaque côté
des centaines de petits autels. En son centre se dresse le
grand autel, le principal du temple. On y accède par
des marches aboutissant à une petite plateforme. Il
est surchargé de provisions.
Puis on franchit le pylône 3 pour déboucher
sur une nouvelle cour à autels, qui devrait avoir à
peu près la taille de la précédente,
mais que l’artiste a raccourci par manque de place.
on
la quitte par le pylône 4 qui donne sur une cour
plus petite, comportant une double colonnade supportée
par des piliers lotiformes.
le
pylône 5 franchi, nouvelle cour remplie d’autels
les
pylônes 6 et 7 donnent sur le fond du temple
et ses magasins, auxquels sont associés quelques autels.
La
paroi Est se conclut par l’extrémité
de ce bâtiment principal. La suite de la scène
se trouve sur la partie Est du mur Nord.
B- Partie Est du mur Nord,
registre supérieur
(pl
33). Grâce à la photo satellitaire, une
vue d'ensemble de la situation du sanctuaire peut être
proposée. Ses dimensions sont estimées à 100
X 70 mètres.
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Comparaison plan-tracés au sol |
Planche 33, NDG Davies |
Reconstitution par
Vergnieux et Gondran |
| Visions comparatives du sanctuaire (Hout Benben) du Gem-pa-Aton |
1)- Début de la section sur la
droite du panneau
Il se fait par un espace comportant de chaque côté
de l’axe central quatre structures rectangulaires (jardins
ou bassins), avec quelques autels. Puis vient l’entrée
par un pylône dans l’enceinte du sanctuaire, le
Hout-Benben (= le château, ou la maison du Benben).
(vue 47)
Dans l’avant cour nous retrouvons en haut un groupe
de quatre musiciens qui rendent hommage à l’astre
vivifiant devant un amas d’offrandes.
En bas se dresse une stèle sur un piédestal, dont nous
ignorons tout du texte probablement fort intéressant qu'elle
portait. Elle est ici associée à une statue
d’Akhenaton assis (pl
33, détail) : certains (NdG Davies) y ont vu une figuration
du Benben, cette pierre solaire "primordiale" du temple de
Ra à Héliopolis; d'autres (notamment le Pr Marc Gabolde) pensent
qu'il n'y avait pas de vraie matérialisation du Benben en
Amarna; ce qui n'empêchait nullement la présence d'une "maison"
du Benben...
Un abattoir est figuré dans l’angle inférieur,
ou du moins une cour contenant deux boeufs abattus, dépecés
et dont on a coupé la tête.
A gauche, des serviteurs préparent des boissons ou
nettoient des récipients qui vont être stockés
dans un petit bâtiment annexe.
2 )- Le nouveau pylône est
le premier du sanctuaire proprement dit.
Il donne sur une cour dont la première partie est à l'air
libre, tandis que la porte d'accès au Saint des Saints est
flanquée de chaque côté de quatre colonnes lotiformes et de
statues debout du roi coiffé alternativement de la
couronne de la Haute et de la Basse Égypte, les deux bras croisés sur la poitrine tenant les signes du pouvoir : le sceptre et le fouet (pl
33, détail ; vue
27).
Cette cour rappelle ainsi une salle hypostyle.
3 )- On pénètre
dans le Saint des Saints par un nouveau pylône
plus grand que le précédent (voir une
vue reconstituée informatiquement par Vergnieux et Gondran).
Il était doublé de deux pans de mur en chicane,
empêchant la vision par les profanes de l'intérieur
de cet espace, le plus sacré de tout le Gem-pa-Aton.
La cour est centrée par l’autel principal entouré
d’autels secondaires (vue
21). C'est ici qu'Akhenaton rendait le culte le plus secret,
théoriquement matin et soir.
Tout autour de cette cour, des portes ouvrent sur douze courettes
comportant chacune une table d'offrandes.
Il n’y a aucune porte, et donc pas de communication
vers la grande cour périphérique par l’arrière
du bâtiment.
Une autre vision Est-Ouest du sanctuaire nous est donnée
dans la figuration qui se trouve à l'extrémité
de la paroi Ouest du mur Nord (pl
11). On y retrouve toutes les parties déjà
décrites, et le mur en chicane est représenté
par deux traits au dessus du pylône. A gauche de l'édifice,
une autre représentation de stèle sur un piédestal,
mais sans statue du roi. la boucherie, et deux serviteurs
affairés, l'un à balayer le sol, le second à
nettoyer l'intérieur d'un grand cratère. On
voit également mieux les deux espaces rectangulaires
ouverts vers l'avant qui jouxtent l'entrée. Une représentation
dans la tombe d'Ahmes montre qu'il s'agissait d'une petite
salle de chaque côté, destinée à
accueillir la famille royale.
4 )- Suit une représentation
mal assurée par rapport aux plans au sol
Il s'agit d'un espace étroit qui comporte deux portes
d’entrée en haut et en bas à partir de
la cour (vue
47, à gauche). On remarquera que l’Aton irradiant
qui surmonte cette partie entoure et bénit ces entrées
en même temps que son sanctuaire.
Enfin on trouve ce qui constitue probablement un magasin et
qui s’ouvre par son extrémité gauche sur
l’extérieur par une porte, doublée d’une
autre dans le second mur d’enceinte.
Ainsi se termine cette vaste représentation
du registre supérieur.
C- Mur Est, registre inférieur
1)- A la partie droite
Nous
nous situons entre les magasins et le Nil, par lequel arrivent
toutes les denrées, y compris alimentaires puisque
les terres agricoles sont situées sur l’autre
rive du Nil. L’abondance des bateaux, matérialisée
par une véritable forêt de mâts, souligne
l’intensité du trafic. Chaque mât est tenu
par des cordages et porte à son sommet un enseigne
qui semble être un double cartouche. Les voiles sont
repliées. Chaque bateau est amarré à
un piquet et une passerelle ressemblant à un escalier
en descend. A la proue, un homme qui est sans doute le capitaine,
est courbé devant le roi. Derrière lui, le pont
est encombré de marchandises.
Les
bœufs que transportaient les navires ont été
regroupés dans des étables situées près
du quai. Ces étables sont divisées en deux parties
auxquelles donnent accès deux portes avec en plus une
poterne pour celle de gauche. Chaque bouvier s’occupe
de cinq bêtes qu’il semble nourrir à la
main. Chaque bête est attachée à ce qui
semble être une pierre. On remarquera que les animaux
sont d’espèces différentes, certains ayant
par exemple une bosse qui les rapproche du zébu.
Entre
les deux séries de scène, et attendant devant
la porte extérieure du temple le retour du roi, trois
attelages de char avec leurs servants, et quelques soldats.
2)- suit la scène principale :
la représentation de la récompense de Meryra
En tant que souverain et Grand Prêtre, Akhenaton remercie
ainsi son fidèle et zélé serviteur dans
la carrière duquel cette journée a du représenter
une apothéose.
(pl
30) La scène se déroule dans la cour devant
les greniers, ce qui peut sembler logique puisque c’est
dans leur gestion que Meryra s’est distingué.
De plus il est très improbable que des cérémonies
de ce type se soient tenues dans les zones cultuelles plus
profondes du temple.
Meryra est debout, les bras levés tandis que sur ordre
du souverain, l’Intendant de la Maison de l’Or
accumule autour de son cou de lourds colliers d’or.
D’autres pièces précieuses lui ont déjà
été données et sont portées par
des serviteurs ou des prêtres du temple. On remarquera
sur la tête de Meryra ce qu’on a coutume d’appeler
un "cône d’onguent", sur la nature
exacte duquel il y a encore actuellement débat.
Assistent à la scène trois autres personnages,
probablement des prêtres, des porteurs d’enseigne
et des flabellifères. Enfin quatre scribes notent tout
scrupuleusement.
Vient
ensuite le couple royal debout, en taille majestueuse par
rapport aux autres personnages (vue 53) (Meryra lui est représenté
de la même taille que les autres personnages subalternes,
mais non courbé). Akhenaton est nonchalamment appuyé
de sa main gauche sur une longue canne, tandis que de la main
droite il fait le signe de la donation. Il prononce le discours
suivant, disposé en quatre colonnes de hiéroglyphes :
"Paroles dites par le roi
du Sud et du Nord qui vit de Maat, le maître du Double
Pays : Belles sont les apparitions de Ra – l’Unique
de Ra" que l’intendant de la Maison de l’Or
amène( ?) le Grand Prêtre d’Aton dans
Akhetaton, Meryra, place des colliers d’or de son cou
à sa tête et autour de ses chevilles parce qu’il
écoute l’enseignement de Pharaon (Per-Aa), vie-santé-force,
qu’il a fait tout ce qui a été dit concernant
ces belles places faites par Pharaon (v-s-f) dans le château
du Benben, dans la maison d’Aton, pour l’Aton
qui est dans Akhetaton ; (il) a apporté toutes
bonnes choses pures, avec du blé et de l’orge
en abondance, sur la Table d’Offrande d’Aton,
pour l’Aton."
Nous voyons dans cette dernière phrase le rôle
réel qu’Akhenaton assignait au "Grand Prêtre" :
celui d’un intendant en chef, en charge des aspects
matériels du culte mais nullement de son exécution.
Remarquons au passage qu'Akhenaton se comporte avec les biens du temple comme avec les siens propres. Il a en effet réussi à réunir dans sa main deux pouvoirs jusque là distincts : le pouvoir régalien et la grande prêtrise du principal Dieu d'Empire.
A
ce discours, Meryra répond : "Le
Grand Prêtre d’Aton dans le temple d’Aton
qui est dans Akhetaton, flabellifère à la droite
du roi, favori du Maître des Deux Terres, Meryra, il
dit : Santé à Oua-n-Ra […] à
l’enfant parfait de l’Aton, qu’il lui soit
donné d’accomplir sa durée ( ?) pour
le temps infini et le temps éternel."
Derrière
Akhenaton se tient Néfertiti qui sur sa tête
porte une coiffe ornée de l’uraeus. Le couple
est baigné par les rayons de l’Aton qui trône au dessus de la scène.
Derrière le couple royal se tiennent les petites princesses
dont deux seules sont encore visibles, et une cohorte d’accompagnants.
3)- Les greniers
(pl
31 bis) Le mur d’enceinte sur la gauche est percé
de deux portes, qui constituent l’entrée dans
l’enceinte des greniers proprement dits. Elle est divisée
en deux espaces communiquant où sont représentés
les silos à grains. Quatre scribes et quatre porte-étendard
attendent le souverain.
Une porte surmontée d’uraei amène
devant une nouvelle enceinte de même largeur
que la précédente. Le mince espace entre
les deux est orné d’arbres entourés
d’un muret destiné à leur irrigation.
4)- L’entrée dans
l’édifice suivant
(pl 31) Elle peut se faire soit par une porte centrale qui
comporte un petit toit en avancée, soutenu par des
colonnes florales, ou par deux portes latérales plus
petites. On aboutit ainsi à une petite cour au centre
de laquelle trône un kiosque surélevé
et soutenu par de légères colonnes papyriformes,
auquel on accède par quelques marches. Il est entouré
d’un muret. Corniches et muret sont surmontés
d’uraei.
On sort de cette cour vers la gauche par un système
de trois portes identique à celui de l’entrée,
pour aboutir dans un espace rectangulaires planté
d’arbres. De part et d'autre de cet espace s'ouvrent des portes (une grande flanquée de deux petites) conduisant à deux cours à péristyle symétriques l'une par rapport à l'autre. Chacune comporte de part et d'autre de son axe central une série de six magasins dont l'entrée se trouve sous une colonnade couverte.
Les denrées les plus diverses s’y accumulent :
jarres à long col, ouvertes ou scellées ;
pains, vases pansus, sacs, coffres à vêtements….
Le quatrième en bas à gauche contient du poisson
séché. On imagine l’odeur…
Le cinquième en haut à gauche contient des objets
précieux, avec des vases de type Crétois et
Syrien (vue
43, partie médiane). Les denrées accumulées
dans les divers récipients et sacs nous restent inconnues.
L’allée des magasins du haut comporte à
son extrémité, près de deux petites portes,
un édifice ressemblant à un kiosque dont l’entrée
semble être située de l’autre côté
du mur d’enceinte, dont il formerait alors un des éléments. Celle du bas n'a pas de communication avec l'extérieur.
D- Partie Est du mur Nord,
registre inférieur
1)- Si nous reprenons l’allée
centrale transversale vers la gauche et sortons
Nous nous retrouvons alors en face d’une nouvelle porte
dans une enceinte. Après l’avoir franchie, on
trouve immédiatement vers le haut la petite maison
d’un portier. Le mur qui en forme la partie supérieure
est mitoyen avec celui de quatre habitations situées
dans une courette plantée de trois arbres. Toute cette zone du registre inférieur est surmontée par le hiéroglyphe du ciel (qui présente une extrémité arrondie), et les bâtiments qui y sont figurés doivent donc se trouver dans l'enceinte du temple et non à l'extérieur.
La partie centrale de la composition est fortement endommagée
(pl
32). Selon Norman de Garies Davies, en tenant compte de
ce qui reste d’inscription hiéroglyphique, elle
correspondrait à la maison de Meryra. Cela reste très
douteux, car celle ci se trouvait plus certainement en dehors de l'enceinte du temple. De plus la complexité des deux bâtiments, l'absence de zones privatives évidentes ne plaident pas non plus pour cette hypothèse.
L’entrée dans le complexe était située
dans une partie du mur ayant perdu son relief, et l’édifice
se divise en deux parties autour d’une allée
centrale bordée de colonnes papyriformes qui se termine
sur trois petites pièces (des chambres, des bureaux ?).
Deux allées latérales partent vers la droite
et la gauche. Des portes qui semblent joliment ouvragées
et posséder un système de ventilation conduisent
aux pièces principales ainsi qu’à des
pièces accessoires. On remarquera la seconde petite
pièce à partir du haut, à droite :
son mur de fond est surélevé en arrondi pour
pouvoir accueillir les planches d’un lit.
Entre deux portes monumentales se trouve un autel rectangulaire.
La pièce n’avait probablement pas de toit à
cet endroit puisque le culte était rendu à ciel
ouvert.
En dessous et séparé de la maison proprement
dite se trouve une étable où l’on distingue
deux ânes (ou chevaux).
2)- Une porte mène de l’allée
centrale, près de l’étable, vers un large
espace situé en bas de l’image
L’entrée principale dans cette zone, elle, se
situait dans le mur d’enceinte du bas. La zone est plantée
d’arbres, chacun entouré étant taluté afin de permettre un bon arrosage. Celui ci se faisait à
partir d’un grand bassin.
La fonction du bâtiment qui occupe le centre de l’espace
est assez mystérieuse (pl 32, détail).
Il fallait passer deux nouveaux pylônes pour avoir accès
à une cour rectangulaire où s’ouvraient
une série de pièces. Seule la première
porte à gauche et à droite donnaient sur une
allée couverte, soutenue par des colonnes papyriformes.
De chaque côté de l'allée s’ouvraient diverses
pièces, toutes représentées vides.
Une allée transversale de même type est
retrouvée au dessus sans que les dommages du
mur permettent de préciser où se situait
l’entrée.
En ressortant du bâtiment nous retournons dans le grand
espace planté d’arbres. Sur la gauche, nous avons
un nouveau bâtiment précédé d’un
bassin .
Ce bassin servait certainement à des fins d’irrigation,
mais comme les autres il avait sûrement d’autres
fonctions. En effet, il est entouré d’un muret
faisant une saillie en redans sur deux des côtés,
saillie qui comporte en son centre un petit "monticule",
dont on ne sait s’il s’agit d’un reposoir
ou d’un autel en plein air. De là, deux escaliers
entourant une rampe centrale descendent dans l’eau.
Il pourrait donc s’agir d’un lac sacré
servant aux ablutions, ou d’une sorte de mini lac dans
lequel on descendait des barques solaires ?
3)- Le grand édifice derrière
le bassin
il a été reconstitué
en perspective par Norman de Garies Davies de manière
convaincante, mais aucune explication satisfaisante quand
à sa fonction n’a pu être proposée
en raison de son étrangeté. Il permet cependant
une correspondance entre la représentation conventionnelle
égyptienne et notre vision moderne des choses. Par contre sa fonction reste un mystère.
Une première enceinte à pylône (lequel
est flanqué de deux portes latérales) ouvre
sur une sorte de déambulatoire planté d’arbres
qui entoure le noyau central lui même formé de
deux parties différentes. A gauche et à droite
on trouve des magasin dont six remplis de biens divers. Les
deux de l’extrémité comportent un escalier
permettant d’accéder au toit (C sur la pl
32, détail).
Le noyau central présente une architecture symétrique.
Il comporte un nouveau mur d’enceinte, avec un nouveau
pylône donnant de chaque côté sous un portique
supporté par des colonnes. Les côtés droit
et gauche de cet espace sont occupés par trois pièce
dont seule celle du centre comporte une ouverture d’accès.
Aucun moyen d’entrer ou de sortir n’est visible
pour les autres, peut être y accédait t'on par le toit?
Le cœur du dispositif comporte un espace carré
qui devait être surélevé. On y accédait
par des escaliers latéraux donnant sur une porte.
Se pose maintenant un problème : ce qui ressemble
à des portes en haut et en bas de l’édifice
se trouvaient donc en hauteur et sans moyen d’accès.
Il ne s’agirait donc pas de portes mais de balcons.
Au centre de l’espace trône un autel chargé
d’offrandes, dont la vue devait donc manifestement être
cachée volontairement.
Entre ce cœur et les chambres latérales, sont
disposés deux autels nus.
L’arrière du bâtiment comporte deux pièces
(?) auxquelles on accède par des portes. On remarque
à l’extrême droite la petite poterne qui
permet d’entrer et sortir discrètement de l’édifice.
4)- La sortie vers l’arrière
par le pylône nous amène dans un jardin
une grande partie en est occupée par un énorme
puits-bassin dans lequel on descend par un escalier (pl 32, détail, photo NGDG 02).
Lorsque la nappe phréatique baissait, un système
de shadouf permettait de remonter l’eau. Le jardin est
empli de différentes espèces d’arbres,
parmi lesquelles on reconnaît des palmiers-doum, des
palmiers-dattier, des perséas,… Un petit édifice
enclos se trouve entre le puits et l’enceinte interne.
5)- Que sont ces édifices devenus?
Aucun de ces bâtiments ne peut être repéré sur les photos
satellitaires. Il semble donc raisonnable de situer ces constructions
(qui étaient dans l'enceinte du temple, on l'a vu) près du
Nil, dans une zone actuellement détruite. La présence du puits
à cet endroit semblerait d'ailleurs logique.
V- Le mur Nord
A- Les parties Ouest (gauche)
et Est (droite)
Elles ont déjà été décrites
B-La porte Nord
(pl
34) Elle présente une intéressante variation
au niveau des jambages. En effet la formule d’introduction
ne comporte pas la formule habituelle d'offrande invocatoire
"hetep-dj-nesou"
mais la formule
"j(3)w-n-k" (= Louanges à toi). Il ne semble
pas qu’il faille y voir de connotation théologique
particulière.
De plus, le nom mentionné originellement en bas de
colonne n’était pas Meryra (qui a été
rajouté sur un badigeon de plâtre) mais
Hatyay . On ne peut pas en déduire forcément
que la tombe aurait été à l’origine
destinée à un autre, car il n’y a qu’ici
que l’on trouve cette mention, mais la question reste
ouverte et Meryra pourrait avoir été le successeur
de ce dernier, tombé en disgrâce. Une faute du
scribe est cependant plus vraisemblable car le nom n'apparaît
nulle part ailleurs.
| La seconde salle hypostyle |
(pl
01,detail; pl 02)
On y pénètre par une ouverture encore plus épaisse
que les précédentes, mais non décorée. Elle mesure environ 6 m de large près de l'entrée, 8,5 m vers l'arrière et elle est profonde de 6 m. Son plafond fait un peu moins de 5 m de haut au maximum.
En entrant dans la pièce, on ressent une impression
de dignité poignante malgré la quasi obscurité
qui masque mal le caractère très irrégulier
des murs et colonnes et qui montre immédiatement le
degré d’inachèvement du monument.
A l’origine, la salle était pensée
comme une seconde hypostyle qui aurait due être
plus large encore que la première, et comporter
comme elle quatre colonnes rapportées dans
la masse et supportant des architraves.
Seule la nef centrale a été à peu près
évidée, mais aucun des murs n’est droit.
Le sol est lui aussi très irrégulier avec de
véritables marches passant d'un niveau à un
autre. Les piliers ont une section très variable et
l’un d’entre eux n’est même pas dégagé
complètement de la masse rocheuse.
La salle se termine par une chapelle encore plus grossièrement
esquissée que le reste de la pièce. Elle mesure
environ 3,5 m de profondeur, pour une largeur maximum de 2 m près de l'entrée, et un plafond dont la hauteur va de 2 m à 1 m de l'avant vers l'arrière.Une saillie rocheuse dans le fond
pourrait représenter les genoux d’une statue
assise prévue à cet endroit. Il est probable
que les parois auraient reçues un décor si elles
avaient été achevées.
C'est ici qu'aurait dû se trouver le puits funéraire,
qui n'a jamais été creusé.
Qu'est devenu Meryra à la mort du roi?
Nous n'en savons rien. Peut être a t'il été
balayé avec d'autres zélateurs de "l'hérétique",
où bien a t'il senti à temps le vent tourner
et est il rentré à Thèbes se remettre
sous la protection des divinités traditionnelles? En
tous cas, il n'a pas été enterré dans
la tombe N°4.
Qu'il reste en paix, puisque son but est atteint : trente
trois siècles après sa mort, son souvenir est
encore évoqué et son nom prononcé.
| Bibliographie |
| - PORTER
Bertha, MOSS Rosalind, IV, p. 210 (plan); p. 214-217
(tomb nr. 4), Griffith Institute, 1934-2004
- NORMAN DE GARIS Davies, The rock tombs of el Amarna,
Part I, EEF, London, 1906. Toutes les planches et deux photographies en proviennent.
Une très bonne publication sur CD-Rom
est disponible pour un prix raisonnable chez Yare
Egyptology.
- VERGNIEUX R, GONDRAN M : Amenophis
IV et les pierres du soleil, Arthaud, 1997
- CONGDON Lenore O : A rare solar display depicted
in the tomb of Meryre I at El Amarna, Amarna
Letters IV, KMT editor, p 44-59
- JOHNSON George B : Norman de Garis Davies &
the rock tombs of el Amarna,
Amarna Letters II, KMT editor, p 64-65
- AUFRERE Sydney, GOLVIN Jean-Claude : l' Égypte
restituée, tome 3, Errance,1997
- DE LA TORRE SUAREZ Juan, SORIA TRASTOY Teresa
: Tell el-Amarna, vol I, Las tumbas Norte, ASADE
editor, 2003 |
Page réalisée
par Thierry Benderitter
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