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| Paroi Est, d'après Bruyère |
Reproduite dans de nombreux livres sur l'Égypte ancienne,
parfaitement conservée, c'est à cette paroi que la tombe doit
une grande partie de sa réputation. Pourtant, sa richesse
symbolique n'a peut-être pas été entièrement épuisée par les
descriptions qui en ont été faites.
Le cintre
Nous y trouvons la barque solaire Wj3 (Ouia), saluée par deux
cynocéphales, qui vogue du Nord au Sud.
La situation de cette scène apparaît logique
: nous sommes dans le ciel de la paroi Est, le singe du Nord
salue le soleil couchant, et celui du Sud, son lever matinal.
Les clameurs que poussent les cynocéphales, à
l'aube et au crépuscule, ont été assimilées
à des salutations par les égyptiens.
La barque (vue)
présente une poupe en ombelle de papyrus, encadrée
par deux rames-gouvernail rayées, fixées à
des poteaux eux-mêmes rayés. La proue est masquée
par ce qui semble être une tenture, rouge, pendante
au ras de l'eau, d'où s'échappent ce qui ressemble
à des boucles. [NB : Je n'ai jamais trouvé d'explication
satisfaisante à cet ustensile qui, dans d'autres représentations,
est plus proche d'un filet de perles]. L'hirondelle perchée
dessus ne se voit que dans les tombes de Deir el Medineh.
Elle est en rapport avec les transformations du défunt
; c'est aussi un symbole de régénération,
ainsi qu'un messager et un compagnon du soleil pendant son
périple.
Un dieu solaire hiéracocéphale se tient assis
au centre de la barque, la tête surmontée d'un
énorme disque solaire cerclé d'un uræus.
Il tient en main une croix de vie. Il est nommé dans
le texte : "Ra-Horakhty-Atoum,
maître des Deux-Terres, -Khépri".
Ainsi sont associées les différentes phases
de la vie solaire. L'astre naît sous forme du scarabée
Khépri, à l'horizon oriental ; Ra au zénith,
sa puissance va décroître et c'est en Atoum qu'il
se couchera dans l'horizon occidental ; Atoum étant
à la fois celui qui est et celui qui n'est plus, re-amorcera
le cycle pendant le séjour nocturne de l'astre dans
le monde souterrain.
Devant lui, nous retrouvons un grand signe shemes, dont nous
avons déjà parlé, avec ici cette particularité
graphique de la jambe. Il représente les suivants d'Horus,
c'est à dire les morts bienheureux, dont Sennedjem
souhaite faire partie.
Derrière le dieu se trouve un petit édifice
en forme de Per-nou, le sanctuaire primitif de Bouto, en Basse-égypte.
La cimaise : les "Champs-élysées"
Il y aurait beaucoup à dire [NB : et je le ferai probablement
un jour] sur la signification exacte de ces domaines agricoles.
Leur symbolique ne saurait se comprendre si on ne se réfère
pas au § 110 du Livre des Morts, dont ils constituent
souvent la vignette. On y trouve l'introduction suivante (Barguet)
: "Ici commencent les formules
de la Campagne des Félicités, et les formules
de la sortie au jour ; entrer et sortir dans l'empire des
morts ; s'établir dans le Champ des Souchets, séjourner
dans la double Campagne des Félicités, […],
y être glorieux, y labourer, y moissonner, y manger,
y boire, y faire l'amour, faire tout ce qu'on a l'habitude
de faire sur terre, de la part de N."
Dans la "réclame" du § 72, on trouve
(De Cénival) : "Celui qui
saura cette formule ou sur le cercueil de qui on l'aura inscrite,
ceux qui sont dans le monde des morts le verront arriver jubilant.
Il sortira le jour sous toutes les formes qui lui plairont
et il regagnera sa tombe sans être arrêté
; on lui donnera du pain, de la bière, de la viande
dans le temple d'Osiris ; il partira pour le Champ des Roseaux
où on lui donnera 10 aroures de champs plantés
d'orge et de blé".
Ainsi, le défunt a droit à un domaine personnel,
qu'il doit exploiter, et à des versements en nature.
Mais le mort n'a aucune envie de passer son éternité
à s'occuper des champs ! Il a représenté
la scène sur la paroi de son caveau, afin de marquer
magiquement sa propriété vis-à-vis des
dieux et des autres défunts mais y travailler vraiment,
c'est autre chose !
Pour s'éviter cet ennui, il a eu la précaution
de mettre dans son caveau des Serviteurs Funéraires
(dont le nombre varie selon les époques). Ces Chaouabtis
(ou Ouchebtis) ont un rôle clair : remplacer le défunt,
comme cela est rapporté dans le § 6 Livre des
Morts qui est souvent écrit sur les figurines : "Ô
serviteur, si l'on réquisitionne N. pour effectuer
tous les travaux qui sont à faire dans le monde des
morts à titre de corvée, ce sera à toi
d'en assumer la charge, pour cultiver les champs, irriguer
les rives, transporter le sable d'Est en Ouest et inversement.
Alors, tu diras 'présent' quand on fera appel à
toi, à quelque moment que ce soit".
Un exemple de ces "répondants" se trouve au Fitzwilliam Museum
(e.g. 1887), image de gauche. On remarquera qu'il porte sur
les épaules deux modèles de houe différentes.
Comment se présente la scène
?
Des canaux pleins d'eau entourent et cloisonnent une zone
centrale elle-même subdivisée en plusieurs registres
horizontaux. Dans l'angle supérieur droit (Sud-Est),
des carreaux noirs et blancs pourraient symboliser une entrée,
une écluse, le système se présentant
ainsi en dérivation par rapport au Nil.
Dans les registres horizontaux, on peut encore séparer
la zone du haut, plutôt mythologique, de la zone agricole
du bas, laquelle est elle-même subdivisée en
trois parties. À chaque extrémité droite
(Sud) un petit rectangle est réservé pour
une saynète complémentaire. On pourra utilement comparer la scène de la tombe avec celle du papyrus d'Ani.
Registre supérieur
A gauche (Nord), Sennedjem et Iyneferti sont agenouillés
sur une sorte de tertre à bords arrondis, ils sont
"sur leur sable",
c'est-à-dire dans le désert de l'empire des
morts. Ils récitent une prière de louange devant
cinq dieux accroupis sur un signe Maat. Le premier est Ra-Horemakhty
(Ra-Harmakis), coiffé d'un grand disque solaire ; le
second est Osiris-Khentimenty, coiffé de la mitre blanche
entourée de deux plumes ; le troisième est Ptah-neb-Maat
(Ptah maître de la Maat), coiffé de sa calotte
bleue habituelle. Suivent deux dieux ou génies anonymes,
censés représenter la cohorte accompagnant les
trois grands dieux (dont deux démiurges, tout de même
!).
Vient ensuite une scène dont la signification reste
obscure (vue) : "son fils qu'il aime,
Rahotep, Juste de Voix" navigue dans un frêle
esquif vers le Sud. Le jeune homme a le crâne rasé,
la tête tournée vers l'arrière. La rame
dont il est censé se servir n'est pas représentée.
Ceci est vraiment étrange, et est habituellement interprété
comme un oubli du peintre. L'image et la scène étant
parfaitement réalisées, il me semble que si
oubli il y a, il ne peut être que volontaire : peut
être l'artisan n'a t'il pas voulu faire passer la rame
par dessus le corps ?
C'est un autre fils de Sennedjem, Khonsou, qui pratique sur
le cercueil de son père (et donc par magie sympathique
sur sa momie) le rite d'ouverture de la bouche, à l'aide
de deux herminettes (vue)
: "Ta bouche, Sennedjem Juste
de Voix, est ouverte". Connaissant le côté
terre-à-terre des anciens, il est probable que ce rite
animait également le serviteur funéraire qui
est censé effectuer le travail à la place du
défunt…
Le petit rectangle à droite comporte d'une part
le nom et titre de Sennedjem, d'autre part, trois ovales.
En se référant à d'autres versions
du Livre des Morts, ils sont désignés comme
"champ de bataille", "place des offrandes"
et "le grand". Il s'agit donc de régions
du monde souterrain.
Registre moyen
Il est consacré aux travaux des champs.
La première scène commence
par la moisson.
À l'aide d'une faucille en bois, dont le tranchant
est incrusté de pierres de silex, Sennedjem, courbé,
coupe très haut les épis. Ainsi, la paille ne
sera pas abîmée par le piétinement des
animaux lors du battage.
Iyneferti suit Sennedjem et ramasse les épis qu'elle
met dans un panier. On remarquera au passage la taille des
tiges de blé, et l'immensité suggérée
du champ que rien ne borne. Dans le monde idyllique de l'Au-delà,
les récoltes sont toujours extraordinaires ; il n'y
a pas d'oiseaux pour les dévorer, ni de sauterelles
qui ravageront tout en quelques minutes. C'est afin de montrer
l'abondance des récoltes que la scène de labours
et semailles a, sans aucune logique, été déplacée
dans le sous-registre du dessous.
Il est également fort étrange de voir les défunts
réaliser ces travaux dans leurs beaux atours, avec
leur perruque de cérémonie : une preuve de plus
du caractère éminemment symbolique de ces scènes
agricoles.
Le sous-registre du dessous commence
par une scène d'arrachage du lin.
Celui-ci pouvait se faire à différentes périodes
de l'année, selon l'usage auquel était destiné
la fibre, qui commandait à la taille désirée
de la plante.
Viennent ensuite, en une scène
unique, les labours et les semailles.
Sennedjem pèse sur l'arrière de son araire tiré
par deux vaches (les bœufs ne sont jamais utilisés
pour ce travail) égratignant ainsi la terre plus qu'il
ne la laboure. Il stimule les animaux à l'aide d'un
fouet à deux lanières, dont la forme du manche
rappelle le hiéroglyphe "hem", serviteur.
Iyneferti est derrière lui et semble jeter les graines
plus qu'elle ne les sème.
Cette scène est assez incohérente. En effet,
il y avait deux façons de semer. La première
consistait, sur une terre très amollie par l'inondation,
à jeter le grain au sol puis à lâcher
un troupeau dont les piétinements enfouissaient la
semence. La seconde consistait, sur les terres plus dures,
à semer, puis à faire passer l'araire pour enfouir
le grain. Dans les deux cas, le semeur n'a rien à faire
derrière le laboureur. Remarquons que, ici, l'extrémité
du champ est bornée par un sycomore.
Le rectangle de droite nous montre
Sennedjem assis sur une natte verte qui a été
isolée du sol (vue).
Il tient en main une fleur de lotus ouverte vers son visage,
symbole de renaissance. Devant lui, une table d'offrande garnie
de pains et de végétaux [NB : on en a retrouvé
un
exemplaire dans la tombe] ; un récipient de vin
attend son bon vouloir.
Le rectangle du dessous comporte quatre ovales de couleur
qui sont probablement "place des offrandes", "rouge
clair", "vert luxuriant" et "maîtresse
des deux terres". Tous ces toponymes sont repris du Livre
des Morts.
Registre inférieur
Il est divisé en deux par un canal d'irrigation, mais
n'en forme en fait qu'un seul. Il s'agit d'un verger, avec
une alternance de palmiers dattiers et doums, chargés
de fruits, et de sycomores. Les fleurs représentées
en bas se trouvent entre les arbres. Elles sont de trois espèces
: coquelicots, bleuets et probablement des mandragores.
Bien que non matérialisé, l'artiste a individualisé
un autre rectangle à droite de ce registre (vue).
Un îlot est circonscrit par des bras d'eau. Dans une
crique se trouve la barque Djed-tefet, qui est celle d'Harmakis.
L'esquif est symétrique, avec une proue et une poupe
en forme de serpent, indistinguables, et des avirons de gouverne
à l'avant comme à l'arrière. La barque
peut donc naviguer dans les deux sens, diurne et nocturne.
En son centre se trouve une sorte d'escalier de quatre marches
montant du Nord au Sud, dont la signification reste débattue.
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| Paroi Ouest, d'après Bruyère |
Il est orné de représentations du monde funéraire,
en opposition au mur Est que nous venons d'examiner.
Le cintre
La composition est symétrique par rapport à
un axe central. Cet axe est composé d'un guéridon
blanc, sorte d'autel qui supporte un vase canopique étiqueté,
entouré de deux lotus entrecroisés. Au-dessus,
un vase surmonté des 3 lignes ondulées valant
pour "Noun" (l'océan primordial d'où
le monde est sorti), et coiffé d'un hiéroglyphe
cerclé "shen". Deux yeux Oudjat (sans larmier)
l'encadrent, témoin du corps reconstitué.
Cet ensemble, hautement symbolique de renaissance, est entouré
et protégé par deux canidés. Leur corps
couleur lapis est surmonté par un fouet. Le ruban rouge
autour de leur cou reste d'interprétation controversée,
peut être s'agit t-il d'un signe chtonien. Les deux
animaux reposent sur une le toit d'une construction plate,
blanche dont la façade est percée d'une porte
qui correspond à l'entrée de la chapelle funéraire
du défunt, et plus généralement du monde
souterrain, représentée à l'antique,
comme un mastaba. Ils font donc pendant aux deux babouins du cintre oriental qui saluent le soleil renaissant.
La cimaise
Un seul tableau occupe l'espace : le couple Sennedjem –
Iyneferti s'avance en confiance, rendant hommage aux dieux
de la douat qui siègent dans une chapelle :
"Louanges soient faites aux dieux de la douat, par l'osiris,
le serviteur dans la place de vérité, Sennedjem,
Juste de Voix ; son épouse, qu'il aime, la maîtresse
de maison Iyneferti, Juste de Voix".
La chapelle est un grand édifice surmonté d'une
frise de cobras cracheurs, dont la tête est surmontée
d'un disque solaire. Sous la corniche à gorge, on retrouve
la représentation osirienne de la vigne.
Les dieux sont tous assis sur un signe Maat et regardent vers
le Sud. Ils sont disposés en deux rangs, sur un fond
blanc :
- En haut, six divinités se succèdent, avec
à leur tête Osiris. Ce dernier porte la barbe
à bout recourbé des dieux morts, et il est coiffé
de sa couronne traditionnelle, ainsi que d'un collier à
contrepoids.
- En bas, nous trouvons Ra-Horakhty, suivi de six divinités,
là encore anonymes, qui valent pour les dieux de la
douat.
- Les deux registres sont séparés par trois
lignes de texte hiéroglyphique, un extrait du §
190 du Livre des Morts : "Un écrit
pour rendre l'esprit-Akh (du défunt) excellent dans
le cœur de Ra, pour lui donner pouvoir devant Atoum,
pour le rendre grand devant Osiris, pour le rendre fort devant
Khentyimentyou, pour lui donner autorité devant l'Ennéade.
Un traitement du cœur de l'esprit-Akh, pour qu'il puisse
sortir au loin, qu'il puisse retrouver sa foulée, pour
écarter la surdité, et pour ouvrir son visage
en compagnie des dieux".
Devant la chapelle se trouve Sennedjem, représenté
de taille humaine, les deux bras levés en adoration.
Il porte le pagne à devanteau à la mode à
l'époque ramesside. Il n'a pas de bijou, mais un cône
d'onguent est posé sur sa perruque. Iyneferti est derrière
lui, en grande robe, mais également sans bijou. Seule
une fleur de lotus est piquée dans sa perruque. Sa
main droite est levée, tandis que dans sa main gauche,
elle tient une tige de lotus ouverte (vue).
Il est magnifique, et parfaitement conservé.
Nous avons déjà signalé que la voûte
présente une forme bombée, afin d'imiter aussi
bien le couvercle d'un sarcophage de type nubien, que les
bandelettes qui entourent un corps momifié, ou que
la voûte céleste. Il est cloisonné, longitudinalement
et transversalement, par des bandes blanches portant des textes.
Ainsi sont délimités 8 "caissons",
4 au Nord et 4 au Sud. Tous reflètent la participation
du défunt à la vie céleste, et notamment
à la vie solaire à ses différentes phases.
Sennedjem veut faire partie des dieux qui accompagnent l'astre
pour le temps infini et le temps éternel.
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| Plafond, d'après Bruyère |
Les caissons sont indissociables des deux cintres des parois
Est et Ouest, que nous avons déjà examinés.
L'ensemble voûte-cintres forme un tout, d'ailleurs nettement
séparé des scènes de parois. La lecture
des scènes se fait d'Est en Ouest, suivant le trajet
solaire.
Les bandes de textes
1)- Les bandes longitudinales
Elles portent des formules d'offrandes traditionnelles (vue)
Au Sud
"Offrande que le roi fait à
Hathor, première dans la nécropole, et aux dieux
et déesses qui sont dans la Douat. Puissent t'ils donner
l'entrée et de nouveau la sortie du monde souterrain.
Ne pas être refoulé à la porte de la Douat
(N.B : le caisson montrant Sennedjem s'apprêtant
à franchir la double porte de l'Au-delà, se
trouve immédiatement sous ce texte).
Pour le Ka de l'osiris, le serviteur dans la Place de Vérité
à l'Ouest de Thèbes, Sennedjem, Juste de Voix"
Au milieu
"Offrande que le roi fait pour
Osiris-Ounnefer, premier dans l'Occident, fils aîné
de Geb, le plus grand des cinq, père de tous les dieux,
seigneur d'Aker, souverain de Haute et Basse égypte,
seigneur de l'éternité ; (pour) Ptah-Sokar,
seigneur de la place cachée ; qu'ils me donnent de
l'air et de l'eau. L'osiris, le serviteur dans la Place de
Vérité, Sennedjem, Juste de Voix".
Au Nord
"Offrande que le roi fait pour
Ra-Horakhty-Atoum, seigneur du Double-Pays, l'Héliopolitain,
qu'il me donne gloire au ciel, puissance sur la terre, d'être
justifié dans le monde souterrain, puissant à
la tête des dieux ; puisses-tu t'emparer de la proue
de la barque Meseketet (barque de la nuit) et la poupe de
la barque Manedjet (barque du jour), pour le Ka du serviteur
de la Place de Vérité, Sennedjem, Juste de Voix."
2)- Les bandes transversales
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Est
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| Nord |
| Thot |
Thot |
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| Qebehsenouf |
Douamutef |
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| Anubis | Anubis |
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| Hapi | Imset |
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| Thot |
Thot |
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Sud |
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Ouest
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Elles se lisent toutes à partir de la bande longitudinale
centrale. Elles portent, de manière symétrique
entre la moitié Est et Ouest, des noms de divinités
(voir ci-contre).
C'est ainsi que Thot figure quatre fois, désigné
comme "Seigneur des paroles divines"
(les hiéroglyphes), ou "Seigneur
de Khemenu" (Héliopolis). Anubis occupe
la bande médiane. Les quatre autres sont les "fils
d'Horus", qui ont en charge les vases canopes où
reposent les viscères momifiés du défunt
: Amsit, Hapy, Douamoutef, Qebehsenouef (pour plus de détails,
lire: Les
quatre fils d'Horus).
Les caissons du côté
Sud, d'Est en Ouest
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| Plafond, côté Sud, d'après Farid |
Caisson 1
Il faut comprendre la scène (dont on notera la qualité)
comme la suite immédiate du cintre Est. Elle est tirée
du § 109 du Livre des Morts, qui débute par :
"Formule pour connaître
les âmes de l'Orient".
Le nouveau soleil renaît à l'horizon, sous forme
d'un petit veau à pelage blanc tacheté de noir.
Sur son dos, il porte le défunt, lui aussi régénéré
et qui participe de la renaissance de l'astre. Sa verdeur
nouvelle est attestée par la couleur de ses chairs.
Comme toujours dans ce type de scène, deux arbres sont
représentés ; leur feuillage bleu-verdâtre
suggère le lever du soleil du côté du
désert arabique et, plus loin, du Sinaï d'où
on extrait la turquoise. Il s'agit des
"deux sycomores de turquoise entre lesquels sort Ra".
Il faut donc comprendre que le veau ne passe pas derrière
les arbres, mais bien entre eux.
Dans de nombreuses autres tombes, on représente derrière
l'animal la montagne de l'Ouest, domaine de la déesse
Nout et d'Hathor. Il est donc naturel que les égyptiens
aient donné cette forme bovine au fils de la vache
céleste Nout ; il existe de plus une homophonie entre
le nom égyptien du sycomore et celui de la déesse.
Un grand soleil rouge annonce le triomphe futur de l'astre,
symbolisé par la présence du dieu "Ra-Horakhty-Atoum,
l'Héliopolitain", coiffé du même
disque, mais cette fois entouré d'un uræus.
Caisson 2
Sennedjem est régénéré ! Il se
présente, comme dans les deux caissons restants, debout,
les mains levées en adoration. Pourquoi porte t'il
ici un pagne à devanteau et dans les deux scènes
suivantes un pagne simple à petits plis ? Mystère.
Quoi qu'il en soit, il rend hommage ici à trois divinités
assises sur un signe Maat : Horus à tête de faucon,
suivi de deux des quatre fils d'Horus, Amsit et Hapy.
La scène est tirée du § 112 du Livre des
Morts : "Connaître les puissances
de Bouto". Outre une sombre histoire où
le regard jeté sur un porc noir ravive la blessure
que Seth avait causée à l'œil d'Horus,
il est également fait mention des quatre fils d'Horus
: "Mets deux frères à
Bouto et deux frères à Hiérakonpolis
de cette mienne corporation […] je connais les Puissances
de Bouto : c'est Horus, c'est Amsit, c'est Hapy".
Le texte de Sennedjem s'adresse à "Tous
les dieux de Vérité" (Netjerou nebou Maat).
Caisson 3
Sennedjem se rapproche de l'Occident, et la scène dérive
du § 108 du Livre des Morts : "Formule
pour connaître les âmes de l'Occident".
On y décrit le châtiment d'Apophis par Seth :
"Un serpent est au sommet de
cette montagne ; il a 50 coudées de long et 3 coudées
de sa partie antérieure sont en silex. Je connais le
nom de ce serpent : celui qui est sur sa montagne, celui qui
est dans son haleine embrasée est son nom".
Ceci nous explique la représentation du serpent sur
un signe de l'horizon : il va essayer de s'opposer au passage
de la barque de Ra à son couchant. Au dessus de lui,
un dieu anonyme du domaine chtonien, surmonté d'un
signe du ciel qui délimite la partie supérieure
de l'espace réservé.
Devant, Sennedjem rend hommage à deux divinités
anonymes de l'Ouest. La première a le museau allongé
d'un canidé, blanc tacheté de noir.
Le texte de Sennedjem s'adresse à "Tous
les dieux de la Douat" (le monde souterrain).
Caisson 4
Nous sommes maintenant presque à l'Occident. Sennedjem
est face à trois dieux assis, une fois de plus, sur
un signe Maat. Le premier, facilement reconnaissable à
sa tête d'Ibis, est Thot, ce qui est confirmé
par le texte qui s'adresse à lui : "Louanges
à Thot, seigneur d'Hermopolis, scribe véritable
de l'Ogdoade" ; le second est Sia, la connaissance
; le troisième est Atoum, le démiurge créateur
coiffé de la double couronne.
La scène n'est pas évidente, car elle ne constitue
pas la vignette d'un chapitre précis du Livre des
Morts. En fait, elle se rapporte au moins aux § 114
et 116.
Sia est souvent associé à Hou, personnification
du verbe créateur. Dans le Livre de l'Amdouat, Sia
et Hou (ou parfois Héka, la magie) sont les seuls
dieux à accompagner le soleil nocturne dans sa barque.
Les caissons du côté
Nord, d'Est en Ouest
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| Plafond, côté Nord, d'après Farid |
Caisson 5
Il est d'une très belle facture.
Sennedjem et Iyneferti viennent de rentrer dans le monde souterrain,
dont la frontière est matérialisée par
la porte du mastaba. En costume de fête, cône
d'onguent sur la perruque, ils boivent l'eau, contenue dans
un vase qeb, qui est versée par la déesse dans
leurs mains réunies.
La déesse-arbre est "Nout,
la grande". Elle fait corps avec un sycomore dans
lequel ses jambes se fondent harmonieusement. Cet arbre représente
pour l'égyptien la preuve de la présence d'eau,
ainsi qu'un dispensateur d'ombre et de figues. Cette abondance
de bienfaits est symbolisée par le plateau que tient
la déesse et où sont disposés fleurs,
fruits et pains.
La vignette illustre le § 59 du Livre des Morts :
"Formule pour vivre de la brise, et avoir de l'eau à
volonté dans l'empire des morts".
Caisson 6
La scène, magnifiquement réalisée,
est une des plus souvent reproduites dans les livres d'art
sur l'égypte. C'est d'ailleurs elle qui avait été
choisie pour l'affiche de la grande exposition organisée
par le Louvre en 2002 : Les artistes de Pharaon.
Sennedjem et son épouse, debout, face à l'Ouest,
sont cette fois dans la partie droite du tableau. Sennedjem
a repris son pagne simple et ne porte plus ni cône d'onguent
ni barbe. Iyneferti, au contraire, a gardé le cône
ruisselant d'huile parfumée et garni de grains d'encens
et de lotus bleu. On remarque, sur l'abdomen de Sennedjem,
ce qu'on a nommé les plis de graisse qui ne sont pas
un signe d'obésité. Les deux personnages saluent
des deux mains un groupe de cinq génies, qui se détachent
sur un fond bleu lapis, accroupis sur un socle en forme de
hiéroglyphe Maat.
Tous ces génies portent des perruques semblables,
une barbe osirienne, un grand collier de perles. Leurs visages
sont de teintes variées comme leurs linceuls, uniquement
pour éviter la monotonie. Au-dessus d'eux, sept étoiles
jaunes, disposées en deux rangs de trois, et une
seule en-dessous, sont surmontées par un disque rouge.
Le nombre et la disposition sont absolument arbitraires
et n'ont pas l'intention de représenter une constellation
connue, comme le montrent d'autres exemples à Deir
el Medineh.
L'âme du défunt devait prendre place parmi les
étoiles Impérissables et les Indestructibles,
ces astres innombrables dont Osiris fut le premier représentant,
en qualité d'Orion.
Le disque rouge, qui accompagne les étoiles, est parfois
entouré d'un cercle blanc ce qui veut indiquer que
c'est le soleil mort, c'est-à-dire le soleil nocturne,
la lune. Ce soleil mort, c'est Osiris lui-même, souverain
de tous les astres. Erik Hornung (Das Totenbuch der Ägypter,
p.262) a suggéré qu'il pourrait aussi s'agir
d'une éclipse solaire au moment d'une nouvelle lune,
et non de la lune elle-même. La vignette serait alors
à rapprocher du § 135 du Livre des Morts : "Autre
formule à dire quand la lune est nouvelle, le 1er du
mois".
Ici, Sennedjem s'adresse à "Tous
les dieux du ciel", ce qui équivaut à
dire : "tous les élus assimilés aux étoiles
dans la cour céleste du soleil".
Caisson 7
C'est l'illustration du § 100 du Livre des Morts : "Livre
de glorifier le bienheureux et de faire qu'il descende dans
la barque de Ra avec sa suite".
Ra-Horakhty-Atoum se tient debout sur sa barque Iouya. Celle-ci
présente une poupe et une proue en forme d'ombelle
de papyrus. Elle porte un œil-oudjat à l'avant
et à l'arrière. Elle navigue d'Ouest en Est
sur le Nil souterrain.
Devant Ra se tient l'oiseau Benou, grue de Numidie au plumage
bariolé, couronné de la couronne Atef, symbole
de paternité de tous les dieux. Malgré ce que
l'on lit souvent, cet oiseau n'est pas l'équivalent
du Phénix, c'est le "Ba
de Ra".
A sa suite, sur un seul rang, marchent, bras pendants, cinq
hommes à barbe osirienne et la légende les appelle
: "Les dieux de la grande ennéade
qui sont dans la barque". Ces êtres divins,
ou ces élus parmi lesquels le défunt est autorisé
à prendre place, sont les courtisans du maître
et les matelots de l'esquif. Ils se substituent ici au symbole
habituel des suivants, Shemes.
Caisson 8
Cette vignette aussi est bien connue. Elle est cependant plus
riche en symboles qu'on ne pense. Habituellement, la scène
est rapportée comme : Sennedjem, arrivé à
l'Occident, va pousser la porte jaune à lattes noires
et entrer dans le monde inférieur. D'ailleurs, dans
une autre tombe, cette porte est désignée comme
"La grande porte secrète
de la Douat".
C'est un peu plus sophistiqué.
Remarquons tout d'abord que la porte s'inscrit entre le signe
du ciel en haut et la double colline de l'horizon en bas.
Ensuite, si nous regardons les gonds, ils sont enfichés
au milieu et non sur les côtés ; il est donc
clair que nous n'avons pas affaire à une porte à
deux battants, mais bien à deux portes différentes,
correspondant aux deux horizons. Et ce, dans le monde divin
(ciel) et terreste (colline).
Et ce n'est pas un hasard si le caisson 7 adjacent montre
la barque solaire : elle vient de sortir par le vantail Occidental,
tandis que Sennedjem va rentrer par le vantail Oriental. Et,
comme il fait partie de l'équipage de la barque, il
sort lui aussi par le vantail Occidental…
Ils sont -hélas- répartis entre plusieurs musées. Tous les
objets ont été répertoriés dans
la thèse de Mme Marta Saura Sanjaume (voir bibliographie
ci-dessous). Je vous invite donc à vous y reporter.
A signaler, un fragment du célèbre papyrus "Sinouhé"
sur un ostraca Berlin-12623,
et un autre, beaucoup plus grand (>1m), sur Cairo-25216.
Au passage, pour les personnes intéressées par toutes les
récensions connues de Sinouhé, voyez cette
page.
Sur le site du Metropolitan Museum of Arts se trouvent de
fort belles images de certains objets. Les cercueils de Khonsou,
fils de Sennedjem, sont particulièrement impressionnants :
"Roehrig,
Catharine H. "An Artisan's Tomb in New Kingdom Egypt".
In Timeline of Art History. New York: The Metropolitan Museum
of Art, 2000".
Au musée du Caire se trouvent, bien sûr, plusieurs
objets, notamment les magnifiques sarcophages (et non les
cercueils sus-mentionnés...) de Sennedjem et de Khonsou.
J'essaie de m'en procurer des images décentes, mais
c'est -hélas x 3- très difficile. [NB : MERCI
à qui en a dans ses tiroirs ou disques durs et veut
bien les communiquer].
Vous trouverez quelques uns de ces objets sur le site eternalegypt
(entrez "sennedjem" dans le champ de recherche).
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BIBLIOGRAPHIE
(seuls les ouvrages vraiment consultés figurent ici. Vous y trouverez une bibliographie plus détaillée) |
• ABD-EL-WAHAB Fahmy : La Tombe de Sennedjem à Deir el-Medineh. Croquis de position, Mémoire publié par les membres de I'lnstitut Français d'Archéologie Orientale du Caire, tome LXXXX, Le Caire, 1959 • BRUYERE Bernard : La Tombe No.1 de Sen-Nedjem a Deir el-Medineh, Mémoires publiés par les membres de I'lnstitut français d'Archéologie Orientale du Caire, tome LXXXVIII, Le Caire, 1959
• HARING Ben J. J. : The Tomb of Sennedjem (TT1) in Deir El-Medina. Palaeography. IFAO, Cairo, 2007. ISBN 978-2-7247-0433-4. DétailsICI
• HODEL-HOENES Sigrid : Life and Death in Ancient Egypt. (Translated from the German by D. Warburton), Cornell University Press, Ithaca and London, 2000.
• PORTER Rosalind & MOSS Bertha : Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts,
Reliefs and Paintings I/I (2nd Ed, Oxford, 1972), p. 1-5
• PODVIN Jean-Louis : Le mobilier funéraire de la tombe de Sennedjem, Göttinger Miszellen 2002, no 191, pp. 77 - 83
• PUVILL DONATE Marta : Textos de la tumba de la reina Nefertari. Barcelona : Librería Mizar, 1999. (Cuadernos de Egiptología Mizar ; 4).
• SHEDID Abdel Ghaffar : Das Grab des Sennedjem. Verlag Philipp von Zabern, Mainz,1994
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| UNE THESE
SUR LA TOMBE |
Une thèse consacrée à Sennedjem a été soutenue (en Espagnol) devant l'Université de Barcelone en février 2006 par Mme Marta Saura Sanjaume. Elle s'est chargée de retrouver les objets de la tombe dispersés dans les musées du monde et de les replacer dans le cadre complexe de l'occupation de la tombe. Elle a également comparé les textes du Livre des Morts sur papyrus avec ceux présents dans la tombe. L'intégralité de la thèse (avec photos des objets) est téléchargeable ICI La partie contenant uniquement les objets se trouveICI
Merci à Christiane Maquet pour m'avoir fourni une traduction (partielle) de l'Espagnol
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Page réalisée par Thierry Benderitter Texte par Thierry Benderitter Photographies par Thierry Benderitter, Aude Gros de Beler, Christian Mariais Reconstitutions 3D par Jon Hirst © Copyright OsirisNet 2008 |
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