22/06/2008

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Merci à
Charlotte Lejeune
pour son texte


Amenemhat a vécu durant la première moitié de la XVIIIème dynastie et a fait préparer sa tombe sous le règne de Thoutmosis III, dans la nécropole de Thèbes, sur la colline occupée actuellement par le village de Sheikh Abd el-Gournah.
Si l'on se contentait de ses principaux titres, "intendant du vizir", et "scribe-comptable du grain dans le grenier de l'offrande divine d'Amon", il nous apparaitraît comme un personnage subalterne : le serviteur d'un autre et un simple scribe au sein d'une immense institution qui en comptait des centaines.

Pourtant Amenemhat était un dignitaire riche et cultivé. En effet, il a fait creuser une tombe de grande taille, inventoriée aujourd’hui TT 82, et dont la décoration semble avoir été achevée.

Mais TT 82 comprend un certain nombre de particularités qui la rendent d'autant plus intéressante. Ainsi, Amenemhat a réemployé le grand corpus funéraire de l'Ancien Empire, les Textes des Pyramides, comme très peu de personnages de son époque. De plus, la tombe est particulièrement riche en informations à propos de la conception égyptienne de la mort et de la renaissance, des croyances divines en général.
Donc, si elle correspond assez bien à la norme des sépultures thébaines contemporaines par son architecture et son iconographie, elle comporte aussi de nombreuses originalités qui en font un monument unique au sein des réalisations de la XVIIIème dynastie.

LE PERSONNAGE AMENEMHAT


Amenemhat, "Amon est en avant", porte un nom très répandu dans l'onomastique thébaine, car Amon est la principale divinité de Thèbes.

 Sa famille 

Sa famille est bien connue car il a tenu à faire représenter aussi bien ses parents et ancêtres que ses frères et sœurs et ses descendants, dans sa tombe et sur les autres monuments qui le mentionnent.
Les grands-parents paternels d'Amenemhat se nommaient Kemy (ou Kay) et Antef. Kemy était "directeur des champs nouvellement acquis" et "Supérieur du portail". Ses grands-parents maternels étaient Antef et Iahhotep. Amenemhat n'a pas fait mentionner les titres de son grand-père maternel Antef. Les deux grands-mères portaient simplement le titre "maîtresses de maison", réservé aux femmes mariées.
Le père d'Amenemhat se nommait Djéhoutymès. Il portait les mêmes titres que son père. Il est aussi désigné par le terme de "notable". La mère d'Amenemhat s'appelait Antef. Elle était "maîtresse de maison".

En raison du flou induit par la pauvreté de la terminologie familiale égyptienne, il est souvent difficile de déterminer quel lien de parenté lie parfois deux personnes. Ainsi, les termes "frère" (sen) et "sœur" (senet) étaient appliqués non seulement aux enfants nés de mêmes parents, mais aussi aux demi-frères et demi-sœurs, aux cousins, et aux conjoints de cousins germains. Surtout, senet est assez souvent un mot tendre pour désigner l'épouse.
C'est pourquoi, dans l'iconographie de sa tombe, il est difficile de déterminer qui sont ses vrais frères et sœurs, qui sont ses parents par alliance et ses parents plus éloignés : par exemple, lorsqu'une dame assise au côté de son mari dans une scène de banquet est définie par le terme senet, est-elle "aimée de son mari", ou "sœur d'Amenemhat" ?
Les frères et sœurs les plus importants sont tout de même identifiés avec certitude : la principale sœur d'Amenemhat est Ahmes, la mère de Baket-Amon. Amenmès était scribe du grenier de l'offrande divine, comme son frère. Il est bien placé dans les banquets familiaux et devait vraiment être un frère. Amen-[...] (il manque) était scribe du vizir, et suit toujours Amenmès.

Amenemhat était marié à Baket, qui est aussi appelée Baket-Amon. Elle est d'abord désignée comme "la fille de sa sœur". Elle serait donc sa nièce. La définition des mariages autorisés et interdits en Egypte ancienne nous est inconnue. Nous ne connaissons rien des tabous égyptiens en la matière, sinon qu'ils sont différents des nôtres. Nous savons que les Egyptiens se mariaient jeunes, souvent dès la puberté, la plupart du temps dans le voisinage géographique, dans le même milieu social, et parfois même avec des membres de la famille : il y avait endogamie géographique, sociale et familiale. Le mariage d'Amenemhat et Baket ne devait pas paraître choquant, et il n'était pas exceptionnel.

Amenemhat a eu de nombreux enfants qui sont représentés sur les parois de sa tombe lui rendant le culte funéraire ou participant simplement aux banquets. Cinq fils sont représentés dans la tombe. Parmi eux, le plus important s’appelle aussi  Amenemhat. Il fait offrande à ses parents trois fois, et doit être l'aîné. Sur une paroi apparaissent les artistes de la tombe et le premier représenté est son fils, qui dirigea le travail, mais son nom est effacé. Amenhotep doit être le cadet : dans la troisième salle et le caveau, il fait offrande à son père sur les murs opposés à ceux sur lesquels Amenemhat-fils agit. Seules deux filles sont nommées dans la tombe. Dans la chapelle, elles sont toujours représentées ensemble. Elles s'appellent Satamon et Amenemheb.

Les choix des prénoms dans la famille montre un réel attachement à Amon. Nous remarquons aussi que les mêmes prénoms reviennent d'une génération à l'autre, et même au sein de la même génération. Enfin, les aînés d'Amenemhat, dans sa famille ou celle de son épouse, portent des titres identiques aux siens…

 Sa carrière 

Les titres d'Amenemhat reflètent ses fonctions dans la société égyptienne. En Egypte, il n'y a pas de séparation entre l'Etat et la religion, Amenemhat en est un bon exemple.
Comme tout lettré, il porte avant tout le titre de scribe, mais rarement seul. Sa première fonction fut probablement celle de "scribe-comptable du grain dans le grenier de l'offrande divine d'Amon". Cela indique qu’il était responsable de l'entrée, du compte et de la sortie du grain conservé dans un grenier particulier du temple et réservé à la préparation des pains et gâteaux servis à la table d'offrande du dieu.

Après celui de comptable du grain d'Amon, son titre le plus important est celui d'"intendant du vizir". Le vizir était le second personnage de l'Etat égyptien après le pharaon, et, même s'il y avait deux vizirs à cette époque, un pour la Haute Egypte et un pour la Basse Egypte, l'intendant avait fort à faire : la taille de la maisonnée du vizir, dont il était responsable, devait être à l'échelle de sa fonction. C'est de loin le poste le plus important d'Amenemhat. Il devait s'occuper des diverses sources de revenu de son maître et garder une comptabilité stricte des serfs, des champs, du grain, et des métaux précieux appartenant au domaine du vizir. En plus de cela, il avait l'habitude de se voir confier, comme le raconte son texte biographique, des constructions variées et des travaux similaires, non seulement au nom du vizir même, mais aussi au nom du roi. Selon toute évidence, Amenemhat a été intendant du vizir Ouser. Peut-être a-t-il aussi géré la maison du père d'Ouser, le vizir Ahmes, puisqu'il lui rend hommage dans la première salle de sa tombe.

Outre ses principaux titres, Amenemhat en porte trois autres mineurs.
• Il est assez régulièrement qualifié de "supérieur des tisserands d'Amon". Les tisserands attachés au temple d'Amon devaient réaliser les tissus des habits sacerdotaux. Ils appartenaient donc à cette foule immense qui faisait fonctionner la vie du temple. Amenemhat était responsable de la production de lin devant les prêtres.
• Il porte aussi le titre de "directeur des champs nouvellement acquis", qui apparaît occasionnellement à la XVIIIème dynastie. Nous ne savons pas si Amenemhat exerçait cette fonction dans le temple d'Amon ou pour l'administration civile ?
• Enfin, son titre le plus mystérieux est celui de "Supérieur du portail". Cette fonction très ancienne reste méconnue.

Ces titres ne sont pas très nombreux, mais Amenemhat avait d'importantes responsabilités.
Ni sa tombe, ni les autres mentions qui sont faites de lui sur d'autres monuments ne permettent de retracer sa carrière avec certitude et dans les détails, entre autre parce que les informations que nous recueillons dans TT 82 concernent principalement sa fonction d'intendant. Bien sûr, il est d'abord devenu scribe, et a porté ce titre, signe de son indispensable compétence intellectuelle pour entrer dans l'administration royale ou religieuse. Il a hérité quatre de ses cinq titres de ses parents : son père et, son grand-père paternel, le père et le grand-père de sa femme. Donc seul le titre de comptable du grain dans le grenier de l'offrande divine d'Amon ne lui a pas été transmis.
Mais pour lui, il semble que seul son rôle auprès des vizirs ait compté.

HISTOIRE DE LA TOMBE


1) Les destructions et les réoccupations
Les premières mutilations subies par la tombe semblent être le fait de la période amarnienne, ce qui nous apprend que la chapelle était toujours ouverte et accessible plus de 100 ans après sa décoration. Les fidèles du dieu Aton ont martelé au ciseau et au marteau le nom du dieu Amon, les trois signes formant ce nom, partout où ils apparaissaient dans la chapelle (à quelques rares exceptions), ainsi que le mot "dieux". Nous ne savons pas encore à quel moment les figurations du prêtre vêtu de la peau de léopard ont été détruites. Le souvenir d'Amenemhat n'a en tout cas pas souffert d'une Damnatio memoriae, comme c'est souvent le cas durant des périodes politiquement troublées.
Combien de temps Amenemhat et ses proches ont-ils bénéficié d'un service funéraire, de visites de la famille lors de la Belle Fête de la Vallée ? Aucun élément ne nous permet de le dire.
Le caveau et la chapelle ont été réutilisés pour des inhumations anonymes durant l'époque pharaonique, mais elles ont aussi été entièrement pillées, les voleurs n'ayant laissé que des morceaux de corps et de cercueils brisés, quelques fragments de l'équipement funéraire, des cônes, des vases canopes, près de 150 oushebtis grossiers et une brique magique.
Plus tard, la présence d'ermites coptes dans la nécropole thébaine est responsable d'autres dégâts irréparables dans les tombes. Chez Amenemhat, les moines ont ainsi entaillé les figures féminines des deux premières pièces, craignant peut-être les désirs interdits qui naîtraient en eux face à ces superbes images. Sur le mur ouest du passage, ils ont griffonné plusieurs signes, quelques croix, et un mot. La chapelle a donc été réutilisée, peut-être comme habitat ou comme église, à l'époque copte et peut-être postérieurement.
Dans le couloir d'entrée, un trou ovale de la taille d'un corps a été creusé dans le sol, c'est une inhumation sommaire assez tardive, peut-être post-pharaonique. Dans la salle transversale, deux pièces et un renfoncement ont été grossièrement taillés, détruisant les peintures des murs est et sud (paroi Est), et du coin nord-ouest. Sur les scènes d'offrande aux ancêtres et aux artistes, nous relevons l'effet de dégradations naturelles de la paroi, mais des martelages sont aussi manifestes.
Puis une fois de plus la chapelle a été abandonnée au désert…

2) L'histoire récente et la "fouille"
La dernière période de destruction de la tombe date des débuts de l'égyptologie. La tombe a été visitée par Robert Hay , copiée par James Burton et John Gardner Wilkinson. Lepsius, à son tour, a visité la chapelle et le caveau et a été suivi par bien d'autres. La demande croissante des Occidentaux pour les images de l'Egypte pharaonique a poussé les habitants de Louqsor à arracher des fragments des peintures, chez Amenemhat comme dans les autres chapelles, avant qu'une porte en métal ne vienne en 1907 protéger la tombe des pillages. Mais d'après la description de Robert Hay, la tombe était à son époque dans l'état dans lequel Alan Gardiner l'a connue en 1914. Enfin Norman de Garis Davies et Ernest Mackay ont vidé les puits de leur contenu et restauré l'ensemble en 1914.

SITUATION, ARCHITECTURE, RÉALISATION DE LA TOMBE


 L'emplacement de la tombe 

La tombe d'Amenemhat se trouve à Sheikh Abd el-Gournah, une des collines qui bordent les falaises du désert occidental à Thèbes. Durant la première moitié de la XVIIIème dynastie, c'est ici qu’ont été creusées le plus grand nombre de tombes privées (voir plan, d'après Kampp).
Amenemhat est enterré à proximité des deux vizirs qu'il a fait représenter dans sa tombe, Ahmes et Ouser, de trois premiers prophètes de divinités importantes, et de personnages possédant les plus hauts postes dans l'administration royale et dans celle du temple de Karnak.
La tombe d’Amenemhat se trouve donc parmi celles de l'élite administrative et religieuse de son époque qui s'est réservée le haut de la colline, auprès d'importants personnages du temple d'Amon qu'il a côtoyés.

Comme la plupart des Egyptiens, Amenemhat a fait préparer sa tombe sur la rive ouest du Nil. Dans la pensée égyptienne, le soleil "mourait" chaque soir à l'Ouest pour renaître le lendemain à l'Est. En étant enterrés à l'Occident, les défunts espéraient suivre l'astre dans sa course nocturne et renaître avec lui au matin. Plus simplement, ils cherchaient à s'identifier à lui.
A Thèbes, certaines particularités topographiques accentuent le caractère funéraire de la rive ouest : celle-ci associe un symbole solaire - la Cime, le plus haut sommet du plateau formant une pyramide naturelle - à un symbole hathorique : dans les croyances funéraires thébaines, la montagne est la vache Hathor, incarnation de l'Occident propice aux défunts mais aussi vache du ciel qui avale le soleil chaque soir pour lui redonner naissance au matin. Ainsi, à Thèbes, le défunt, déjà enterré dans le ventre de la déesse, s'approprie un destin solaire.

Traditionnellement, une tombe est orientée selon un axe symbolique/théorique est-ouest. Ainsi, la paroi la plus éloignée de l'entrée se trouve le plus près du royaume des morts, à l'ouest. Cette paroi était occupée par une stèle fausse-porte, moyen de communication entre les vivants et le défunt, par le biais d’une statue du défunt. C'est par la fausse-porte que le défunt revenait participer au repas funéraire sous la forme de son ka (son énergie vitale).
La tombe TT 82 est orientée selon un axe géographique quasiment sud-nord , de sorte que l'espace le plus sacré, au fond de la tombe, se trouve au nord, et non à l'ouest. A Thèbes, les tombes aménagées dans les collines au pied de la falaise occidentale ne peuvent pas toutes être orientées selon un axe est-ouest, en raison des réalités géographiques. Artisans et propriétaires ne s'en sont pas inquiétés, et considéraient que la tombe était orientée malgré tout selon un axe est-ouest, l'axe symbolique de la tombe.

 L'architecture de la tombe, traditionnelle ? 


Plan de TT82

Plan en coupe de TT82
La tombe a été creusée au Moyen Empire, deux cents ans avant qu'Amenemhat ne l'achève et ne l'aménage à son goût. En effet, au début de la XVIIIème dynastie, tandis que le pays se reconstruisait et que les rois de Thèbes devaient réaffirmer leur pouvoir par de grandes constructions, les riches nobles trouvaient peu de main-d'œuvre habile pour creuser leurs tombes. Ils se contentaient souvent de tombes déjà ébauchées qu'ils faisaient achever. Il y aurait finalement autant de tombes du Moyen Empire que du Nouvel Empire dans la nécropole thébaine.
La tombe d'Amenemhat est précédée d'une avant-cour immense creusée dans la montagne, un espace transitoire entre le monde des vivants et le monde des morts. L'hypogée est composé de deux espaces creusés distincts : une chapelle funéraire et un complexe souterrain.

La structure générale de la tombe d'Amenemhat suit le schéma général "en T renversé", un plan commun à la plupart des tombes de la XVIIIème dynastie : une première salle parallèle à la façade de la tombe et une seconde qui lui est perpendiculaire, complétée d'un sanctuaire et d'une niche. Mais TT 82 n'est pas une réelle "tombe en T", le couloir d'entrée étant exceptionnellement long (environ 6,60m de long, 1,6m de large et 2,6m de haut).

Suivent trois pièces en enfilade. La première (A) est une pièce transversale perpendiculaire à l'axe de la tombe, qui mesure 11 m de large environ. La seconde pièce est un corridor de 5,50m (B) qui suit l'axe de la tombe, un peu plus basse que la précédente. La dernière pièce constitue presque un carré de 3,25 m de côté environ. Cet espace est le plus sacré de la chapelle. Le mur de fond est percé par une niche (C) de très grande taille qui contenait probablement la statue d'Amenemhat et de son épouse. Aujourd'hui il n'en reste rien.

L'accès aux pièces souterraines, fermé le jour des funérailles après que le défunt et son matériel funéraire y a été descendu, se fait par un puits vertical de 8,50 m de profondeur partant de la niche. Au fond du puits, on trouve le premier niveau des chambres, la première étant une petite "pièce" au Sud, surement d'époque postérieure. Dans l'autre direction, la sortie du puits a été bâtie pour recevoir une porte et s'ouvre dans une grande pièce rectangulaire (D). Dans son coin Sud-Est un petit passage mène à une autre pièce (E) de la même taille. Dans le coin Sud-Ouest de la pièce D on trouve un second puits beaucoup plus petit menant au second niveau souterrain. Un petit passage vers le Sud mène à la vraie chambre funéraire (F).

 La réalisation de la tombe 

La tombe d'Amenemhat n'est pas ornée de bas-reliefs, mais simplement peinte, comme ses voisines. En effet, se trouvant haut sur la colline, elle est creusée dans une couche de calcaire de mauvaise qualité qui ne peut pas être sculptée. La paroi de calcaire grossièrement taillée fut couverte d'une couche de calcaire broyé, puis d'une couche de mortier de calcaire plus fin, avant que les pigments de peinture soient appliqués.

Tous les plafonds sont peints de façon élaborée et divisés en sections par de longues bandes jaunes inscrites de grands hiéroglyphes bleus (vue 40, venant du corridor B). Les motifs sont des fleurs et des figures géométriques dans les tons blanc, ocre, brique et bleu. Chaque plafond (sauf ceux des passages au début et à la fin du corridor B) comporte de plus de larges bandes jaunes soulignées de bleu puis encore d'une épaisse bande blanche. Elles courent le long des grands axes des pièces et des textes y ont été inscrits, également en bleu.
Le style des encadrements de porte (ce sont des lignes et des colonnes de textes hiéroglyphiques entourant la porte) varie peu dans la tombe et, comme celui des plafonds, il est tout à fait traditionnel. Les formules qui les couvrent sont principalement des prières aux dieux ou des rappels des titres d'Amenemhat. Ces encadrements viennent rompre la continuité des scènes.
Celles-ci n'occupent pas la totalité des parois. Comme dans la plupart des tombes thébaines, le soubassement est plâtré et laissé blanc. Ici, il mesurerait 55 cm sous les scènes et au moins 75 cm dans les encadrements de portes. Un soubassement coloré de deux bandes rouge et jaune entrecoupés de traits noirs délavés sépare cet espace vierge des figurations.
Différentes bordures entourent les scènes sur les côtés et au-dessus. Partout au-dessus des scènes, la bordure supérieure est surmontée du motif khakherou en frises de 17 à 19 cm de haut, de couleurs bleu, vert et rouge. Juste en dessous, et de prolongeant sur les côtés verticaux, on trouve ce qui est connu comme "frise égyptienne" formée de rectangles colorés (rouge, vert, jaune et bleu) entre deux bandes vertes et séparés par des mtifs blancs finement cerclés de noir (vue 8). Dans le hall tranversal, l'extémité distale des murs comporte de plus un autre motif traditionnel blanc et noir "en corde", doublé à l'extérieur d'une ligne bleue (vue 15).

Enfin, dans la chapelle, les principales inscriptions des scènes sont dessinées minutieusement et peintes avec des couleurs variées, tandis que les textes mineurs, descriptions ou discours, sont de plus petite taille et toujours peints en bleu.

LE PROGRAMME ICONOGRAPHIQUE ET TEXTUEL DE LA TOMBE


Dans le large répertoire de thèmes iconographiques disponible à Thèbes au Nouvel Empire pour les tombes, Amenemhat a sélectionné certaines scènes et en a écarté d'autres. Le programme décoratif qu'il a choisi est donc révélateur de sa pensée et de ses besoins en matière funéraire.

Le style iconographique de l'artiste correspond bien à l'époque de Thoutmosis III, tel qu'Arpag Mekhitarian le définissait : "sévérité d'allure, un peu de raideur dans les mouvements, amour de la symétrie dans la composition, couleurs tranchées et opaques sur un fond bleu ciel". Dans TT 82, le fond est peut-être plus gris que bleu clair et les couleurs parfois douces et pastelles, opposées aux teintes fortes des peaux et des chevelures (mais aujourd'hui, le noir des perruques s'est effacé).
...Cette tombe peut se distinguer des autres tombes de l'époque par la qualité de la réalisation des scènes.
Les personnages importants (le défunt et sa femme, les prêtres, les enfants et les membres des banquets) sont peints de façon traditionnelle, sans aucune recherche sur le mouvement, sur la coiffure ou la parure; les sujets principaux sont soumis aux conventions, figés. Autour d'eux, il y a peu de notations pittoresques, elles ne sont pas dans les préoccupations des artistes et des dignitaires de cette époque. Le style est donc tout à fait archaïsant, comme c'était la mode de l'époque.

La composition est aérée, équilibrée, le dessin est très régulier et précis, les couleurs sont particulièrement bien choisies dans certaines scènes, car elles sont complémentaires, avec le rouge brique et le vert Véronèse par exemple. Les scènes sont bien composées, quand bien même elles sont aussi banales que les représentations d'offrandes et de banquets, très nombreuses chez Amenemhat.
Et comme tous les artistes égyptiens, celui de la tombe fait preuve d'une grande exactitude dans l'observation des animaux, particulièrement l'observation de leur démarche, qui parait même plus naturelle que celle des hommes. De plus, les mouvements des doigts des musiciens sont bien observés, notamment ceux du luthiste.

L'ENTRÉE


L'encadrement extérieur de la porte de la tombe et la décoration du couloir d'entrée ont presque totalement disparu. Mais sur les montants et les linteaux de des portes au début et à la fin de ce couloir, il reste quelques traces du nom et des titres d'Amenemhat, ainsi que les cartouches du roi Thoutmosis III écrits en hiéroglyphes colorés entre des lignes bleues.

LA SALLE TRANSVERSALE A


Cette salle qui est donc perpendiculaire à l'axe général Nord-Sud de la tombe mesure 11m d'une extrémité à l'autre et est haute de 2,75m. Elle comporte six parois généralement divisées horizontalement en deux registres. C'est l'espace le plus abîmé de la chapelle. Le registre inférieur a totalement disparu sur plusieurs parois, et comme dans tout le monument, le nom "Amon" dans le nom et les titres des défunts et de leur famille a été martelé par les partisans d'Akhenaton plus de cent ans plus tard.

 Le mur sud 

Les deux parois sud sont les plus abîmées de la tombe, mais grâce à ce qui reste des inscriptions et grâce aux parallèles de ces scènes dans la tombe même et dans la nécropole thébaine, nous pouvons les reconstituer : Amenemhat y avait fait représenter deux banquets funéraires de composition similaire, en symétrie par rapport à l'axe d'entrée, en l'honneur des deux vizirs de Haute-Egypte qu'il a servis.

Jon Hirst, d'après Davies, Amenemhet, planche III,
Pièce A, mur Sud, moitié Ouest

Chacun d'eux est assis avec son épouse aux extrémités des parois Ainsi on trouve Ahmes et sa femme Tahmes sur le mur Est, son fils Ouser sur le mur Ouest. Devant chacun d'eux, Amenemhat lui-même assure le service funéraire et les prières qui garantissent aux défunts l'offrande alimentaire éternelle. En effet, le Ka du défunt, la partie de son être qui représente son énergie vitale, en a besoin pour survivre après la mort. Cette offrande est matérialisée par la table surchargée de victuailles qui sépare le couple d'Amenemhat. Derrière lui des proches des vizirs sont assis, par exemple des enfants dont le nom est conservé au dessus d'eux, qui participent au banquet.

 Le mur ouest 

Jon Hirst, d'après Davies, Amenemhet,
Pièce A, mur du fond à l'Ouest
Le mur ouest est un des deux du fond, il est divisé en deux registres.
1) Au registre supérieur, Amenemhat devant ses "ancêtres" récite une prière d'offrande. Ceux-ci sont assis par couples, derrière une table d'offrande lourdement chargée de victuailles. Certains tiennent dans la main le signe hiéroglyphique de la santé, d'autres une fleur de lotus, symbole de renouveau. Il s'agit de ses parents ses grands-parents, ses sœurs et leurs époux (dont les parents de son épouse Baket), et les grands-parents paternels de Baket.
Ces "ancêtres" sont assis dos au fond de la tombe, tandis qu'Amenemhat tourne le dos à l'entrée de la tombe. Symboliquement, cela signifie que les "ancêtres" appartiennent au royaume des morts, et Amenemhat à celui des vivants. Amenemhat a voulu montrer ici sa propre piété filiale non seulement aux visiteurs de sa tombe, mais surtout aux dieux : il s'est fait représenter vivant en train de visiter les tombes de ses "ancêtres" et de garantir à ceux-ci leur culte funéraire. En effet, c'est traditionnellement au fils aîné, puis à ses héritiers, de prendre en charge ce culte. En apportant des offrandes à ses ancêtres, Amenemhat donc remplissait son devoir filial. Il attendait la même chose de la part de ses propres descendants et pour cela, donnait l'exemple.
Mais il faut bien dire que les familles étaient méfiantes, et souvent, si ses moyens le permettaient, des prêtres étaient payés pour pallier la défaillance possible des descendants...

2) Au registre inférieur, c'est devant les artistes de sa tombe que se tient Amenemhat, dans une scène de composition assez similaire à celle du registre supérieur. Devant lui, l'amoncellement d'offrandes est moins conventionnel que d'habitude dans sa structure, mais l'on retrouve les boissons et les aliments habituels : pains, viandes, légumes, bière, vin …. Amenemhat adresse une prière aux dieux en faveur des artistes et récompense ceux-ci avec des bandeaux. Ils les portent déjà autour de la tête. Il s'est fait représenter vivant puisqu'il tourne le dos à l'entrée. La figuration des artistes est très abîmée par le percement d'une chambre à époque tardive.
Tout d'abord, "Son fils, le directeur de la construction de cette, le scribe, Amenemhat, Juste de voix", puis "L'artisan des contours, Ahmes, Juste de voix" et "Le sculpteur qui a fait ses statues". Les autres artisans ont été détruits.
Cette scène est unique dans la nécropole thébaine. En Egypte, les artistes n'avaient pas un statut comparable à celui des artistes de notre civilisation, leurs réalisations restaient la plupart du temps anonymes. Il est donc tout à fait exceptionnel de pouvoir ici identifier les créateurs d'un monument.

 Le mur Nord 

1) Le mur nord, paroi ouest

Jon Hirst, d'après Davies, Amenemhet,
Pièce A, murd Nord, moitié Ouest

a) Le registre supérieur
Il est occupé par une scène traditionnelle de banquet assez bien conservée. Amenemhat et son épouse Baket sont assis dans le coin ouest, comme si, à nouveau, ils appartenaient encore au monde des vivants. Le couple a devant lui un amoncellement d'offrandes remplissant toute la hauteur du registre : Pains ronds, oignons, volailles et fruits principalement (vue 8).
De l'autre côté des offrandes, le prêtre-sem, spécialement chargé du culte funéraire, et reconnaissable habituellement à son costume en peau de léopard, a été soigneusement martelé. C'est un fils d'Amenemhat, nommé aussi Amenemhat, qui récite une prière pour assurer l'offrande funéraire au Ka de son père (vue 7).
Derrière lui, la scène de banquet est divisée en trois sous-registres.
Un groupe de musiciens accompagne le banquet sur les deux sous-registres supérieurs (vue 10 and vue 9).
Au premier registre se trouvent trois musiciennes, qui ont été comme griffées à l'époque copte. Elles jouent du double-hautbois, tapent des mains pour donner le rythme et entrechoquent des planchettes. Le personnage central du groupe de musiciens, au second sous-registre, est un harpiste chauve nommé "le chanteur Ahmes". A demi-accroupi, il passe une main de chaque côté de son instrument. Ce type de musicien est souvent décrit comme aveugle. Ici, son visage a été abîmé, ses yeux ont disparu. La harpe est l'instrument de prédilection des Egyptiens. Dans ce cas, il s'agit d'une harpe cintrée en forme de louche, qui ne repose pas sur le sol mais en équilibre sur un trépied et sur le genou du musicien; la résonance est donc meilleure.
Derrière le harpiste, trois femmes sont accroupies côte à côte et frappent des mains en cadence, en chantant.
Derrière les musiciens, deux tables d'offrande chargées de pains et légumes précèdent plusieurs invités assis par couples sur des chaises posées sur des nattes. Ce sont des frères, sœurs, fils ou filles d'Amenemhat.
Le troisième sous-registre est occupé par le défilé de plusieurs personnes apportant des offrandes, menées par "un fils d'Amenemhat".

b) Le registre inférieur
(vue 11 and vue 13)
Ce registre est très abîmé, mais il reste de belles scènes animalières : Un combat entre deux massifs taureaux tachetés est représenté à gauche : le taureau roux, solidement campé sur ses pattes, a saisi entre ses cornes son adversaire blanc et gris sous le ventre, l'a soulevé et retourné. Il est en train de le basculer au sol. A côté, un bouvier à demi chauve et barbu tire au moyen d'une corde un grand taureau tacheté qui porte un tapis sur le dos. L'homme se tourne et parle à un camarade maintenant effacé.

Il semble semble comme sortie directement d'un mastaba de l'Ancien Empire! Les serviteurs présentent le bétail au chef du domaine, en l'occurrence Amenemhat, car le bétail appartient vraisemblablement à Ouser. Amenemhat a fait représenter ici un aspect de sa fonction auprès du vizir, à savoir la gestion du troupeau appartenant à son domaine. La figuration des animaux assurerait aussi l'approvisionnement éternel de la table d'offrande d'Amenemhat, tout en vantant les résultats de sa gestion du troupeau. Le texte d'accompagnement est d'ailleurs écrit en hiéroglyphes de haute qualité et proclame: "Il dit que le taureau a beaucoup grandi; ainsi parle le gouverneur de la cité, le vizir, Ouser".
Le thème du combat de taureaux est lui-même fréquent dans ces scènes agraires ou dans les scènes d'inspection du bétail. Il peut s'agir d'une simple lutte pour la possession d'une vache. Le taureau peut aussi bien signifier l'Ordre que le Chaos, et dès les Textes des Pyramides, le combat de taureaux représente la défaite du chaos/Seth et l'établissement d'un ordre durable d'Horus.
Nous savons que des combats de taureaux étaient organisés mais nous n'en avons pas de témoignage avant l'époque romaine.

2) Le mur Nord, paroi Est

Sur la paroi Est du mur nord, des scènes de chasse et de pêche dans les marais étaient représentées. Mais la majeure partie de celles-ci a disparu.

Jon Hirst, d'après Davies, Amenemhet, planche I,
Pièce A, mur Nord, moitié Est

Les deux-tiers de gauche étaient consacrés à la chasse aux oiseaux et à la pêche, dont de très beaux exemples sont conservés dans d'autres tombes, par exemple celle de Menna TT 69 ou celle de Nakht TT 52. Dans une scène, il harponne un ou deux poissons. Dans l'autre, il frappe grâce à des bâtons de jet (l'équivalent du boomerang) des oiseaux sauvages. Seule l'envolée d'oiseaux et d'insectes provoquée par l'activité d'Amenemhat, au-dessus du fourré de papyrus, a été épargnée par les destructions (d'après Davies, Amenemhet, frontispice).

Il ne reste que le troisième tableau de ce triptyque, en partie conservé : c'est une chasse à l'hippopotame. Cette scène n'existe qu'à une dizaine d'exemplaires dans toute la nécropole de Thèbes, et n'est pas très fréquente à l'Ancien Empire. Bien que ces exemples soient tous plus ou moins détruits, il est tout à fait possible de reconstituer ces scènes, qui présentent la même structure générale et souvent les même détails.
Comme dans les deux panneaux précédents, Amenemhat se tenait debout sur une barque, peut-être accompagné de sa femme et de ses filles. Derrière lui, sur plusieurs registres, ses fils ou des serviteurs l'assistent : il reste un fragment du personnage placé le plus haut, près de l'extrémité du harpon. Le chasseur tient son harpon dans la main droite, il s'apprête à décocher un coup à l'animal. Dans sa main gauche, il tient des cordes enroulées auxquelles sont accrochées les pointes qu'il est déjà parvenu à enfoncer dans la gueule de l'hippopotame. Ce dernier est représenté plus petit qu'Amenemhat, et peint en rouge. Il est assis ou sur ses quatre pattes, de dos par rapport au chasseur, mais tourne sa gueule ouverte vers celui-ci, montrant sa fureur. Derrière lui se trouve un fourré de papyrus et de joncs comparable à celui des scènes précédentes et représentant l'île sur laquelle l'animal a cherché à se réfugier. Le décor très organisé des plantes peintes avec beaucoup de finesse, des plumets argentés et les éventails rigides, contraste idéalement avec l'expression du mouvement de l'animal transpercé, furieux.

En raison de sa puissance et de sa fureur lorsqu'il est attaqué, l'hippopotame a été identifié au dieu Seth, qui a tué son frère Osiris et pris son trône. La couleur rouge qu'il a ici est d'ailleurs celle de ce dieu, relégué dans les déserts. Le défunt figuré en train de tuer l'hippopotame s'assimile au dieu Horus, éternel ennemi de Seth car fils et héritier légitime d'Osiris. Ce n'est qu'après avoir vaincu Seth qu'Horus put revendiquer de monter sur le trône de ses ancêtres.
La scène est à l'origine royale, mais les dignitaires s'en sont emparée. Le défunt agit à la place du roi, dont il porte le pagne, et qui protège le trône d'Horus. Mais pour le défunt, c'est accessoire. L'intérêt de la lutte est autre : chaque victoire implique, dans la conception égyptienne, une renaissance personnelle et cosmogonique. En accomplissant cet acte, Amenemhat protégeait sa propre capacité à renaître.
Le texte peint en hiéroglyphes cursifs bleus au-dessus du fourré de papyrus est un texte liturgique mélangeant narration du mythe d'Horus et Seth et indications scéniques d'un rituel. Scène et texte se complètent, l'un aide à comprendre l'autre. Amenemhat personnifie Horus, et par la magie du texte et de l'image, il a déjà vaincu l'ennemi Seth et réussi son entrée dans l'Au-delà.

Les travaux agricoles des marais
Sous les scènes de chasse et pêche dans les marais il y a très souvent une représentation des travaux agraires spécifiques au même milieu naturel. Ceux-ci sont à nouveau très détruits, mais nous reconnaissons un pêcheur en train de fendre et de mettre à sécher des poissons. Plusieurs hommes arrachent des tiges de papyrus dans un fourré deux fois plus haut qu'eux (vue 16). Un jardinier se penche pour remplir des récipients d'eau. A gauche, seul le départ de la treille subsiste d'un ensemble de scènes figurant la viticulture.

  Le mur Est  

Jon Hirst, d'après Davies, Amenemhet, planche IX,
Pièce A, mur du fond Est

Le thème de la chasse se poursuit sur le mur suivant, situé à l'est, mais avec un changement de paysage, Amenemhat chassant dans le désert. Une fois de plus, la scène a quasiment disparu.

Amenemhat est certainement à pied, tourné vers la droite. Il bande son arc vers les animaux représentés à droite sur plusieurs registres, bondissant dans un paysage de petites collines rouges et de petits bosquets, représentant l'étendue désertique. De nombreux animaux sont déjà blessés : au registre supérieur, un des deux bubales roses à poitrine blanche qui bondissent côte à côte dans un même mouvement; au registre inférieur, un lièvre. Derrière les deux bubales, une gazelle rouge et blanche et peut-être un ibex -nous n'en voyons que les cornes- tournent le dos au chasseur pour s'enfuir. Un filet en lacis ferme la zone de chasse, empêchant les animaux de s'échapper. La scène n'a donc pas vraiment lieu dans le désert; ou du moins, pas dans un grand espace sauvage. La représentation est donc symbolique : Amenemhat s'est fait représenter en train d'abattre les animaux du désert, qui symbolisent le désordre et le danger.

Le texte sur la gauche (vue 60) est joliment coloré et dit: "Voyager entre les vallées, explorer les montagnes, se détendre et tirer les animaux sauvages du désert, par lui, bienaimé de son seigneur, l'intendant du vizir, le scribe-comptable du grain [dans le grenier de l'offrande divine d'Amon, Amenemhat] Juste de voix ".

L'ensemble des scènes de chasse n'a pas seulement la signification d'une distraction agréable, c'est beaucoup plus que cela car elles protègent le défunt et sa chapelle et assurent la renaissance de celui-là. En effet, comme l'image égyptienne est performative, le simple fait de faire figurer la victoire sur des êtres symbolisant le désordre et le chaos (comme les animaux du désert et les oiseaux), ou représentant le dieu Seth, dangereux pour la renaissance, assure la réalité de la victoire et donc la protection et la survie du défunt : c'est la Maat triomphante.

 Le plafond 

Il est divisé en quatre rectangles (voir à gauche) par les bandes de textes jaunes (voir ci dessus). Dans cette pièce, un seul type de motifs, en vogue à l'époque, est présent.
Les bandes qui courent d'Est en Ouest portent des formules d'offrande classiques "Offrande que donne le roi...", à tel ou tel dieu. Sur la bande axiale centrale on peut lire : "... Oh ma mère Nout, étends toi par dessus moi et place moi parmi les étoiles impérissables qui sont en toi, afin que je ne meure jamais!".

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