PAGE 1 | PAGE 2
Retournons nous maintenant et continuons notre visite par le mur droit.

MUR EST (DROIT)

Photomontage du mur Est par Jon Hirst - clickez sur les différentes parties

Cette paroi est dévolue aux scènes funéraires, seulement entrecoupées par une seconde scène de banquet, beaucoup moins développée que la première.
Nous allons d'abord examiner rapidement cette scène de banquet et l'image du couple qui la supervise.

Le couple Sobekhotep-Iahmes et le banquet

La scène commence après la porte donnant sur la petite pièce (voir plan) qui est maintenant murée.

Le couple assis est formé du "Prince héréditaire Sobekhotep, Juste de voix, révéré" qu'on identifie au père de Renni et à "sa femme, la maîtresse de maison Iahmes, Juste de voix" (vue est 81 et vue est 03 : Il s'agit de la même scène photographiée dans des conditions différentes).
Le couple est représenté sur un modèle assez semblable à son homologue sur la paroi Ouest, mais ici la femme ne tient pas de fleur et entoure son époux de ses deux bras. Sous le siège n'est représenté qu'un éventail. Devant eux une table d'offrande surchargée de viandes, pains, légumes... Devant, représenté beaucoup plus petit, un fils du nom de Djehoutymes, "sacrificateur dans le temple" leur présente la pièce de choix : la patte avant droite d'un boeuf, le Khepesh (vue est 80). Cette scène couvre la hauteur de deux registres dont elle est séparée par une ligne verticale.

Le banquet est représenté dans une partie du troisième registre du bas, sous cette scène et la dépassant légèrement vers la droite (vue est 82). En tenant compte de la cassure, il devait y avoir huit convives se faisant face quatre à quatre. Chacun est assis sur un siège reposant sur une natte devant une table d'offrandes individuelle (sur laquelle seuls les hommes ont de la viande): il s'agit de personnages d'importance, de la très proche famille du nomarque. Il s'agit de "fils" (Sa) et "fille" (Sat) du couple Sobekhotep-Iahmes, et notamment Renni lui même clairement mentionné : "son fils aîné, le Prince Renni" (vue est 12). Le nom de Renni est également porté par un des personnages féminins qui est donc -en principe- une soeur de notre Renni masculin. On peut la voir à l'extrême droite, juste avant la ligne verticale de séparation (vue est 120).

Les scènes funéraires

Ayant rempli ses obligations de références familiales, tout le reste de la paroi est exclusivement consacré à Renni. Les scènes funéraires qui y sont représentées sont d'un grand intérêt par leur originalité, leur bonne conservation des couleurs et, selon moi, la qualité de leur réalisation.

Il nous faut partir de l'autre extrémité de la paroi, près de la porte d'entrée pour en suivre le déroulement qui se fait sur trois registres.

Au sommet, on retrouve comme sur le côté opposé une grande inscription dessinée mais non gravée : "Offrandes que donnent le roi à Nekhbet, maîtresse de Nekheb, Osiris dans Nekhen et Anubis dans la nécropole. Puissent t'ils donner toutes choses bonnes et pures , des milliers de provision, des milliers d'encens, des milliers d'onguents, et toutes choses bonnes et pures. Puisse t'il recevoir tout ce que recouvre le ciel et que la terre produit, ou que Hapy apporte, pour le Ka de [...] Juste de voix, né du prince Sobekhotep, Juste de voix, et de la maîtresse de maison Iahmes."

1) Registre du haut

Le début est perdu. La première chose que l'on identifie encore est un grand traîneau  avec à l'avant un prêtre-sem vêtu de sa peau de panthère rituelle. Derrière lui, la figuration d'une chapelle de Basse Égypte à toit bombé (Per nou) dans laquelle se tient une femme debout tournée vers l'arrière et devant elle une figure très abîméee, probablement Renni, penché en avant et faisant sans doute adoration à la barque dont seule une partie de la proue est encore visible. Griffith propose d'y voir la barque solaire approchant la chapelle.

L'ensemble doit être très pesant, et un assistant humidifie le sol devant le traîneau sur lequel on a probablement placé une couche de limon du Nil pour faciliter la glisse (vue est 67), pendant que d'autres aident à la traction avec une corde. Des libations étaient aussi effectuées. Le texte nous dit l'action : "il verse de l'eau et du lait pour le prince à son passage" et plus loin ce commentaire : "le traîneau passe".
De l'autre côté de la fracture de roche, deux danseurs (homme et femme) chantent en rythmant le chant avec les bras. Devant eux un homme, qui tient lui aussi la corde de halage, guide les boeufs aux cornes desquels elle est accrochée (vue est 71). Au dessus des chanteurs, une inscription partielle nous informe que les paroles sont "dites par les gens de Pe et les gens de Dep" (plus de détails? clickez!). Le texte lui même est trop difficilement compréhensible pour en proposer une traduction suivie. Adolf Erman a pu y lire : "leurs coeurs sont joyeux, votre berger et votre maître est quelqu'un qui descend dans la terre aujourd'hui"

Devant l'attelage et semblant l'accueillir on trouve la représentation de trois danseurs Mouou (vue est 88, vue est 73). Leur figuration est caractéristique, avec leur couvre-chef très haut en roseau tressé et leur attitude avec une jambe levée et les index pointés. La signification de cette danse reste mystérieuse, mais le sujet a été bien abordé par Greg Reeder (voir bibliographie). Il est intéressant de comparer cette représentation avec celle de la tombe de Paheri qui sera gouverneur après Renni.

Viennent ensuite deux porteurs soutenant un grand coffre jaune qui repose sur ce qui ressemble à un lit avec des jambages rouges ouvragés en tête de lion (vue est 05). Il comporte deux yeux Oudjat sur ses parois, et il pourrait de ce fait s'agir du coffre contenant les vases canopes qui abritent les viscères du défunt. Sous le coffre une jeune femme du nom de Djeret avec une étrange coiffure. Tylor propose d'y voir une pleureuse assimilable à Isis ou Nephtys, mais cette assimilation me semble peu convaincante.

Ensuite vient une figuration du Tekenou (vue est 91, vue est 83), ici représenté sous forme d'un homme presque entièrement dissimulé par une (probable) peau animale. La signification de cette scène reste sujet à débat, l'opinion la plus fréquente étant qu'il s'agit d'un sacrifié virtuel, reliquat d'une très ancienne tradition où un authentique sacrifice humain avait lieu pour accompagner le défunt. Cette représentation du Tekenou est loin d'être constante dans toutes les tombes, un exemple célèbre se trouvant chez le vizir Ramose. A El Kab même, Paheri reprendra également cette figuration.
Le tekenou repose, comme toujours, sur un traîneau ici tiré par deux hommes. Devant eux, c'est l'arrivée à la nécropole où la déesse de l'Ouest tenant en main un signe de vie Ankh et un sceptre de pouvoir Ouser accueille le cortège (vue est 86). On voit le premier personnage lui rendre hommage par une libation d'eau. Les inscriptions d'accompagnement disent "[...] pour toi la montagne s'ouvre de deux côtés, la montagne donne deux mains pour toi. L'Amentit se réjouit de (ta venue) à l'Ouest." et "entrer dans la chambre secrète du grand palais".

2) Registre du milieu

On pourrait dire qu'il est exclusivement osirien, car il commence par une évocation du pélerinage en Abydos, et s'achève devant la statue du Grand Dieu.

a) Les scènes de navigation ( vue est 68, vue est 62b)

Le premier bateau, voile carguée et mû par des rameurs, descend le courant vers Abydos, une des villes saintes d'Osiris. Il tracte une barge où sont représentés, de manière il faut le dire très fruste, "L'Imakhou (= le bienheureux) auprès d'Osiris, maître du bel Occident, le scribe Renni, Juste de Voix auprès du Grand Dieu. Sa mère Iahmes, Juste de voix auprès d'Osiris". Les deux personnages sont assis sous un dai soutenu par de petites colonettes de bois.
Puis vient la navigation de retour : la barge était très probablement tirée par le même bateau avec son mat redressé, voile déployée pour profiter de la brise du Nord.
Ce pélerinage, représenté dans de nombreuses tombes, n'était peut être pas vraiment accompli par les gens de leur vivant, mais qu'importe! Sa représentation y suppléera magiquement.

b) Les scènes rituelles. (vue est 89, vue est 90, vue est 91)
Après une fracture de la roche, elles débutent par une très curieuse représentation d'un homme assis sur une jarre, portant un disque blanc sur la tête et purifié par des libations d'eau faites par deux autres personnages (vue est 16). La signification de la scène reste obscure. Tylor pensait qu'il pouvait s'agir d'un substitut de la statue de Renni portant un plat sur sa tête servant à l'écoulement de l'eau et qui était ainsi purifiée. Personnellement je pense que le disque est une symbolisation de la pleine lune et que le personnage purifié est le prêtre qui procèdera aux principaux rites. On peut remarquer que l'évocation de la lune , "Iah" est présente dans plusieurs noms dans la tombe, y compris celui de la mère et de l'arrière grand-mère de Renni. Notons au passage que ce nom de Iahmes est souvent rendu dans la littérature par Ahmès.

Après une ligne de démarcation verticale, nous trouvons un groupe de femmes assises, et après une lacune interdisant d'en préciser le nombre, une autre pleureuse debout, courbée vers l'avant, avec ses cheveux retombant devant son visage. Il s'agit d'après le texte des soeurs du défunt.
Ces scènes de déploration ont lieu devant l'endroit où se terminait la préparation de la momie. Nous voyons celle ci allongée sur un lit qui pourrait être celui ayant servi à transporter le coffre (vue est 75b). Un prêtre procède à une libation ou une aplication d'onguent. Puis c'est la cérémonie de l'ouverture de la bouche sur la momie redressée, qui devra lui rendre l'usage de ses sens (vue est 75, vue est 06). Plusieurs détails sont non conventionnels : les prêtres devraient être des Sem, avoir la tête rasée et porter la peau de panthère rituelle. Idéalement ce rituel aurait dû être accompli par le fils aîné de Renni.

c) L'édifice ( vue est 79, vue est 78)

Toutes ces manifestations ont dû se tenir dans l'édifice très original qui est représenté. Tylor propose d'y voir la maison de Renni. Il pourrait aussi s'agir d'un édifice cultuel. Il est constitué de six pièces, dont aucune n'ouvre vers l'extérieur. Sous une sorte d'arche sont de nouveau figurés deux danseurs Mouou, reconnaissables à leur couvre-chef (vue est 77). A côté de l'édifice, un bassin d'eau rectangulaire bordé de palmiers, représentés selon une curieuse perspective. A côtés, l'espace carré divisé en 16 zones représente probablement des zones irriguées. Au dessus, deux arbres qui peuvent s'inscrire dans une perspective osirienne, par contre la signification des deux obélisques reste obscure.

d) A la fin du registre, nous trouvons la conclusion du rituel.
Anubis attend Renni sous la représentation d''une chapelle de Basse Égypte et, aucun doute, va le mener à Osiris-Khentimentyou derrière lui.

3) Registre du bas

Nous avons déjà vu que sa partie gauche est occupée par une scène de banquet.
La partie droite constitue en fait une continuation du premier registre avec des participants de haut rang au cortège funèbre.
Nous retrouvons d'abord des hommes très bien travaillés, désignés comme des Prêtres Purs : Iahmes, Djabaemra et Djehouty. Suit une large lacune au

bout de laquelle on reconnaît ce qui reste d'un choeur de chanteuses. Celles ci sont dirigées par "son épouse bien aimée dans la place de son coeur Nehi". Celle ci est tournée vers elles et marche peut être à reculons (vue est 14). Les deux femmes suivantes, dans l'attitude du deuil sont respectivement Djehoutyhotep et Baba (lit écrit "Ba, 2 fois"). Leur discours devait être compréhensible facilement par leurs contemporains mais reste obscur pour nous car il fait référence à un fond cultuel qui nous est inconnu.
Vient ensuite un homme d'un certain âge, ce dont témoigne son alopécie typiquement androgénique (vue est 72). Il est identifié comme "son ami Saoumes". Il s'agit manifestement d'un homme d'importance vu sa prestance, son habillement et l'honneur qui lui est ainsi fait. Il suit quatre porteurs qui transportent un coffre qui devait contenir des effets personnels précieux pour le défunt et qui seront enterrés avec lui. A côté est figurée une jeune danseuse.
Devant, une autre pleureuse Sat-aah menant la procession et un serviteur portant un coffre et une jarre.
Enfin la scène se conclut par l'accumulation de produits qui serviront soit au rituel, soit au banquet (vue est 76) : provisions, sept jarres contenant sans doute les sept huiles sacrées rituelles. L'homme qui coupe la patte avant droite du boeuf de sacrifice est "son frère, le scribe, le boucher du temple" (vue est 85). Certaines pièces de viande grillent déjà au feu, mais il est certain que la cuisse coupée va d'abord être présentée encore chaude devant la momie de Renni car elle fait partie du rituel d'ouverture de la bouche.

LE MUR NORD

De chaque côté, trois porteuses d'offrande se dirigent vers l'intérieur de la niche ( à gauche: vue niche 69, vue niche 70 , vue niche 71; à droite: vue niche 68, vue niche 67, vue niche 66 )

Autour de l'ouverture, on trouve une inscription de deux lignes chacune:
• A droite: "Offrande que donne le roi à Osiris-Khentimentyou, maître de l'éternité, souverain de la pérenité, aux dieux qui le suivent (et à sa majesté?), qu'il accorde l'offrande invocatoire de pain, bière, viande, oiseaux, et des milliers de lin et d'encens, de pots d'onguents et toute bonne chose pure pour le Ka du Prince héréditaire, chef des prêtres, Renni, Juste de voix". En dessous on trouve une petite représentation de Renni assis.
• A gauche : "Offrande que donne le roi à Anubis dans sa montagne, qui est dans ses bandelettes, le maître de la terre sacrée (= la nécropole). Qu'il donne un bel enterrement à un âge avancé, l'entrée et la sortie de la nécropole, les doux souffles du Nord, pour le Ka du Prince héréditaire parmi les suivants divins, Renni, Juste de voix". Là encore on trouve en dessous une représentation de Renni assis devant une table d'offrandes.

L'inscription du dessus ( vue niche 52, vue niche 11) est particulièrement intéressante car elle nous permet de dater la tombe avec certitude, ce qui est loin d'être toujours le cas.
Elle nous montre deux représentations du "Prince héréditaire, le scribe, le maître de la joie, Renni, Juste de voix" en train d'offrir les vases rouges au cartouche du pharaon Djeser-Ka-Ra, c'est à dire Amenhotep I. Le souverain est qualifié de "Dieu parfait, maître du Double Pays" et "Doué de vie, éternellement".

LA NICHE

vue niche 51
Nous avons déja vu que son plafond est plat et décoré par les mêmes motifs que le plafond de la pièce principale, à l'exception de la figuration de la poutre en bois centrale.

1) Elle était centrée dans le fond par une statue de Renni (vue niche 57, vue niche 02)
Celle ci a été volontairement complètement fracassée, n'en laissant que la base et une portion du pilier dorsal.
L'entourant de chaque côté sur le mur du fond, un oeil Oudjat et une représentation d'Anubis couché sur la figuration de l'entrée de la tombe.

2) Les deux murs latéraux
Ils sont consacrés à des scènes rituelles réalisées dans la tombe elle même par les fils de Renni. Ces scènes sont peintes mais non sculptées (en dehors de quelques inscriptions). Elles ont conservé une belle coloration, même si leur facture n'est pas exceptionnelle.
Les deux panneaux sont surmontés par le signe hiéroglyphique du ciel et entourés sur leurs trois côtés par une frise Égyptienne alternant les rectangles colorés.


a) Mur Est (a droite)
La scène est toute entière dirigée vers le couple assis représenté par "le Prince héréditaire, le justifié, le scribe, Renni, qui renouvelle la vie, le maître de la joie, Juste de Voix auprès du Grand Dieu d'Abydos (= Osiris)" d'une part, et d'autre part "sa mère Iahmes, Juste de voix auprès d'Osiris". Renni a choisi sa mère au lieu de sa femme pour tenir le rôle pourtant essentiellement sexuel qui est le sien dans ce contexte. Elle enlace son fils d'un bras tandis que l'autre main lui tient le bras. Tous deux sont assis sur des sièges bas reposant sur une épaisse natte. Devant eux, une table d'offrandes bien garnie. En dessous du siège un grand pot en albâtre veiné qui contenait une substance précieuse dont nous ignorons la nature
Encore en dessous, des objets que le défunt considérait comme particulièrement utile pour sa vie dans l'Au-delà, deux paniers, un large collier Ouser, deux pagnes et ce qui semble correspondre à deux vases étiquettés, deux coffres dont un en ébène incrusté d'ivoire et enfin un curieux objet non identifié évoquant le hiéroglyphe Aa18 de Gardiner .

Vers l'avant en haut, on trouve ce qui est désigné dans le langage égyptologique comme "la pancarte", un ensemble de denrées énumérées dans des rectangles verticaux.
Cette liste est plutôt réduite tant en variété qu'en nombre: 22 types d'offrandes avec des quantités faibles : 1 pain, deux jarres de vins, etc...
On peut comparer avec les listes que l'on trouve dans les tombes de la quatrième et cinquième dynasties à Saqqara qui montre jusqu'à 96 types d'offrandes différentes. Les quantités aussi sont différentes, elle sont exprimées en milliers. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce changement:
· la sortie récente de la domination Hyksos, les nomarques n'ayant pas encore retrouvé le statut ni la richesse qu'ils avaient à l'Ancien Empire;
· le fait que le nomarque d'el Kab était un personnage moindre que les proches du pharaon inhumés à Guizeh et Saqqara.
· un changement des habitudes cultuelles; les produits mentionnés auraient alors été véritablement présentés dans les quantités indiquées lors de la cérémonie de l'enterrement. Cette hypothèse me semble la plus vraisemblable car sa figuration au plus près de la statue de Renni renouvellerait ainsi pour l'éternité un fait avéré.

Les participants à la cérémonie sont des fils de Renni. Le nom du prêtre-sem est perdu. Derrière lui, le porteur du rouleau (un Livre des Morts?) est Djehouty. Trois autres fils, Tchouni, Iahmes à la peau plus claire (mais il ne s'agit pas d'une femme, l'artiste a voulu bien montrer qu'il y avait trois personnages) et enfin Neferhotep sont agenouillés, un bras levé et l'autre frappant la poitrine, dans l'attitude typique du rituel Henou, rarement représenté dans les tombes privées. Il est en relation avec les "Puissances" de Pe et de Nekhen (plus de détails? clickez!). Un dernier fils, Nebmes regarde le couple mais à son corps est tourné dans l'autre sens et porte ce qui ressemble à un filet.
En dessous, Djehouty-our fait l'offrande du brasero d'où jaillit une flamme. Il est suivi par le sem Iahmes et enfin par Paheri tenant en main un petit rouleau.



b) Mur Ouest (à gauche)

La scène est construite sur le même modèle. La femme est en partie effacée mais s'appelle également Iahmes, il s'agit donc encore probablement de sa mère. Sous les sièges, un beau vase recouvert d'un bouchon. Renni tend la main vers une table d'offrande effacée. A l'avant, un garçonnet debout, anonyme. Devant lui, Nebseny agenouillé fait une offrande. Il est suivi d'un sem et d'un autre fils portant le grand rouleau déjà mentionné. Les trois personnages qui font ensuite le rite Henou sont trois fils, Merhotep, Iahmes dont la peau est représentée plus clair et Tchouny. Nebmes, filet (?) en main, semble s'éloigner de la scène.

Dans le registre du bas on trouve la cérémonie de "l'ouverture de la bouche dans la Maison de l'Or pour sa statue, en ce beau jour" qui semble se dérouler sur une statue du défunt. La Maison de l'Or désigne l'endroit de la tombe où repose le sarcophage, et le beau jour est celui de l'enterrement.
On remarquera que sur ce registre, personne ne porte l'écharpe blanche rituelle en travers de la poitrine.
Le sem qui officie est "son fils Nebseny". Derrière lui, Maay tient un vase à libation; il est suivi par Djehouty-nefer qui apporte la patte avant droite d'un boeuf, et d'un autre personnage portant le coeur indispensables à la cérémonie. Ainsi l'indique une formule d'offrandes assez répandue :"on découpera un cuisseau pour ton Ka et le coeur pour ta momie". La présentation du cuisseau et du coeur est donc un rite d'ouverture de la bouche. Elle ne sert pas à alimenter le défunt mais à animer sa statue ou sa momie.
Après la fracture, d'autres personnages anonymes font des offrandes diverses.

Ainsi se termine notre visite de la tombe de Renni. Ce monument, s'il n'est pas un chef d'oeuvre artistique, reste néanmoins fort intéressant comme nous l'avons vu, et c'est un des seuls témoins dans ce genre pour le tout début de la XVIIIème Dynastie.

PAGE 1 | PAGE 2

Bibliographie (merci à Jose F. Alonso)

- Porter /Moss V, p. 179 (plan); p. 183-184 (tomb nr. 7)
- Tylor Joseph John : Wall drawings and monuments of El Kab, vol. 4: The tomb of Renni.    (London, 1900)
- Bennett C.J.  : A Genealogical Chronology of the Seventeenth Dynasty, JARCE 39
   (2002) (pub 2004), 123-155.
- Fischer H.G. : JEA 66 (1980) 157
- Hartmann H. : Necheb und Nechbet: Untersuchungen zur Geschichte des Kultortes Elkab    (Ph.D. thesis, Mainz, 1989) 299ff
- Marciniak Marek : MDAIK 37 (1981) 203
- Marciniak Marek : Les descendants thébains de Renni, maire d'El-Kab, in: Hommages à    François Daumas,  Montpellier, 1986, 495-498
- idem BIFAO 81 Supp. (1981) 43
- Assmann Jan : Mort et au-delà dans l'Égypte Ancienne, Rocher, 2003
- Romer John : Romer's Egypt , London, 1982, 157ff
- Wente E.F. : JNES 43 (1984) 47
- Whale S. : The Family in the Eighteenth Dynasty of Egypt , Sydney, 1989, 16ff
- Reeder Greg : The mysterious Muu and the dance they do, KMT, 6, 3, Fall 1995 , disponible sur Internet : http://www.egyptology.com/reeder/muu/




Page réalisée par Thierry Benderitter
Texte par Thierry Benderitter (avec l'aide de Raymond Betz)
Photographies par Raymond Betz, Christian Mariais, Jacques Boel, Michel Treillet, Jon Hirst, Jean-Christophe Thomazo
© Copyright OsirisNet 2007