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Note
technique: les photos prises derrière
les glaces et à la lumière
de néons ont été
particulièrement difficiles
à travailler. Les couleurs
ont été restituées
pour se rapprocher des vives couleurs
de l'original autant qu'il a pu
se faire.
On entre dans la tombe TT 295 d'el
Khokha par une ouverture située
dans l'extrémité gauche
du mur Ouest de la tombe TT 296
de Nefersekherou en descendant dans
un court passage qui remonte très
vite (vue).
La tombe elle même est constituée par deux pièces
dont seule la première est décorée. Par
une ouverture dans le mur Nord on accède à une
dépendance non décorée dans laquelle
est creusé le puits funéraire. La tombe remonte
à l'époque de Thoutmosis IV ou de son père
Amenhotep II.
Le propriétaire est Djehoutymes, encore appelé Paroy, qui porte les titres de "Supérieur des secrets dans le Coffre d'Anubis,
Prêtre-Sem dans la Bonne Maison, embaumeur".
Ses parents sont le "prêtre-sem de la bonne maison"
Sennetjer et la dame Senemiahbet. Deux épouses sont
mentionnées : Nefertari, Rennoutet. Un fils est identifié:
Houy, les filles ne sont pas nommées.
Le monument est assez mutilé mais comporte encore de nombreuses scènes intactes. Les parois ont été enduites de mouna et recouvertes d'un badigeon blanc. La décoration restante a gardé des couleurs éclatantes. Le bleu, couleur coûteuse à produire, est ici largement utilisé et est particulièrement bien conservé. Toute la partie supérieure des parois est ornée d'une frise de khakérous reposant sur une ligne de rectangles de couleur connue comme "frise égyptienne". La base des registres repose sur deux épaisses lignes jaune et rouge.
C'est celui que l'on découvre
en se retournant après être
entré dans la tombe. Une
belle représentation d'Osiris
occupe le tiers gauche du mur. Le
Dieu est assis dans une chapelle
à fond jaune d'or surmontée
par une frise d'uraei protecteurs.
Assis sur un siège archaïque
classique, coiffé de sa couronne
Atef, il tient en main les insignes
de son pouvoir régalien:
le sceptre Héqa et le fouet
Nekhakha. Devant lui, une colonne
florale composite terminée
par un bouquet de papyrus se courbe
vers son visage. Devant lui,
le défunt Paroy debout est
en adoration en lui présentant
des offrandes figurées sur
une table bien garnie: végétaux,
pains, morceaux de viande. Il est
vêtu d'une tunique blanche
et porte autour du cou un grand
collier Ouser et des bracelets aux
poignets et aux bras. Le premier
personnage masculin derrière
lui apporte également un
bouquet monté comportant
à son sommet les deux symboles
de la renaissance, lotus et papyrus.
Un personnage féminin est
effacé presque complètement,
l’autre est partiellement
reconnaissable sur l'extrémité
droite et le texte indique que la
mère de Djehoutymes était
figurée. Une petite fille
du nom de Youya est représentée
au pied sous la main protectrice
de sa mère (?). Elle tient
en main une fleur de lotus ouverte.
La
partie inférieure droite
de la paroi comporte une des rares
scène funéraire de
la tombe dont il ne subsiste que
des fragments. On y retrouve
une figuration assez intrigante;
Il s'agit d'un prêtre représenté
à deux reprises revêtu
d'une gaine (suaire, ou peau) très
serrée, striée horizontalement
de rouge, ne laissant dépasser
que la tête. L'un est assis,
l'autre allongé sur une sorte
de lit bas dont les pieds sont des
pattes recourbées vers l'intérieur.
Des momies dressées les entourent.
Il s'agirait de la représentation du prêtre-sem
pendant le rituel d'ouverture de la bouche dans deux fonctions,
"dormant" et "éveillé".
Selon Budge, le Sem est d'abord "endormi", état
pendant lequel il voit son "père" (c-à-d
le défunt) dans "toutes ses manifestations".
Alors il se réveille et raconte ses visions. On a suggéré
récemment que le prêtre-sem agirait comme le
premier magicien Égyptien et que l'ensemble de la scène
correspondrait - à la manière shamanique- à
une sorte de transe pendant un pseudo-sommeil. Ce rituel pourrait
avoir un lien avec le mystérieux Tekenou.
Une scène similaire
se trouve dans la tombe
de Rekhmire TT 100.
La paroi est divisée
en deux parties par l’ouverture
menant à la seconde chambre et au complexe souterrain avec la chambre funéraire.
Sur
la partie droite le couple Djehoutymes-Nefertari
est assis devant les restes d’une
table d’offrande. Une mince
ligne ondulée, symbolisant
l’eau de la purification sépare
le couple du reste de la scène.
La dame porte une robe moulante
à une bretelle qui découvre
un sein. Elle est coiffée
d’une grande perruque tripartite.
Au pied, une petite fille est assise
sur un siège à sa
taille. Les trois personnages tiennent
en main le lotus de la renaissance.
Le registre inférieur est
très mutilé. Les
restes très fragmentaires
d’un autre couple qui fait
face au premier sont retrouvés
juste avant l’ouverture menant
au puits
A
gauche de cette ouverture, on retrouve
une belle représentation
de couple assis. La femme, aux
chairs jaunes, est très mutilée.
Paroy, à la carnation plus
brune, tient en main un bouquet
floral dont les couleurs sont restées
éclatantes. Il étend
la main droite au dessus d’une
table d’offrandes. Une «
pancarte » devait lister les
offrandes : les colonnes en ont
été tracées
mais le texte n’a pas été
écrit. Le reste de
la paroi a quasiment disparu.
Ce mur, qui fait face au visiteur qui pénètre dans la tombe, est centré par une stèle fausse porte peinte accompagnée de trois registres de représentations ; celui du haut occupe toute la largeur de la paroi tandis que les deux autres sont très réduits, de chaque côté de la stèle.La stèle est peinte en rose un peu irrégulier, pour imiter le granit. Au dessus de la pseudo ouverture, un couple est représenté assis, peint en noir. Les textes, un hymne à Osiris, sont difficiles à lire. Le registre du haut, posé sur la gorge de la porte, montre le défunt suivi par son fils et une femme en adoration devant un dai sous lequel se trouve Osiris et une déesse. Un bouquet monté est placé devant le Dieu. L’édifice repose sur une natte de roseau, elle même posée sur un signe biseauté Maat. Les deux registres de droite montrent des couples assis recevant l’offrande d’un personnage masculin placé devant eux. Celui du bas est un prêtre reconnaissable à son crâne rasé. A gauche, on peut identifier les couples : celui du haut est formé de Djehoutymes et d’une de ses épouses, Néfertari; dans celui du bas, l’épouse est Renenoutet et devant eux leur est présentée une double offrande enflammée. Leurs sièges reposent sur des nattes de roseaux.
Il se décompose en deux
registres.
Le
registre supérieur comporte,
dans l’angle Nord-Ouest, le
couple assis formé du défunt
et de Néfertari, avec à
leur pieds une petite fille, auxquels
leur fils Houy présente un
bouquet. Derrière lui, la
scène du banquet funéraire
se déploie en deux sous registres.
En haut, les invités mâles,
avec des serviteurs également
masculin, en bas les femmes avec
des servantes. Les colonnes de textes
qui auraient dues servir à
l’identification des personnages
ont été laissées
en blanc. Serviteurs et servantes
tiennent tous dans leur main gauche
un cône d’onguent (dont
la réalité matérielle
reste débattue, certains
y voyant une métaphore pour
« parfum ») tandis que
de la main droite ils proposent
une coupe aux invités. Après
une vaste lacune, nous retrouvons
Paroy debout consacrant une table
d’offrande surchargée.
A ses pieds, des serviteurs représentés
beaucoup plus petits s’affairent
à couper la patte avant droite
d’un bœuf (le Khepresh)
qui sera ensuite présenté
au défunt.
Après une nouvelle lacune,
nous atteignons l’extrémité
gauche du registre avec le couple
assis formé par le père
du défunt Sennetjer et son
épouse (la mère de
Djehoutymes) « sa sœur,
la maîtresse de maison, l’aimée
dans la place de son cœur,
Senemiahbet » dont on remarquera
le beau bracelet de poignet. A leur
pieds, un garçon non identifié,
certainement leur fils, qui tient
en main un bouquet de lotus. Devant
eux également une belle table
d’offrandes et un petit serviteur.
Au
registre inférieur, on retrouve
encore les parents du défunt
auquel Djehoutymes, représenté
en jeune homme, consacre des offrandes.
Derrière lui viennent une
servante et des serviteurs apportant
divers produits qui serviront à
alimenter la table d’offrandes. Ensuite
un nouveau couple assis, priant
de pouvoir sortir chaque jour pour
profiter de leurs offrandes. Ce
couple est formé d’un
dénommé Mahou et de
sa femme Taouret. J’ignore
leurs liens de parenté avec
le défunt. Il s’agit
peut être des parents d’une
de ses épouses.
Vers la partie droite du registre
inférieur, on retrouve, sous
forme de deux sous registres, une
cohorte de serviteurs apportant
des denrées essentiellement
végétales et florales
mais aussi des canards et qui suivent
un couple debout représenté
beaucoup plus grand qu’eux.
Il s’agit de Houy, et d’une
des filles du couple Djehoutymes-Renenoutet
qui est assis, face à eux.
Houy fait une offrande florale et
son père tient d’ailleurs
en main un beau bouquet, tandis
qu’il agrée de l’autre
les offrandes qu’on lui présente.
Particulièrement bien
conservé avec ses vives couleurs,
le plafond est constitué
par un assemblage de motifs fort
différents dans des cadres
rectangulaires séparés
par d’épaisses bandes
jaunes qui contiennent parfois la
biographie du personnage.
On
remarque l’absence dans cette
tombe de toute représentation
des funérailles proprement
dites et du cortège funéraire.
Les seules scènes à
connotation funéraire sont
sur le mur Est, où le soleil
se lève, et sont bien peu
développées. Le
défunt a préféré
privilégier les scènes
familiales et n’a pas non
plus représenté beaucoup
de scènes de la vie quotidienne.
Il est vrai que, n’étant
certainement pas un grand propriétaire
terrien, il ne pouvait pas s’arroger
des scènes agricoles ou d’artisanat
auxquelles il n’avait eu aucune
part durant sa vie terrestre.
| SECONDE CHAMBRE ET COMPLEXE SOUTERRAIN |
Au milieu du mur Nord de la chambre principale un passage très détruit, haut de 1,80m, mène à une seconde chambre grossièrement taillée et non décorée. Cette seconde chambre mesure 2 X 1,50 X 2,30m.
Le plancher est 27cms sous le niveau précédent. Dans le mur en face de l'entrée se trouve une petite niche à environ 1m de hauteur. Du côté Ouest de ce mur se trouve une ouverture irrégulière vers une extension inachevée. A la base de l'extrémité Est se trouve un puits d'un mètre de profondeur dont le bas, incliné dOuest en Est, mesurant 2 X 2 X 1m. Sur son mur Nord, à l'Ouest, se trouve une petite ouverture menant à un passage arrondi connecté au puits funéraire 3 (qui descend de derrière l'extrémité Ouest de la seconde chambre).
Une ouverture dans le mur Est de la pièce mène à une nouvelle pièce presque carrée. Dans son angle Nord - Est se trouve l'ouverture du puits 2, profond de 2,50m. Ce puits mène à la vraie chambre funéraire de la tombe TT295 à travers une ouverture du côté Est de sa base. Cette dernière pièce fait 2 mètres carrés et un mètre de hauteur. On imagine la difficulté du travail dans ces conditions.
Si
nous remontons à la seconde chambre supérieure, elle présente un passage vers l'Ouest qui mène au puits 3. A sa base, un autre passage court vers le Nord, puis l'Est et finalement le Sud jusqu'au petit accès à la chambre située au bas du puits 1.
Page réalisée
par Thierry Benderitter
© Copyright OsirisNet 2007 |
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Bibliographie |
| • ALY HEGAZY El Sayed, TOSI mario : A Theban private tomb, Tomb N°295, Verlag Philipp Von Zabern, 1983 • PORTER B., MOSS R.L.B. :The Theban necropolis, T 1, Griffith Institute, 1994
• FISCHERT-ELFERT H.W. : Die Vision von der Statue im Stein, Heidelberg, 1998
• REEDER G. : A rite of passage. The enigmatic Tekenu in Ancient Egyptian funerary ritual, KMT, 5, 3, 1994
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