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On peut encore lire les titres du défunt sur les jambages latéraux extérieurs. Dans l'épaisseur de la paroi du côté gauche nous trouvons Benia en adoration, tourné vers l'extérieur, et récitant un hymne à Amon. Il est pieds nus, porte une perruque et deux pagnes superposés. Le titre de "Enfant du Kep" est répété à de nombreuses reprises, tout comme son nom de cour Pahekamen, traduisant l'importance que ce titre et ce nom, symbolisant son égyptianisation, avaient pour lui. Remarquons que l'hymne n'est pas comme habituellement dans les tombes privées de Thèbes destiné à Ra ou Ra - Horakhty, le soleil auquel le défunt demandait de l'associer dans son périple cosmique diurne quotidien. Par contre nous ne savons rien de la figuration qui devait nécessairement se trouver sur la paroi opposée. Peut être (et même probablement) cette invocation au dieu solaire se trouvait elle là.
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| Salle transverse, Sud |
Salle transverse, Nord |
Cette salle est divisée en deux par l'ouverture de l'entrée sur le mur Est, et par celle conduisant à la salle longue sur le mur Ouest, juste en face. La salle mesure un peu plus de 7m au total, sur une largeur de 2m, avec un plafond à 2,50m.
Mur Est
Partie Nord
Nous y trouvons à droite, à côté de l'entrée, un représentation du propriétaire présentant un brasero dans chaque main où deux canards sont en train de rôtir pour le dieu (vue 09). Derrière lui se trouvent neuf serviteurs, dont six lui font face, tandis que les trois autres regardent la scène suivante (vue 10). Devant le défunt, aussi grande et même un peu plus que les trois registres de serviteurs, se trouve une table d'offrandes surchargée(vue 11) : pains, viandes, raisin, canards, une tête de boeuf, des trousseaux d'oignons et au dessus six élégants récipients en calcite et en argile pour les onguents, le tout couronné de fleurs de lotus. Sous la table on a représenté de hautes laitues (des romaines).
A gauche de cette scène, et en symétrie, Benia est assis devant lune autre table d'offrandes (vue 08a), une main tendue pour saisir les mets sur celle ci. Cette seconde table comporte en plus de la première un panier de figues et en dessous du vin dans des récipients rougeâtres.
Partie Sud
La première scène, à côté de la porte (vue 12a, il n'y a pas de photo en couleur), nous montre Benia debout consacrant une table d'offrandes surchargée avec à son sommet quatre vases décorés de fleurs de lotus (vue 13).
Ce mur porte également la seule scène de la tombe ayant trait à la vie quotidienne. Guksch, dans sa description princeps, pense que c'est "en raison de la monotonie de la vie qu'il menait" (?). Ici Benia est en inspection dans l'exercice de sa fonction (vue 12b) : devant lui se trouvent trois registres de contrôle des trésors et de pesée de barres d'or (vue 14 et vue 12c). Nous entrevoyons ainsi brièvement une partie des responsabilités du personnage auprès de la Grande Maison et nous voyons l'importance qu'il y accordait : sa représentation est de grande taille, presque la hauteur des trois registres devant lui, et il tient dans sa main gauche une canne à extrémité bifide, symbole de sa fonction.
Au registre supérieur, nous trouvons trois serviteurs apportant des biens précieux qui vont ensuite être déposés devant lui : de l'ébène, des défenses d'éléphant, de l'or en anneaux circulaires et deux coffres en bois (vue 15). Au registre du milieu, un personnage procède à la pesée de l'or, toujours sous forme des sortes de bracelets. Derrière lui, deux hommes apportent un coffre, peut être pour y serrer le contenu précieux. Le registre du bas nous montre deux scribes qui notent tout (vue 16), tandis que derrière eux s'avancent deux porteurs de pierre précieuses: lapis-lazzuli, turquoise ou malachite (vue 17).
Mur Sud
Ce mur est occupé par une fausse porte surmontée d'une corniche, encadrée sur chacun des deux côtés par trois images de Benia agenouillé présentant des offrandes diverses, surtout du pain et de la bière (vue 19, 20, 21 et 22).
La réalisation en est très soigneuse, ne serait ce que parce que parce qu'elle a été sculptée dans la paroi, à la différence des portes dans les autres tombes, et en contraste avec la stèle du mur opposé qui n'est que peinte. La fausse porte a été secondairement peinte elle aussi, en rose moucheté pour imiter le granit, un matériau onéreux et difficile à travailler, parfois utilisé pour la confection de véritables fausses portes. La petite bande verticale centrale représente l'ouverture, le point de contact avec le monde de l'Au-delà. C'est de là que le Ka de Benia était censé sortir pour profiter des offrandes. S'agissant d'une porte, on l'a surmontée comme chez les vivants d'une natte roulée qui forme un petit bourrelet au sommet, une représentation classique depuis l'Ancien Empire.
Le texte est disposé en six lignes verticales formant trois paires.
Les textes commencent sur les parties centrales des trois montants horizontaux et se continuent d'abord horizontalement puis vers le bas, écrits de droite à gauche du côté gauche et inversement du côté droit. Sur le panneau supérieur, nous trouvons, courant donc dans les deux sens : "Une offrande que donne le roi à Osiris ....", quasiment symétrique. Le montant central à gauche puis verticalement : "Le bienheureux auprès d'Amset (et) d'Osiris, l'enfant du Kep, le supérieur des travaux, Benia dit Pahekamen, Juste de voix". La partie droite est identique, mais Amset est remplacé par Hapy. Le montant le plus interne reprend également la formulation, mais il n'y avait pas la place de mettre 'supérieur des travaux', et les deux autres fils d'Horus sont évoqués : Douamoutef à gauche, Qebsenouef à droite. Ainsi Benia se place sous la protection des quatre fils d'Horus et d'Osiris sur cette stèle.
Mur Nord
Ce mur est celui qui répond à son homologue porteur de la fausse porte. Il en présente l'allure générale, mais la comparaison s'arrête là. Ici Benia a choisi de faire figurer, en peinture uniquement, une stèle. Comme sur l'autre mur, celle ci est entourée de chaque côté par trois de ses représentations agenouillées qui présentent des offrandes. Lorsque le propriétaire choisissait de réaliser une vraie stèle, celle ci était placée à l'extérieur, devant ou a proximité de l'entrée de la tombe. On y trouvait inscrit des hymnes et souvent une adresse directe aux visiteurs, leur demandant de prononcer à haute voix le nom du propriétaire, et de réciter la formule d'offrande ou de réaliser une petite libation. Elle promettait en contrepartie une récompense au bienfaiteur : longue vie, nombreux enfants,...parfois aussi elles menacaient du contraire, notamment ceux qui oseraient s'attaquer au monument.
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TRADUCTION DE LA STÈLE
( 13 lignes de texte ) |
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1) Une offrande que donne le roi à Amon, Seigneur des trônes [des Deux Terres], à Ra-Horakhty, [à Osiris, le premier des Occidentaux, à Anubis] qui est sur sa montagne, à Hathor maîtresse de Dendérah, à la tête du désert de l'Ouest
2) à Toth, le représentant de Ra, du Grand Dieu, seigneur des cieux, puissent ils lui donner [d'être un bienheureux dans les cieux, le pouvoir sur la terre, la justification] dans la nécropole, de recevoir des offrandes du pain qui provient
3) d'eux, de leurs tables d'offrandes journalières, une offrande pour le défunt : pain, bière, viande, gibier, vêtements, [albâtre, encens, huile consacrée, toute chose bonne et pure, une li]bation de vin et lait,
4) des offrandes de toutes plantes fraîches, le doux souffle, l'eau fraîche, la possibilité de se transfor[mer selon son désir quand il descend sur la] terre, l'entrée et la sortie de la nécropole
5) en compagnie des hommes, respirant le doux souffle du vent du Nord [comme demande (journalière)] et tous les [jours] de sortir comme un Ba vivant.
6) boire de l'eau à l'endroit du fleuve où l'on boit, vo[ir le so]leil à l'aube, sans refus
7) du Ba, celui qu'il désire, un bel enterrement après des années en paix avec le "Seigneur de la vie" que le roi suit
8) avec un coeur intact dans la personne d'un vieil homme, le Ka du grand confident du Seigneur des Deux Terres, rendant louange au dieu bon. Le supérieur des travaux dans Thèbes, le surveillant des artisans du Seigneur des Deux Terres, Benia,
9) dit Pahekamen, justifié par le Grand Dieu, seigneur de la nécropole. Il dit : je suis arrivé dans ma place d'éternité,
10) dans ma place définitive, après avoir suivi le Grand Dieu, [sans que (soient) portée d'accusation contre moi. J'ai été trouvé sans
11) faute de mon côté. (Au contraire), mon maître m'a loué à cause de mon excellence [et j'ai été élevé au rang de supérieur des porteurs de sceaux
12) [en raison de la grandeur] de [ma faveur] auprès de lui, l'enfant du Kep, Benia [dit Pahekame]n, justifié par le Grand Dieu,
13) né de Irtenena, jus[te de voix], et [né de la maîtresse de maison Tiruk]ak, Juste de voix.
Les mots entre [ ], ont été reconstitués dans les zones endommagées.
Les mots entre ( ), ont été omis par le scribe mais sont nécessaires.
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Mur Ouest
Partie Sud
La totalité de cette portion du mur Ouest est occupée par une seule scène. La sous scène du côté droit qui occupe toute la hauteur disponible à côté de l'entrée vers la salle longue montre un homme faisant offrande au défunt (vue 25). Entre Benia et lui se trouve une table d'offrandes surchargée (vue 24c).
En progressant, la scène apparaît subdivisée en trois registres qui se combinent en un seul à l'extrémité Sud du mur.
Les deux registres du haut nous montrent des musiciens masculins, trois qui battent des mains ainsi qu'un flûtiste en haut et sous eux un luthiste et un harpiste (vue 27). Ils se tiennent devant une sous scène de deux registres montrant les parents de Benia écoutant la musique et qui ont une table d'offrandes à leur disposition devant eux. Sa mère entoure affecteusement son père de ses bras. Le texte au dessus d'eux dit : "Son père bien aimé, Irtenena, Juste de voix et sa mère bien aimée Tiroukak, Juste de voix". Les personnages qui battent des mains ont un rôle important dans la musique Éyptienne et remplacent les percussions, donnant également le rythme aux autres musiciens. Les harpistes sont souvent représentés sous forme d'un homme chauve, aveugle, les eyuex mis-clos. Il existe tout un registre de la poésie consacrée à ces "chant du harpiste", lesquels sont souvent écrits à côté du musicien. Il s'agit de chants habituellement très tristes, rappelant la mort et qui rappelent que beaucoup de choses que nous faisons sur terre sont vaines. Ils ressemblent beaucoup à ce que l'on trouve dans la Bible (Livre de l'Écclésiaste) sous le nom de "les sagesses de Kohelet". Sous le siège de sa mère se trouve un miroir à manche papyriforme. Le nom Égyptien du miroir est Ankh, exactement le même qui sert à désigner la vie. Ainsi, le miroir doit donc être compris non seulement comme un instrument de toilette, mais aussi comme un puissant symbôle : c'est un "donneur de vie".
Le registre du bas montre cinq invités masculins assistant à la fête et auxquels un serviteur apporte une petite table d'offrandes. Ils ne sont pas nommés et on peut penser qu'il s'agit de parents mineurs que Benia aimait bien, ou bien d'amis intimes qui participent ainsi au culte funéraire du défunt. Cette absence de nom reste troublante et pose la question des relations véritables de Benia avec ces hommes. Leur statut est représenté par leurs tailles : ils sont plus grands que les serviteurs, mais moins que les parents de Benia qui sont beaucoup plus pour lui.
Partie Nord
Sur cette partie du mur Ouest, Benia supervise trois registres montrant l'apport de biens pour sa tombe (vue 30) : du bétail, des oies et d'autres denrées. Benia est assis sur un siège de bois aux formes élaborées, sa canne de fonction en main, une table d'offrandes devant lui (vue 31).
L'un des boeufs est une espèce à bosse (vue 33), soit un zébu, soit un Ouatoussi. L'animal blanc tacheté de roux représente un veau : il arrive à peine à la hauteur de la hanche du porteur derrière lui. Il est trainé par une corde attachée à sa patte avant droite. Les serviteurs du second registres apportent des fleurs de lotus, des papyrus et portent par l'intermédiaire d'une palanche des amphores (vin? eau?), des chapelets de canards et des poissons. Notons qu'un Tilapia a été mis en évidence : ce poisson a non seulement un rôle alimentaire mais aussi symbolique (vue 34a, vue 34b, vue 34c, vue 34d et vue 34e). Le troisième registre
(vue 31) montre l'empilement des denrées aux pieds de la table d'offrandes, et on notera la présence d'une petite troupe d'oies vivantes. Les peintres aimaient représenter ces scènes animalières qu'ils ont souvent rendu avec un grand souci du détail : proches de la nature, ils en connaissaient les variations les plus subtiles. La présence de cette scène de vie courante sur le mur Ouest est très inhabituel, ce côté étant habituellement l'apanage des scènes funéraires. D'ordinaire, ces scènes sont présentes sur le mur Est, qui est -théoriquement- celui de la sortie de la tombe. Manque de place sur le mur Est? Volonté du défunt d'assurer, de "sacraliser" son statut d'ici bas pour le retrouver dans l'Au-delà? Nous ne le saurons jamais.
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LE PASSAGE ENTRE LES DEUX SALLES |
Au centre du mur Ouest une ouverture va nous conduire dans la salle longue. Les montants latéraux et le linteau portent encore une fois des formules d'offrande du type "une offrande que donne le roi..."
avec une offrande alimentaire au mort. Les formules partent en sens opposé à partir du milieu du linteau. Elles sont très endommagées, tout comme les décors dans l'épaisseur du mur (vue 07).
Cette pièce a un axe Est - Ouest, et forme un angle droit avec la précédente. Elle mesure approximativement trois mètres de long pour 1,5m de large et une hauteur de 2,5m. Ces petites dimensions ont considérablement restreint les possibilités décoratives et Benia a du faire des choix drastiques. Cela a abouti à ne retenir que deux thèmes majeurs par mur, qui sont séparés par une ligne verticale bleue, tandis que le fond (Ouest) est occupé par une niche contenant trois statues.
Mur Sud
Côté gauche
Sur cette partie gauche, nous pouvons distinguer quatre registres.
Les deux registres du haut montrent la procession funéraire vers la déesse de l'Ouest, laquelle prend elle la hauteur de trois registres. La procession comporte le transport de denrées diverses et le halâge du sarcophage vers l'Occident, le royaume des morts, que personnifie la déesse. Cette dernière arbhorre sur la tête le signe hiéroglyphique de l'Ouest. Elle est revêtue d'une longue robe moulante blanche, dont le style archaïque est encore souligné par le modelé de la bretelle. D'une main elle tient le signe Ankh de la vie et de l'autre un sceptre de pouvoir Ouas.
Dans ce rôle d'accueil du mort dans l'Occident, la déesse de l'Ouest est souvent remplacée par Hathor, qu'on trouve par exemple sous forme d'une vache semblant sortir de la montagne. Sur le registre le plus haut, on trouve la scène de tirer le sarcophage jusqu'à la tombe par quatre hommes (vue 37a et 37b), tandis qu'au second registre des porteurs d'offrandes accompagnent la procession pour que le mort puisse être équipé de ce qu'il considère comme indispensable pour l'Au-delà : un miroir, un grand collier, des pagnes de lin et bien sûr des aliments.
Les deux registres du bas montrent le pélerinage en Abydos, aller et retour. Ce pélerinage -qu'il ait été réellement accompli ou non par le défunt- est très souvent représenté sur les parois des tombes de l'époque. En se rendant ainsi à la ville sainte d'Osiris, le défunt exprime son souhait de devenir un Osiris lui même et de partager le sort enviable du Grand Dieu. Abydos étant située au Nord de Thèbes, le voyage aller se fait au fil du courant, contre le vent dominant venant du Nord. Ainsi, sur le bateau qui tracte la barge où se tient Benia, la voile est carguée (vue 39a and 39b). Nous retrouvons Benia seul (là ou habituellement on trouve un couple, preuve supplémentaire qu'il n'était pas marié) représenté sous un dais, tenant un fouet à la main, comme on le voit dans le hiéroglyphe Gardiner A51 du mort bienheureux . Au retour, le bateau tracteur a changé, il est nettement plus gros. Cette fois il a déployé sa voile, pour remonter le courant jusqu'à la nécropole de Thèbes (vue 40a et 40b) mais l'action du vent doit être complétée par celle de nombreux rameurs.
Côté droit
Ce côté droit montre une représentation anonyme maintenant rendue à peine lisible car elle a été martelée. Il s'agit d'un homme debout devant une table d'offrandes. Au dessus de lui une "pancarte" énumérant différentes offrandes et leurs quantités : cruches d'eau ou de bière, pains divers, viandes, miel, différentes sortes de vins, de gateaux et du natron pour les libations. Ces offrandes sont dites "provenant des tables d'offrande d'Amon, le roi des dieux, et de Ra-Horakhty". De l'autre côté de la table se trouve Benia, assis et tendant une main vers elle. Le personnage effacé est très intriguant. Normalement il aurait du s'agir du fils de Benia consacrant les offrandes à son père. Or Benia n'avait manifestement pas d'enfants. Il s'agit d'un prêtre (resté anonyme : son nom n'a jamais été inscrit) qui était représenté dans une fonction de "prêtre du Ka". Qui a pu jouer ce rôle pour Benia? Un enfant adoptif ? (il était fréquent pour les gens sans enfants d'en adopter), un serviteur fidèle ? Un prêtre professionnel ? ou un ami (très) intime ? En tout état de cause son effacement reste un vrai mystère, d'autant plus qu'il n'était pas nommé. On pourrait avancer que Benia pensait à quelqu'un de particulier dont il n'a ensuite plus voulu car on voit mal qui d'autre aurait pu ordonner l'effacement de ce personnage sans nom. Mais se priver volontairement d'un consacrateur d'offrandes sans le remplacer, celà n'est guère crédible non plus. D'un autre côté, si on avait voulu s'attaquer à la mémoire de Benia, il y aurait certainement eu d'autres dégradations.
Mur Nord
Côté gauche
Nous trouvons ici une scène quasiment en miroir par rapport à la paroi Sud qui lui fait face : Benia fait face à une table d'offrandes devant laquelle la personne jouant le rôle de prêtre du Ka a encore une fois été effacée (vue 45a et 45b).
Au dessus de cette image disparue, on retrouve la "pancarte" citant les mêmes produits, avec quelques variations orthographiques. Les décorateurs suivaient les instructions qu'on leur donnait, donc cette quasi répétition a été voulue soit par Benia lui même, soit par les prêtres qui l'aidaient certainement dans le choix des scènes. L'absence d'héritier mâle susceptible de réaliser le culte a pu pousser, par précaution, à renouveller cette scène si importante pour la vie dans l'Au-delà.
Côté droit
Cette section est divisée en trois registres et elle est séparée de la scène précédente par une grande ligne verticale bleue. Elle montre la scène la plus importante du rituel funéraire réalisée sur sa momie le jour des funérailles, la cérémonie de dite de l'ouverture de la bouche, qui rendait magiquement au mort l'usage de ses sens. Ainsi représentée, cette cérémonie pouvait soit pallier son défaut d'exécution, soit la renouveller éternellement. Ainsi le défunt pouvait de nouveau respirer, entendre et se nourrir des offrandes qui lui étaient -théoriquement- présentées. Deux des prêtres du registre du milieu et tous ceux du registre inférieur ont été effacés dans l'antiquité. Pourquoi eux et pas les autres? Mystère. Mais ceci est certainement à mettre en relation avec l'effacement du prêtre du Ka dont il a été question plus haut.
Mur Ouest
C'est le mur du fond qui adopte la forme d'une niche pour trois statues, celle de Benia et celles de ses parents. C'est ici que le culte et notamment la présentation d'offrandes devait se faire. En bon fils, Benia voulait ainsi associer ceux qui constituaient sa plus proche (et peut être seule) famille à son destin dans l'Au-delà. Les statues sont représentées assises sur une banquette calcaire et avaient été peintes en vives couleurs. Les visages ont été mutilés dans l'antiquité, sans bien sûr que nous sachions pourquoi. (vue 49).
| LES PLAFONDS DES DEUX SALLES |
Les dessins géométriques des plafonds rappelent des pièces de tissu tressées ou des carpettes que les Égyptiens avaient l'habitude d'utiliser soit sur le toit de leurs maisons, soit sur les bateaux pour se protéger du soleil. La tombe étant la maison du mort dans l'Au-delà se rapproche ainsi de son habitation terrestre.
Le plafond de la salle transversale est presque intact. Il est divisé en quatre sections rectangulaires par de large bandes jaunes dans lesquelles ont été inscrits des textes en bleu. Ces bandes sont séparées des motifs par d'étroites bandes blanches contenant une ligne rouge. La totalité du plafond est bordée par un grand bandeau ocre contenant un motif spiralé qui pourrait rappeler une vague déferlante, comme on en trouve dans les représentations Minoéennes. Le motif principal est fait de lignes en zig-zag délimitant des formes en losange soit blanches soit ocres Les blanches contiennent un motif quadrifolié et les ocres quatre points. Voyez les vues (extrémité Nord et extrémité Sud).
Les textes des bandes centrales jaunes sont des formules d'offrande d'une longueur inhabituelle. - Sur la partie Nord du plafond : "Une offrande que donne le roi à [Amon - Ra]....et à l'Énnéade qui sont dans leurs temples. Puissent ils donner un esprit sanctifié, la force et la justification et toutes choses qui proviennent de leurs tables d'offrande chaque jour, ce qui est dans leur temple, l'entrée et la sortie de Ro - setaou (= la nécropole), de respirer le doux souffle du vent du Nord, de boire de l'eau dans les places où l'on boit au bord du fleuve, pour le Ka du Supérieur des Travaux dans Karnak Paheka[men].". - Le texte sur le plafond Sud nous dit : "Une offrande que le roi donne à Ra, seigneur des cieux, souverain des étoiles, qui se lève dans l'horizon à l'Est et se couche en silence le soir dans l'horizon de l'Ouest, qui irradie les cieux et la terre de sa beauté. Puisse t'il donner la vision du soleil dans la nécropole, le Ba pour le ciel, le corps pour la terre, l'odeur de l'encens de la table d'Ounnefer dans le temple, pour le Ka du [grand con]fidant du [Seigneur des Deux Terres], loué du dieu bon, l'Enfant du Kep, Paheqa[men], Juste de voix". - Le bandeau central qui court le long du grand axe de la salle dit : "Paroles dites par le Supérieur des Travaux, Paheqamen, Juste de voix. Il dit : 'Oh ma mère Nout penche toi sur moi et place moi sous les étoiles impérissables'".
Le plafond de la salle longue comporte deux panneaux portant des motifs différents de ceux de la salle précédente. Il s'agit de lignes zigzagantes rouges entre les mailles desquelles sont disposés des rangées de losanges polychromes dont l'ordre des couleurs varie légèrement. Tout le plafond est ici entouré par une bande blanche comportant une ligne rouge centrale. Une seule ligne jaune divise le plafond et comporte une inscription en hiéroglyphes bleus : "Une offrande que donne le roi à [...] et à Osiris, souverain de l'éternité. Puissent ils donner une offrande pour le défunt : pain, bière, viande, gibier, toutes choses bonnes et pures; une libation de vin et de lait, l'entrée et la sortie de la nécropole, de faire partie de l'entourage des dieux, pour le Ka du Grand Confident du Seigneur des Deux Terres, le Supérieur des Travaux, [Pahekamen]". Voyez extrémité Ouest, centre et extrémité Est.
| REMARQUES GÉNÉRALES SUR LES SCÈNES |
Comme nous l'avons déjà signalé, on ne peut qu'être étonné de ne trouver dans cette tombe ni le nom ni la représentation du souverain règnant. En effet les tombes de particuliers entre Thoutmosis III et Amenophis III comportent toutes ce type de référence. Certains ont proposé que ce serait la petite taille de la tombe qui aurait empêché une telle représentation. Peu vraisemblable. D'autres pensent que la tombe serait plus ancienne et remonterait à l'époque d'Hatchepsout elle même, à une période où la sacralité du Pharaon était telle qu'il n'était pas possible d'envisager sa représentation dans une tombe de particulier. Cette dernière hypothèse est plausible, surtout si l'on se réfère à un ostracon trouvé par ailleurs (voir ci dessous).
Guksch explique la simplicité et l'aspect ultra conventionnel de la tombe par le fait que Benia était d'origine étrangère. Il n'aurait de ce fait absolument pas voulu sortir d'un répertoire purement conventionnel, utilisant seulement des représentations et motifs communs à toutes les tombes. Entre ce désir et la petite taille du monument, le nombre de scènes a forcément été limité aux plus "canoniques". Un autre point intéressant est la composition en symétrie, très bien étudiée, de la répartition des scènes par rapport à l'axe central Est - Ouest de la tombe. Cette symétrie peut se trouver dans les scènes sur une même paroi ou se faire face d'une paroi par rapport à sa vis-à-vis, ne différant parfois que par la position debout ou assise du personnage d'une scène à l'autre. C'est ainsi que dans la salle longue les deux murs sont symétriques, et dans la salle transversale les deux murs de fond avec la stèle d'un côté et la fausse porte de l'autre se répondent.
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Benia était il homosexuel? |
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On peut noter plusieurs choses dans la décoration de la tombe qui plaident dans ce sens: • Benia n'a jamais été marié • Il n'a aucun enfant • Il n'y a aucune servante, que des serviteurs • Il n'y a aucune musicienne ou danseuse, que des musiciens • Il n'y a que des hommes (d'ailleurs difficiles à situer : parents? Amis?) qui assistent au banquet funéraire • Il n'y a aucune parente nommée ou représentée en dehors de sa mère, seul personnage féminin de la tombe.
Si cette hypothèse est juste, nous serions alors dans un cadre intéressant pour essayer de comprendre comment un Égyptien homosexuel envisageait d'atteindre l'Au-delà et d'y renaître.
Thierry Benderitter
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A%
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Les surcharges à l'encre rouge
Plus tard, probablement à l'époque d'Amenophis III, la tombe avait déjà été pillée et des dessins ont été rajoutés sur les murs, figurant essentiellement des femmes, plus rarement des hommes. Ces ajouts ont du être faits par l'un de ceux qui ont utilisé la tombe secondairement, quelqu'un de surement marrié et qui avait besoin de son épouse pour assurer sa renaissance dans l'Au-delà puisque l'épouse était censée jouer pour le défunt le rôle d'Isis et s'occuper de lui comme cette dernière s'était occupé de son frère et mari Osiris. Une de ces représentations peut être vue sous le siège de Benia sur la partie Nord du mur Est de la salle transversale.
| TRACES DE BENIA EN DEHORS DE SA TOMBE |
Il existe deux ostraca au nom de Benia et qui concernent probablement le propriétaire de cette tombe. Nous aurions alors des renseignements supplémentaires très intéressants. Tous deux font référence à des travaux de construction et portent les titres de notre Benia ainsi que son nom de cour. Le premier a été trouvé à Deir el Bahari : il s'agit d'une liste de 10 hommes donnés à un certain Benia pour les travaux dans le temple de la reine Hatchepsout. Nous pourrions ainsi expliquer le style de la tombe, sa position dans le contexte de la nécropole et l'absence d'image du souverain. Le second ostracon est relatif à la construction de la maison d'un particulier sous le contrôle d'un certain Benia. Il existe un 3ème ostraca portant ce nom, mais sa relation avec notre Benia est douteuse : l'homme semble avoir vécu plus tard et avait femme et enfant.
| Bibliographie ( merci à Jose F. Alonso ) |
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- Porter/ Moss 2, Topographical
bibliography of ancient Egyptian hieroglyphic texts,
reliefs and paintings I:1, pp.410-412 , Griffith
institute1994
- Kampp, Thebanische Nekropole. pp.582-584
- H. Guksch, Das Grab des Benia, gen. Paheqamen,
(photography by D. Johannes) Theben Nr. 343. Mainz, 1978
in addition, reference MDAIK 38 (1982) pp.195-196
- Inscriptions: see K. Sethe, Urk IV 1468-1472
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| Merci
à Brigitte Goede, Jon Hirst et Christian
Mariais
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Page réalisée
par Thierry Benderitter
© Copyright OsirisNet 2007 |
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