La tombe de Kherouef en chiffres


À partir des plans de l'Oriental Institute, nous avons calculé les longueurs et les volumes des diverses parties du complexe.

Les longueurs figurant dans le tableau ci-dessous ont été calculées d'après le plan. Elles ont servi à déterminer les volumes approximatifs de roche excavée (en mètres cubes).

  rampe d'accès + vestibule (A1) : 11,30 X 3,25 X 5,40/2 =    136
  passage d'entrée (A2) : 3,80 X 1,60 X 5,40 =      33
  portique Est ("couloir" B1) : 20,00 X 1,60 X 5,40 =     173
  portique Est, espace entre colonnes (B2): 17,30/2 X 1,60 X 5,40 =      75
  cour C : 27,05 (moyenne des longueurs N & S) X 22,70 X 5,40 =   3315
  première salle à piliers (D) 24,30 X 11,90 X 5,40 =   1620
  seconde salle à piliers (E) : 20,00 X 5,95 X 3,00 =    357
  appartements souterrains (F) : (13,00 + 12,50 + 16,20 + 34,60) X 1,60
  X 1,60 + (8,90 X 2,70 X 1,60) =
   234
  TOTAL =   5943


Ce chiffre de 5943 mètres cubes correspond au volume de pierre brut ; il devrait être légèrement modulé par l'ajout du volume des petits recessus latéraux du portique Ouest, et par le retrait du volume des colonnes dans les salles D et E, mais il constitue une bonne approximation.

La masse d'une quantité de pierre s'obtient par la formule masse = volume x indice de densité.
L'indice de densité du calcaire ordinaire varie de 2,6 a 2,75. Pour la roche marno-calcaire de la vallée, nous avons retenu 2,6.
Ainsi, c'est une masse de roche de 15 451 tonnes qui a dû être d'abord excavée, puis transportée.

En ce qui concerne les déblais, il y a une différence entre le volume de roche brut et le volume réel à déplacer, la conversion entre les deux se faisant par utilisation d'un coefficient dit de foisonnement, qui dépend de la taille moyenne des fragments ; il est estimé ici à 1,3.
Le volume à déplacer est donc de 5943 X 1,3 = 7725 mètres cubes.

Les conditions d'extraction au XIXème siècle, avant la mécanisation, devaient être proches de celles de l'Égypte ancienne, à une différence importante près : des outils de fer dans un cas, au lieu d'outils de pierre associés à des burins de cuivre (ou de bronze) dans l'autre.
Le livre "Matériaux de Construction du département du Gard" par Théodore Picard, 1885, contient des informations sur le nombre d'ouvriers et la production annuelle des carrières. Souvent, le nombre d'ouvriers était de 5 à 10 mais jusqu'à 100 pour les carrières les plus importantes. Les tonnages exploités au XIXème étaient souvent compris entre 1000 et 10 000 tonnes par an pour des carrières moyennes. De nos jours, les carrières de roche de construction (donc plus artisanales que la moyenne) ont généralement des autorisations d'exploitation de 5 000 à 50 000 tonnes/an.

Géologiquement, la roche marno-calcaire du site de la tombe est certainement moins compacte que la plupart de celles extraites en carrière. En observant les photographies, on se rend bien compte du caractère feuilleté de la roche, et d'une certaine friabilité, bien que le pilier que l'on aperçoit sur la photo de gauche soit apparemment fort bien préservé.

Nous savons que la journée de travail d'un ouvrier dans les tombes royales devait se situer autour de 8h, et qu'il y avait de nombreux jours fériés. Par contre, nous ignorons quel pouvait être le rendement en terme de volume de roche extrait.

Il est donc impossible de préciser la durée du travail de gros oeuvre dans la tombe de Kherouef. On peut estimer grossièrement qu'avec une vingtaine d'ouvriers, le travail aurait pu être réalisé en environ trois ans.

Bibliographie
Expedition to the quarries in Ancient Egypt (with bibliography), Waseda University, Japan
Merci pour leur aide à César Mélis (entrepreneur en bâtiment), Michel Treillet et Guilhemette Ambroise-Giacopazzi (géologues).

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