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LE CAVEAU G

On descend donc dans le second caveau orienté à angle droit par rapport au premier par quatre marches, et on se retrouve ainsi 1,70 m en dessous du niveau d'origine. Les parois du petit couloir descendant étaient décorées du temps de Lepsius par des images de Inerkhaou et de son fils Hor-Min à gauche et à droite de Ouabet et d'une petite fille, tous pénétrant dans la tombe; toutes ces images ont presque totalement disparues aujourd'hui.

•  Il existe un décalage dans l'orientation du caveau (voir plan page 1) qui fait que les parois ne sont pas alignées -comme elles devraient l'être- sur un point cardinal précis. Nous adopterons donc pour plus de simplicité les points cardinaux théologiques pour les descriptions. De ce fait l'entrée sera considérée comme étant plein Est, la paroi de droite est au Sud, celle de gauche au Nord et le fond du caveau est à l'Ouest.

•  La pièce est voûtée, tapissée de briques crues enduites et peintes. La voûte presque ogivale était renforcée à son sommet par une poutre longitudinale courant du mur Est au mur Ouest. Elle était formée de deux troncs de palmier liés par une corde. Disparues aujourd'hui, elles avaient néanmoins laissé l'empreinte du bois et des cordes dans le mortier du temps de Bruyère (Bruyère planche 18).

•  La décoration du second caveau est, sur toute la hauteur, une superposition de scènes du monde funéraire disposées en trois registres. Celte imagerie polychrome, agrémentée de légendes hiéroglyphiques est empruntée aux vignettes du Livre des Morts (LdM) et place les défunts de la tombe dans un milieu tout différent de celui de la première salle.

Paroi Est (théologique)


Elle fut découpée puis rapportée à Berlin par l'expédition prussienne de Lepsius...
De part et d'autre de la porte ogivale sont représentés, en grande taille, Ahmes-Nefertari et son fils Djeser-ka-Ra / Amenhotep I, protecteurs de la communauté des artisans. L'exécution soignée des peintures est un excellent exemple de l'art ramesside de la XXème dynastie. C'est ainsi que la transparence des vêtements (tuniques à amples manches) laisse entrevoir la carnation des personnages. Tous deux sont debouts sur un mastaba et font face à l'entrée.


•  Le roi porte les attributs du pouvoir en main. Sa tête est coiffée d'une perruque (représentée bleue, mais ce n'est pas le casque Kepresh, elle reproduit la couleur du lapis lazuli) associée à un bandeau comportant deux uraei (trois avec le côté masqué). Aux pieds, il porte des sandales à bouts recourbés qui rappellent un peu les poulaines du Moyen-Age. Son devanteau est richement orné, ainsi que le collier Ousekh autour de son cou (vue 18). Au-dessus de la tête du souverain nous trouvons un soleil rougeâtre encerclé par un double uraeus.

•  La reine Ahmes-Nefertari, ("mère royale, Grande Épouse royale") encore une fois avec la peau noire, porte une ample robe plissée, serrée à la taille par un long ruban multicolore. Ses poignets et ses biceps s'ornent de bracelets, un large collier souligne son cou ; sa tête est recouverte par une coiffe composite qui associe une corniche rouge supportant deux cobras et un vautour (images de Nekhbet, déesse vautour tutélaire de Haute Égypte et de Ouadjit, déesse cobra tutélaire de la Basse Égypte). Le tout est posé sur la dépouille de vautour dont nous avons parlé plus haut (vue 17).

Sur le tympan mutilé se trouvait une déesse, ailes déployées. L'effondrement de la poutre l'a malheureusement défigurée.

Paroi Nord

Elle est organisée en trois registres et quatorze scènes. La paroi doit se "lire" de l'Est vers l'Ouest car les défunts poursuivent leur chemin descendant depuis l'entrée vers la paroi Ouest où se tient Osiris. Le parcours ascendant débutera lui sur la moitié gauche de la paroi Ouest à partir de Ptah, le démiurge, et se dirigera vers l'Est en empruntant la paroi Sud.

Les deux registres du haut concernent la vie dans le monde funéraire (vue 23) et sont inspirés du Livre des Morts (LdM), celui du bas concerne le culte familial rendu aux défunts (vue 19).

Dans toute cette partie du caveau Inerkhaou est vêtu de manière identique. Il porte une ample robe fortement blousante et frangée vers le bas, avec de larges manches. Il est coiffé d'une perruque frisottée et frangée aux extrémités, descendant en biais vers l'avant. Il ne porte aucun bijou.

Reconstitution de la paroi Nord d'après Hany Farid. Clickez pour chaque scène

Nous avons gardé la numération des scènes de la paroi Nord selon Bruyère.

1)- Registre supérieur

Scène I
(vue 12) Elle est située au contact de la paroi Est. Le défunt regarde vers le fond du caveau. Debout il rend hommage à son propre oiseau-Ba perché sur sa tombe, qui lui rend son salut. Ce faucon à tête humaine est très finement dessiné, surtout le visage. Cet "oiseau", le "Ba vivant", représente une forme immatérielle de l'être que l'on nomme habituellement "âme", faute de mieux comprendre le concept. Son rôle est extrêmement important puisque c'est lui qui circule entre le monde des vivants et le monde souterrain. Il pourra ainsi revoir la maison de son temps de vie, sentir le doux souffle de la brise du Nord, ..., et les ramener à la momie dans son caveau. Inerkhaou précise dans le texte ce qu'il attend : "Paroles pour se transformer en Ba vivant, entrer et sortir, et rester aux places qu'il aime, pour le Ka de l'Osiris, chef d'équipe dans la place de Vérité, Inerkhaou, Justifié et (pour) sa soeur (= ici, sa femme), la maîtresse de maison, chanteuse d'Amon, Ouab(et)"

Scène II
(vue Bruyère 14) Il s'agit du défunt rendant hommage au dieu Ptah, dieu créateur qui porte en main ses insignes habituels : le sceptre Ouas, la croix Ankh et le pilier Djed. Il se tient sur le signe biseauté qui désigne Maat (voir la Maat). Ptah, dieu des artisans, a toujours eu des relations particulières avec les travailleurs de Deir el Medineh. Le texte contient le début du § 82 du LdM : "Paroles pour prendre l'image de Ptah, manger du pain, boire de la bière"

Scène III
(vue 29)

Il s'agit d'un tableau en vingt colonnes où chaque partie du corps du défunt est consacrée ou assimilée à une divinité différente, laquelle est nommée et représentée en bas de colonne. Cette section est inspirée du § 42 du LdM.

Scène IV
(vue 18bis) Cette petite représentation est comme un résumé des chapitres des transformations auxquelles le défunt aspire. Elle est directement inspirée du § 86 du LdM : "Formule pour prendre l'aspect d'une hirondelle". L'hirondelle est particulièrement chère aux artisans de Deir el Medineh et n'est quasiment jamais présente dans d'autres tombes. Ici elle est perchée sur un tertre matérialisé par des bandes rouges concentriques.

Scène V
(vue 30) Enfin le registre se termine vers la paroi du fond où nous retrouvons Inerkhaou à genoux rendant hommage au soleil levant matérialisé par le signe Akhet, deux collines entre lesquelles se lève l'astre. C'est la représentation de l'horizon en Égypte ancienne. On remarque le signe de vie Ankh qui enserre le hiéroglyphe, ainsi que deux lions qui se tournent le dos. Ils sont désignés par le texte (dérivé du § 17 du LdM) comme "Ra". Ils sont une représentation valant pour "hier" et pour "demain".

2)- Registre médian

Revenons vers l'entrée et examinons les scènes qui se déroulent vers le fond du caveau.

Scène VI
(vue 23bis) Il s'agit d'une représentation d'une déesse tenant un signe Ankh dans la main droite, que Lepsius avait pu identifier à Hathor grâce au texte aujourd'hui disparu. Elle est tournée vers la paroi où se tenait originellement la reine Ahmes-Nefertari.

Scène VII
La scène suivante représente Inerkhaou, debout, les bras levés en signe d'adoration. Un immense serpent, dénommé Sata (= littéralement "fils de la terre"), lui fait face (vue 13bis).
Ces reptiles jouent un rôle ambigu dans la mythologie égyptienne. Tantôt, ils incarnent les forces hostiles, dangereuses et incontrôlables, adversaires sournois du monde créé; tantôt ils sont les formes embryonnaires d'êtres divins, voire même des plus grands dieux tels qu'on peut les imaginer avant le déploiement de la création de l'univers. Sata appartient à cette dernière catégorie, et le § 87 du Livre des Morts (à laquelle cette image pourrait servir de vignette mais qui ne correspond pas au texte reproduit ici) l'assimile clairement au soleil nocturne, qui se régénère dans l'Au-delà avant de renaître au matin. C'est pourquoi Inherkhaou lui adresse un hymne et le vénère, tel un grand dieu.

Scène VIII
Le défunt à genoux, mains levées, adore quatre chacals noirs marchant vers lui, cravatés d'une banderole rouge qui entoure les quatre cous et dont les pans retombent en deux groupes de quatre réunis (vue 14bis et vue 15bis) .
Les chacals ne présentent qu'une seule silhouette complète, celle de l'animal le plus proche. Les trois autres sont indiqués par le débordement progressif du contour des membres et du corps. Il n'y a que deux paires d'oreilles sur les quatre têtes échelonnées vers la droite.
Il s'agit des quatre chacals Sab qui tirent la barque de Ra dans le monde souterrain. Le texte au-dessus des chacals comporte une prière qui demande à ce que le défunt soit conduit dans la barque Ouia vers Khefet-her-neb-ankhet, un lieu mythique. Il demande aussi les offrandes alimentaires réservées aux Bas de Ro-setaou (la nécropole) dans la grande salle Ousekhet des justifiés.
Le texte au-dessus d'Inerkhaou cite les membres de la famille. Ce texte permet de rattacher la tombe TT299 à notre Inerkhaou, fils de Hay.

Scène IX
(vue 17bis) Elle représente la cérémonie de l'ouverture de la bouche telle qu'elle aurait du être réalisée le jour des funérailles (si par malheur cela n'avait pas été le cas, cette représentation y suppléerait). Devant un autel supportant un vase à libations et deux pains, un prêtre coiffé d'un masque à tête de faucon tient en main une herminette qu'il applique sur la bouche (puis sur les autres ouvertures du visage). La cérémonie se pratique sur la momie (plus exactement le sarcophage interne). Celui ci comporte un fond blanc sur lequel on a tracé des bandes rouges rappelant les bandelettes, image classique en cette XXème Dynastie.
Le rituel était commenté par le § 23 du LdM : "Formule pour ouvrir la bouche de l'Osiris Inerkhaou justifié. Ta bouche est ouverte. Ta bouche a été ouverte par Ptah avec ce ciseau en métal du ciel. Horus ouvre ta bouche. Il ouvre tes yeux pour toi."

Scène X
(vue 27)
Ce qu'il reste d'Inerkhaou est assis sur un siège à pattes de lion, une main tendue vers le signe hiéroglyphique Ka qui se dresse devant lui sur un pavoi. Cette scène est mutilée par arrachage de la portion centrale. Elle offre des difficultés d'interprétation car le défunt aurait du être représenté faisant des libations et des offrandes à son Ka. Le texte d'accompagnement ne correspond pas à la vignette : "Formule pour apporter de la nourriture des champs d'Ialou, pour se mouvoir au milieu des dieux qui s'y nourrissent".

Scène XI
(vue 27) A l'extrémité de la paroi est représenté le signe hiéroglyphique valant pour l'Ouest, l'Amentit (un faucon sur un mât, avec une plume cérémonielle), accompagné de ce texte : "formule pour commencer le chemin vers le bel horizon (le royaume des morts, dans lequel on entre par l'Ouest), pour advenir parmi les dieux qui sont là".

3)- Registre inférieur

Il s'agit d'un registre continu ne comportant pas de délimitation physique mais où l'on peut néanmoins distinguer trois subdivisions nettes.

Scène XII
(vue 20bis ) Il s'agit de la scène à l'extrême droite qui montre le couple de défunts assis devant une table d'offrandes et regardant vers l'entrée (et donc aussi la sortie!). La femme appuie sa main gauche sur l'épaule de son époux, dans un geste de protection.

Scène XIII
Le défunt est assis, tourné vers l'entrée, sur une chaise à pieds de lion, tenant le Sekhem dans sa main gauche ramenée sur la poitrine, tendant la main droite ouverte la paume en dessous vers un guéridon chargé de fard pour les yeux (vue 22bis).
•  Ce fard est renfermé dans un grand coffret blanc divisé en dix-huit cases ornées d'un œil-oudjat droit, peint en rouge. On peut aussi penser qu'il y a dix-huit petites boîtes ou sachets semblables superposés en trois rangs de six ou encore que le dessus du guéridon est vu selon la perspective égyptienne pour montrer sa décoration qui est essentielle dans le rite représenté ici.
•   Onze personnes s'avancent vers le défunt ou vers son effigie (vue 21bis).
C'est d'abord un Sem à longue perruque, le torse nu barré d'une écharpe en sautoir, le dos couvert d'une peau de panthère, les hanches et les jambes cachées par une longue jupe blanche plissée à tablier triangulaire frangé au bord. Il brandit dans la main droite un "Ouret hekaou", bâton courbé et annelé, terminé en tête de bélier, qui est l'instrument rituel pour l'ouverture de la bouche. Dans la main gauche pendante il tient un encensoir à tête de faucon. Ses pieds sont chaussés de sandales de papyrus.
Derrière lui, deux par deux, des hommes au torse nu, à la longue jupe blanche, coiffés de perruques, pieds nus, font de la main gauche levée à hauteur du visage un salut rituel. Les deux premiers ont la main droite vide et pendante ouverte devant le corps, les autres portent des gerbes de papyrus ou des lotus liés en boucle. Deux femmes tenant des flacons ovoïdes à long col terminent le défilé.
•  Pour onze personnages figurés en représentation sont mentionnés dans le texte d'accompagnement treize hommes et huit femmes, parmi lesquels on remarque deux graveurs. L'un d'eux, Neb-Nefer, fut probablement plus tard le chef de travaux bien connu.
• Tous les gens portant le titre sa=f ou sat=f ne peuvent être des fils et des filles du défunt. Ce sont seulement des gens d'une génération au-dessous, qui cependant pouvaient, en raison du petit nombre de foyers d'artisans, avoir des liens de consanguinité entre-eux et avec le mort.
Ceux qui n'ont aucune indication de parenté sont probablement de même génération que le défunt et l'on en peut déduire qu'Inherkhaoui fut contemporain de Hor-Min, Neb-Nefer, Nefer-hotep, etc..., ce qui n'est pas négligeable pour la datation de la tombe.

Scène XIV
(Bruyère pl 17) Une autre grande scène à nombreux personnages termine ce registre et contient quelques détails réalistes d'intimité familiale qui, s'ajoutant à l'harmonie de la composition et au soin de l'éxécution font de cet ensemble un tableau des plus réussis (vue 23bis et vue 16bis).
•  Les défunts reçoivent de la part d'un premier personnage, un "prêtre Ouab dans la place de beauté" (= la Vallée des reines), Ken, qui tient une statuette d'Osiris et un coffret à Oushebtis. Ce dernier porte le titre mais pas le nom d'Inerkhaou par manque de place. Devenu des Osiris, les défunts auront besoin de ces serviteurs funéraires pour leur éviter d'accomplir eux-mêmes des tâches pénibles dans l'Au-delà.
•  Vient ensuite un second homme présentant une aiguière puis un troisième. Le troisième homme est sans doute le graveur Mesou; il tient l'aiguière Hes, avec laquelle il effectue une libation, ainsi qu'un encensoir et il a le torse barré d'une écharpe; sa jupe est plus riche et il porte des sandales. Derrière eux, une femme, chanteuse d'Amon, porte un flacon effilé contenant peut être une huile parfumée ou un baume d'onction.
Remarquons le guéridon supportant un pain (?) rond (Bruyère dit "une tarte aux figues et aux gousses d'acacia" et Sigrid Hodel-Hoenes parle d'un "panier de figues").

•   Inerkhaou, assis face à l'Est (théologique), a le menton orné d'une courte barbe carrée des vivants. Ses pieds sont chaussés de sandales. Il porte la longue robe blanche à devanteau ballonné. Son épouse, qui l'entoure des deux bras, siège comme lui sur une chaise à pieds de lion. Elle a aux oreilles des boucles d'ivoire.
•  Inerkhaou joue avec une mèche de cheveux d'une de ses filles qui se tient debout, toute nue, et donne un pigeon blanc tacheté de noir à une de ses sœurs plus jeune assise aux pieds de son père.
Un petit garçon debout, sans vêtements ni bijoux, pose ses mains sur les genoux de sa mère.
Enfin une dernière fille nue se tient debout près du siège de la femme et garde en mains un oiseau, pigeon ou huppe et un jeune oiselet.
Les jeunes filles vues par leur profil droit ont sur la tempe une mèche de cheveux analogue à la volute des Sem et des enfants royaux. Leurs autres cheveux sont coupés en trois mèches plates sur le front et une mèche en volute sur le sommet du crâne. Seules les filles ont des boucles d'oreilles, des colliers, des bracelets et des périscélides. Le petit garçon, coiffé comme ses sœurs, sauf la mèche temporale, ne porte aucune parure.
•  Devant le couple formé par Inerkhaou et son épouse sont représentés trois enfants en bas âge; un quatrième est figuré derrière eux. Conformément aux conventions égyptiennes, et quel que soit l'âge réel qu'ils aient eu au moment de l'exécution de cette peinture, ils sont représentés nus et portent une mèche caractéristique, mais sont parés de bijoux (boucles d'oreilles et/ou collier).


Paroi Sud:

Reconstitution de la paroi Sud par Hany Farid. Clickez pour chaque scène


Nous avons gardé la numération des scènes de la paroi Sud selon Bruyère. Cependant elle n'est pas logique car nous verrons que la scène N°I est l'aboutissement de tout le processus et devrait donc être décrite en dernier.


Scène I
(vue 43) La dernière vignette, qui conclut tant ce registre que le parcours dans ce caveau montre Inerkhaou, courte barbe des vivants, une canne dans la main droite et un noeud d'Isis dans la main gauche, qui s'éloigne de sa tombe dont la porte est largement ouverte. Au-dessus, un soleil rouge darde cinq rayons. Cette sortie se faisait sous les auspices d'Amenophis I sur la paroi Est.
Le texte enlève toute ambiguïté quant à l'interprétation à donner à cette image: "Formule pour sortir au jour et ne pas mourir de nouveau". Nous avons ici affaire à la vignette correspondant au § 64 du LdM. Néanmoins la seconde partie de la phrase appartient au § 44.
En d'autres termes, Inerkhaou a accompli dans les profondeurs de la tombe les rites et les opérations nécessaires à sa renaissance; il peut maintenant aller et venir à sa guise entre deux mondes: le royaume des Morts et celui des Vivants.

Scène II
(vue 11bis) Elle occupe un demi-registre supérieur.
Une barque circule d'Est en Ouest sur le signe Pet du ciel. Elle est munie de deux rames-gouvernails et de leurs piquets, tous peints de cercles concentriques et surmontés d'une tête de faucon. La barque est manoeuvrée par "son fils Inerkhaou, Justifié". Le défunt et sa femme sont assis sur des sièges à pattes de lion et se tiennent sous un baldaquin. Ils sont gainés dans un suaire et, à la manière de Ptah. Inerkhaou tient à deux mains un flabellum.
Cette scène rappelle l'iconographie traditionnelle des voyages en Abydos, ville sainte où est enterrée la tête du dieu Osiris. Le texte d'accompagnement commence par "formule pour naviguer vers le Nord" et ne correspond à aucun § connu du LdM. Il pourrait s'agir d'une erreur de copie du scribe.

Scène III
(vue 11bis) Sous la barque céleste, nous trouvons une représentation d'un collier Menat hathorique dont le contrepoids est représenté par un grand scarabée Kheper, noir et serti d'or. Il sert de vignette au § 30B du LdM, mais le texte d'accompagnement est celui du § 76 : "formule pour se transformer en toutes les formes que l'on désire".

Scène IV
(vue 12bis) Inerkhaou, précédé de Thot, marche vers Osiris. Courte barbe carrée, nu pieds, Inerkhaou lève les deux bras pour rendre hommage au Dieu. Remarquer le noeud d'Isis qui pend de son bras gauche.
Thot qui le précède est doublement identifié : d'une part par sa tête d'ibis, d'autre part par les deux représentations de la lune (pleine et quartier) sur sa tête. Il tient en main gauche la palette de sa fonction de dieu des scribes, et de la droite un signe de vie. Entre Thot et Osiris, des offrandes sont présentées sur une petite table.
Osiris présente sa forme canonique : assis sur un trône cubique bas reposant sur une natte, il tient en main un flabellum et un sceptre Ouser de puissance. Il est coiffé de la couronne Atef. Silencieux, comme toujours, le Grand Dieu reçoit Inerkhaou en son tribunal. Ce dernier est représenté à la scène suivante qui en réalité ne fait qu'une avec celle-ci.

Scène V
(vue 53) La scène est située dans une chapelle dont les portes sont ouvertes. Quarante colonnes sont terminées chacune par un dieu-juge accroupi.
Il semble bien que chaque juge soit lié à un péché particulier, et prêt à soumettre l'impétrant à un interrogatoire serré avant de se prononcer.
Pour éviter ce moment désagréable, les scribes égyptiens proposèrent d'utiliser la force magique de la parole, et mirent au point un texte dans lequel le défunt s'adresse individuellement à chaque dieu-juge, en le nommant (quoique respectueusement) à la manière d'une vieille connaissance, puis en affirmant tout de go n'avoir pas commis tel ou tel péché exécré.
C'est un tel extrait qui nous est proposé ici, à un détail près: le scribe a bien interpellé quarante juges (normalement il aurait du y en avoir quarante-deux), mais a omis la suite du texte, c'est-à-dire l'énoncé du péché qui n'aurait jamais été commis par Inerkhaou !! Espérons pour lui que la magie du texte aura suppléé aux insuffisances du scribe.

Scène VI
(vue 39bis) Inerkhaou en robe blanche transparente se dirige vers l'Ouest, main droite sur l'épaule gauche en signe de salutation respectueuse. Il est conduit par un dieu qui avait une tête de babouin (Lepsius) qui le mène vers un lac de feu autour duquel se tenaient quatre autres babouins qui ont également disparu.

Scène VII
(vue 38bis) Il s'agit de deux scènes superposées de navigation. La barque du haut se dirige vers l'Est en parcourant le ciel. Elle est décorée de deux yeux Oudjat. On peut encore y reconnaître au centre une tête de faucon coiffée d'un disque solaire entouré d'un serpent. Cette scène représente la vignette du § 136 B du LdM qui commence par "Formule de navigation dans la grande barque de Ra pour passer par le cercle de flammes".
Il s'agit selon le texte d'Inerkhaou de la barque de Soped qui représente le soleil au matin.
En-dessous, une autre barque semblable (mais significativement sans yeux Oudjat car le défunt n'est pas encore régénéré) vogue vers l'Ouest mais cette fois sur de l'eau, celle du Nil souterrain. Elle transporte quatre divinités : en tête Isis, puis Thot à tête d'Ibis, puis le scarabée andromorphe Khepri, et enfin Hou. Inerkhaou se tient derrière eux et manoeuvre la barque.

Scène VIII
(vue 37bis) Elle comporte quatre des sites mythologiques ou régions du monde souterrain (il en manque dix) où le défunt devait se rendre. Elles sont désignées comme "la première des régions" ; "la deuxième région, le dieu qui y réside est Horus des deux horizons (Horakhty)" ; "la troisième région, les esprits-Akh l'habitent" ; "la quatrième région, (celle des) Ka". La première et la dernière ont l'aspect d'un plan de maison ou de salle intérieure de mastaba, la seconde représente l'horizon, la troisième est une enceinte oblongue fermée à une extrémité par un demi-cercle, de signification obscure.

Scène IX
(vue 28bis) La première scène de ce registre médian est mutilée par la disparition du texte qui accompagnait la représentation d'Inerkhaou. Il est dans la
position Khefet her neb=s. Devant lui un lotus sort de l'eau et incline sa corolle ouverte vers lui.

Il s'agit ici d'un lotus appelé Sechen, donc clairement le lotus bleu (Nymphea caerulea), très odoriférant ; il suit le rythme solaire, émergeant et s'ouvrant à l'aube tandis que le soir il se referme et disparaît sous l'eau. Le nom se trouvait dans le texte copié par Lepsius et aujourd'hui disparu ; ce texte (basé sur le § 81 du LdM) faisait allusion à sa sortie du Noun chaque matin. Le Noun représente l'eau de l'océan primordial, et il est aussi assimilé par les théologiens au liquide amniotique.
Réalisant ainsi un cycle chaque jour renouvelé, où il arrive à s'extraire du milieu aquatique primordial et obscur, on comprend toute la valeur symbolique de cette plante dans l'imaginaire égyptien de la renaissance.
De plus, sur le plan du mythe, le lotus est capable de rapporter du fond de l'eau ce qui s'y est perdu, et notamment l'oeil d'Horus arraché par Seth.

Scène X
(vue 28bis et vue 27bis) Inerkhaou est agenouillé, mains levées en adoration. Il ne porte ni perruque, ni collier. Il se tient devant les Bas, qu'on a coutume d'appeler les "âmes" et qu'il vaudrait mieux appeler les "Puissances" de Nekhen (Hierakopolis). De manière canonique, celles ci sont représentées comme des divinités andromorphes à tête de canidé, dans la position "henou" : un genou à terre, une main sur la poitrine, poing serré et l'autre levée à 90°.
De semblables Bas se rencontrent également à Héliopolis et à Bouto dans le Delta. Ces derniers ont une tête de faucon.
On sait mal à quoi font vraiment référence ces entités : d'anciens dieux du lieu? des rois ancêtres?

Scène XI
(vue 26bis) Inerkhaou, en grand habit de fête, grande perruque frisottée, est debout face à l'Ouest en adoration devant l'oiseau Benou (le phoenix). Morphologiquement, il s'agit d'un héron. Il est coiffé de la couronne Atef. Il était identifié à la fois à Osiris et à Ra, représentant le temps linéaire et le temps cyclique, et de ce fait inclus dans les mythes funéraires. Le texte qui l'accompagne logiquement est le § 83 du LdM : "Formule pour se transformer en Benou par le supérieur de l'équipe de la place de Vérité, Inerkhaou, Justifié".

Scène XII
(vue 25bis) La scène se déroule sur une natte. Anubis présente un coeur (SON coeur jib) à Inerkhaou qui est ici sous la forme de son sarcophage anthropoïde. Entre les deux, une sorte de grande corbeille supportant un pain oblong et deux pains ronds. Pour mémoire, ce type de "corbeille" est traditionnelle chaque fois qu'on est en présence d'un Ba.
Derrière le dieu nous trouvons une enseigne supportant ce que l'on appelle le fétiche abydénien, un reliquaire censé contenir la tête d'Oris. Cette enseigne, appellé Ta-our ("la grande terre") est celui du nôme Thinite dans lequel se trouve Abydos, une des principales villes saintes en lien avec Osiris. Rappelons que les défunts étaient censés faire un pélerinage en Abydos, réel ou fictif (voir scène II).
Après cela, ils pourront accompagner Sokar et se nourrir des aliments et boissons réservés aux bienheureux.

Scène XIII
(vue 47bis et vue 34bis) Inerkhaou est agenouillé, tourné vers l'Ouest, bras levés. Sur son menton on trouve un pointillé noir indiquant une barbe de quelques jours, signe habituel du deuil masculin. Devant lui se tient un grand faucon, tenant un fouet, qui regarde vers l'Est, debout sur une petite élévation de terrain sableux. C'est "un faucon d'or, le grand dieu qui met en fête le Double Pays".

Scène XIV
(vue 35bis) Cette scène, très connue, est une de celle qui a fait la réputation du caveau. Un chat au pelage fauve bigarré, aux longues oreilles de lièvre est assis sur son train de derrière, face à l'Ouest. Il brandit dans sa patte antérieure gauche un couteau avec lequel il tue un gros serpent sur la tête duquel il pose sa patte droite. Le serpent, semblable à une couleuvre, tire une langue en pinceau et se convulse sous un perséa chargé de baies rouges.
C'est la scène du chat solaire ("le grand chat d'Héliopolis") tuant Apophis (Aapep), l'ennemi du soleil, sous le perséa d'Héliopolis. On retrouve ce tableau dans plusieurs tombes de Deir el Médineh, particulièrement dans les tombes n" 1 de Sennedjem et n" 335 de Nakhtamon.

Cette scène est inspirée de la 7ème heure du livre de l'Amdouat qui n'existe que dans les tombes royales. Le texte d'accompagnement n'appartient d'aileurs pas au LdM (texte) ; il dit :
"Formule pour écarter l'ennemi, pour couper la colonne vertébrale d'Apophis. Ce dieu est joyeux au milieu des autres dieux. Je suis venu vers toi, mon coeur plein de vérité (par) le Ka de l'Osiris, maître artisan, de la place de vérité à l'Ouest de Thèbes, supérieur des travaux dans l'Horizon d'Éternité (= la nécropole), Inerkhaou, Justifié. Sa soeur, la maîtresse de maison, la chanteuse d'Amon de Pa-Khenty, Ouab, Justifiée. Fait par son frère, le scribe des contours (=peintre) de la place d'éternité, Hor-Min, Justifié.
".
Nous pouvons donc être certains que le tableau a été peint par Hor-Min. On remarquera un détail dans le texte (encadré en rouge sur la planche) : le signe déterminatif du serpent Aapep est lardé de couteaux! En effet, les signes hiéroglyphiques, comme toutes les autres représentations sont susceptibles de s'animer dans l'Au-delà, et il ne faut négliger aucune précaution.

Scène XV
(vue 35bis) Elle clôt le registre et comporte deux scènes superposées.
•   Celle du haut représente un filet-piège vide mais refermé. Le texte stipule que pour ne pas être pris, le défunt doit pouvoir nommer les parties du filet, ainsi il aura pouvoir sur elles.
•   Celle du bas représente un homme marchant vers l'Est, en perruque longue à fines tresses ceinte d'un bandeau frontal blanc, en robe à longues manches, le menton orné d'une barbe carrée courte. Il tient en main droite une haute et mince canne. Le texte nous apprend que cet homme est le chef de travaux Nakhtemmout dont le fils s'appelle Khonsou. Ce dernier fut aussi chef de travaux. L'un et l'autre succédèrent dans cette charge à Inerkhaou sous la XXème dynastie. Sa présence à cet endroit illustre les relations tissées entre les deux hommes, ainsi peu-être qu'une récompense pour Nakhtemmout qui a probablement aidé Inerkhaou à réaliser son caveau.

Scène XVI
(vue 29bis) Nous sommes maintenant sur le registre inférieur, et nous allons donc retrouver des activités terrestres.
Le défunt et son épouse, assis face à l'Est sur des chaises a pieds de lion, reçoivent fumigation d'encens et libation d'eau de deux hommes chaussés de sandales, habillés d'une jupe longue et transparente a devanteau, le torse nu barré d'une écharpe, la tête couverte d'une grande perruque. Selon un texte aujourd'hui disparu, il s'agit de deux fils du couple.
L'encensement se fait par le premier à l'aide d'un autel à feu; la libation est faite par les deux hommes à l'aide de l'aiguière. Le défunt, en robe à devanteau ballonné, tient le Sekhem dans la main gauche et avance la main droite demi-ouverte, la paume vers le haut. La femme étreint son époux de la main droite posée sur l'épaule et elle lève la main gauche a hauteur du visage. Elle porte un disque blanc en guise de boucles d'oreilles.

Scène XVII
(vue 31bis) Toujours dans ses beaux atours, le couple est représenté assis devant un guéridon sur lequel quatre "cierges" flambent et leur fumée se dirige vers les défunts. Ils ont une forme conique, avec une mèche qui spirale de bas en haut. Inerkhaou (une fois encore mal rasé) passe affectueusement son bras gauche autour de l'épaule de sa femme et lui tient la main gauche. De la main droite, il se fait à lui-même une libation d'eau. Ouabet entoure de sa main droite l'épaule de son mari et sa main repose près de son cou.
(vue 30bis) Devant eux viennent six hommes au crâne rasé, au torse nu barré d'une écharpe, aux hanches prises dans une longue jupe, aux pieds chaussés de sandales. C'est d'abord un Sem à peau de panthère présentant l'encensoir à tête de faucon de la main gauche, levée à hauteur d'épaule, et l'aiguière ruisselante de la main droite, abaissée devant le corps.
Ensuite s'avance un homme dont la jupe transparente laisse voir les jambes sous le tablier triangulaire plat. Il tient, comme les quatre suivants, une aiguière dans la main droite levée à hauteur du visage. Derrière lui, deux par deux, arrivent les quatre derniers hommes en jupe longue sans tablier.

Scène XVIII
•  (vue 33bis) Le défunt et son épouse assis, face à l'Est, sur des chaises à pieds de lion écoutent le chant d'un harpiste accroupi devant eux sur une natte. Le défunt est en longue perruque drapant les épaules. Sa longue robe blanche plissée, à devanteau ballonné, est cette fois ornée d'un collier ousekh. Il est nu-pieds. Sa main droite posée sur le cœur tient le sekhem; sa main gauche est posée à plat sur le genou.
L'épouse porte aussi le collier ousekh. Un large disque pend à son oreille. Sa main droite, qu'on ne voit pas, devrait s'appuyer sur l'épaule droite de l'homme. La main gauche est levée à hauteur du visage.
•   Le harpiste est un homme obèse, au crâne rasé, à l'oreille percée au lobe, accroupi sur une natte. Le corps est rendu en plein profil selon les conventions de l'époque ramesside. Il n'est pas aveugle comme il le sera presque toujours par la suite. Sa bouche est ouverte car il chante en s'accompagnant sur la harpe. Il présente les incorrections habituelles : mains en araignées, bras trop maigres pour l'embonpoint du reste, pieds mal dimensionnés, crâne difforme, pectoraux développés et abdomen très plissé. On remarque  aussi que les deux bras sont dessinés du même côté de la harpe, manière typiquement égyptienne de les mettre en valeur et de montrer que le maniement de l'instrument nécessite absolument deux mains.
La harpe repose sur le sol derrière les pieds du défunt et se termine en haut par une tête de faucon. Le nombre des cordes (22) et des clés (36) est dissocié.

Le chant est un exemple de ce qu'on nomme "chant du harpiste", qui est un hymne à la jouissance de la vie terrestre (vue 32bis).

 
Le musicien parle à l’Osiris, le supérieur de l’équipe dans la place de Vérité, Inerkhaou Justifié.

Il dit : ‘Je suis un officiel, un homme dans la Maat, dans le bon destin fait par le dieu lui-même.
Les formes sont en devenir depuis le corps, devenant mort, depuis le temps du dieu.
Les jeunes arrivent en leur temps, (ainsi que) les puissances-Ba et les esprits-Akh qui sont dans le monde souterrain, et aussi les momies.
Il en est de même pour les bâtisseurs de monuments funéraires ou de tombes : ce sont ceux qui reposent dans leurs pyramides.

Fais pour toi un monument dans la Terre Sacrée où ton nom puisse perdurer.
Tes travaux dans la nécropole seront reconnus, et excellente sera ta place dans l’Ouest.

Le flot s’écoule vers l’embouchure, et le vent du Nord vers la source.
Tout homme a son heure.

Fais un jour heureux, Osiris, supérieur de l’équipe dans la place de Vérité, Inerkhaou, Justifié. Ne laisse pas ton cœur se lasser, jamais ! Avec ta bien aimée. Ne contrarie pas ton cœur pendant ton temps de vie.
Fais un jour heureux, en vérité. Mets de l’onguent et de l’huile fine sur toi. Tiens des tiges de lotus et des fleurs sur ton sein.
La dame qui est dans ton cœur, elle est à ton côté.

Ne fâche pas ton cœur au sujet de tout ce qui advient. Mets la chanson devant toi. Ne pense plus au mal ou à l’abomination du dieu.
Rappelle toi tes joies, toi homme droit de cœur, témoin de Maat, en paix, calme, ré-uni, reposé et joyeux, qui ne parle jamais mal.

Enivre ton cœur chaque jour, jusqu’à ce que vienne le jour où tu dois amarrer.

 
 

Paroi Ouest (théologique)

On distinguait encore du temps de Bruyère (Bruyère planche 18) le trou dans le sommet voûté qui accueillait la poutre formée par deux demi-palmiers, et qui s'étendait jusqu'à la paroi Est. Cette poutre était soutenue à sa partie médiane par un pilier de bois. Poutre et pilier ont complètement disparu, emportant au passage tout un fragment de la paroi qui supportait l'image du dieu Ptah.
Une scène unique, et qui constitue le centre de tout le caveau, l'occupe dans son intégralité, témoignant, par ses dimensions, de son importance particulière.


Le mort parcourt sur la paroi Nord des phases d'évolution qui ont pour terminus l'occident et Osiris. Il repart de cet occident en assimilant sa nouvelle vie à celle du soleil dont il parcourt le cycle de résurrection avec l'aide de Ptah, sur la paroi Sud.
Osiris et Ptah sont debout dos à dos (traduction égyptienne du côte à côte des deux dieux face à l'orient). Ils sont momiformes et dressés sur le socle en biseau valant pour Maat. Osiris fait face au Nord : c'est le point d'aboutissement des mystères de la mort ; Ptah fait face au Sud : c'est le point de départ des mystères de la seconde vie.
Osiris a le torse couvert de la résille de perles osiriennes, le grand collier ousekh, la ceinture rouge des dieux chthoniens, la tiare blanche d'Abydos ornée des deux plumes libyennes d'Amentit, la barbe longue et courbe des dieux morts, les bracelets, les attributs royaux : sceptre et flagellum.
Ptah tient son sceptre composite habituel.

Le défunt, (robe de fête à devanteau triangulaire, longue perruque, sandales) offre chaque fois un autel portatif où fument trois grains d'encens. Du côté droit le défunt suivi de "son fils, le prêtre-ouab (pur) de Ptah Qena, juste de voix" adore Osiris. Du côté gauche, le défunt accompagné de "son fils, le scribe des contours (= dessinateur) dans l'horizon de l'éternité Hormin" adore Ptah.
Les deux fils (torse nu, longue jupe, pieds nus) font le salut d'adoration, de la main gauche pour Osiris, droite pour Ptah. L'offrande de l'encens par le défunt est faite également de l'une ou l'autre main.


MATÉRIEL RETROUVÉ DANS ET AUTOUR DE LA TOMBE

Le sol damé et stuqué du caveau était recouvert d'une épaisse couche de déblais contenant des débris de matériel funéraire et des restes de momies.
Dans la cour située devant le portique de Kaha ont été trouvés :
•  La partie inférieure du montant gauche de la porte d'accès au caveau était encore en place lors de la découverte. A gauche, se trouve une supplique à la déesse Mersegeret, protectrice de la cime thébaine et donc de la communauté des artisans, ainsi qu'à Ptah-Sokar-Osiris. A droite, suppliques à Osiris et Anubis.
•  Un autre montant de porte en calcaire bien conservé (image de gauche) de 1,20 m X 0,18 m a également éteacute; trouvé. Il comporte deux colonnes d'inscriptions en bleu sur fond jaune d'or.
•  Plusieurs autres fragments de linteaux de portes ou de jambages ne méritent pas d'être décrits ici.
•  Des fragments d'une stèle à sommet arrondi dédié à Thot-lune dans une barque voguant vers la cime de l'Occident. On ignore si elle appartenait à Inerkhaou.
• Un ex-voto sur éclat calcaire dédié à Thot-babouin coiffé du disque lunaire et un autre dédié à la déesse cobra Meretseger.
Deux ans après la fouille, une stèle appartenant formellement à Inerkhaou est apparue sur le marché des antiquités de Louxor et fut achetée pour le Musée de l'Institut Oriental de Chicago par le Pr Seele (voir stèle, d'après Bruyère).
La partie haute d'une stèle lui appartenant également est conservée au Louvre (Louvre N° 538) et représente une procession portant la statue d'Amenophis I divinisé. La partie basse serait au Musée de Marseille sous le numéro 38.



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Inerkhaou avait une seconde tombe, TT299.
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merci à Michel Treillet
à Danielle et Jack Kihn
et au Prof Hany Farid

Bibliographie

- Porter Bertha; Moss Rosalind : Topographical bibliography of Ancient Egyptian   hieroglyphic texts, reliefs and paintings, Tome I, Griffith Institute, 1994
- (Collectif) Les artistes de Pharaon. Deir el Medineh et la vallée des rois, Brepols, 2002
- Valbelle Dominique : "Les ouvriers de la tombe". Deir el Medineh à l'époque ramesside,   IFAO XCVI, 1985
- Barguet Paul : Le livre des morts des anciens Égyptiens, Cerf, 1967
- Hodel-Hoenes Sigrid : Life and death in Ancient Egypt, Cornell University Press, 2000
- Bruyère Bernard : Rapport préliminaire sur les fouilles de Deir el Medineh (Fouilles de   l'IFAO), Le Caire, 1930, pages 32-70
- Servajean Frédéric : Les formules de transformation du Livre des Morts à la lumière   d'une théorie de la performativité, IFAO 137, 2003
- Manniche Lise : The wall decoration of three Theban tombs (TT77, 175, 249), The Carsten Niebuhr Institute of Ancient Near Eastern Studies, Copenhagen, 1988