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04/04/2008 |
Découvertes en 1922, les tombes nos 290 et 291 possèdent
une cour commune sur laquelle s'ouvrent deux chapelles funéraires,
celles d'Irynefer et de Nakhtmin, artisans de la nécropole
royale. Plusieurs puits creusés dans la cour donnaient
accès à un réseau complexe de salIes
souterraines dont le contenu avait été saccagé
par les pillards. Au moment de leur dégagement par
Bernard Bruyère, les entrèes des deux chapelles
de surface avaient été murées, car il
est probable que le culte funéraire n'y était
plus rendu depuis longtemps. Le scellement de ces tombes est
attesté par le graffiti qu'a laissé le contrôleur
de la nécropole Boutehamon qui devait vouloir empêcher
la dégradation des monuments.
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Cour commune TT290 - TT291
Musée de Turin (G. Bessières) |
On sait peu de choses sur lrynefer. Son titre de Serviteur
dans la Place de Vérité indique simplement
son appartenance à la corporation des ouvriers qui
travaillaient dans les différentes nécropoles
royales, sans qu'on puisse déterminer la nature de
ses fonctions. On ne peut pas non plus préciser pour
quel souverain il uvra, mais le style du décor
ornant les parois de son caveau indique qu'il vivait à
l'époque ramesside.
Dans tout caveau, le décor décrit symboliquement
le périple d'outre-tombe du candidat à l'éternité.
La répartition de l'ensemble des scènes suit
les grandes étapes de ce voyage d'outre-tombe. Il convient
donc de lire le décor dans l'ordre imposé par
l'itinéraire qu'emprunte le défunt.
Dans le cas d'irynefer, le cours de ce voyage peut sembler
quelque peu bouleversé. Néanmoins l'orientation
des acteurs indique l'itinéraire suivi. Les dieux tournent
le dos au monde duquel ils participent, tandis que l'attitude
du défunt révèle la direction qu'il emprunte.
Nous entrons dans la cœur de la demeure d'éternité
d'Irynefer par le sud. Ainsi retrouvons-nous dans le décor
de la paroi méridionale à la fois l'indication
de l'entrée du défunt dans le domaine des forces
invisibles et de sa sortie triomphale une fois son périple
achevé.
De part et d'autre de ce point, qui marque à la fois
l'origine et le terme du voyage, la progression du défunt
dans l'au-delà suit deux voies dont les itinéraires
se croisent et se complètent.
Une double lecture s'impose et, avant d'aborder en détail
chacune des scènes de la tombe, il convient de parcourir
rapidement les différentes étapes du voyage.
Le décor présente clairement les deux points
extrêmes du périple. A droite de la porte (paroi
sud, mur est), lrynefer tourné vers la sortie s'abreuve
au pied du palmier divin. C'est le terme de sa route, il est
prêt à sortir vers la lumière, ultime
étape de sa renaissance. Cette dernière devait
être concrétisée grâce à
la déesse Nout dont l'image est peinte sur le plafond.
L'expression multiple de ce destin solaire se reflète
de l'autre côté de l'entrée. A l'autre
extrémité de la tombe (paroi nord, mur ouest),
l'image du dieu Osiris marque lui aussi l'aboutissement de
la progression du défunt dans l'au-delà. Si
nous suivons lrynefer à partir de la porte, nous constatons
qu'il s'avance le long de la partie occidentale du mur sud,
rendant en premier lieu hommage à diverses formes solaires.
Cet itinéraire nous conduit tout naturellement à
la paroi de l'ouest où le dieu Anubis s'affaire autour
de la momie du défunt, dont quelques éléments
figurent encore sur la paroi méridionale.
La scène jouxte l'image d'Osiris qui se trouve à
l'extrémité occidentale du mur nord. En face
de la préparation du corps, à l'est, le mort
s'apprête à pénétrer dans le tribunal
divin.
Il poursuit sa route sur la paroi nord jusqu'à sa présentation
au dieu. La préservation matérielle du défunt,
celle de son corps, constitue ainsi le complément symétrique
de sa préservation spirituelle.
Une correspondance similaire est décelable sur les
murs sud et nord. Nous verrons en effet que l'on peut établir
un parallèle entre la présentation de la Maât
à Ptah par lrynefer et le passage devant les différents
membres du tribunal divin. En outre, la première scène
résume l'existence terrestre du défunt qui,
de son vivant, a respecté les voies de la déesse,
tandis que la représentation qui lui fait pendant exprime
la «justification» du mort dans l'autre monde.
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Vue 1
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Le couloir d'accès devait
devenir le chemin symbolique du mort revitalisé,
au terme de son voyage, lorsqu'il s'apprêterait à
sortir dans la lumière. On peut discerner dans ce
couloir (vue 1)
, les proches du défunt qui l'accompagnent
jusqu'à sa dernière demeure. Le cortège
est accueilli par une double effigie du chien noir d'Anubis.
De part et d'autre de ce point, qui marque à la fois
l'origine et le terme du voyage, la progression du défunt
dans l'au-delà suit deux voies dont les itinéraires
se croisent et se complètent. Le décor présente
clairement les deux points extrêmes du périple.
A droite de la porte (paroi sud, mur est), lrynefer tourné
vers la sortie s'abreuve au pied du palmier divin. C'est
le terme de sa route, il est prêt à sortir
vers la lumière, ultime étape de sa renaissance.
Cette dernière devait être concrétisée
grâce à la déesse Nout dont l'image
est peinte sur le plafond.
A l'autre extrémité de la tombe (paroi nord,
mur ouest), l'image du dieu Osiris marquera elle aussi un
autre aspect de l'aboutissement de la progression du défunt
dans l'au-delà .
| LA PAROI SUD (partie occidentale)
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Si
nous suivons lrynefer à partir de la porte, nous constatons
qu'il s'avance le long de la partie occidentale du mur sud,
rendant en premier lieu hommage à trois formes solaires
qui annoncent son propre devenir. La partie supérieure
de la paroi est occupée par la grande vache primordiale,
Méhytouret sur un bassin (vue
2). Son corps est enveloppé d'une étoffe
rouge revêtue du motif de la résille de perles
tubulaires qui caractérise le corps de certaines divinités
mères comme Hathor, formant un réseau prophylactique
qui protège le réceptacle des transformations
prénatales.
La déesse est couchée sur un bassin qu'il
faut lire comme le hiéroglyphe évoquant une
étendue d'eau, représentant ici l'espace liquide
originel à partir duquel l'entité démiurge
a créé le monde. A l'avant de ce lac artificiel
surgit une tête de faucon devant les pattes de la
vache. Il s'agit du rapace solaire qui rappelle que la grande
déesse est la mère du soleil et qu'elle représente
le milieu primitif dont il est issu.
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| vue 5 |
Sous le bassin, lrynefer, et son épouse , vêtus
de lin fin ,font face en adoration à une description
imagée de la naissance du soleil (vue
5).
L'astre à son lever adopte ici l'aspect du jeune veau
né de la vache céleste (vue
3). Devant les pattes du veau, une courte colonne de texte
peut s'adresser aussi bien à l'animal solaire qu'au
défunt promis à un devenir d'éternité
:" Ta conscience est étendue, à jamais
!"
La
possession d'une tombe était un privilège insigne
et bien peu en bénéficiait, y compris d'ailleurs
parmi les artisans des nécropoles royales.
Le père
d'Irynefer, Saouadjyt, appartenait au personnel du temple
d'Amon dont il semble avoir dirigé la flotte. Officier
subalterne, il ne dût vraisemblablement pas avoir accès
à un coûteux enterrement. Quant à la mère
d'Irynefer, elle était chanteuse d'Hathor et se nommait
Taousert.
En fils dévoué, l'artisan royal offrit à
ses parents une petite part d'éternité en partageant
avec eux les parois de son tombea.
Ils sont, comme lui, vêtus de lin fin et portent une
perruque (blanche pour marquer leur âge, ou leur rang
d'ancienneté dans la lignée familiale).
Le long texte qui les accompagne est une invocation adressée
à Ptah. Les orants rappellent à Ptah, qu'ils
ont été équitables durant leur existence
et qu'ils sont à même de lui présenter
la Maât, incarnation de l'équilibre cosmique
et de l'harmonie sociale (vue
13).
Traditionnellement considéré comme le patron
des artisans, Ptah était l'une des divinités
favorites des ouvriers de la nécropole royale. Sa présence
n'est donc pas étonnante dans leurs sépultures.
Le dieu de Memphis est l'un des plus importants du royaume
à l'époque ramesside, lors de laquelle ses facultés
de démiurge sont particulièrement mises en valeur.
Le registre supérieur de la paroi se développe
sur la voûte du caveau. Deux personnages masculins anonymes
s'avancent en prière devant Ptah : lrynefer est vraisemblablement
accompagné de son fils, Saouadjyt, bien qu'il ne soit
pas cité. Il semble ici que Saouadjyt, qui porte le
même nom que son grand-père, soit mort adulte
puisqu'il possède un titre évoquant ses activités
professionnelles. Néanmoins, il a dû disparaître
avant son père et n'a sans doute pas pu bénéficier
d'une tombe de qualité.
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Vue15
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Derrière Ptah on voit l'ombre
nue du défunt sur le point de sortir de sa tombe
(vue
15). Évocation de la part obscure de l'être,
l'ombre évoque également l'aspect vulnérable
du corps sous les bandelettes de momification. Sa nudité
indique que le défunt n'a pas encore trouvé
à ce stade sa juste place dans l'autre monde, qui
sera alors célébré par le port de vêtements
d'apparat.
L'ombre noire sort du tombeau, ayant recouvré l'usage
de ses jambes mais pas encore celui de ses yeux et son Ba
arrive en volant à sa rencontre.
Un soleil noir se traîne devant la momie au niveau du
sol et un oiseau à tête humaine, qui ne peut
être que le Ba de ce soleil (selon Bruyère),
marche devant le disque. Pour d'autres, il s'agirait deux
fois du Ba d'Irynefer, une fois représenté statiquement
et l'autre fois dynamiquement.
Quoi qu'il en soit, cette représentation d'un soleil
noir épousant l'apparence de l'ombre est plutôt
rare dans ce contexte et révèle les aspirations
du défunt qui cherche à se confondre avec l'astre
éternellement renaissant (vue
15).
[N.B : Ces explications sur le
soleil noir ne me semblent pas entièrement convaincantes.
On pourrait aussi discuter si le personnage noir est l'ombre,
la momie où les deux, du défunt]
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vue 17
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La paroi occidentale est occupée pas une seule scène, capitale
(vue
17). Une momie repose sur un lit en forme de félin.
Le dieu à tête de chien, Anubis, est debout à
ses côtés, les deux mains posées sur le
corps. Ce tableau est fréquent dans les caveaux de
Deir el-Médineh. Le plus connu est sans doute celui
qui orne l'extrémité ouest de la paroi nord
de la
tombe de Sennedjem. Anubis, en tant que patron des embaumeurs,
est censé rendre la vie au cadavre au cours de deux
actes magiques. Il restitue au défunt l'usage de ses
sens en pratiquant sur les orifices du visage le Rituel de
l'Ouverture de la Bouche et des Yeux. Ici, il s'agit de la
seconde opération de revitalisation qui consiste à
réchauffer le cœur.
Le corps d'irynefer est gainé par son enveloppe momiforme,
le dernier suaire étant maintenu par des bandes de
tissu rayé jaune et rouge. La tête est emboîtée
dans un masque funéraire.Un détail doit attirer
l'attention : lrynefer porte une barbe postiche, maintenue
derrière les oreilles par un fin lacet. Cet attribut
n'est pas celui d'un simple mortel, mais celui d'un dieu.
Le cadavre réanimé par Anubis est déjà
un Osiris en puissance. Ses cheveux et sa barbe ont la couleur
du lapis lazuli dont le bleu profond caractérise
la chevelure divine. La réduction du motif de la
tente divine a permis de laisser une plus grande surface
aux scribes qui ont couvert le reste de la paroi de textes.
En face de la préparation du corps, à l'est,
le mort s'apprête à pénétrer
dans le tribunal divin.
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Vue 23
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Cette
paroi est consacrée à l'entrée du défunt
dans le mystérieux domaine de l'au-delà. Nous
pouvons suivre sa progression de droite à gauche,
jusqu'au seuil du monde vers lequel il se dirige qui est
évoqué sur la paroi nord du caveau. La partie
sud du cintre oriental est occupée parles chapitres
87 et 88 (vue 19) du Livre des Morts. Les deux textes consacrés
à la transformation du défunt en formes divines
sont regroupés comme c'est souvent également
le cas sur les papyrus de cette époque. Face aux
dieux, le défunt est agenouillé, les bras
levés à la hauteur du visage en attitude de
vénération. Dans le peu d'espace disponible,
le titre du chapitre 88a été peint : Accomplir
tes transformations en Sobek par le Serviteur dans la Place
de Vérité (qui se trouve) à ! 'Occident
de Thèbes.
Sobek incarne les forces créatrices issues du milieu
liquide. Être redoutable, la puissance dont il est investi
est ambiguë, car les eaux sont aussi un domaine en relation
étroite avec le chaos liquide. Dans le chapitre 88
du Livre des Morts, le défunt adopte l'identité
du seigneur des eaux qui règne par la terreur sur son
domaine. Les qualités d'entité primordiale du
dieu crocodile sont ici révélées par
l'aspect de chrysalide de son corps.
En complément de cette scène, apparaît
le dieu Khépri, à tête de scarabée,
assis devant une table d'offrandes (vue 22).Sous le petit
autel, à gauche, une formule semble concerner le défunt
et appelle la purification rituelle sur ce qui est destiné
à son ka. Un bref commentaire précise l'identité
et les qualités de l'entité solaire (vue
23).
Après
avoir franchi l'obstacle d'une porte, lrynefer peut se présenter
devant le tribunal divin. Représenté en taille
héroïque , le défunt se tient debout
devant la chapelle dans laquelle siègent ses juges.
Gage de réussite, lrynefer est paré d'un pendentif
au symbolisme puissant (vue 25).
Au centre, un œil oudjat évoque la plénitude
cosmique à laquelle le défunt est voué,
reposant sur le signe de la possession. De part et d'autre
de l'attribut divin deux plumes représentent le rayonnement
solaire qui se manifeste dans les enfants du soleil, les
dieux Shou et Tefhout, qui semblent ainsi émaner
de l'oudjat..
La partie inférieure de la paroi septentrionale est
occupée par une représentation de l'assemblée
divine qui va introduire Irynefer dans l'autre monde. Il s'agit
du chapitre 125 du Livre des Morts, dont la première
partie a été peinte sur la paroi orientale.
Au cours de ce «passage »,l'aptitude du défunt
à résider dans le domaine des dieux est éprouvée
puis reconnue.
L'épreuve s'ouvre par un interrogatoire ayant une valeur
« initiatique » : Irynefer doit en effet démontrer
ses connaissances religieuses et interpeller chaque membre
du tribunal par son nom et ses épithètes. Toutefois
avant d'en arriver là, il doit faire la preuve de sa
bonne foi en un véritable morceau de bravoure qui a
été interprété de façon
erronée.
Mais il ne ment pas, il se purifie par le verbe, il se libère,
une à une, de toutes les iniquités auxquelles
il a été soumis, ayant ou non cédé
à la tentation. Éliminant les impuretés
qui l'habitent, le mort retrouve peu à peu l'état
de perfection auquel il aspire et qui lui est indispensable
pour entrer dans l'autre monde. Il se reconstitue ainsi à
l'image d'Osiris, dont les quarante-deux «assesseurs
» sont en réalité ses avatars. Au terme
de son «jugement», le défunt est bien entendu
accueilli parmi les dieux. Son cœur sera alors placé
sur une balance dont l'équilibre révèle
l'harmonie de la conscience avec la Maât.
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vue 28
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| vue 31 |
Dans la tombe d'irynefer, les entités osiriennes sont
enfermées dans un naos qui matérialise l'espace
de sa reconstitution.
Aux deux extrémités du toit, un babouin accroupi
rappelle l'omniprésence de Thot, le garant du verbe
divin. Au centre, l'énigmatique figure du renouvellement
perpétuel protège les orbes contenant le germe
des yeux divins (vue
28) protège les orbes contenant le germe des yeux
divins
Immédiatement derrière l'édifice qui
abrite le tribunal osirien, lrynefer pénètre
dans le monde divin en vénérant le grand faucon
d'or, image du dieu soleil. L'espace important qui accueille
le texte du chapitre 78 du Livre des Morts, révèle
l'importance de ces paragraphes consacrés à
la transformation du défunt en rapace solaire, lrynefer
a adopté la même attitude qu'à son entrée
devant la divine assemblée, mais il porte désormais
un long et luxueux pagne (vue
31).
Ayant acquis de nouvelles qualités ,lrynefer évolue
désormais sur le même plan que les dieux. Conduit
par Anubis, il est accepté sur l'estrade divine (vue
33). Son bras gauche est replié sur la poitrine,
en signe d'hommage, tandis que la divinité à
tête de chien le guide par la main. Irynefer s'apprête
en effet à connaître l'ultime face-à-face
qui doit lui permettre de basculer définitivement dans
le domaine imaginaire où les entités divines
gouvernent les cycles de l'éternel retour. Il va rencontrer
Osiris avec lequel il sera dorénavant confondu .
| LA PAROI SUD (dernière
étape ) |
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| Vue 35
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Le
voyage d'irynefer touche maintenant à son terme.
Sur la paroi sud, à l'est du couloir d'accès,
nous le retrouvons à genoux devant un palmier sous
lequel il s'abreuve (vue
35). Le seuil du caveau est dominée par la silhouette
de Nout, déesse du ciel qui s'apprête à
le remettre au monde. L'image de Nout symbolise l'espace
imaginaire que parcourt quotidiennement le soleil. Devenu
invisible à la fin du jour, Irynefer pénètre dans le corps
de la déesse où il subit une gestation mythique avant que
sa mère céleste l'engendre à chaque aube nouvelle.
C'est le sort auquel lrynefer est voué à jamais.
Au-dessus de la déesse, quelques colonnes inscrites révèlent
le discours qu'elle tient su défunt : Dire les paroles
par Nout la Grande, la Lumineuse : "Mon fils aimé,
l'Osiris Serviteur dans la Place de Vérité, lrynefer,
rejeton de Geb, souverain des Deux Rives (l'Egypte),
héritier du Seigneur
de l'Occident, c'est Horus qu'a mis au monde Isis !"
. Ces simples paroles identifient formellement le défunt
aux deux formes divines qui illustrent la renaissance
perpétuelle
: Osiris prenant vie en son fils, Horus.
Agenouillée
au-dessus du cintre de la porte (vue 1),
la déesse s'apprête à remettre au monde irynefer
qui appartient désormais aux entités partageant le destin
quotidien du soleil.
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Bibliographie
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• B.Porter & R.Moss
:Topographical Bibliography of Ancient Egyptian
Hieroglyphic Texts, Reliefs and Paintings
Vol.l,0xford,1972,pp.372-373.
• B.Bruyere & Ch.Kuentz: La tombe de Nakht-Min et la tombe d'Ari-Nefer, MSFA.O
LIV,Le Caire,pp.67-152.
• I.Franco, Rites et Croyances d 'Eternite, Pygmalion,Paris, 1993.
• R.O.Faulkner: The Ancient Egyptian Book of the Dead, British Museum Publications,London,1985.
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Page réalisée
par Thierry Benderitter
© Copyright OsirisNet 2006 |
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