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Portique Ouest, Aile nord
Cette paroi est consacrée au troisième jubilé d'Amenhotep III, que Kherouef a eu pour charge d'organiser durant la 37ème année de règne de son souverain.
Jusqu'à une date récente, la paroi était physiquement divisée en deux parties : à gauche, près de l'entrée, une zone nettoyée avec un fond couleur pierre ; à droite, une zone noirci par la suie et la crasse (vue tb_3228 et vue tb_1946). Cette situation a changé, et la paroi est maintenant presque totalement nettoyée. De ce fait, on distingue mieux les deux zones : à gauche, l'hommage de Kherouef à son pharaon et à la reine Tiy dans leur kiosque ; à droite, des scènes rituelles importantes ainsi que les réjouissances qui célèbrent l'évènement.
1)- Le kiosque royal
L'architecture d'ensemble du kiosque est superposable à celle déjà décrite pour la paroi opposée, aussi ne parlerons-nous que des différences.
a)- L'estrade
Là où se trouvaient des rekhyt, nous avons maintenant une représentation des Neuf Arcs. Ils symbolisent l'ensemble des nombreux (3 est le signe du pluriel, 3X3 est considérable) ennemis qui essaient de déstabiliser la monarchie. On remarque qu'il s'agit de contrées étrangères, mais que la Haute et la Basse Égypte y figurent également. En effet, les rebelles de l'intérieur, ceux qui luttent contre le pouvoir royal, rentrent eux-aussi dans le cadre des ennemis du pays. Chacun des opposants est représenté avec les bras liés derrière le dos ; le corps a la forme d'un ovale crénelé renfermant le nom de la région ou de la ville dont il est originaire. Les visages sont très typés, presque caricaturaux (vue tb_009). Ces contrées conquises ou soumises sont, de droite à gauche : les Haou-Nebou (ïles égéennes et autres de la Méditerranée, vue sb_5157) ; les Shatyou (Haute Nubie) ; Ta-shema (la Haute Égypte, vue rb_0103) ; les Sheshtyou-im (habitants des Oasis); Ta-mehou (Basse Égypte, vue sb_5153) ; les Peityou-shou (Désert de l'Est, vue rb_0104) ; les Tjehenou (Libyens) ; les Iountyou-sety (Nubiens) ; les Menttyounou-sedjet (Asiatiques).
Ainsi placés sous les sandales de Pharaon, ils sont éternellement dans un état de soumission et de dépendance. Le fond a conservé sa belle couleur jaune, qui intéresse également l'avant en biseau, destiné à compléter la lecture du signe "Maat" pour l'ensemble de l'estrade (vue cd_170).
b)- Le roi (vue cd_172)
Il est assis sur un siège cubique comportant au niveau de la taille un faucon protecteur aux ailes déployées (et non pas un vautour), ce qui rappelle que le roi est le successeur du dieu faucon Horus. Il ne porte plus le manteau de la fête Sed mais une tunique transparente, à manches courtes, descendant jusqu'aux chevilles, associée à un corselet qui semble avoir été rouge et ponctuée de motifs arrondis. C'est de la main droite qu'il tient cette fois son fouet, auquel est associé un signe de vie. La gauche agrippe le sceptre heqa familier, court et qui se termine en crosse (signe S38 de Gardiner), nettement différent de la canne de fête sed controlatérale. Il est coiffé de la couronne bleue (le khepresh, longtemps appelé à tort 'casque de guerre', qui est une des couronnes cérémonielles), complétée par un serpent uræus lové. Autour du cou, le roi arbore un collier composite de très grande taille, qui associe un ousekh et deux shebiou. Le port de ces derniers par un souverain est tout à fait inhabituel, comme nous l'avons déjà vu, et constitue un indice de sa déification in vivo. Au-dessus de sa tête, on a représenté un disque solaire entouré de deux serpents porteurs de signes ankh.
c)- La reine
Derrière le roi, et séparée de ce dernier par une colonne incomplète de hiéroglyphes, est assise la reine Tiyi. Il n'y a pas de déesse cette fois. Elle porte une robe collante, qu'on a beaucoup de mal à distinguer, serrée à la taille par une ceinture qui fut rouge un jour, et chaussée de sandales ; de la main droite, elle tient un signe ankh, tandis que la gauche, repliée sur la poitrine, brandit le sceptre floral courbe des reines. Sur sa belle perruque tripartite se dresse un mortier qui supporte les deux hautes plumes en lien avec Amon. Un serre-tête métallique orné de deux uraei complète ce tableau. Tiy est assise sur un siège extraordinaire, un véritable concentré de symboles (vue tb_sphinx). Il dispose d'un dosseret haut et d'accoudoirs. Ces derniers sont sculptés de scènes évoquant la domination de la reine sur les femmes ennemies du pays. La souveraine se présente comme un sphinx, coiffée d'un mortier à double uraues, et piétine deux captives étrangères. Derrière elle, un serpent ailé coiffé de la mitre blanche se dresse au-dessus du lotus (tous deux symboles de la Haute Égypte), et le texte d'accompagnement évoque "La Blanche de Hierakonpolis".
L'espace compris entre le pied avant et arrière du fauteuil est ajouré en une sculpture qui évoque le sema-taouy, la réunion des deux terres (vue cd_175). Une Nubienne et une asiatique, poitrine nue et seins pendants, ont les mains attachées derrière le dos et sont floralement liés à la Haute et à la Basse Égypte par le lotus et le papyrus. La réunification des Deux Terres avait lieu lors de l'intronisation du roi, mais aussi à chaque fête sed qui le régénérait. Encore une fois, on voit ici clairement le pouvoir qu'avaient acquis certaines femmes, et notamment la Grande Épouse Royale, puisqu'elle peut maintenant être représentée dans un registre autrefois réservé au souverain.
2)- En face de l'estrade
La scène peut être divisée en trois parties : à l'avant se trouve Kherouef (quasi détruit) qui s'avance vers les souverains en leur présentant des bijoux en cadeau. Au-dessus de lui persiste un texte d'accompagnement. Derrière, les trois registres comportaient chacun trois personnes, accompagnées d'un texte : "An 37, introduire les compagnons qui doivent être placés en présence du roi, dans la fête du troisième jubilé du roi, par le noble [...] Kherouef, Juste de Voix". Le premier est Kherouef, nu-pieds tandis que les autres sont chaussés. Il s'agit, en haut, de compagnons du défunt, au milieu on ne sait pas (effacé) et en bas de personnages jouant le rôle de "pères du dieu", c'est à dire des ancêtres du roi. Tous les hommes ont été sévèrement martelés par les atoniens (vue rb_0096), et il ne reste guère de visible que les jambes et le bas de la tunique de ceux du registre inférieur (vue tb_01959 et dessin).
Les bijoux consistent en un magnifique cratère (d'or ?) en forme de fleur de lotus ouverte, décoré de têtes de bouquetins. Au centre, le pharaon, juvénile, est assis au milieu d'un marécage où poussent lotus et papyrus (vue rb_0105). Il s'agit donc d'un symbole de renaissance. De superbes pectoraux cloisonnés portent dans des cartouches le nom de couronnement Neb Maat Ra et le 'prénom' du souverain, Amenhotep. Quelques colliers d'or ainsi qu'un pendentif formé d'un cartouche entouré de deux uraei complètent les présents. Le texte surmontant Kherouef proclame (vue oi_51bis) : "Fournir des souvenirs pour être déposés en la présence (du roi), pour l'inspection du Dieu Parfait. Embellir les objets conformément aux désirs exprimés par Sa Majesté, jusqu'à ce que le Seigneur du Double Pays soit satisfait par la fabrication de grands et hauts souvenirs, et par la décoration de son palais avec de l'électrum ainsi qu'avec toutes sortes de vases, sans limites, en si grand nombre qu'ils ne peuvent pas être répertoriés par écrit : des pectoraux, de grands colliers incrustés de lapis-lazuli et de toutes sortes de pierres précieuses, et des trésors qui n'ont jamais été réalisés auparavant. Par le noble, etc...".
3)- Scènes rituelles et de réjouissances
Le registre supérieur de la partie droite de la paroi, qui occupe environ la moitié de la hauteur totale, est consacré à des rites en rapport avec la fête sed, auxquels participent les princesses royales. Les deux registres sous-jacents, ainsi que le long registre du bas évoquent les réjouissances en rapport avec la fête.
a)- Scènes rituelles
Kherouef a choisi de faire représenter l'érection du pilier Djed, ce qui est très intéressant - et rare. Un autre exemple bien conservé de la cérémonie se trouve dans le temple de Sethy Ier, en Abydos (vue Abydos). La scène comporte deux parties, et se lit de droite à gauche.
La cérémonie a lieu à l'aube nous dit le texte. Le roi est debout, coiffé de la couronne bleue, sous la protection de la déesse vautour Ouadjyt. Il tient en mains la corde attachée autour du pilier et aide ainsi (plus symboliquement que réellement) des hommes "Connus du roi" (théoriquement, des prêtres de Memphis) qui assurent la traction principale à l'aide d'une autre corde. Le texte lié proclame "Ériger le pilier-Djed par le roi lui-même, afin qu'il puisse accomplir 'doué de vie' comme Ra pour le temps infini et le temps éternel" Un homme se tient derrière le pilier et aide le mouvement ; au-dessus de lui on lit "[Ptah-Sokar] Osiris" (vue sb_614). Ce dieu est présent aussi dans le texte situé au-dessus du pilier : "L'érection du pilier-Djed par le roi, qu'il a fait pour son père Sokar-Osiris, le grand dieu qui réside dans la Shetyt [...]". Le rôle du pilier est rappelé dans l'inscription placée devant lui : "C'est tous les jours que la protection de toute vie sera autour de lui, comme Ra". Le pilier est probablement grand et lourd, et s'apprête à basculer sur un socle. A l'avant, un serviteur agenouillé présente pain et bière devant les offrandes, composées de "Toutes choses bonnes et pures" posées sur une natte. Derrière le souverain se trouve la reine Tiy, portant une dépouille de vautour surmontée des plumes d'Amon. Fait nouveau, elle agrippe dans sa main gauche un sceptre sekhem de pouvoir. Devant le visage du roi se tenaient deux hommes, courbés très bas, qui ont quasiment disparu sous les martelages. Kherouef devait être l'un d'eux (vue rb_0102).
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LE PILIER DJED |
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| tombe de Nefertari |
La nature, si ce n'est la signification, du pilier-Djed a donné lieu à de nombreux débats savants. L'origine du Djed n'est toujours pas claire ; sans doute s'agit-t'il d'un fétiche, peut être un arbre ébranché, qui a été ultérieurement paré de motifs floraux. Peut-être s'est-on servi de vertèbres dès le début ? Quoi qu'il en soit, le pilier a fini par représenter la colonne vertébrale d'Osiris, avec trois vertèbres au sommet. Ce rachis est censé être conservé à Busiris, une des villes les plus saintes du dieu. Son nom, qu'on peut traduire par durable, éternel, persévérant, est une des bases de son association avec Osiris, seigneur de l'éternité, mais aussi avec la renaissance. En effet on trouve dans le Livre des Morts de nombreuses formules parlant de rassembler les os, d'unir le crâne à la colonne vertébrale, car on considérait cela comme nécessaire pour reconstituer valablement le corps. Une fois le rachis réunifié et rigidifié, le corps pouvait se tourner sur le côté avant de se redresser, prélude indispensable à sa nouvelle vie dans l'Au-delà. Des amulettes en forme de pilier-Djed, qui favorisent le processus, sont fréquemment retrouvées sur les momies.
L'érection du pilier-Djed est une importante cérémonie qui a lieu lors de l'intronisation du roi et pendant les fêtes sed (entre autres). Après avoir été dépecé par son frère Seth, le corps d'Osiris a été assimilé à l'Égypte entière : reconstituer la colonne vertébrale du dieu, c'est en même temps affermir et redresser celle du pays tout entier. Et probablement aussi lui insuffler une nouvelle jeunesse, car il n'a pas échappé aux Égyptiens que la vieillesse s'accompagne très souvent d'un dos courbé. Redresser le Djed, c'était lutter contre Seth, le désordre, le désert, la stérilité, la mort...et le vaincre. Dans le même temps, le roi se souhaite à lui-même une belle longévité sur le trône. La cérémonie du redressement se continue avec la mise en place de la tête du dieu, relique sainte entre toutes, connue sous le nom de fétiche abydénien car elle est conservée en Abydos. Deux yeux oudjat lui sont associés, qui représentent -entre autres- le soleil et la lune, le corps d'Osiris recomposé (devenu Ounnefer) ... Diverses couronnes ainsi que des objets tenus en mains, tous en rapport avec Osiris peuvent compléter l'ensemble (couronne atef, sceptre heqa, fouet nekhakha ...).
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• La consécration du pilier redressé
La scène se situe à gauche de la précédente, et occupe un espace un peu plus petit. Le roi est toujours surmonté et protégé par "Ouadjyt, Dame de la chapelle Per-nou"; (le Per-nou -ou Per-neser- est le sanctuaire primitif de Basse Égypte). Debout devant une chapelle, il consacre une énorme pile d'offrandes de bouche les plus diverses, notamment -comme le confirme le texte- des boeufs et des oryx (vue sb_612 et vue sb_649). Dans cette dernière se dresse un "pilier" anthropozoomorphe. Son corps est humain, et tout à fait semblable à celui d'Osiris, gainé dans un habit moulant duquel sortent deux bras qui tiennent les symboles classiques du dieu des morts, avec un large collier autour du cou (vue sb_608). Devant la tête, un texte le précise : "Car il donne toute vie, toute joie, toute santé, Osiris, puissant dans le château de Sokar, le grand dieu, roi des vivants (= les morts)". Deux yeux oudjat et une couronne avec deux plumes recourbées séparées par un disque solaire complètent la partie haute du Djed qui sert de cou et de tête à cet assemblage. Derrière la tête, on lit : "Tu possèdes vie, stabilité, et domination pour régenter sur le trône de Geb. Ô Ounnefer, le fils de Nout, 'celui qui se réveille intact' dans sa maison de l'Au-delà" (rappel : Geb et Nout ont engendré Osiris ; Ounnefer constitue la forme remodelée, guérie, parfaite, du dieu). La divinité (puisqu'à ce stade c'est son nouveau statut) se tient sur un traîneau servant à la transporter. Celui-ci est posé sur un socle en tout point semblable à celui qui, dans les chapelles, sert de reposoir aux barques divines. Devant et derrière la divinité s'épanouissent les deux fleurs du Double Pays, le lotus et le papyrus.
• Les princesses
Nous avons vu que la reine Tiy est représentée derrière le pharaon (en fait, elle se tient à côté de lui) et l'assiste pour la cérémonie. Un trait vertical sur le mur isole les huit princesses qui sont à sa suite sur deux registres superposés, "Les enfants du roi, qui louent l'auguste pilier-djed". La scène est très abimée, mais néanmoins elle a pu être restituée par les épigraphistes, et on constate que les jeunes femmes sont toutes façonnées sur le même modèle, chacune tenant dans sa main gauche un collier menat et agitant un sistre de la main droite. Il s'agit là de deux attributs destinés à attirer l'attention de la déesse de l'amour, Hathor, avec ce texte :"Pour ton ka, le sistre ; pour ton beau visage, le collier menat et le sistre-sekhem, tandis que tu te dresses, Ô pilier djed auguste [...] Osiris Sokar, seigneur de la Shetyt". Un fragment de paroi comportant deux têtes de princesses a jadis été découpé et se trouve actuellement au musée de Berlin (vue).
b)- Scènes de réjouissance
Elles occupent deux registres superposés, situés sous les précédents.
• Registre supérieur
Il débute à gauche par des chanteurs devant lequel est écrit un hymne à Ptah (vue sb_657 et vue cd_036) : "Ptah apparaît en gloire. Loué sois-tu maintenant, exalté sois-tu, Ô gouvernail du bateau. Tu rejoins la terre afin de pouvoir y voyager. Puisse Ra te favoriser à cause de ta bonté, car tu aimes le grand office, Ô Nebmaatre. Viens, que nous puissions l'exalter". Viennent ensuite des danseurs qui se font face, légèrement penchés vers l'arrière, une main levée. Entre les deux groupes inégaux se trouve une petite inscription : "Faire ceci devant le pilier-djed". Plus à droite, des chanteurs se tiennent en face de quelques colonnes d'un hymne à Sokar (vue cd_0227). Derrière eux s'avancent, courbés en deux, des hommes "connus du roi" qui amènent chacun un guéridon chargé d'offrandes alimentaires et de fleurs ainsi que deux grands piliers djed (en bois?) (vue c3_19). Le premier et le troisième ont autour de l'avant-bras gauche un lien auquel sont attachées les pattes de plusieurs oiseaux, tandis que les deux autres portent une curieuse croix de vie inscrite dans un cercle (vue cd_0226) ; peut-être y a t'il deux objets différents ? Les offrandes sont destinées à "Ptah-Sokar, le pilier-djed d'Osiris". La fin du registre comporte une scène de danse identique à la première, avec, ici encore, une certaine impression de lourdeur qui se dégage. Il semble plus s'agir d'une gestuelle rituelle en rapport avec la cérémonie que d'une danse de fête proprement dite.
• Registre inférieur
L'aspect gestuel est encore plus marqué que dans le registre précédent. Il commence sur la gauche par un groupe de musiciennes et de chanteuses dont il est précisé "Les femmes qui ont été amenées des oasis pour l'érection du pilier-djed". Les danseuses ont les deux mains levées au niveau de la tête, tandis qu'elles frappent lourdement le sol d'un pied. Leur poitrine est ceinte de deux rubans entrecroisés qui laissent les seins dénudés. Derrière elles, quelques hommes participent aussi à la scène. Viennent ensuite des scènes de rixe (le texte emploie un mot qui signifie frapper du poing, boxer) ; on ne sait pas s'il s'agissait de vrais combats ou si les participants mimaient. La danse de la canne qui suit serait encore exécutée de nos jours en Haute Égypte (vue ag_14) et implique deux équipes. Pour mémoire, ce type de danse existe aussi en Angleterre, ce sont les 'Morris dances'. Le premier groupe est désigné comme "Les hommes de Pe" et le second comme "Les hommes de Dep". La "danse" devait être assez violente car le texte encourage les protagonistes : "Frappe, frappe!".
4)- le registre inférieur
Il occupe toute la largeur de la paroi et il complète les scènes de réjouissance en évoquant l'intendance, dont Kherouef avait la responsabilité.
a)- Partie gauche
C'est ici que nous trouvons la seule image restante de Kherouef (vue tb_01962). Elle a été protégée par l'effondrement du toit dont les déblais se sont accumulés devant la paroi. Devant lui le texte a aussi conservé son nom : "Les compagnons de Pharaon, vie-prospérité-santé, serviteurs du Seigneur des Deux terres, qui sont dans la suite du Dieu Parfait. Le vrai scribe du roi, son aimé, le confident excellent du Seigneur des Deux Terres, et intendant de la plus importante des épouses du roi, Kherouef, Juste de Voix". Immédiatement derrière lui s'avance un autre homme, au visage plus jeune, dans la position habituelle du respect, avec la main droite sur l'épaule et la main gauche qui saisit l'avant-bras droit. Viennent ensuite sept hommes courbés, qui semblent tous avoir un rapport avec l'armée, désignés comme "Les partisans du Seigneur des Deux Terres, qui servent le puissant souverain". Ils portent des arcs et des carquois, des boucliers, des sortes de fléaux (?). Deux ont des éventails et un autre un sceptre papyriforme (vue tb_01960).
b)- Partie médiane
La scène représente l'abondance des offrandes de bouche qui sont entassées sur trois barques. Ces frêles esquifs ont tous la même forme. Du côté gauche sont représentées deux barques séparées par un bouquet de papyrus. Celle de droite est en train d'être chargée, tandis que, en un raccourci typique de l'art égyptien, celle de gauche vogue déjà vers sa destination. Un porteur amène des pièces de viande, décrites comme morceaux de choix, deux fois purs (texte) provenant du boeuf qui git à terre, et sur lequel oeuvre encore le boucher. A droite s'avancent des porteurs qui se dirigent vers la barque (vue cd_0231). Plus à droite, deux hommes, désignés chacun comme "Père du dieu" empilent des denrées sur la troisième barque (vue rb_0100). Derrière les deux derniers porteurs, un trait vertical sur le mur sépare cette séquence de la dernière.
c)- Partie droite
Ici des bouviers amènent des groupes de boeufs et d'ânes. Ils ne les dirigent pas vers la boucherie, mais les stimulent ("Bougez vous!") pour accomplir une mission spécifique en ce jour de fête sed : "Ils circulent quatre fois autour des murs en ce jour d'ériger l'auguste pilier-djed qui est dans la Shetyt (boeufs) de Ptah-Sokar-Osiris (ânes)" (vue c3_18).
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