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DEVANT L'ENTRÉE DU CAVEAU C


Nous nous trouvons devant une porte de 1,25 m de hauteur et de 0,80 m de largeur, constituée par un linteau et des jambages de pierre calcaire, qui comporte en son centre un vantail en bois ; ces éléments sont décorés. Le linteau et le jambage gauche ont été donnés à l'Anthropological Museum of the University of California ( N° 6-19871, vue) ; le jambage droit serait dans un magasin de DEM ; le vantail est au musée du Caire (Cairo museum, N° JE 27303, vue cm_1513).
Une fois l'entrée franchie, un petit couloir décoré donne sur la chambre mortuaire.

1)- Le linteau

Il mesure 1 m de long pour une hauteur de 42 cm. Le décor polychrome représente la barque solaire de "Atoum, qui repose dans la montagne de l'ouest" voguant d'est en ouest sur le hiéroglyphe "ciel" (mais qui ici peut aussi être assimilé au Nil souterrain). La barque est adorée devant la proue et derrière la poupe par Sennedjem debout.
À l'avant, un Horus enfant (l'Harpocrate des Grecs) est accroupi, le doigt à la bouche. Une grenouille, symbole d'éternité, est placée sous la proue au niveau de l'eau. Le dieu Atoum, momiforme, couronné du Pschent, fait face à gauche et tient le signe de vie sur les genoux. Devant lui, se dresse le symbole des "suivants", le hiéroglyphe "shemset" (Gardiner T18) et, derrière lui, près des deux rames gouvernails, une représentation du sanctuaire primitif à toit bombé de Bouto, en Basse-égypte ("Per nou" ou "Per neser").
Atoum, dieu démiurge, dont le nom peut signifier "celui qui est" aussi bien que "celui qui n'est pas", a une forte corrélation avec la notion de renaissance. Au-dessus de toute la scène on trouve un autre hiéroglyphe "ciel".
Le texte d'accompagnement proclame, à droite : "Faire louange à Atoum [..] réside dans les montagnes de l'ouest, de la part du serviteur dans la Place de Vérité [... ]". À gauche, le discours s'adresse à Ra-Horakhty : "Faire louange à Ra-Horakhty qui vit de Maât". Rappelons que Hor-akhty signifie "des deux horizons".
Cette scène du linteau illustre donc parfaitement le propos de Sennedjem : sur le seuil de son caveau, il souhaite, pour l'éternité, partager le destin du dieu démiurge, capable de disparaître le soir à l'horizon occidental, et se lever le matin à l'horizon oriental.
Sur la face inférieure du linteau, Sennedjem adresse une prière à Osiris-Ounnefer pour que son Ka puisse sortir de la nécropole, en une olonne de texte : "Offrande que donne le roi, à Osiris Ounnefer, afin qu'il puisse entrer et sortir du royaume des morts, pour le Ka du serviteur de la place de Vérité, Sennedjem, Juste de Voix".

2)- Le jambage gauche (ouest)
Il mesure 1,11 m de haut et 15 cm de large.
Il comporte deux courts textes.
- sur l'avant, une prière à "Ptah, seigneur des Deux Terres, le beau de visage ; puisse-t-il ouvrir la porte (de la tombe et de la nécropole) chaque jour, pour le Ka de l'Osiris Sennedjem".
- sur la face interne, une offrande invocatoire à Ra-Horakhty, selon le modèle classique "hotep di nesou" : "Offrande invocatoire que donne le roi à Osiris, premier dans l'occident ; Anubis, seigneur de Ro-setaou (la nécropole) ; Hathor, la dame de la nécropole occidentale. Puisse t-il donner bétail, oiseaux, eau fraîche, pour le Ka de l'Osiris, le serviteur de la Place de Vérité, Sennedjem, Juste de Voix"

3)- Le jambage droit (est)
Il a la même taille, et comporte aussi deux textes.
- sur l'avant, une prière à "[?] qui vit de la Maât" afin qu'il lui soit rendu justice dans la Place de Vérité.
- sur la face interne, une offrande invocatoire à Ra-Horakhty afin qu'il donne "glorification dans le ciel, puissance sur la terre, justification dans la nécropole, forme devant les dieux".

4)- Le vantail, côté extérieur ( Situation)
Il est en bois de sycomore, peint en jaune. Se détache nettement une grande scène sur fond blanc, avec un encadrement noir qui prend à son sommet la forme d'un signe "ciel". Deux registres superposés portent chacun une scène d'adoration aux dieux.

Registre supérieur
A gauche, Osiris-Khentyimentyou, assis sur un trône, est coiffé de la couronne Atef, mitre de joncs flanquée des deux plumes d'autruche courbes. Elle est striée de bandes longitudinales vertes et bleues indiquant sa nature végétale; à son sommet, une boule, habituellement considérée comme une mandragore. Son corps, semblable à celui de Ptah, est enveloppé dans un linceul, avec collier Ousekh muni du contrepoids Aper et bretelles rouges croisées. Les mains sortant de ce maillot tiennent la crosse et le flagellum ainsi que le sceptre Ouas.
Derrière lui, debout et posant sa main gauche sur l'épaule d'Osiris, se tient Maât, déesse de l'ouest, en robe collante rouge ; la plume de vérité sur sa tête permet de reconnaître bien qu'elle ne soit pas nommée.
A droite, séparés des dieux par un autel supportant un vase à libations et un bouquet de lotus bleus, s'avancent Sennedjem, et deux femmes apportant un vase ovoïde à long col : son épouse Iyneferti et leur fille Iroutnefer, tous coiffés d'un cône d'onguent fondant.
Leurs vêtements blancs sont comme tachés de rouge, mode picturale de l'époque en laquelle on veut voir soit une teinte conventionnelle de transparence des étoffes légères, soit le ruissellement de l'onguent des perruques sur les habits. Si l'on remarque que les personnages du registre sous-jacent portent des vêtements identiques, mais n'ont pas de cône d'onguent, on pourrait être tenté de privilégier la première explication ; néanmoins cet argument n'est pas formel.
Le texte est une louange à "Osiris, premier des Occidentaux" (= les défunts).

Registre inférieur
A gauche, Ptah-Sokar-Osiris, hiéracocéphale, coiffé de la mitre blanche d'Abydos flanquée de deux plumes, est assis sur un trône et tient le sceptre Ouas et la croix de vie. Derrière lui, debout et la main gauche sur l'épaule du dieu se tient Isis, vêtue d'une robe collante rouge. Séparés de Ptah par un autel supportant un vase et une gerbe de lotus bleus, sept fils de Sennedjem s'avancent, saluant de la main droite levée et portant dans la gauche des tiges de papyrus.
A l'avant se trouve Khabekhnet ; suivent les autres, deux par deux, vêtus d'un long pagne ouvert devant les genoux (comme on en portait à la fin de la XVIIIème et au début de la XIXème dynastie).
La supplique est adressée par Khabekhnet à Ptah-Sokar-Osiris, de sa part et de celle de ses frères Pakharou, Rahotep, Khonsou, Ramose, Anhotep, Ranekhou, tous qualifiés de "Juste de Voix".

Poussons le vantail et entrons... ou voyons directement l'entrée du caveau


LE PETIT COULOIR

Après la porte, une embrasure forme un couloir d'entrée de 1 m de long et 1,50 m de hauteur, à plafond plat et dont le sol s'incline en pente douce vers l'intérieur du caveau.
Retournons nous, et refermons le vantail derrière nous.

Le petit couloir est décoré sur son plafond et sur ses faces est et ouest. Le décor a été appliqué sur un fond d'ocre jaune, qui sera celui de tout le reste du caveau. Il présente le cycle solaire, du lever au coucher de l'astre, auquel le défunt sera associé dans l’autre monde. Il est indissociable du décor de la face interne de la porte que nous venons de refermer -fictivement- derrière nous. En effet, scènes et vignettes font tous références au chapitre 17 du livre des morts, un des plus longs, et se complètent d'une paroi à l'autre.

1)- Le verso du vantail

Il est divisé en deux ; en haut nous trouvons Sennedjem et son épouse (identifiés par leurs noms) jouant au Senet, et en dessous onze colonnes verticales de texte.
La scène de jeu répond aux canons du genre à cette époque, voir par exemple chez Amenemopet, TT 265.
Sous un pavillon léger (qui pouvait avoir été dressé dans la cour de la chapelle par exemple), le couple, en grand habit, est assis sur des sièges, dont les pieds sont ornés de pattes de lion (comme celui-ci), devant une table portant le jeu de Senet.
Sennedjem tend sa main gauche au dessus du jeu pour saisir un pion. Fait remarquable, il n'y a pas d'aversaire en face de lui, mais une pile d'offrandes sur un guéridon en dessous duquel sont représentés des laitues et des amphores ( vue cm_0874).

Depuis son apparition au temps des pyramides sous une forme différente, cette scène est progressivement devenue hautement symbolique.
C'est en effet son accès à son destin solaire que le défunt est en train de jouer. Le trajet du pion sur le damier est assimilé au trajet du défunt dans le corps du serpent protecteur Mehen, qui veillera sur lui jusqu'à ce qu'un jet des tiges lui permette de quitter le damier.

  Début du chapitre (ou formule, ou Spell) 17 du Livre des morts  
  "Commencement des transfigurations et glorifications, de la sortie de l'empire des morts et du retour en lui; être un bienheureux dans le bon Occident; sortir au jour, faire toutes transformations que l'on désire, jouer au senet assis sous la tente ; sortir en âme vivante, de la part de N., après sa mort. C'est profitable (même) à celui qui le lit sur terre.
"Ce sont mes paroles qui sont exprimées. J'étais la Totalité quand j'étais seul dans le Noun, et je suis Rê dans sa glorieuse apparition, quand il commence à gouverner ce qu'il a créé."[... .]
d'après Paul BARGUET : Le Livre des Morts des anciens égyptiens, Ed du Cerf, 1967
 
 

Le long texte sous jacent à la scène de jeu est dérivé lui aussi du chapitre 17 du Livre des morts, comme sur les autres parois du couloir, l'ensemble couloir-vantail formant un tout indissociable.

2)- Paroi ouest
Le soleil se couche entre deux lions adossés supportant le hiéroglyphe de la double colline, qui vaut pour l'horizon. L'ensemble est surplombé par le hiéroglyphe du ciel.
Le dieu représenté ainsi peut être Routy, Aker, mais aussi Ra ou Atoum. Ici, il s'agit plutôt d'une représentation du dieu Routy (nisbé Rou-ty : deux lions), en lien très ancien avec Shou et Tefnout. Le lion, animal vivant aux lisières du désert à l'est et à l'ouest de la vallée du Nil, est en rapport avec ces deux points cardinaux. Dans le chapitre 17 du Livre des morts, c'est sur le dos de Routy que se lève quotidiennement le soleil.
Les deux lions sont aussi parfois appelés hier et demain. Ainsi est véhiculée l'idée de cycle perpétuellement renouvelé, typique de la mentalité égyptienne qui est obsédée, comme le disait le sociologue des religions Max Weber, par "le dur désir de durer".
Un texte en dix colonnes salue le soleil quand il descend dans l'horizon occidental.

3)- Paroi est

Le jour va bientôt se lever, mais il faut encore empêcher le serpent Apophis de faire chavirer la barque solaire. C'est ce que fait le chat, représentant Ra, ou un compagnon de Ra. Assis sur son arrière-train, il tranche le reptile avec un couteau. Cette représentation se retrouve ailleurs à DEM, la plus célèbre étant celle de la tombe TT 359 d'Inerkhaou. Ici, la scène se déroule sous le feuillage du Perséa d'Héliopolis
Le texte hiéroglyphique, en neuf colonnes, continue celui de la paroi ouest et parle de l'extermination des ennemis de Ra.

4)- Le plafond
Sennedjem, entrant dans la tombe depuis l'extérieur, se tient debout faisant le signe d'adoration, devant une figuration de la déesse Nout. Celle ci est matérialisée par ses seins et ses deux bras sortant de l'horizon occidental qui recoivent le soleil au couchant, afin de l'entraîner vers les profondeurs de la terre où il pourra se régénérer. Entre les deux, trois colonnes de texte célèbrent l'aube glorieuse quand Ra émerge du Noun, l'océan primordial.
Ainsi, toute la course du soleil est représentée, et Sennedjem s'identifie à l'astre dans ce parcours journalier (cyclique) et éternel (linéaire).

DÉCORATION DU CAVEAU C

Nous entrons maintenant dans le caveau proprement dit.
Hélas, les parois en sont actuellement protégées par des vitres, ce qui est utile pour leur sauvegarde, mais défigure l'impression d'ensemble ( voyez ICI). Heureusement, les photos qui vous sont présentées ici ont été prises avant la pose de ces vitres.

Nous sommes à 8,35 m sous la surface de la cour, dans une pièce parfaitement régulière, mesurant 5,12 m de long et 2,61 m de large, avec un plafond en voûte de plein cintre à 2,40 m de hauteur maximum. L'orientation nord-sud est parfaite à 3° près, les murs de tête sont situés à l'est et à l'ouest.
La roche nue et aplanie a été chemisée en briques crues de 15 cm d'épaisseur liées par un mortier de mouna, séparées du mur rocheux par un espace vide destiné à la circulation de l'air.
Le sol est en limon, anciennement recouvert d'une couche fine de plâtre rouge.

Reconstitution des parois et du toit, après correction des aberrations de perspective.
Avec l'aimable autorisation du Pr Hany Farid ( "Unfolding Sennedjem's tomb")

La décoration du caveau est polychrome sur fond d'ocre jaune, magnifiquement conservée, réalisée avec la palette de l'époque, qui comprend les six couleurs fondamentales : blanc de chaux, noir de fumée, ocre rouge et ocre jaune, bleu lapis-lazuli, et bleu turquoise.
Le jaune a été passé sur une couche de lait de chaux ou de plâtre fin destinée à lisser les imperfections. Le choix de cette couleur n'est pas neutre : il représente la lumière solaire, et il rappelle l'or, matériau de la chair des dieux. L'artiste a habilement joué aussi du blanc, autre couleur solaire, pour les fonds de plus petite taille.
L'ensemble des scènes est séparée du sol par de larges bandes jaune et rouge, entrecoupées de bande noires plus fines.

La décoration est conçue comme l'ornementation d'un sarcophage à toit nubien bombé ; c'est-à-dire que la voûte comporte des tableaux ou caissons, séparés par des bandes longitudinales et transversales, équivalentes aux bandes portant des textes protecteurs qui entourent le corps d'une momie, ou son cercueil. Ces bandes, peintes en blanc, sont couvertes d'inscriptions en hiéroglyphes noirs. Remarquons que la prédominance de couleurs sombres, qui tranchent sur les bandes blanches, donne l'impression de fenêtres ouvertes sur le monde supérieur.

Les nombreuses vignettes proviennent toutes du Livre des Morts, de même que les textes des parois ; ces derniers, parfois fautifs, sont assez peu abondants, moins que dans les tombes polychromes habituelles, lesquelles en comportent habituellement bien plus que les tombes monochromes de la même époque.

De nombreuses scènes présentes dans le caveau de Sennedjem se retrouvent dans d'autres tombes. Mais, selon Mme Saura y Sanjaume, leur qualité serait "seulement comparable à celle de la tombe de la reine Nefertari" ; de plus, certaines des scènes qui se répètent comme les faucons qui protègent le défunt ou les lions qui soutiennent l’horizon (chapitre 17 du Livre des morts) seraint proches en qualité et technique. Cette parenté iconographique se double d'un choix de formules souvent superposable. Enfin, il existe des erreurs et particularités semblables (déterminatifs, pronoms, conjugaison).
Saura y Sanjaume suggére donc :
-que la tombe de Sennedjem daterait de la même époque que celle de la reine Néfertari
-que ce sont vraisemblement les mêmes artisans qui ont travaillé dans les deux monuments
-qu'ils ont utilisé la même copie du Livre des morts, probablement le papyrus Leyde II. Malgré tout, il existerait des particularités chez Sennedjem qui le rapprocherait d’autres sources comme le Papyrus d’Ani.

Remarquons au passage à quel point les jugements peuvent varier sur la "qualité" artistique d'une tombe.
Shedid, lui, juge également la décoration de la tombe comme étant de grande qualité :"Beeindruckt ist man von der Übermacht der Bilder, die Decke und Wände überziehen".
L'opinion de Sigrid Hodel-Hoenes sur le caveau est moins flatteuse : "the painting is not of the highest quality" (voir bibliographie, p 247).
Chacun se fera sa propre opinion. Je trouve personnellement que l'ensemble est artistiquement réussi et équilibré, mais le rapprochement avec la qualité de Nefertari semble abusif, et je ne suis pas entièrement convaincu que nous ayons affaire aux mêmes artisans dans les deux cas. Vous pouvez voir la tombe de Nefertari ICI, et vous pouvez même la parcourir entièrement en 3D virtuelle !


CAVEAU, PAROI SUD

Paroi sud, d'après Bruyère

La paroi sud est divisée en deux parties par l'ouverture du petit couloir.
Avant de l'étudier systématiquement, remarquons la cohérence d'ensemble, puisque sur les registres du bas nous trouvons les hôtes du repas funéraire qui sont tournés vers l'entrée pour accueillir le couple défunt. Au-dessus, à gauche, celui-ci est confronté aux démons gardiens et devra prouver qu'il est digne d'entrer.

1) partie est (à gauche du mur quand on lui fait face)

La paroi est divisée en deux registres horizontaux.

a) le registre supÉrieur

Il représente l'entrée dans le caveau du couple défunt, et même s'il semble exister deux sous-registres, il faut les voir comme une linéarité : les deux époux doivent tous deux franchir les dix portes gardées par dix génies couteliers. Ils sont vêtus simplement, d'un pagne pour lui, d'une grande robe pour elle. Ils ne portent aucun bijou, ni d'onguent parfumé. Tout dans leur attitude suggère l'humilité.
Car il va falloir passer les premières épreuves avant d'accéder aux Champs d'Ialou : donner le nom des portes et de leurs gardiens !
Les génies-gardiens surveillent cinq portes en haut (numéros impairs : 1-3-5-7-9) et cinq en bas (numéros pairs 2-4-6-8-10); ils sont tous représentés sur un modèle identique ( vue) : assis sur un signe maât, sous une porte représentée par une équerre surmontée de khakérous. Ils tiennent un grand couteau sur leurs genoux (sauf le gardien anthropomorphe de la porte 5 qui croise deux couteaux sur la poitrine).
Ces gardiens peuvent être désigné de façon différente selon les cas, et leurs noms sont parfois interchangés. Le Livre des Morts, dans ses chapitre 145 et 146 les identifie à leur porte, et de ce fait leur donne un sexe féminin. Il est d'usage, pour une raison de place, de ne représenter que dix portes au lieu des vingt-et-une canoniques. C'est probablement pour cela que les onze portes manquantes sont anonymes (sauf une).

Tout d'abord s'avance Sennedjem
Il est entouré de quatre colonnes de texte, proclamant son allégance à Osiris : "Paroles dites par l'Osiris, le serviteur de la place de vérité, Sennedjem. Il dit : 'Je viens vers toi Osiris, Seigneur de l'Amentit, Ounnefer, Seigneur de Djedou. Je suis loyal envers toi, je suis aimé dans la Place de Vérité, j'ai aimé la vérité, je n'ai pas fait de mal; je connais les voies de l'Amentit dans le coeur d'Osiris, Sennedjem, Juste de voix' ".

Devant lui se tiennent :
Porte 1 : gardien à tête de vautour, "Maîtresse de la terreur, aux hauts murs, maîtresse de la destruction,(celle dont) les paroles prédisent"
Porte 3 : gardien à tête de crocodile, "Maîtresse de la chapelle, grande en offrandes [... ]tous les dieux, après le voyage en Abydos, le nom du gardien est [... ]".
Porte 5 : gardien nain hydrocéphale nu, "Celle qui allume les feux, maîtresse de la louange, qui refuse le passage [... ]".
Porte 7 : gardien à tête humaine coiffé de deux plumes, "Linceul qui voile le faible, pleureuse"
Porte 9 : gardien à tête de chacal, "Celle qui se tient au sommet, maîtresse de la puissance, qui a enfanté son seigneur, qui s'étend sur 350 mesures".

Iyneferti
Elle fait face aux cinq portes paires et à leurs gardiens. Sa prière s'adresse également à Osiris. Nous trouvons :
Porte 2 : gardien à tête de lion, "Maîtresse du ciel, qui gouverne les deux terres, la destructrice, la maîtresse de la totalité, que tout le monde connaît".
Porte 4 : gardien à tête de bovin, "Celle qui est puissante par ses couteaux, maîtresse du Double-Pays, destructrice des ennemis de la faiblesse de cœur [... ]".
Porte 6 : gardien à tête de serpent, "Maîtresse de la lumière, la grande rugissante, dont la longueur n'est pas connue [... ]".
Porte 8 : gardien à tête d'oiseau à long bec droit, "Souffle de la flamme brûlante, qui ne peut être éteinte, pourvue de langues de feu qui touchent au loin, celle qui massacre de sa main".
Porte 10 : gardien à tête bigarrée de chien, "Celle à la voix puissante, maîtresse du pouvoir, qui entend ceux qui pleurent, la crainte, la terrible".

Comme on le voit, ces désignations sont bien mystérieuses et -il faut bien le reconnaître- nous sont en grande partie incompréhensibles. Il n'est d'ailleurs pas sûr que les Égyptiens les aient eux-mêmes toutes comprises, la désignation de certaines entités remontant à des temps très anciens. Ils ont fort bien pu n'y faire référence qu'en raison de la tradition.

b) Le registre infÉrieur

Nous allons l'examiner sur toute la longueur de la paroi sud, de chaque côté de la porte, car il constitue une scène unique : la participation au banquet funèbre. Que ce repas ait vraiment eu lieu ou qu'il soit fictif ne sera pas abordé ici.
es convives se répartissent comme suit :
A gauche, côté est, la descendance de Sennedjem et les collatéraux, plus ou moins proches de l'entrée selon le lien de parenté. Ils viennent du monde des vivants, apportant leurs offrandes.
A droite, côté ouest, les ascendants, placés ici car ils sont supposés être morts avant les précédents.
Tous sont placés de part et d'autre du couloir qui provenait de la chambre B où étaient entassées les victuailles et boissons.

1)- Côté est

Le premier personnage assis à gauche est Toutou, avec derrière lui son frère Rousou. Ils ne portent pas le titre des membres de la communauté, à l'inverse du couple assis derrière eux constitué de Khabekhnet et de son épouse Sahti.
Tous ces personnages sont assis sur des fauteuils à pattes de lion reposant sur une natte. Barbiche carrée, les hommes portent un serre-tête surmonté d'un cône d'onguent, mais pas de bijou. Ils tiennent, serrée dans leur main droite, une pièce de tissu. Sahti entoure les épaules de son mari. Elle est vêtue d'une grande robe, de boucles d'oreilles et d'une belle perruque tripartite surmontée d'un cône d'onguent piqué d'un lotus bleu ouvert. Deux petites filles se tiennent debout sous le second et quatrième siège. Elles portent encore la mèche latérale de l'enfance, mais sont vêtues, ce qui suggère qu'elles sont pubères. La première se nomme Taya, et la seconde Henout-ouret.
Derrière ces hôtes assis s'avancent huit personnages, six hommes, une femme et une jeune fille. Aucun, sauf la femme, n'a de cône d'onguent sur la tête, mais tous apportent des présents qui sont, sans exception, des produits naturels, dons du Nil.
Le premier : Bounakhtef, apporte deux tiges de papyrus en fleurs;
Le second : Rahotep, un papyrus et un canard du Nil;
la femme : Irounefer, un papyrus et une fiole ovoïde à long col, contenant l'eau du début de la crue.
Le troisième et le quatrième homme sur une même ligne : Khonsou et Ramose, offrent des pousses de papyrus et un canard;
le cinquième et le sixième : Anhohep et Kanekhou, un canard, un bouquet et deux papyrus. La jeune fille qui termine le défilé n'est pas nommée. Elle tient une tige de papyrus dans chaque main ( vue).

Passons maintenant de l'autre côté de la porte.

2)- Côté ouest


Les participants assis sont tous représentés avec leur costume de fête, avec serre-têtes et cônes d'onguent parfumés, et, pour les dames, une fleur de lotus piquée dans la perruque (sauf, curieusement, Iyneferti). Mais personne ne porte de bijoux.
Les personnages sont disposés en trois groupes, assis sur des fauteuils qui reposent sur une natte de couleur verte. Entre les groupes se tient un jeune homme debout.

Le début de la scène se situe près de l'entrée, avec le fils aîné, Khabekhnet, et ses deux femmes Tahenou et Rousou. Sous le siège de cette dernière est assise une petite fille anonyme, en costume de fête et portant, elle, des boucles d'oreille. Un serviteur du nom de Roma place de l'onguent (représenté par un cône) sur la tête de Khabekhnet, qui tient croisé sur sa poitrine un sceptre de puissance Sekhem.
C'est un autre Roma (ou le même ?) qui présente une voile gonflée par le vent, le "doux souffle du nord", devant le visage de Tjaro et de sa femme Taya ( vue). Il répond ainsi à un vœu majeur du défunt qui étouffe dans son caveau fermé, et qui est exprimé dans de nombreux chapitres du Livre des Morts. De l'autre main, il fait une libation d'eau à l'aide d'un vase qeb.
La légende indique : "Apporter le souffle de vie et l'eau pour Tjaro qui est devenu Osiris, des mains de ton fils Roma, Juste de Voix, Imakhou". Ce dernier terme ("bienheureux" ou "pensionné") signifie que Roma était mort au moment où la scène a été peinte.
Sous le fauteuil de Taya, une autre petite invitée du banquet, très semblable à la précédente, mais qui est ici nommée : Taashen.
Enfin vient le couple principal, représenté en plus grande taille : Sennedjem, qui tient un grand Sekhem, et Iyneferti. Devant eux se tient leur fils Bounakhtef, drapé de la peau de panthère du prêtre-sem, dont il tient une patte de la main gauche. Il n'a cependant pas le crâne rasé, comme il est habituel pour cette fonction. De la main droite, il déverse de l'eau sur des offrandes à partir d'un vase qeb.
Le commentaire est une formule très classique : "Une offrande de toutes bonnes choses pures, pour ton ka, (constituée de) pains, gâteaux, bière, bovidés, gibier, et eau pure; sur la table sont d'autres offrandes de la main de ton fils Bounakhtef, Juste de Voix".
Notons enfin que deux enfants se tiennent sous les sièges, un garçon : Ranekhou, et une fille : Hetepou.

Un dernier coup d'œil d'ensemble nous montre la belle qualité des représentations de personnages dans toute cette scène de banquet.

2) partie ouest (À droite du mur quand on lui fait face)

Au-dessus du banquet, qui occupe le registre inférieur, et que nous venons d'examiner, se trouve une scène de veillée funéraire de la momie, qui occupe tout le registre haut. Sans doute s'agit t-il là de la reproduction d'une cérémonie qui devait se tenir dans la cour de la chapelle avant l'enfouissement.
Un édifice léger, en bois et toile, protège la momie de Sennedjem. On remarquera la belle étoffe rouge, rehaussée de pendeloques, souvent en rapport avec le contexte osirien.
Un lit léonin (tête, queue, pattes) exprime l'arrivée au terme du voyage, à l'horizon du ciel Occidental. Y repose le beau cercueil anthropoïde, cerclé de bandes de texte prophylactiques, et dont la tête est tournée vers l'ouest, le domaine des défunts. Il est veillé par deux milans (et non des faucons comme on lit parfois) représentant les deux déesses sœurs, Isis et Nephtys, qui portent sur la tête le hiéroglyphe de leur nom. Isis est aux pieds et parmi ses fonctions rappelées par le texte, elle est "grande mère divine" ; Nephtys, qui a le pouvoir de transfuser le fluide vital, est à la tête, et proclame : "je viens pour protéger Osiris, le serviteur dans la Place de Vérité, Sennedjem".
Pourquoi avoir choisi ces rapaces comme icône des déesses? Peut être parce que leurs stridulations rappellent les lamentos orientaux qui, coupés de cris aigus, ne devaient pas manquer d'accompagner les veillées funèbres.
Conformément au mythe osirien bien connu, les sœurs veillent sur le défunt, nouvel Osiris, comme elles ont veillé sur leur frère (et mari pour l'une, amant pour l'autre) Osiris mort.
Ainsi l'assimilation de Sennedjem au Grand Dieu apparaît complète.
Remarquons la disposition spatiale : cette scène est indissociable de celle de la revivification de la momie par Anubis, qui se situe en vis-à-vis sur le mur nord, car le dieu et les deux déesses agissent conjointement pour ramener Osiris à la vie.


CAVEAU, PAROI NORD

Paroi nord, d'après Bruyère

Angle nord-ouest

On l'a dit, la représentation est complémentaire de celle qui vient d'être décrite, et le décor quasiment superposable ; on comprend mieux cette complémentarité grâce à cette vue perspective vers l'ouest.
Le défunt apparaît encore momifié sur un lit, tête tournée vers l'ouest. Anubis par ses passes magiques, "réchauffe" le cœur de la momie, qui se remet à battre ; lors de la cérémonie réelle, un prêtre ayant revêtu un masque à tête de canidé joue le rôle du dieu. Cette scène est habituellement (et plus logiquement d'ailleurs) figurée sur le mur ouest des caveaux.
Tout autour est inscrit le long texte du chapitre 1 du Livre des Morts, qui demande la sortie au jour après l'enterrement. Par manque de place, le scribe n'a pas pu écrire tout le chapitre, qui s'interrompt au milieu d'une phrase (ce qui montre peut-être qu'il ne comprenait pas grand chose à ce qu'il recopiait...).

Le reste de la paroi nord

Il concerne l'introduction de Sennedjem devant Osiris, guidé par Anubis.
On peut y distinguer trois sections, de taille sensiblement égale.

Section 1
Elle commence à l'angle nord-est.
Il s'agit en fait de l'étape finale d'une scène la pesée du cœur (ou psychostasie) qui justifiait le mort devant le tribunal des dieux. Mais la place manquait, et comme l'impétrant est évidemment toujours justifié, toute la scène a été télescopée dans son résultat final : Sennedjem a victorieusement passé l'épreuve.
Il nous apparaît seul, vêtu de son beau pagne à devanteau ; sur sa perruque noir de jais, un bandeau serre-tête est surmonté d'un cône d'onguent ; sur sa poitrine, s'étale un large collier de perles multicolores. La main gauche repliée sur l'épaule droite correspond soit à un geste de crainte, soit à un geste de respect, soit aux deux.
Sa main droite est tenue par Anubis qui assume son double rôle de protecteur et d'ouvreur des chemins de l'Au-delà, conduisant le défunt de l'Orient à l'Occident.
Le dieu a, comme toujours, sa tête noire de canidé (chacal, chien du désert... ?). Il porte une perruque bleu-lapis, le grand collier Ousekh, des bracelets aux biceps, un corselet à bretelles et un pagne mi-blanc, mi-jaune, rayé, retenu par une ceinture à fermoir en boucle d'Isis. Sa main droite tient le sceptre Ouas.
Au-dessus des deux personnages, 22 colonnes de texte disent qu'Anubis introduit le défunt auprès des dieux de la Douat sans qu'il ait à craindre que les portes se ferment devant lui. D'autres colonnes, devant les personnages, donnent les épithètes d'Anubis et l'accès de la Douat à Sennedjem.

Section 2 ( vue).
Sennedjem est assis sur une natte, sur son talon gauche, genou droit levé, ce qui correspond à la façon égyptienne de représenter la position en tailleur. Il porte toujours respectueusement sa main gauche sur l'épaule droite. Sa perruque est maintenant striée de mèches blanc-grisâtre. Ce phénomène se retrouve dans la tombe TT 359 d'Inerkhaou, dans celle de Pached, TT 3, et dans d'autres.
Sa signification n'est encore pas claire. S'agit-il d'indiquer l'ancienneté d'une personne par rapport à d'autres ? C'est possible chez Inerkhaou et Pached, mais pas ici. S'agit-il de montrer le temps qu'il a fallu au défunt pour atteindre a place où réside Osiris ? Ou, comme le suggère Bruyère, est-ce une conséquence des instants de frayeur vécus par le défunt au cours de son périple ? Ou de la terreur de se trouver devant le grand dieu en personne ?
Au-dessus de lui, une natte verte supporte deux laitues entre trois amphores de vin, fermées par un bouchon d'argile et ornées d'un lotus bleu, dont le pédoncule en spirale entoure la panse. Entre les deux, un court texte proclame : "Puisses-tu t'asseoir auprès de Oun-nefer, puisse t-on te donner du pain et de la bière devant Osiris-Khentimenty(ou), par l'Osiris, serviteur dans la place de vérité, Sennedjem, Juste de voix".

Devant Sennedjem se trouve une énorme table d'offrandes ou s'empilent les victuailles : vases, jarres, gâteaux, paniers de figues et raisins, cuisseau de bœuf, gibier d'eau, divers type d'oignon, laitues et, couronnant le tout, des fleurs et un assortiment d'herbes.

Au-dessus des offrandes, Sennedjem récite le fameux chapitre 125 du Livre des Morts. Il contient ce que l'on a coutume d'appeler "la confession négative". Ce chapitre est en principe cité lors de la Psychostasie, devant le tribunal divin. Sennedjem l'a jugé suffisamment important pour le faire figurer ici bien que la vignette correspondante n'ait pas été figurée. Ceci est intéressant, car on voit l'importance qu'a prise à cette époque le fait d'avoir mené une vie "correcte", conforme à la Maât. Sinon, nul destin dans l'Au-delà n'est envisageable. [NB : je vous invite, pour plus de détail, à lire l'article sur Maât]
"Paroles dites par l'Osiris, serviteur dans la place de vérité, Sennedjem, Juste de Voix. Il dit : 'Salut à toi, Osiris, premier à l'Occident, Oun-nefer, seigneur du royaume des morts, seigneur de la couronne-Atef aux cornes pointues, beau de jeunesse, premier dans l'Occident. Je suis venu vers toi, oh seigneur, vie - santé – force. Je suis puissant sur terre, j'ai fait le bien. Je n'ai pas ôté du pain d'offrandes dans les temples ; je n'ai pas volé les gâteaux offerts aux dieux.
Je suis entré par les portes de la Douat ; je n'ai pas été trouvé coupable par la balance. Thot m'a choisi comme un de ces dieux serviteurs d'Horus.
Je suis un serviteur dans ton temple, Osiris, afin que tu me donnes l'air à respirer et l'eau.
Dit par l'Osiris, le serviteur de la place de vérité à l'ouest de Thèbes, les montagnes de l'Occident de Maât, Sennedjem, Juste de Voix' "
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Section 3

Osiris se tient debout (ce qui est assez rare) dans un magnifique kiosque bariolé, qui se détache sur un fond blanc. Le kiosque est installé sur un piédestal, également blanc, comportant une corniche à gorge.
Le toit est soutenu par quatre colonnes fasciculées (dont deux seulement sont représentées), vertes et bleues, montées sur une base discoïdale blanche, imitant ainsi des gerbes de tiges de papyrus liées au sommet et cravatées de rubans rouges et blancs.
Leur chapiteau composite ( vue) "superpose, en quatre étages, les quatre fleurs qui symbolisent les quatre grandes régions du royaume, du nord au sud, en remontant le Nil, du Delta à la Nubie. Ce sont, de haut en bas : le papyrus de Basse-égypte, encadré de deux uræus avec disque solaire en tête ; le lys de Haute-égypte ; le lotus bleu de la cataracte de Syène (Assouan); le lotus rosé de la Nubie. Ces emblèmes des quatre régions de l'égypte pharaonique sont en même temps un rappel des quatre sortes de vins offerts au dieu comme il est dit au temple d'Abydos" (Bruyère).
Ces colonnades supportent une corniche polychrome dont le sommet est orné de serpents solaires dressés, tandis qu'à sa base court une vigne horizontale, identique à celles de Basse-égypte. Rappelons que la légende dit que la culture de la vigne a été enseignée aux hommes par Osiris, du temps où il régnait encore sur terre.

Dans le kiosque, le Grand Dieu se tient debout sur un signe maât bleu cerclé de jaune, sur lequel trône aussi un vase étiqueté, posé sur un guéridon, ainsi qu'un bouquet de fleurs liées entre elles. Gainé dans son linceul blanc, Osiris tient en mains les deux symboles usuels de sa fonction : la crosse et le flagellum. Un large collier orne son cou. Sa carnation est verdâtre, rappelant ainsi la chair en putréfaction, mais aussi le renouveau de la végétation. Son menton s'orne d'une grande barbe postiche à bout recourbé. Il est coiffé de la couronne Atef. De part et d'autre de cette dernière, deux yeux Oudjat symbolisent le dieu reconstitué.

Deux nébrides sont visibles sur le sol du pavillon. Chacune se compose d'un vase, duquel émerge un pieu rappelant les montants d'une cabine de bateau. Autour est attachée une outre faite d'une peau de bête dont la tête et les pattes postérieures ont été enlevées. Les pattes antérieures sont attachées au pieu, tandis que l'extrémité de l'outre se prolonge en une sorte de tire-bouchon terminé par une fleur de lotus ouverte. Selon Moret, il s'agirait de l'outre-shed du pressurage du raisin dans les scènes de vendange, autre expression du sang d'Osiris. Dans cette peau s'opèrent les mystères de la gestation.


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