Le plan du site d'El Kab et de ses environs ainsi que la description
générale du site peuvent être retrouvés >>ICI
Vous y trouverez également d'autres monuments de ce site. En particulier il est recommandé de comparer cette tombe avec celle de Renni, un des prédécesseurs de Paheri |
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El Kab
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L'actuelle El Kab répond à l'ancienne cité de
Nekhen, autrefois ville très importante, capitale puissante
du 3ème nome de Haute Egypte.
Au Nord-Est de la ville on trouve une colline en grès truffée
de tombes qui datent pour l'essentiel du Nouvel Empire. Parmi celles
ci, la plus renommée est celle de Paheri qui date du
milieu de la XVIIIème Dynastie, sous le règne de Thoutmosis
III.
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| vue 02
( Raymond Betz)
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• Avec sa forme en tunnel, elle est de dimension modeste,
mesurant environ 8,30 m de long 3,80 m de large et 3,50 m de hauteur
en son milieu.
L’excavation originale comportait une plate-forme devant l’entrée,
où le puits funéraire était creusé ; une
façade sculptée maintenant très ruinée;
une chambre oblongue à toit arqué, entièrement
décorée en sculptures et peintures et finalement une
niche au fond, contenant trois statues.
• Plus tard, une nouvelle entrée a été creusée
dans la paroi Est, à travers les sculptures. Deux chambres grossièrement
taillées, avec un puits funéraire ont ainsi été ajoutées.
Le sol de la chambre principale a également été ravalé,
laissant des masses mal dégrossies dans les coins.
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plan
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• La façade de la tombe a été rapportée
dans la colline, avec de chaque côté deux montants qui
portaient des colonnes verticales de hiéroglyphes aujourd’hui
largement détruites. De plus, comme on disposait encore sur
la droite d’un espace haut et large : on y a rajouté une
représentation
dans le creux de Paheri agenouillé (1) adressant une prière à la
déesse locale Nekhbet.
• Le travail dans la tombe est de belle qualité,
quoique le grès
ne permette pas la finesse d’exécution qui est atteinte
dans les tombes en calcaire de la région thébaine. Toutes
les figures et les hiéroglyphes sont sculptées en relief
levé et peints. Seuls les petits hiéroglyphes et ceux
du mur du fond sont à peine incisés et remplis de
peinture bleue.
• La chambre principale a la forme d’un tunnel à plafond
voûté les deux parois des extrémités présentant à leur
partie supérieure un aspect en tympan.
A doite, sur le mur Sud (2) on trouve une représentation de Paheri tenant
un bâton; il est surplombé par un bateau évoquant le pélerinage
rituel en Abydos.
Sur le mur Est (4), on trouve des représentations
de banquet et d’adoration des Dieux, et sur le mur Ouest (3)deux
portions avec d’abord les représentations du propriétaire
s’occupant
des travaux agricoles : récoltes, chasse, pêche, chargement
des bateaux,…et à l’autre extrémité l’accomplissement
des rites proprement funéraires.
A l’autre extrémité, le mur du fond (5) est couverte
d'une très longue inscription; il est
centré par
une grande niche contenant trois statues (6).
Les chambres latérales sont d’exécution postérieure à Paheri
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HISTORIQUE DE LA DÉCOUVERTE
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La tombe avait déjà été repérée
par les savants de l’expédition d’Egypte en 1799.
Cortaz en donne une description touchante : la tombe est "comme
un livre que les anciens égyptiens nous ont laissés pour
nous instruire d’une grande partie des habitudes et des travaux
qui composaient chez eux l’économie de la vie civile".
En 1825 James Burton copie les scènes des deux murs de la chambre
principale. Champollion et Rossellini, puis Robert Hay et Wilkinson
ont travaillé à El Kab. Les publications les plus significatives
furent ensuite celles de Lepsius et Brugsch.
Les mutilations qui touchent la plupart des représentations
de personnages sont dues aux Coptes. Par ailleurs la présence
d’enduits de recouvrement sur les scènes des murs latéraux
de la chambre principale montre que des craquelures étaient
déjà apparues au moment de la réalisation de la
tombe et corrigées par des applications de mortier. La tombe
a également eu à souffrir de tentatives de pillage par
découpage des silhouettes, mais les images d’origine ont
pu être reconstituées.
Quoi qu'il soit de coutume d'écrire le nom du nomarque "Paheri", les hiéroglyphes qui le désignent sont ,
où soit "Pahery". Pour rester classique nous continuerons à utiliser "Paheri".
La tombe de Paheri nous donne, associée à celle
de son ancêtre Ahmès fils d’Abana, des renseignements
suffisamment précis pour reconstituer la vie de la famille de
ce puissant prince de province sur six générations.
• Son grand père maternel était le célèbre
Ahmès fils d’Abana dans la tombe duquel on trouve des
inscriptions historiques uniques pour comprendre la période
confuse des débuts de la XVIIIème Dynastie et de la chute
des Hyksos.
• De sa femme Apu, Ahmès eut une fille, Kem, qui épousa
le scribe Atefroura, un haut dignitaire Thébain qui fut le tuteur
du prince royal Ouadjmes. C’est notre Paheri lui même
(ou peut être son frère du même nom) qui fit creuser
la tombe de son grand père. On peut y lire : "c’est
le fils de sa fille qui a entrepris le travail dans cette chambre funéraire,
faisant vivre le nom du père de sa mère, le scribe des
contours du dieu Amon, Paheri "et aussi (une prière)
pour "Ahmès , fils d’Abana, par le fils de sa fille,
qui fait vivre son nom, Paheri, Juste de voix". Partout
dans la tombe cette descendance du côté maternel, considérée
comme prestigieuse est mise en avant, incluant tous les ancêtres
maternels et les cousins, tandis que le côté paternel
est presque entièrement négligé.
• Les titres
Il est remarquable que Paheri ne possède
dans sa titulature aucun des titres habituellement portés par
les courtisans, par exemple il n’est pas qualifié d’"ami
unique"(smr
ouat).
Il semble vraiment que Paheri ne se prévalait que de
ses fonctions de grand propriétaire foncier et de gouverneur
jouissant de la confiance du roi. Les titres communément associés à Paheri
sont ceux de nomarque (= prince gouverneur) et scribe. Il est souvent
appelé nomarque de Nekheb et d’Anyt (Letopolis ou Esna)
soit les deux principales villes du troisième nome de Haute
Egypte .
Paheri est aussi scribe responsable du grain depuis Ant (Dendérah)
jusqu’à Nekheb. Il était "supérieur
des terres à grain du district Sud, (celui qui) satisfait le
désir de son maître, de Per-Hathor jusqu’à Nekheb".
Per-Hathor (littéralement la maison, le domaine, d’Hathor)
peut ici être assimilé à Tentyra capitale du sixième
nome de Haute Egypte. Paheri est ainsi responsable du grain
sur un très vaste secteur.
Comme son père, Paheri porte le titre de tuteur d’un
prince héritier du nom de Ouadjmes. Mais il ne peut pas s’agir
du même personnage puisque celui ci est représenté comme
un bébé, tandis qu’on voit figurer les enfants
et même les petits enfants de Paheri. Il s’agit
probablement d’un enfant de Thoutmosis I. Les deux princes Ouadjmes
ont dû mourir en bas âge, puisque aucun d’eux n’est
monté sur le trône, ou bien il s’agissait de fils
cadets du roi.
Paheri porte aussi un titre sacerdotal : il était chef
des prêtres du dieu de sa ville : "supérieur des
prêtres de Nekhbet". Nekhbet est la grande déesse
tutélaire de la Haute Egypte, déesse vautour souvent
coiffée de la couronne blanche, et son nom est souvent associée
au titre "la Blanche de Nekheb".
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vue 37
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Sur le mur Est, à droite de l’entrée de la tombe,
on trouve une représentation de Paheri agenouillé,
les bras levés vers le sud. Il est très simplement vêtu
d’un pagne court. L’inscription Au-dessus de sa tête
est abîmée, mais peut être reconstituée.
Il s’agit d’une prière à la déesse
Nekhbet :
Il dit "Hommage à Toi Maîtresse de la bouche-des
deux-vallées (nb : un autre nom de la déesse Nekhbet),
Maîtresse du ciel […..]
Le reste de la façade est très abîmé, notamment
les deux jambages qui entourent l’entrée. A l’origine,
ils portaient des inscriptions de 3 m de hauteur contenant des prières à diverses
divinités, prières destinées"Au
Ka du nomarque de Nekheb, Paheri, Juste de voix"(voir
colonne de gauche, vue
LSB01).
A gauche, les deux colonnes s’adressent à Amon-Ra lui
demandant "les doux souffles du Nord"; le reste est
trop abîmé pour être valablement interprété.
A droite, trois colonnes s’adressent à Nekhbet, Hathor
et peut être Osiris.
Sur la première [… ] "maîtresse du ciel, Henout-taouy,
qu’elle donne toutes bonnes choses de son autel pour le ka […]".
Sur la deuxième a peu près la même chose.
La troisième colonne comporte l’image du vautour momifié coiffé de
la couronne blanche de Haute Egypte. Certains l’identifient à Kemhes,
dieu en rapport avec la cité de Hierakonpolis, située
de l’autre côté du Nil.
Un autre dieu a disparu, car la suite de l’inscription demande"qu’ils
donnent toutes choses, toutes offrandes pour le ka […]. "Au-dessus de ces inscriptions s’en trouvaient d’autres
qui sont effacées.
Il devait certainement comporter des inscriptions mais celles ci ont
complètement disparues.
Sur la partie Est, Paheri est représenté vêtu
d’un pagne remontant haut sur les reins, et d’une tunique
transparente. Dans sa main droite, une pièce d’étoffe
(dont la signification n’est toujours pas bien comprise) et dans
sa main gauche un bâton de commandement. Sur sa droite, la colonne
hiéroglyphique abîmée complète l’image
de sortir de la tombe en proclamant : "sortir
sur terre pour voir le disque […]".
On peut supposer que sur l’autre partie du mur se trouvait une
figuration symétrique de Paheri.
Au niveau du linteau on trouve une intéressante représentation
d’un bateau dont il est difficile d’imaginer la signification,
peut être une évocation du pèlerinage rituel en
Abydos.
La paroi est divisée en trois grandes parties. La première
de celles ci, qui occupe presque la moitié de l’ensemble,
représente Paheri dans ses fonctions de scribe et de
nomarque. La seconde montre les activités de Paheri dans
son domaine privé, et la dernière est occupé par
des scènes à caractère funéraire.
Les diverses scènes représentées ici présentent
un intérêt majeur car elles couvrent les activités
agricoles du pays pendant toute l’année, comme l’a
fort bien remarqué Mme Desroches-Noblecourt. Ainsi la vie cyclique
du pays est évoqué sur ces murs et participe de l’espérance
d’éternité de Paheri : intégré dans
ces représentations, Paheri participera aussi pour l’éternité à la
vie éternellement renouvelée de l’Égypte.
| Paheri DANS L’EXERCICE
DE SES FONCTIONS |
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Mur Ouest, extrémité Sud : Les fonctions
officielles de Paheri |
1) Inspection des domaines agricoles et du grain
• Les scènes agricoles de semailles et récoltes occupent
trois registres, flanquées
d’une grande représentation de Paheri debout.
Cette représentation est très différente de celle
du mur d’entrée. Ici, le notable n’a plus sa belle
prestance : plus de perruque de fonction, plus de barbe courte de notable.
Pourtant il tient en main ses attributs de pouvoir : le bâton
de la main gauche et le sceptre de puissance sekhem vue
54.
Le traitement anormal de la tête tient probablement à une
erreur du sculpteur qui a creusé trop profondément. Il
fut impossible ultérieurement de rattraper cette erreur malgré l’application
d’un enduit qui n’a pas résisté au temps.
Il en reste les fragments d’un double visage dont aucune des
sculptures n’a persisté dans un état satisfaisant.
L’inscription qui accompagne cette figuration fait référence à l’écoulement
des saisons : "voir la saison shemou
(été), la
saison peret (hiver) et tous les travaux des champs par le prince de
Nekheb, le prince d’Anyt (celui qui) agit en inspectant les terres
du sud, le scribe du grain, Paheri, Juste de voix".
Accompagnant Paheri dans ses tournées d’inspection,
trois aides portant sacs, étoffes et un tabouret.
• Devant lui (registre 3 à partir du haut) on trouve un char attelé de
deux chevaux et dont les rênes et un fouet sont tenus par un
palefrenier d’une main, tandis que de l’autre il tient
l’arc du maître. Par son attitude et son discours, il cherche à calmer
les ardeurs des animaux : "Reste calme,
ne sois pas désobéissant,
cheval excellent, aimé de son maître avec lequel le prince
peut fondre sur n’importe qui".
Le cheval est un animal récemment introduit en Egypte en ce
début de Nouvel Empire. Les artisans égyptiens n’ont
d’ailleurs jamais très bien su le représenter,
comme ici où les animaux sont très raides.
• La figure en majesté de Paheri
fait face à trois
registres résumant les travaux des champs pendant les trois
saisons de l’année égyptienne. Ainsi est évoquée
la succession des mois et des années et donc l’éternité auquel
il aspire.
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| vue 42 : Travaux des champs |
La
première des saisons agricoles est celle représentée
au registre inférieur. C’est la saison Peret (hiver-printemps).
C’est
le moment de retourner la terre qui a été précédemment
amollie par la crue du Nil qui s’est maintenant retirée.
A la charrue, tirée par des bœufs ou des hommes, ou à la
houe, la terre est travaillée pendant que d’autres hommes
sèment le grain. Ces différents manières de retourner
la terre correspondent probablement à des types de semis différents.
Les dialogues entre les paysans nous décrivent une situation
idyllique : "C’est un beau jour,
il fait frais ! Dépêche
toi, conducteur, conduis les bœufs, le seigneur est là qui
nous regarde". Un autre dit à son camarade : "Hâte
toi au travail, que nous finissions rapidement !"A quoi
son camarade répond : "je vais faire
plus que le travail qu’attend
de moi le maître !"
A l’extrémité de ce registre on retrouve une figuration
du maître debout vue 44, un bâton de commandement dans une main,
et le sceptre sekhem dans l’autre, surveillant la bonne exécution
des tâches et qui se rend vers les embarcations en cours de chargement
au bord du fleuve. Au passage, il exhorte les paysans : "Hâtez
vous, cultivateurs ! les champs de grain sont divisés ( ?).
L’inondation a été très grande !"A quoi lui répliquent les jeunes paysans qui tirent le joug
de la charrue : "Ils disent : nous faisons
(ainsi), vois nous ![…]" , et le vieux paysan à l’arrière
leur donne la réplique : "Deux
fois excellentes sont tes paroles, fils ! L’année est bonne ! […]"
Le
registre suivant, au-dessus, montre le temps de la récolte.
Sur la gauche, on voit celle du lin : hommes et femmes arrachent les
tiges , puis les réunissent en bottes qui seront ensuite portées
pour être finalement peignées afin de les égrener.
Le vieil homme qui exécute cette dernière tâche
interpelle le jeune qui lui apporte une botte de lin : "Si
tu m’en apporte 11009, je suis l’homme qui les peignera toutes
!". A quoi l’autre lui réplique : "Presse,
ne bavarde pas, espèce de vieux vantard de paysan !".
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vue 45
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Viennent ensuite les champs de blé, dont on trouve deux variétés.
L’une est grande, avec des épis à barbe, l’autre
petite avec des épis sans barbe. Les faucheurs sont à l’œuvre.
Ils tiennent les tiges à épi de la main gauche, et les
coupent, très haut, avec une petite faucille courbe dont la
lame en bois est incrustée de dents coupantes en pierre. L’un
des faucheurs tient sa faucille sous le bras tandis qu’il boit à une
jarre d’eau.
Les faucheurs proclament : "C’est
un beau jour pour sortir au champ, le doux vent du Nord est arrivé,
le ciel fait conformément à nos
vœux […]". Derrière les faucheurs,
une femme et un enfant courbés en deux glanent les épis.
Une autre femme debout les suit avec deux paniers.
A droite, sous une construction légère qui fait office
de dais, des jarres d’eau et de bière dressées
sur des socles en bois ou reposant sur le sol. Certaines ont été sorties
et sont ventilées pour être rafraîchies, en se servant
de la porosité de l’argile du récipient.
Le
registre supérieur continue celui du dessous et se lit lui
aussi de droite à gauche.
Sous les ordres du contremaître qui leur dit : "Hâtez
vous, redoublez vos pas ! L’eau arrive et va atteindre vos paniers
!" , les porteurs de paniers pleins d’épis se hâtent
vers l’aire de battage, croisant en chemin deux de leur camarades
qui, le panier vide, retournent au champ. On voit bien la structure
en jonc tressé du panier . Ils proclament : "Le
soleil est chaud" mais "qu’il fournira du poisson en paiement
du blé. "En effet, la crue du Nil , qui a lieu en été,
apportera non seulement les alluvions fertiles mais aussi une grande
variété de poissons.
Sur l’aire de battage, cinq bœufs non muselés foulent
les épis vue 47. Le tas est circulaire, plus haut en périphérie
qu’au centre. Le bouvier s’adresse à eux : "Battez,
quant à vous, battez (=foulez) quand à vous , Ô les
bœufs ! La paille est pour (vous) à manger et le blé pour
vos maîtres. Ne laissez pas vos cœurs se calmer ! "Vient ensuite le moment du vannage. Pour éviter la poussière,
les paysans portent une pièce d’étoffe sur la tête
(= le klaft). Le vannage se fait en lançant au vent le mélange
de grain et de balle. Des assistants ramassent ensuite le grain sur
le sol et l’apportent sur l’aire de stockage où il
est comptabilisé par des scribes. Celui qui trône sur
le tas est "le scribe du grain Djehouty-Nefer". Enfin,
le grain est mis en sac et porté jusqu’au silo de stockage.
Ce dernier est représenté comme un espace clos contenant
quatre silos ainsi qu’un sycomore.
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vue 43
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Parallèlement,
dans le quatrième registre, qui est en
fait en dessous des trois premiers, on voit embarquer sur des bateaux
des sacs de grain. Le texte proclame : "Charger
les bateaux avec du blé et de l’orge […] les greniers
sont pleins et débordent, les barges sont lourdement chargées
et le grain s’en échappe. Mais le maître nous presse
de continuer. Voyez, nos cœurs sont en bronze!" (
vue 43).
Leur mât rabattu prouve que les navires vont se laisser glisser
vers le Nord, portés par le courant, soit pour aller vers un
autre lieu de stockage provincial, soit plus vraisemblablement à destination
de la capitale. Le pilote tient sa sonde de profondeur, tandis que
des hommes puisent de l’eau penchés par dessus bord. Cette
scène avait déja été relevée dans
la "Description de l'Égypte vue
52 .
Sur la droite et au-dessus, Paheri surveille l’embarquement.
Dans toutes ces scènes champêtres, c’est bien sûr
l’abondance que l’on veut représenter. Magiquement
retranscrite, elle suivra la vie de Paheri dans l’Au-Delà.
2) Le comptage du bétail
Sur la partie basse de la paroi, à gauche, une scène
de plus petite taille montre Paheri, assis sur un siège, écrivant (voyez vue 40).
Paheri est aidé dans sa tâche par "Son
frère,
qu’il aime, le scribe excellent , parfait de langue, Paheri,
Juste de voix". Devant lui ses instruments de scribe, un rouleau de papyrus et un petit
broc d’eau, représentés selon les conventions égyptiennes
au-dessus du coffret qui les contient.
Le texte est écrit en grand hiéroglyphes : "Compter
tout le bétail par le prince de Anyt le chef des intendants
des champs du sud, celui qui a la confiance de son maître […]".
Les animaux sont représentés sur quatre registres, amenés
par leurs gardiens respectifs : bœufs, vaches et veaux sur les
deux registres supérieurs ; ânes, chèvres et cochons
aux deux autres registres. Remarquons cette représentation des
cochons, rare dans les tombes égyptiennes. Deux scènes
de saillie, représentent la fertilité et le renouvellement
de la vie.
Les ânes sont conduits par un ânier portant un fouet d’une
main et dans l’autre, reposant sur son épaule, un bâton
avec une entrave. Certains bœufs sont représentés
couchés à terre, entravés, attendant d’être
marqués par l’instrument qu’un homme tient au feu.
Un homme à terre semble recevoir la bastonnade, punition pour
n’avoir pas exécuté correctement son travail.
3) La réception de l’or.
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vue 46
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Il existait des mines d’or dans le désert de l’est,
et le métal devait atteindre le Nil près d’El Kab,
donc sous la juridiction de Paheri.
La scène se situe à côté de celle du chargement
du grain dans le bateau. Les chefs des mineurs amènent à la
pesée l’or qu’ils ont extrait. Celui ci se présente
sous forme d’anneaux (en haut) ou de sacs (en bas) qui sont pesés
contre des poids en forme de bœuf. Un homme agenouillé surveille
le peson de la balance.
Le texte est très mutilé : "Recevoir
l’or
des chefs mineurs… recevoir ce qui a été ordonné …par
le prince Paheri, dont l’attention est sans faiblesse,
qui ne faillit pas dans ce qui lui est confié".
Son frère Paheri l’assiste ici aussi dans l’enregistrement
des pesées.
Une nouvelle scène de bastonnade est figurée, l’un
des intervenants n’ayant probablement pas livré les quantités
attendues.
A droite de ces scènes vue
43 sont représentés deux bateaux.
Le premier, le mat dressé est hâlé, remontant le
Nil vers le Sud. Il vient donc du Nord, direction dans laquelle se
dirige le second bateau dont le mat est récliné. Les
deux bateaux sont similaires avec une cabine de pont percée
de deux fenestrons. Au-dessus de chaque cabine, un char et des chevaux.
Les décorations de poupe et de proue sont également identiques.
Il s’agit clairement des (ou du) bateau servant aux déplacements
du nomarque.
4) Surveillance des activités de pêche
et chasse des oiseaux au filet
Ces deux activités sont représentées dans le prolongement
des bateaux, donc sur deux registres.
La pêche se fait au filet, les poissons attrapés étant
ensuite amenés à un vieil homme qui les vide. Ils sont
ensuite mis à sécher. Deux hommes préparent ou
réparent un filet l’un à l’aide d’une
aiguille, l’autre tord une sorte de quenouille sur sa cuisse.
La chasse aux oiseaux sauvages dans les marais où ils sont abondants
se fait ici à l’aide de filets. Sur l’ordre d’un
vieil homme dont le buste sort du fourré de papyrus, les neuf
traqueurs rabattent leur filet. Quelques volatiles arrivent à s’échapper
de la nasse. Les oiseaux ainsi capturés sont plumés, évidés,
puis stockés dans des jarres.
Une grue est amenée vers
Paheri qui surveille ces activités, appuyé sur
un bâton, avec ce texte : "Voir
la capture au filet des oiseaux sauvages et du poisson , avoir le visage
heureux de (voir)
tous les travaux exécutés sur les berges, par le nomarque
Paheri."
5) Les vendanges.
Cette scène, vue 48, occupe la partie médiane de cette zone de
la paroi.
Elle est surplombée par une autre scène qui complète
et termine la récapitulation des activités agricoles
du nomarque.
Le raisin est amené au pressoir
où il est foulé par des hommes qui se tiennent à une
corde accrochée à une barre. Le vin est ensuite mis en
jarres.
Outre son caractère agricole, cette scène possède également
une connotation religieuse. En effet, la vigne et le raisin sont associés
au dieu Osiris et à l’inondation. Le sang du dieu assassiné avait
en effet été mis en relation avec les premières
eaux de l’inondation car celles ci sont rouges, en raison des
alluvions ferriques qu’elles transportent
venant de l’Atbara.
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| Mur Ouest, Centre: Vie privée de Paheri |
vue 06 |
6) Paheri et son épouse sous
un dai.
Cette scène occupe la partie centrale de cette région du mur.
Donc, Paheri et sont épouse Henout-er-neheh, qui l’enlace étroitement,
sont représentés en pseudo perspective, assis sous un
dai léger vue 49. Le nomarque tient en main les deux instruments de
son pouvoir : le bâton et le sceptre Sekhem. Henout-er-neheh
tient en main une fleur de lotus ouverte, symbole de la renaissance.
Il s’agit d’une scène de présentation, assez
semblable finalement à une présentation de tribu au roi,
qui montre Paheri à qui six hommes disposés sur
deux registres apportent toutes sortes de nourriture et boissons.
Ceci se fait en présence de parents de Henout-er-neheh : son
père, sa mère, et son fils "l’officier de
sa Majesté Teti". Deux femmes placées en face d’eux
leur procurent des onguents et peut être des cônes d’onguent à placer
sur la tête. L’une d’entre elle, Khnemet, est "musicienne
de Nekhbet". Derrière ces trois personnages principaux,
huit autres fils et filles étaient représentés.
Ils sont maintenant presque effacés.
7) Paheri et le prince Ouadjmes
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| vue 50 |
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Cette scène du registre supérieur montre Paheri
représenté de grande taille, assis sur un siège
cubique placé sur une estrade et tenant sur ses genoux le petit
prince qu’il entoure affectueusement de ses bras. Ce dernier
est nu, portant la mèche de l’enfance sur le côté.
Le texte proclame : "Réjouir le cœur avec toutes
choses, faire un jour heureux, recevoir des cadeaux, adorer Nekhebkaou,
par le tuteur du fils du roi Ouadjmes, Paheri, Juste de voix.".
Devant cette représentation, une scène actuellement presque
disparue montrait des adultes et des enfants apportant des offrandes.
Certains d’entre eux étaient des enfants de Paheri.
Le texte au-dessus n’est que partiellement lisible, proclamant
: "apporter des offrandes par ses enfants
et petits enfants adorant ….".
L’inscription du registre inférieur, où l’on
voit un homme et deux femmes portant étoffes et vases, fait
allusion à l’apport des biens le jour de l’an.
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