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| LES SCENES FUNÉRAIRES
DU MUR OUEST |
Elles occupent le fond de la paroi ouest, soit une zone finalement assez limitée.
Cependant, dans cet espace, les prêtres ont concentré un ensemble
de scènes significatives, dont certaines sont assez rares.
L’ensemble représente une procession funéraire, réelle
ou fictive, avec des arrêts pour des cérémonies rituelles
où dans des chapelles d’offrande. Elle aboutit, au registre inférieur, à l’image
de l’adoration d’Osiris par Paheri.
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| vue 09 |
Mur Ouest, extrémité Nord: Les rites funéraires |
1) Le registre supérieur est consacré au
halage de la momie.
Un couple de bœufs à l’avant sont attachés au traîneau
par l’intermédiaire d’une longue corde nouée au niveau
de leurs cornes. Un bouvier les stimule à l’aide d’un fouet.
La corde est également tenue par deux paires de porteurs. Entre ceux
ci, un homme tient un brûle-parfums, tandis que trois autres hommes dessinent
le signe Ka de leurs bras levés.
Le texte dit, sur deux lignes : "Faire un bel
enterrement pour le nomarque Paheri ; amener le nomarque Paheri , Juste de voix, vers sa tombe
dans la nécropole, en paix (bis) auprès du grand dieu. Aller
en paix vers l’horizon, vers le Champ des Roseaux, vers la Douât.".
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vue 30
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Le traîneau, recouvert d’un dai, emporte la momie de Paheri.
Devant et derrière lui, deux pleureuses faisant un signe de deuil jouent
le rôle d’Isis et Nephtys, qui veillent sur le défunt comme
elles ont veillé leur frère Osiris (vue 30).
Derrière vient le "chef lecteur" qui tient en main un
papyrus, et qui dit : "En paix (bis), devant
le grand dieu !".
Deux notables vêtus de large perruques et tenant (de la main gauche pour
des raisons de pseudo perspective) de grands bâtons ferment la marche.
Le texte dit : "Paroles dites par les suivants
(de la procession) : Se diriger en paix (bis) vers sa tombe de l’Occident,
recevoir des cadeaux parmi les Anciens, dans la suite du grand dieu."
2) Le registre inférieur
( à lire de la droite vers la gauche)
• Un prêtre tient un grand encensoir,
le texte étant explicite : "Faire l’encensement".
Derrière lui, quatre hommes portent un coffret. Deux petites pleureuses
sont représentées en dessous.
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vue 31
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• Derrière, deux hommes exécutent la danse Mouou en accueillant
le cortège devant une représentation des chapelles (itérou)
de Basse Égypte (per-nou). Il s’agit d’édifices de
plan carré, étroits et élevés, au toit bombé,
dont les parois latérales se prolongent au dessus du toit. Les coffrets à shaouabtis
du Nouvel Empire, destinés à contenir les vases canopes, adoptent
volontiers cette forme. Les danseurs Mouou peuvent prendre plusieurs aspects
différents. C’est ici, chez Paheri, qu’on trouve
pour la première fois cette représentation de deux danseurs sans
couronne se faisant face. Leurs poignets, pouce levé, se touchent presque.
• Les représentations dans les rectangles au dessous restent mystérieuses.
Celui de droite représente probablement un bassin si l’on se fie
aux deux palmiers du haut.
• Vient ensuite un homme tourné dans le sens opposé au
cortège vue 32.
Il s’agit d’un officiant tenant en main un grand rouleau et qui
accueille le cortège fluvial par les mots : "En
paix auprès
du grand dieu !". Trois prêtres, dont le Prêtre-Sem
(le second) tirent une barque portant un coffre haut, peut être le coffre
contenant les vases canopes abritant les viscères du défunt car
il est gardé par les deux déesses Isis et Nephtys coiffées
d’une perruque tripartite.
Derrière, une structure haute couronnée d’une frise de
Khakérous, de signification obscure, et un autre prêtre officiant
tenant un papyrus en main.
3) Au registre du dessous
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vue 33
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Deux hommes avancent
en tenant en main deux longues tiges de papyrus. Ils précèdent
trois autres qui tirent un traîneau
sur lequel est figuré le mystérieux Tekenou qui représenterait
un sacrifié rituel. "Vers l’Occident (bis) ! […]"proclament
t’ils.
Derrière l’emblème du faucon perché, symbole de
l’Occident, un bateau est représenté, probablement une
navigation virtuelle si l’on considère la position de l’homme à l’aviron
de poupe.
Derrière, Paheri lui même est agenouillé devant
un autel du dieu Anubis, surmonté d’une frise de Khakhérous.
Il effectue une libation d’eau en proclamant : "Arriver
auprès
d’Anubis, maître de ( ?) du dieu. Aborder en Abydos, par le nomarque
Paheri". La barque qui termine la ligne est peut être
là pour
illustrer cette scène de navigation. Quatre hommes et les deux pleureuses
veillent sur le sarcophage qui repose sur une base comportant pattes, tête
et queue de lion.
4) Le registre le plus bas
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vue 34
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Il
se termine par la figuration en majesté d’Osiris
assis sur son trône cubique bas, portant en main les deux instruments
de son pouvoir : le sceptre Heqa et le fouet Nekhakha. Il est identifié comme"Osiris-khenty-imentyou,
le grand dieu, Maître de l’Eternité". Il s’agit
donc d’Osiris, Maître des Occidentaux (= les morts).
Devant lui se tient Paheri en position d’adoration, consacrant
l’amoncellement d’offrandes accumulées devant le dieu.,
et ce texte : "Le nomarque de Nekheb, Paheri,
Juste de Voix, il dit : Salut à Toi, dieu auguste, maître de la
terre, grand dans le nôme de This, splendide en Abydos ! Je suis venu
vers toi, mon dieu, en paix ! Donne moi la paix ! Tes offrandes sont à toi.
Ecoute ma voix ! Je suis un de tes adorateurs"
Derrière cette scène se trouvent deux sous registres.
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vue 35
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Dans le demi registre
supérieur, deux hommes précédés
d’un prêtre officiant tirent un traîneau très semblable à celui
du registre supérieur, supportant le sarcophage. Ils se dirigent vers
un jardin planté de palmiers et de sycomores qui entourent un bassin
rectangulaire. Dix autels sont figurés ayant la forme du per-nou déjà vu.
Trois sont ouverts, contenant pour l’un une divinité à tête
de canidé, pour les deux autres des divinités anthropomorphes.
Dans le demi registre
inférieur, on retrouve tout d’abord un
rectangle cloisonné, probable représentation d’un lieu
où se
tiennent deux des mystérieux danseurs Mouou, qui portent ici leur couronne
caractéristique haute faite de roseaux tressés vue 36.
Derrière les deux pleureuses, on retrouve une représentation
d’Osiris "le grand dieu", debout sous un dai, dirigé en
sens inverse du premier.
La représentation terminale montre un espace rectangulaire , coiffé d’une
frise de khakérous. Il comporte quatre hommes sans bras se faisant face
deux à deux. La signification de cette scène reste problématique.
Dans la tombe de Rekhmiré, ils sont désignés comme "Dieux
gardiens des grandes portes".
vue 01 et vue 02
Il n’y a ici que deux scènes, qui semblent compléter
les scènes de la partie centrale de la paroi Ouest. Elles représentent
des activités en intérieur alors que celles de l’autre
paroi se déroulent en extérieur. La première est un grand
banquet auquel participent de nombreux ancêtres, parents et amis. La
seconde est une scène d’adoration accompagnée d’une
longue inscription qui résume le programme funéraire de toute
la tombe.
1) Partie Nord
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| Mur Est, extrémité Nord: Les Offrandes |
vue 39 |
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Paheri et son épouse
sont représentés en grande
taille, assis sur des sièges bas dont les pieds ont la forme de pattes
de lion. Ils reposent sur une natte. Paheri est vêtu d’un
pagne, sa tête surmontée d’une perruque soigneusement détaillée.
En main il tient un morceau d’étoffe replié. Sur la poitrine
s’étale un large collier Ouser.
Sa femme Henout-er-neheh l’enserre étroitement. Elle est vêtue
d’une robe moulante de lin a bretelles qui laisse le sein dénudé.
Elle porte sur la tête une perruque tripartite qu’enserre une chaînette.
Vers l’avant, une fleur de lotus ouverte est à la hauteur de la
tête de Paheri. Elle souhaite ainsi la renaissance à son époux
et y participe activement.
Sous son siège, une scène très vivante comme les aimait
les Egyptiens : un petit singe apprivoisé est attaché. Il est
en train de manger un fruit qu’il prend dans un récipient devant
lui.
Devant les deux époux, ce qui reste d’une table d’offrandes
probablement surchargée et en haut, le rectangle quadrillé appelé"pancarte"par
les égyptologues qui comporte une liste nominative des denrées
et leurs quantités (un ou deux) : différentes sortes de pains
et de gâteaux, du miel, du vin, des viandes…
L’inscription au-dessus des personnages, en grands hiéroglyphes
: "Le nomarque, le supérieur des prêtres de la déesse
Nekhbet, celui qui satisfait excellemment son maître, le scribe Paheri,
Juste de Voix. Son épouse qu’il aime, de sa place qu’il
aime, la maîtresse de maison Henout-er-neheh, Juste de voix."
L’officiant qui présente les offrandes est le fils aîné (en
principe) de Paheri, Amenmes. Il porte la peau de panthère caractéristique
du rôle de Prêtre-Sem qu’il joue. Il dit : "Pour
vos Kas une offrande funéraire. Elle est pure !". La formule
est reprise dans une courte inscription devant le couple : "Prendre
part au repas de toutes bonnes choses pures."
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| vue 17a |
Au registre inférieur
(voyez fond de vue 39) se trouvait une cohorte de serviteurs apportant des produits divers, en grande
partie mutilée par le creusement de la
chambre annexe. Les produits amenés étaient consignés
par le scribe, frère du défunt, nommé lui aussi Paheri.
Derrière celui ci, des aides portent le matériel du scribe. Le
suivant Jr-hat-sen (ou) porte un rouleau de papyrus et dans le dos un objet
inconnu. Il est suivi de Teti qui porte les sandales du scribe. Derrière
lui, le "suivant qu’il aime dans la place
de son cœur, Khaout" porte
son bâton et son tabouret. Il est suivi par "celui
qu’il
aime dans la place de son cœur, Ipou".
2) Partie médiane
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| Mur Est, Centre: Invités au Banquet |
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| vue 04 |
vue 07 |
Derrière Amenmes, les invités au banquet qui font eux aussi face à Paheri
et son épouse.
En
bonne place, deux couples superposés représentés
en taille intermédiaire. vue
04
En haut, le prestigieux grand père maternel de Paheri, "le
chef des marins, Ahmes, fils d’Abana, Juste de Voix auprès du
grand dieu"et son épouse Ipout. Sous son siège, un chien
attaché, entièrement martelé.
En dessous le couple formé par
le père de Paheri, Atefroura et par son épouse Kem.
Ces deux couples sont représentés de manière solennelle,
sur le même mode que Paheri et Henout-er-neheh eux mêmes.
Grande perruque, bracelets et colliers Ousekh pour les hommes ; longues robes
moulantes découvrant le sein pour les femmes. Tous deux sont assis devant
une table d’offrande bien garnie de viandes, pains et légumes.
Derrière ces deux couples,
les autres invités au banquet, de
moindre condition, sont représentés sur quatre niveaux : les
hommes sur les deux rangs supérieurs, les femmes sur les deux rangs
inférieurs. Ils sont vêtus de manière identique, mais sans
bracelets. Tous portent sur la tête un"cône d’onguent",
dont on ne sait pas vraiment s’il était vraiment porté ou
s’il symbolisait les parfums et fragrances distribuées aux invités
(N. Cherpion).
Ils tiennent en main pour la plupart une fleur de lotus ouverte vers le visage.
Nous l’avons déjà mentionné, il s‘agit d’un
symbole de renaissance. Certains ont voulu y voir aussi une représentation
d’une substance hallucinogène qui, couplée au vin, aurait
permis aux participants de se mettre dans un état considéré comme
propice à la communication avec le monde des dieux. Cependant les analyses
chimiques n’ont jamais retrouvé d’agent stupéfiant
dans les fleurs de lotus.
Les
relations de parenté indiquées à côté de
chaque personnage le rattachent en général à Paheri
lui même : "son frère"; "le
fils de la sœur
de sa grand mère", etc… mais dans les deux rangs inférieurs
des parents de Kem sont nommés : "son
fils", "sa
fille"…
• Dans le rang supérieur, le premier personnage, Herary, est frère
de Paheri. Un serviteur lui offre une coupe à boire en métal.
Derrière lui, Teti, cousin au second degré de Paheri, "courtisan".
Le troisième personnage est un oncle" frère
de sa mère",
Meky (vue 21). Celui ci refuse la coupe que lui tend le serviteur, lequel insiste
et lui déclare : "commande moi quelque
chose et je te laisserai seul".
• Le second rang comporte des frères de Paheri : Iahmes, Pamiou,…Des
serviteurs disposent le cône d’onguent ou le parfum sur leurs têtes.
• Les femmes viennent ensuite, avec tout d’abord trois filles
de Kem. La troisième, Amensat, probablement déjà emmêchée,
refuse la coupe tendue par le serviteur qui insiste (vue 22): "Pour
ton Ka ! Bois jusqu’à l’ivresse ! Fais un jour heureux !Ô Ecoute
ce que te dit ton compagnon, ne soit pas angoissée pour prendre ( ?
)". Son compagnon et cousin distant Noub-mehy dit au serviteur
: "Donne
moi dix-huit coupes de vin !Voyez, je dois aimer( boire) jusqu’à l’ivresse.
Mon intérieur est aussi sec que de la paille !".
• Au quatrième rang sont représentés les musiciens
qui accompagnent le banquet (vue 23) : harpiste, flûtiste, danseuse tenant
deux morceaux de bois qu’elle devait faire claquer l’un contre
l’autre,
et des chanteuses qui rythmaient la mélopée en claquant des mains.
3) partie Sud
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| Mur Est, extrémité Sud,: Adorer les Dieux |
vue 53 |
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Elle comporte une représentation en grande taille de Paheri et
Henout-er-neheh faisant offrande aux dieux.
• Paheri est a l’avant, debout, jambe gauche en avant. Il tient
en main deux encensoirs avec lesquels il consacre les nombreuses offrandes
représentées devant lui.
• Derrière Henout-er-neheh, trois de leurs enfants sont représentés à plus
petite échelle. En haut,"sa fille aînée, qu’il
aime, Tadytes", au milieu," son
fils, qu’il aime, Amenmes".
En bas,"son fils, Rahetep". Les deux premiers sont les plus âgés
des enfants survivants.
• L’inscription devant Paheri est tracée en grands hiéroglyphes: "Reposer
en paix dans la montagne de l’Ouest. Sortir sur la terre pour voir le
disque solaire. Ouvrir les chemins pour l’esprit (Akh) parfait qui est
dans la nécropole. Qu’il lui soit donné de sortir, d’aller
comme un Ba (improprement rendu par âme) vivant. Que lui soient données
des offrandes, (à lui) qui est dans le monde inférieur (la Douat).
Présenter toutes bonnes choses pures à Ra-Horakhty (litt : Ra-des-deux-horizons), à Nekhbet,
déesse du ciel, à Hathor maîtresse de sa montagne, à Osiris,
le grand Dieu, à Anubis, maître de la nécropole. Qu’ils
donnent de respirer le doux souffle du vent du Nord.". Et cela est
dit"Pour le nomarque de Nekheb, Paheri, Juste de voix, (pour)
son épouse, son aimée dans la place de son cœur, la maîtresse
de maison Henout-er-neheh, Juste de voix.".
• Ici est concentré l’essentiel du message de la tombe.
Par leur magie performative, les signes et les scènes vont faire se
renouveler sans fin le destin funéraire que Paheri se souhaite
et auquel il associe ses proches.
• Les offrandes sont diverses. On peut remarquer en haut sept récipients
pour les sept huiles sacrées rituelles. Ces huiles sont celles utilisées
dans le rituel de l’ouverture de la bouche et des yeux pratiqué sur
la momie avant sa descente au caveau.
• Derrière les offrandes, quatre musiciennes agitent des sistres à têtes
Hathoriques. Le bruit de crécelle qu’elles émettent est
sensé reproduire le froissement des papyrus et attirer la déesse
Hathor afin qu’elle accueille le défunt en son sein, lui permettant
ainsi de se régénérer. Elles tiennent également
en main le collier Menat, autre symbole hathorique. Un probable prêtre
de Nekhbet tend une tige de lotus, mais la scène est très abîmée.
• En dessous, le registre inférieur termine les scènes de banquet.
Les bouchers dépècent deux bœufs. Le morceau de choix, la
patte avant droite (khepesh) est apporté aux convives. Outre son rôle
nutritif, le khepesh avait également un rôle symbolique dans la
cérémonie d’ouverture de la bouche et des yeux. Des côtes
de l’animal sont également représentées.
En sus de la viande sont apportées des boissons, une oie vivante, des
pains et des fleurs par un oncle par mariage du défunt, par"le
gardien Sennefer"et par"le jardinier
Ouhemou".
En haut de toute les parois Est et Ouest court une frise de grands hiéroglyphes
colorés vue
25.
1) Sur le mur Ouest "Veuille le roi faire une offrande invocatoire à Osiris-Khenty-imentyou,
maître de l’Occident et aux dieux qui sont dans la nécropole.
Qu’ils donnent la senteur de la douce brise du Nord. Qu’il puisse
accomplir ses transformations en Ba vivant. Pour le Ka de l’Osiris, le
nomarque Paheri, Juste de voix. Puisse tu manger des gâteaux d’orge
noire ( ?). Que te soit donné un bâton à Tanent. Puisse tu
manger du pain et boire une coupe de lait de l’autel du grand dieu, et
puisse tu recevoir des présents . Puisse t’il y avoir des offrandes
pour toi à Ankh-taouy. Puisse tu avoir de l’eau selon ton désir.
Puisse tu respirer la douce brise du Nord, bienheureux auprès d’Anubis,
Osiris nomarque Paheri, Juste de voix."
2) Sur le mur Est "Veuille le roi faire une offrande invocatoire à Nekhbet, la Blanche
de Nekhen, à Hathor sur sa montagne, à Osiris maître de l’éternité, à Anubis
maître de la nécropole, à la montagne de l’Ouest qui
abrite ( ?) le corps, enlace les os et où repose la noble momie. Qu’ils
donnent l’offrande invocatoire (consistant en) pain, bière, têtes
de bétail, oiseaux, tissus, encens, onguents et toutes bonnes choses pures
qu’on offre à un dieu. Les offrandes du début des saisons
et ce qui sort journellement de l’autel, pour le Ka du nomarque de Nekheb,
Paheri, Juste de voix. Il dit : Ô vous qui donnez du pain et de
la bière aux Bas qui sont dans la maison d’Osiris, donnez du pain
et de la bière deux fois par jour au Ba qui est auprès de vous,
le bienheureux devant Osiris, le nomarque de Nekheb, Paheri, Juste de
voix."
Paheri était un homme avisé et prudent, soucieux du détail.
Ainsi, l’inscription sur le mur du fond est remarquable par sa longueur.
Les thèmes sont ceux habituellement retrouvés : les mérites
du défunt, les prières pour un futur heureux, et le désir
de voir les visiteurs réciter les formules d’offrande afin de
bien pourvoir le Ka. L’inscription ne comporte malheureusement aucune
biographie.
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| Mur du fond, et statues dans la niche |
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| vue 10 |
vue 11 |
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1) Les lignes 1 à 21
Elles comportent des prières à l’adresse des dieux afin
qu’ils virent l’offrande que leur présente le roi à Paheri.
Les dieux invoqués sont : "Amon, maître
des trônes
des Deux Terres";"Nekhbet, la
Blanche de Nekhen, Dame du ciel";"Hathor,
maîtresse de sa montagne";"Ptah-Sokar,
maître de
la Chambre Secrète";"Anubis,
maître de Ro-Setaou
(= l’entrée
de la nécropole)".
Suit une longue énumération d’offrandes, à donner
journellement ou à l’occasion de différentes fêtes.
On retrouve également une sorte d’apologie que Paheri s’adresse à lui
même : "Ô celui qui satisfait excellemment le cœur
de son maître, puisse tu entrer et sortir, le cœur dilaté (=
joyeux), dans la faveur du maître des dieux. Un bel enterrement après
une longue vie d’excellents services. Quand la vieillesse est là et
que tu arrives à ta place dans le sarcophage et rejoins la terre dans
la nécropole de l’Ouest, devenu un Ba vivant. Ô puisse t’il
goûter pain, eau et souffle. Puisse t’il faire ses transformations
en héron, hirondelle, faucon, aigrette, selon ton désir. Puisse
tu traverser (le Nil) dans la barque sans être refoulé et naviguer
sur le courant. Puisse ta vie revenir à toi une seconde fois. Puisse
ton Ba ne pas se séparer de ton corps. Puisse ton Ba être fort
avec les Akhou (= esprits glorifiés). Puissent les nobles Bas te parler.[…]pour
le Ka du gouverneur de Nekheb (= El Kab), du gouverneur de Anyt (= Esna), responsable
du grain de Ant (= Dendérah) jusqu’à Nekheb, le supérieur
attentif, et dépourvu de fatigue, le scribe, Paheri, Juste de
voix."
Plus loin : "Puisse les portes de l’horizon s’ouvrir pour
toi, et les verrous se délier pour toi. Puisse tu arriver dans la salle
des deux Maat (= la salle du jugement où sera pesé le cœur
du défunt devant le tribunal des dieux) et que le dieu qui s’y
tient te salue […]Puisse tu te déplacer selon ton désir,
puisse tu sortir chaque mâtin et revenir dans ta maison chaque soir.
Puisse une lampe être allumée pour toi chaque nuit jusqu’à ce
que la lumière (du soleil) éclaire ta poitrine. Puisse t’on
te dire : Viens, viens, dans ta maison des vivants ! Puisse tu voir Ra dans
l’horizon du ciel et Amon à son lever. Puisse ton réveil être
bon chaque mâtin, détruisant totalement pour toi tout démon.
Puisse tu passer ton éternité le cœur joyeux par la faveur
du dieu qui est en toi, ton cœur (= ici, estomac) ne te torturant pas,
et tes aliments restant à leur place."
2) Lignes 22 à 35 : Paheri parle et vante ses propres mérites "Mon propre cœur m’a guidé sur la route de ceux qui
sont appréciés du roi !"
Paheri fait également
référence à des éléments
de la"confession négative"qu’on retrouve inscrite
dans le Livre des morts et qui énumère des actes que le défunt
n’a –théoriquement !-pas faits. Paheri a fait (ou pas
fait) tout cela parce que" je connaissais le dieu
qui est en l’homme".
3) Ligne 36 à la fin "Ecoutez, vous qui viendrez à l’existence, je vous parle
et il n’y a pas de tromperie dans ce que je dis !"
Ce sont les recommandations aux vivants, les
invitant à réciter
les formules rituelles pour lui, à lire ses actes dont il assure de
authenticité et à s’en inspirer pour leur plus grand bien. "Si vous récitez l’offrande invocatoire (faîte le)
conformément aux écrits ; des sorties à la voix selon la
formule des anciens, comme le ferait un dieu. Et quiconque lèvera ses
mains en prière, puisse t’il le faire de manière correcte,
et faire sa dévotion selon les règles, selon la lecture des commandements
ici inscrits. Puisse tu avoir des milliers de pains, des milliers de bière,
et par centaine de milliers toutes bonnes choses pures, pour le Ka de l’Osiris,
le gouverneur de Nekheb et Anyt[…]Paheri, Juste de voix."
Et la dernière phrase conclut cette longue inscription : "nefer
sedjem ten : Que l’écoute (de ceci) vous soit agréable".
4) La niche
La niche est rectangulaire,
profonde de 1,73 m, large de 1,50 m et haute de 1,80 m. L’ensemble
peut être comparé à une gigantesque stèle
cintrée entièrement couverte d’une très
longue inscription gravée en petits hiéroglyphes. Ces
inscriptions débutent 50 cm au-dessus du niveau du plancher
initial dont ils sont séparés par deux bandes horizontales.
Elle comporte
trois statues taillées directement dans la masse en très
haut relief. Les trois personnages sont assis et regardent vers l’entrée.
Paheri est représenté momiforme mais les bras repliés
sur la poitrine. A sa gauche, on trouve sa mère Kem et à droite
sa femme Henout-er-neheh. Toutes deux entourent le défunt de leurs bras.
Toutes les représentations ont été défigurées.
La niche est gravée
sur ses faces internes. Au-dessus, une frise de khakérous sépare
les statues du reste de la paroi-stèle.
La tête de Paheri est encadrée symétriquement par
ses deux titres honorifiques principaux : "Nomarque
de Nekheb (=El Kab), scribe", et "nomarque
d’Anyt (=Esna), scribe". Les
deux femmes sont "sa mère, qu’il aime, la maîtresse
de maison Kem, Juste de voix"et"sa
femme, qu’il aime,
la maîtresse de maison Henout-er-neheh".
Les côtés de la
niche :
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vue 54
Courtoisie Raymond Betz |
Niche: Côté Ouest (sommet) et Côté Est (fond) |
vue 53
Courtoisie Raymond Betz |
• Sur la partie ouest vue
54, "le nomarque,
le supérieur des prêtres,
le scribe", Paheri et sa femme sont attablés devant
une table d’offrandes, tandis que son fils Amenmes consacre les denrées
: "Faire la cérémonie de consacrer
les offrandes par son fils, qu’il aime, Amen-mes. Il dit : Puisse tu
respirer la brise du Nord ; puisse t’elle avoir le parfum de l’encens."
Et aussi : "Pour ton Ka, c’est pur !".
Un jeune enfant portant la tresse de l’enfance se tient aux côtés
de Henout-er-neheh. Il pourrait s’agir d’un petit fils ou du second
prince Ouadjmes. Sous la table est inscrit : "Partager
toute bonne chose".
Sous cette scène se tiennent six fils et filles de Paheri.
• Sur la partie est vue
53, Paheri lui même fait
offrande à deux
enfants royaux et à ses parents qui ont élevé l’un
d’entre eux. Il s’agit sur le premier siège du "fils
du roi, Ouadjmes" et de "son frère,
qu’il aime, le
fils du roi Amenmes". Sur le second, le "tuteur
du fils du roi Ouadjmes , Atefroura, Juste de voix" et de la "maîtresse
de maison Kem".
Sous l’autel, les différentes offrandes associées au signe
hiéroglyphique désignant "des milliers".
Sous cette scène, neuf fils et filles de Kem, incluant"son
fils, qui fait vivre leurs noms, le nomarque de Nekheb, Paheri"
Paheri, petit fils du prestigieux Ahmes
fils d'Abana, ne manquera pas
de se rattacher à ce
célèbre ancêtre dans sa tombe vue
51.
C’est également lui qui a fait graver l’inscription dans la
tombe de son grand-père, comme il le rappelle devant la figure qui le
représente aux pieds de celui ci : "Par
le fils de sa sœur,
le conducteur des travaux dans cette tombe, perpétuant le nom du père
de sa mère, le scribe d’Amon, Paheri, juste de voix."
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Bibliographie
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- Tylor J.J., Griffith F.L. : The tomb of Paheri at El Kab,
The Egypt Exploration Fund, 11, 1894.
- Desroches Noblecourt Ch. : Amours et fureurs de la Lointaine,
Stock, 1995
- Reeder G : The mysterious Muu and the dance they do, KMT,6,
3, Fall 1995, disponible sur Internet : http://www.egyptology.com/reeder/muu/
- Pino Cr. : Arte y Eternidad. La decoración de las tumbas
privadas en el Reino Nuevo. Cuadernos de Egiptologia
Mizar - Nº 8 , 1 ,Barcelona, Librería Mizar
- http://www.nilemuse.com/muse/sailorHorses.html : Horses that
sailed the Nile –El Kab
|
Page réalisée
par Thierry Benderitter
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