Le plan du site d'El Kab et de ses environs ainsi que la description générale du site peuvent être retrouvés >>ICI
Vous y trouverez également d'autres monuments de ce site.
En particulier il est recommandé de comparer cette tombe avec celle de Renni, un des prédécesseurs de Paheri

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El Kab


L'actuelle El Kab répond à l'ancienne cité de Nekhen, autrefois ville très importante, capitale puissante du 3ème nome de Haute Egypte.
Au Nord-Est de la ville on trouve une colline en grès truffée de tombes qui datent pour l'essentiel du Nouvel Empire. Parmi celles ci, la plus renommée est celle de Paheri qui date du milieu de la XVIIIème Dynastie, sous le règne de Thoutmosis III.

LA TOMBE



vue 02
( Raymond Betz)

•  Avec sa forme en tunnel, elle est de dimension modeste, mesurant environ 8,30 m de long 3,80 m de large et 3,50 m de hauteur en son milieu.
L’excavation originale comportait une plate-forme devant l’entrée, où le puits funéraire était creusé ; une façade sculptée maintenant très ruinée; une chambre oblongue à toit arqué, entièrement décorée en sculptures et peintures et finalement une niche au fond, contenant trois statues.

•  Plus tard, une nouvelle entrée a été creusée dans la paroi Est, à travers les sculptures. Deux chambres grossièrement taillées, avec un puits funéraire ont ainsi été ajoutées.
Le sol de la chambre principale a également été ravalé, laissant des masses mal dégrossies dans les coins.


plan

•  La façade de la tombe a été rapportée dans la colline, avec de chaque côté deux montants qui portaient des colonnes verticales de hiéroglyphes aujourd’hui largement détruites. De plus, comme on disposait encore sur la droite d’un espace haut et large : on y a rajouté une représentation dans le creux de Paheri agenouillé (1) adressant une prière à la déesse locale Nekhbet.

•  Le travail dans la tombe est de belle qualité, quoique le grès ne permette pas la finesse d’exécution qui est atteinte dans les tombes en calcaire de la région thébaine. Toutes les figures et les hiéroglyphes sont sculptées en relief levé et peints. Seuls les petits hiéroglyphes et ceux du mur du fond sont à peine incisés et remplis de peinture bleue.

•  La chambre principale a la forme d’un tunnel à plafond voûté les deux parois des extrémités présentant à leur partie supérieure un aspect en tympan.
A doite, sur le mur Sud (2) on trouve une représentation de Paheri tenant un bâton; il est surplombé par un bateau évoquant le pélerinage rituel en Abydos.
Sur le mur Est (4), on trouve des représentations de banquet et d’adoration des Dieux, et sur le mur Ouest (3)deux portions avec d’abord les représentations du propriétaire s’occupant des travaux agricoles : récoltes, chasse, pêche, chargement des bateaux,…et à l’autre extrémité l’accomplissement des rites proprement funéraires.
 A l’autre extrémité, le mur du fond (5) est couverte d'une très longue inscription; il est centré par une grande niche contenant trois statues (6).
 Les chambres latérales sont d’exécution postérieure à Paheri

HISTORIQUE DE LA DÉCOUVERTE


La tombe avait déjà été repérée par les savants de l’expédition d’Egypte en 1799. Cortaz en donne une description touchante : la tombe est "comme un livre que les anciens égyptiens nous ont laissés pour nous instruire d’une grande partie des habitudes et des travaux qui composaient chez eux l’économie de la vie civile".
En 1825 James Burton copie les scènes des deux murs de la chambre principale. Champollion et Rossellini, puis Robert Hay et Wilkinson ont travaillé à El Kab. Les publications les plus significatives furent ensuite celles de Lepsius et Brugsch.
Les mutilations qui touchent la plupart des représentations de personnages sont dues aux Coptes. Par ailleurs la présence d’enduits de recouvrement sur les scènes des murs latéraux de la chambre principale montre que des craquelures étaient déjà apparues au moment de la réalisation de la tombe et corrigées par des applications de mortier. La tombe a également eu à souffrir de tentatives de pillage par découpage des silhouettes, mais les images d’origine ont pu être reconstituées.

LE NOMARQUE Paheri


Quoi qu'il soit de coutume d'écrire le nom du nomarque "Paheri", les hiéroglyphes qui le désignent sont , où soit "Pahery". Pour rester classique nous continuerons à utiliser "Paheri".

La tombe de Paheri nous donne, associée à celle de son ancêtre Ahmès fils d’Abana, des renseignements suffisamment précis pour reconstituer la vie de la famille de ce puissant prince de province sur six générations.

•  Son grand père maternel était le célèbre Ahmès fils d’Abana dans la tombe duquel on trouve des inscriptions historiques uniques pour comprendre la période confuse des débuts de la XVIIIème Dynastie et de la chute des Hyksos.

•  De sa femme Apu, Ahmès eut une fille, Kem, qui épousa le scribe Atefroura, un haut dignitaire Thébain qui fut le tuteur du prince royal Ouadjmes. C’est notre Paheri lui même (ou peut être son frère du même nom) qui fit creuser la tombe de son grand père. On peut y lire : "c’est le fils de sa fille qui a entrepris le travail dans cette chambre funéraire, faisant vivre le nom du père de sa mère, le scribe des contours du dieu Amon, Paheri "et aussi (une prière) pour "Ahmès , fils d’Abana, par le fils de sa fille, qui fait vivre son nom, Paheri, Juste de voix". Partout dans la tombe cette descendance du côté maternel, considérée comme prestigieuse est mise en avant, incluant tous les ancêtres maternels et les cousins, tandis que le côté paternel est presque entièrement négligé.

•  Les titres
Il est remarquable que Paheri ne possède dans sa titulature aucun des titres habituellement portés par les courtisans, par exemple il n’est pas qualifié d’"ami unique"(smr ouat).
Il semble vraiment que Paheri ne se prévalait que de ses fonctions de grand propriétaire foncier et de gouverneur jouissant de la confiance du roi. Les titres communément associés à Paheri sont ceux de nomarque (= prince gouverneur) et scribe. Il est souvent appelé nomarque de Nekheb et d’Anyt (Letopolis ou Esna) soit les deux principales villes du troisième nome de Haute Egypte .
Paheri est aussi scribe responsable du grain depuis Ant (Dendérah) jusqu’à Nekheb. Il était "supérieur des terres à grain du district Sud, (celui qui) satisfait le désir de son maître, de Per-Hathor jusqu’à Nekheb". Per-Hathor (littéralement la maison, le domaine, d’Hathor) peut ici être assimilé à Tentyra capitale du sixième nome de Haute Egypte. Paheri est ainsi responsable du grain sur un très vaste secteur.
Comme son père, Paheri porte le titre de tuteur d’un prince héritier du nom de Ouadjmes. Mais il ne peut pas s’agir du même personnage puisque celui ci est représenté comme un bébé, tandis qu’on voit figurer les enfants et même les petits enfants de Paheri. Il s’agit probablement d’un enfant de Thoutmosis I. Les deux princes Ouadjmes ont dû mourir en bas âge, puisque aucun d’eux n’est monté sur le trône, ou bien il s’agissait de fils cadets du roi.
Paheri porte aussi un titre sacerdotal : il était chef des prêtres du dieu de sa ville : "supérieur des prêtres de Nekhbet". Nekhbet est la grande déesse tutélaire de la Haute Egypte, déesse vautour souvent coiffée de la couronne blanche, et son nom est souvent associée au titre "la Blanche de Nekheb".

LA FACADE



vue 37

Sur le mur Est, à droite de l’entrée de la tombe, on trouve une représentation de Paheri agenouillé, les bras levés vers le sud. Il est très simplement vêtu d’un pagne court. L’inscription Au-dessus de sa tête est abîmée, mais peut être reconstituée. Il s’agit d’une prière à la déesse Nekhbet :
Il dit "Hommage à Toi Maîtresse de la bouche-des deux-vallées (nb : un autre nom de la déesse Nekhbet), Maîtresse du ciel […..]
Le reste de la façade est très abîmé, notamment les deux jambages qui entourent l’entrée. A l’origine, ils portaient des inscriptions de 3 m de hauteur contenant des prières à diverses divinités, prières destinées"Au Ka du nomarque de Nekheb, Paheri, Juste de voix"(voir colonne de gauche, vue LSB01).
A gauche, les deux colonnes s’adressent à Amon-Ra lui demandant "les doux souffles du Nord"; le reste est trop abîmé pour être valablement interprété.
A droite, trois colonnes s’adressent à Nekhbet, Hathor et peut être Osiris.
Sur la première [… ] "maîtresse du ciel, Henout-taouy, qu’elle donne toutes bonnes choses de son autel pour le ka […]".
Sur la deuxième a peu près la même chose.
La troisième colonne comporte l’image du vautour momifié coiffé de la couronne blanche de Haute Egypte. Certains l’identifient à Kemhes, dieu en rapport avec la cité de Hierakonpolis, située de l’autre côté du Nil.
Un autre dieu a disparu, car la suite de l’inscription demande"qu’ils donnent toutes choses, toutes offrandes pour le ka […]. "Au-dessus de ces inscriptions s’en trouvaient d’autres qui sont effacées.

LE PASSAGE D'ENTRÉE


Il devait certainement comporter des inscriptions mais celles ci ont complètement disparues.

LE MUR DE DEVANT





Sur la partie Est, Paheri est représenté vêtu d’un pagne remontant haut sur les reins, et d’une tunique transparente. Dans sa main droite, une pièce d’étoffe (dont la signification n’est toujours pas bien comprise) et dans sa main gauche un bâton de commandement. Sur sa droite, la colonne hiéroglyphique abîmée complète l’image de sortir de la tombe en proclamant : "sortir sur terre pour voir le disque […]".
On peut supposer que sur l’autre partie du mur se trouvait une figuration symétrique de Paheri.
Au niveau du linteau on trouve une intéressante représentation d’un bateau dont il est difficile d’imaginer la signification, peut être une évocation du pèlerinage rituel en Abydos.

MUR OUEST


La paroi est divisée en trois grandes parties. La première de celles ci, qui occupe presque la moitié de l’ensemble, représente Paheri dans ses fonctions de scribe et de nomarque. La seconde montre les activités de Paheri dans son domaine privé, et la dernière est occupé par des scènes à caractère funéraire.
Les diverses scènes représentées ici présentent un intérêt majeur car elles couvrent les activités agricoles du pays pendant toute l’année, comme l’a fort bien remarqué Mme Desroches-Noblecourt. Ainsi la vie cyclique du pays est évoqué sur ces murs et participe de l’espérance d’éternité de Paheri : intégré dans ces représentations, Paheri participera aussi pour l’éternité à la vie éternellement renouvelée de l’Égypte.

 Paheri DANS L’EXERCICE DE SES FONCTIONS 

Mur Ouest, extrémité Sud : Les fonctions officielles de Paheri


1) Inspection des domaines agricoles et du grain

•  Les scènes agricoles de semailles et récoltes occupent trois registres, flanquées d’une grande représentation de Paheri debout.
Cette représentation est très différente de celle du mur d’entrée. Ici, le notable n’a plus sa belle prestance : plus de perruque de fonction, plus de barbe courte de notable. Pourtant il tient en main ses attributs de pouvoir : le bâton de la main gauche et le sceptre de puissance sekhem vue 54.
Le traitement anormal de la tête tient probablement à une erreur du sculpteur qui a creusé trop profondément. Il fut impossible ultérieurement de rattraper cette erreur malgré l’application d’un enduit qui n’a pas résisté au temps. Il en reste les fragments d’un double visage dont aucune des sculptures n’a persisté dans un état satisfaisant.
L’inscription qui accompagne cette figuration fait référence à l’écoulement des saisons : "voir la saison shemou (été), la saison peret (hiver) et tous les travaux des champs par le prince de Nekheb, le prince d’Anyt (celui qui) agit en inspectant les terres du sud, le scribe du grain, Paheri, Juste de voix".
Accompagnant Paheri dans ses tournées d’inspection, trois aides portant sacs, étoffes et un tabouret.

•  Devant lui (registre 3 à partir du haut) on trouve un char attelé de deux chevaux et dont les rênes et un fouet sont tenus par un palefrenier d’une main, tandis que de l’autre il tient l’arc du maître. Par son attitude et son discours, il cherche à calmer les ardeurs des animaux : "Reste calme, ne sois pas désobéissant, cheval excellent, aimé de son maître avec lequel le prince peut fondre sur n’importe qui".
Le cheval est un animal récemment introduit en Egypte en ce début de Nouvel Empire. Les artisans égyptiens n’ont d’ailleurs jamais très bien su le représenter, comme ici où les animaux sont très raides.

•   La figure en majesté de Paheri fait face à trois registres résumant les travaux des champs pendant les trois saisons de l’année égyptienne. Ainsi est évoquée la succession des mois et des années et donc l’éternité auquel il aspire.

vue 42 : Travaux des champs

La première des saisons agricoles est celle représentée au registre inférieur. C’est la saison Peret (hiver-printemps).
C’est le moment de retourner la terre qui a été précédemment amollie par la crue du Nil qui s’est maintenant retirée. A la charrue, tirée par des bœufs ou des hommes, ou à la houe, la terre est travaillée pendant que d’autres hommes sèment le grain. Ces différents manières de retourner la terre correspondent probablement à des types de semis différents.

Les dialogues entre les paysans nous décrivent une situation idyllique : "C’est un beau jour, il fait frais ! Dépêche toi, conducteur, conduis les bœufs, le seigneur est là qui nous regarde". Un autre dit à son camarade : "Hâte toi au travail, que nous finissions rapidement !"A quoi son camarade répond : "je vais faire plus que le travail qu’attend de moi le maître !"
A l’extrémité de ce registre on retrouve une figuration du maître debout vue 44, un bâton de commandement dans une main, et le sceptre sekhem dans l’autre, surveillant la bonne exécution des tâches et qui se rend vers les embarcations en cours de chargement au bord du fleuve. Au passage, il exhorte les paysans : "Hâtez vous, cultivateurs ! les champs de grain sont divisés ( ?). L’inondation a été très grande !"A quoi lui répliquent les jeunes paysans qui tirent le joug de la charrue : "Ils disent : nous faisons (ainsi), vois nous ![…]" , et le vieux paysan à l’arrière leur donne la réplique : "Deux fois excellentes sont tes paroles, fils ! L’année est bonne ! […]"
Le registre suivant, au-dessus, montre le temps de la récolte.
Sur la gauche, on voit celle du lin : hommes et femmes arrachent les tiges , puis les réunissent en bottes qui seront ensuite portées pour être finalement peignées afin de les égrener.
Le vieil homme qui exécute cette dernière tâche interpelle le jeune qui lui apporte une botte de lin : "Si tu m’en apporte 11009, je suis l’homme qui les peignera toutes !". A quoi l’autre lui réplique : "Presse, ne bavarde pas, espèce de vieux vantard de paysan !".


vue 45

Viennent ensuite les champs de blé, dont on trouve deux variétés. L’une est grande, avec des épis à barbe, l’autre petite avec des épis sans barbe. Les faucheurs sont à l’œuvre. Ils tiennent les tiges à épi de la main gauche, et les coupent, très haut, avec une petite faucille courbe dont la lame en bois est incrustée de dents coupantes en pierre. L’un des faucheurs tient sa faucille sous le bras tandis qu’il boit à une jarre d’eau.
Les faucheurs proclament : "C’est un beau jour pour sortir au champ, le doux vent du Nord est arrivé, le ciel fait conformément à nos vœux […]". Derrière les faucheurs, une femme et un enfant courbés en deux glanent les épis. Une autre femme debout les suit avec deux paniers.
A droite, sous une construction légère qui fait office de dais, des jarres d’eau et de bière dressées sur des socles en bois ou reposant sur le sol. Certaines ont été sorties et sont ventilées pour être rafraîchies, en se servant de la porosité de l’argile du récipient.

Le registre supérieur continue celui du dessous et se lit lui aussi de droite à gauche.
Sous les ordres du contremaître qui leur dit : "Hâtez vous, redoublez vos pas ! L’eau arrive et va atteindre vos paniers !" , les porteurs de paniers pleins d’épis se hâtent vers l’aire de battage, croisant en chemin deux de leur camarades qui, le panier vide, retournent au champ. On voit bien la structure en jonc tressé du panier . Ils proclament : "Le soleil est chaud" mais "qu’il fournira du poisson en paiement du blé. "En effet, la crue du Nil , qui a lieu en été, apportera non seulement les alluvions fertiles mais aussi une grande variété de poissons.

Sur l’aire de battage, cinq bœufs non muselés foulent les épis vue 47. Le tas est circulaire, plus haut en périphérie qu’au centre. Le bouvier s’adresse à eux : "Battez, quant à vous, battez (=foulez) quand à vous , Ô les bœufs ! La paille est pour (vous) à manger et le blé pour vos maîtres. Ne laissez pas vos cœurs se calmer ! "Vient ensuite le moment du vannage. Pour éviter la poussière, les paysans portent une pièce d’étoffe sur la tête (= le klaft). Le vannage se fait en lançant au vent le mélange de grain et de balle. Des assistants ramassent ensuite le grain sur le sol et l’apportent sur l’aire de stockage où il est comptabilisé par des scribes. Celui qui trône sur le tas est "le scribe du grain Djehouty-Nefer". Enfin, le grain est mis en sac et porté jusqu’au silo de stockage. Ce dernier est représenté comme un espace clos contenant quatre silos ainsi qu’un sycomore.


vue 43

Parallèlement, dans le quatrième registre, qui est en fait en dessous des trois premiers, on voit embarquer sur des bateaux des sacs de grain. Le texte proclame : "Charger les bateaux avec du blé et de l’orge […] les greniers sont pleins et débordent, les barges sont lourdement chargées et le grain s’en échappe. Mais le maître nous presse de continuer. Voyez, nos cœurs sont en bronze!" ( vue 43).
Leur mât rabattu prouve que les navires vont se laisser glisser vers le Nord, portés par le courant, soit pour aller vers un autre lieu de stockage provincial, soit plus vraisemblablement à destination de la capitale. Le pilote tient sa sonde de profondeur, tandis que des hommes puisent de l’eau penchés par dessus bord. Cette scène avait déja été relevée dans la "Description de l'Égypte  vue 52 . Sur la droite et au-dessus, Paheri surveille l’embarquement.

Dans toutes ces scènes champêtres, c’est bien sûr l’abondance que l’on veut représenter. Magiquement retranscrite, elle suivra la vie de Paheri dans l’Au-Delà.

2) Le comptage du bétail

Sur la partie basse de la paroi, à gauche, une scène de plus petite taille montre Paheri, assis sur un siège, écrivant (voyez vue 40). Paheri est aidé dans sa tâche par "Son frère, qu’il aime, le scribe excellent , parfait de langue, Paheri, Juste de voix". Devant lui ses instruments de scribe, un rouleau de papyrus et un petit broc d’eau, représentés selon les conventions égyptiennes au-dessus du coffret qui les contient.
Le texte est écrit en grand hiéroglyphes : "Compter tout le bétail par le prince de Anyt le chef des intendants des champs du sud, celui qui a la confiance de son maître […]".
Les animaux sont représentés sur quatre registres, amenés par leurs gardiens respectifs : bœufs, vaches et veaux sur les deux registres supérieurs ; ânes, chèvres et cochons aux deux autres registres. Remarquons cette représentation des cochons, rare dans les tombes égyptiennes. Deux scènes de saillie, représentent la fertilité et le renouvellement de la vie.
Les ânes sont conduits par un ânier portant un fouet d’une main et dans l’autre, reposant sur son épaule, un bâton avec une entrave. Certains bœufs sont représentés couchés à terre, entravés, attendant d’être marqués par l’instrument qu’un homme tient au feu. Un homme à terre semble recevoir la bastonnade, punition pour n’avoir pas exécuté correctement son travail.

3) La réception de l’or.

vue 46


Il existait des mines d’or dans le désert de l’est, et le métal devait atteindre le Nil près d’El Kab, donc sous la juridiction de Paheri.
La scène se situe à côté de celle du chargement du grain dans le bateau. Les chefs des mineurs amènent à la pesée l’or qu’ils ont extrait. Celui ci se présente sous forme d’anneaux (en haut) ou de sacs (en bas) qui sont pesés contre des poids en forme de bœuf. Un homme agenouillé surveille le peson de la balance.
Le texte est très mutilé : "Recevoir l’or des chefs mineurs… recevoir ce qui a été ordonné …par le prince Paheri, dont l’attention est sans faiblesse, qui ne faillit pas dans ce qui lui est confié".
Son frère Paheri l’assiste ici aussi dans l’enregistrement des pesées.
Une nouvelle scène de bastonnade est figurée, l’un des intervenants n’ayant probablement pas livré les quantités attendues.

A droite de ces scènes vue 43 sont représentés deux bateaux. Le premier, le mat dressé est hâlé, remontant le Nil vers le Sud. Il vient donc du Nord, direction dans laquelle se dirige le second bateau dont le mat est récliné. Les deux bateaux sont similaires avec une cabine de pont percée de deux fenestrons. Au-dessus de chaque cabine, un char et des chevaux. Les décorations de poupe et de proue sont également identiques. Il s’agit clairement des (ou du) bateau servant aux déplacements du nomarque.

4) Surveillance des activités de pêche et chasse des oiseaux au filet

Ces deux activités sont représentées dans le prolongement des bateaux, donc sur deux registres.
La pêche se fait au filet, les poissons attrapés étant ensuite amenés à un vieil homme qui les vide. Ils sont ensuite mis à sécher. Deux hommes préparent ou réparent un filet l’un à l’aide d’une aiguille, l’autre tord une sorte de quenouille sur sa cuisse.
La chasse aux oiseaux sauvages dans les marais où ils sont abondants se fait ici à l’aide de filets. Sur l’ordre d’un vieil homme dont le buste sort du fourré de papyrus, les neuf traqueurs rabattent leur filet. Quelques volatiles arrivent à s’échapper de la nasse. Les oiseaux ainsi capturés sont plumés, évidés, puis stockés dans des jarres.
Une grue est amenée vers Paheri qui surveille ces activités, appuyé sur un bâton, avec ce texte : "Voir la capture au filet des oiseaux sauvages et du poisson , avoir le visage heureux de (voir) tous les travaux exécutés sur les berges, par le nomarque Paheri."
5) Les vendanges.

Cette scène, vue 48, occupe la partie médiane de cette zone de la paroi.
Elle est surplombée par une autre scène qui complète et termine la récapitulation des activités agricoles du nomarque.

Le raisin est amené au pressoir où il est foulé par des hommes qui se tiennent à une corde accrochée à une barre. Le vin est ensuite mis en jarres.
Outre son caractère agricole, cette scène possède également une connotation religieuse. En effet, la vigne et le raisin sont associés au dieu Osiris et à l’inondation. Le sang du dieu assassiné avait en effet été mis en relation avec les premières eaux de l’inondation car celles ci sont rouges, en raison des alluvions ferriques qu’elles transportent venant de l’Atbara.

Mur Ouest, Centre: Vie privée de Paheri vue 06

6) Paheri et son épouse sous un dai.

Cette scène occupe la partie centrale de cette région du mur.

Donc, Paheri et sont épouse Henout-er-neheh, qui l’enlace étroitement, sont représentés en pseudo perspective, assis sous un dai léger vue 49. Le nomarque tient en main les deux instruments de son pouvoir : le bâton et le sceptre Sekhem. Henout-er-neheh tient en main une fleur de lotus ouverte, symbole de la renaissance.
Il s’agit d’une scène de présentation, assez semblable finalement à une présentation de tribu au roi, qui montre Paheri à qui six hommes disposés sur deux registres apportent toutes sortes de nourriture et boissons.
Ceci se fait en présence de parents de Henout-er-neheh : son père, sa mère, et son fils "l’officier de sa Majesté Teti". Deux femmes placées en face d’eux leur procurent des onguents et peut être des cônes d’onguent à placer sur la tête. L’une d’entre elle, Khnemet, est "musicienne de Nekhbet". Derrière ces trois personnages principaux, huit autres fils et filles étaient représentés. Ils sont maintenant presque effacés.

7) Paheri et le prince Ouadjmes

vue 50


Cette scène du registre supérieur montre Paheri représenté de grande taille, assis sur un siège cubique placé sur une estrade et tenant sur ses genoux le petit prince qu’il entoure affectueusement de ses bras. Ce dernier est nu, portant la mèche de l’enfance sur le côté.
Le texte proclame : "Réjouir le cœur avec toutes choses, faire un jour heureux, recevoir des cadeaux, adorer Nekhebkaou, par le tuteur du fils du roi Ouadjmes, Paheri, Juste de voix.". Devant cette représentation, une scène actuellement presque disparue montrait des adultes et des enfants apportant des offrandes. Certains d’entre eux étaient des enfants de Paheri. Le texte au-dessus n’est que partiellement lisible, proclamant : "apporter des offrandes par ses enfants et petits enfants adorant ….".
L’inscription du registre inférieur, où l’on voit un homme et deux femmes portant étoffes et vases, fait allusion à l’apport des biens le jour de l’an.


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