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Elle mesure 2,66 m de long et 2,10 m de haut.
Commençons par la paroi immédiatement à
droite de l'entrée.
Paroi Sud-Est
Elle mesure 2,66 m de longueur.
C'est celle qui se trouve immédiatement à
droite en entrant dans la tombe.
Comme sur les autres parois, les deux registres supérieurs
traitent de sujets funéraires en relation avec les
dieux, tandis que le registre inférieur est consacré
à des activités humaines importantes pour
le statut social du défunt.
Registre supérieur
Il est ici constitué par ce que l'on peut appeler
une frise puisque formé d'éléments
répétitifs. Cette frise surmonte les trois
murs de l'aile droite de cette première chambre.
Le couple Kyky – Raiay est stéréotypé.
Kyky est un genou en terre. Il est vêtu de son ample
robe blanche, d'une perruque, d'un collier et de bracelets
de poignet. Il lève les deux mains devant lui, en
adoration.
Derrière lui, les deux genoux en terre, Raiay est
vêtue de sa belle robe blanche ornée d'un collier.
Sa grande perruque frisottée est surmontée du
"cône d'onguent" traversé d'une fleur
de lotus. Ses poignets et avant-bras décorés
de bracelets sont levés devant elle.
Deux figurations sont l'objet de leur dévotion:
- d'une part une tête stylisée, vue de face,
d'une femme à oreilles de vache, la déesse
Hathor.
Elle est coiffée d'un bouquet de plumes multicolores.
- d'autre part une image du dieu funéraire Anubis,
le canidé noir, couché sur l'entrée
d'un mastaba. Ruban rouge autour du cou, un fouet sort de
son corps.
Les textes se contentent de mentionner le nom et les titres
de Kyky et de ses deux épouses, Raiay et Ta-semenet.
Registre médian
Les défunts demandent l'entrée dans le monde
souterrain de la nécropole, et passent à travers
des portes gardées par des génies. Ceux ci
peuvent être considérés comme des aspects
mineurs du divin, et en particulier ici, des divinités
gardiennes.
Trois représentations superposables du couple sont
présentes. Kyky marche vers une porte, les deux bras
levés. Sa femme Raiay le suit, dessinée plus
petite. Elle lève la main gauche, tandis que la droite
agite un sistre-hathorique. Ce sistre fait pendant à
la tête d'Hathor dans la frise. Mythologiquement il
est censé reproduire le bruit du papyrus que l'on froisse,
et il constitue l'appel à la déesse pour qu'elle
vienne prendre le mort dans son sein où il accomplira
sa régénération.
Le lieu que doit traverser le couple est chaque fois représenté
en deux sous-registres. Celui du haut comporte une porte
simple, à montants bleu-verts, avec une petit marche.
Celui du bas comporte une autre porte, qui ressemble à
une chapelle, dont le toit ébauchant une corniche
est surmonté de cobras solaires dressés. Le
texte les identifie comme la 5ème, 4ème et
3ème porte. Cette composition s'inspire du §
146 du Livre des Morts avec une version abrégée
du § 145 qui, lui, nomme les portes et leurs gardiens.
Ils ne se répandent dans les tombes des nobles qu'à
l'époque Ramesside.
Chacune de ces porte est donc gardée par un génie,
qui ne diffère d'un autre que part sa tête.
En effet, tous sont représentés debout, en
marche. Ils portent un corselet serré et un pagne
court, tandis que des bracelets ornent leurs poignets et
leurs bras. Chacun porte dans sa main gauche un couteau,
et dans la droite une lance.
• Section 1 (la
plus à droite) : c'est la plus détruite. Le
génie du haut est abîmé, mais semble avoir
eu une tête humaine ; celui du bas a une tête
de bélier à longues cornes horizontales torsadées.
Du texte, il ne reste que quelques bribes qui permettent d'identifier
l'endroit :
"Paroles dites en approchant de
la 3ème porte de la maison d'Osiris […]"
• Section 2 :
le génie gardien de la porte supérieure a une
tête humaine, et le gardien de celle du bas une tête
de félin. Le texte est bien conservé encore
:
"Paroles dites en approchant la
4ème porte de la maison d'Osiris. Apostropher vers
la 4ème porte. Faites place pour moi! Voyez, je suis
venu. Vous êtes purifiés deux fois par l'eau
divine dans laquelle Isis elle même se purifie. L'Osiris,
chef comptable du bétail d'Amon, Kyky, Juste de voix.
La maîtresse de maison, chanteuse d'Amon, Raiay, Juste
de voix."
• Section 3 :
le génie du haut a une tête humaine, et celui
du bas une tête de bélier ornée de cornes
horizontales et torsadées. Le texte d'accompagnement
donne des précisions:
"Paroles dites en approchant de
la 5ème porte de la maison d'Osiris. Apostropher vers
la 6ème porte. Faites place pour moi! Voyez, je suis
ici pour entrer. Vous (sic! = je) connais les noms. Vous êtes
purifiés par l'eau divine qui purifie Ra lui-même.
L'Osiris, chef comptable du bétail d'Amon, Kyky, Juste
de voix. La maîtresse de maison Raiay, Juste de voix".
On peut se demander pourquoi le défunt doit "apostropher"
(en égyptien sbH, parler fort)?. On remarque aussi que devant
la porte n°5, le défunt s'adresse clairement à la n°6. Il
pourrait s'agir ici d'une simple erreur du scribe.
Registre inférieur
Il s'agit d'une scène assez rarement représentée
à cette époque, mais qui a un rapport évident
avec le travail et le rôle social de Kyky : l'inspection
du bétail.
A la partie droite, très détruite, se tenait
Kyky, debout, canne de fonction en main, supervise le bétail
d'Amon. Derrière lui, un scribe. Devant lui, les restes
de deux hommes venant lui rendre compte.
Les bovins se répartissent sur deux semi registres
: "Bétail de l'étable
des offrandes divines" en haut et
"Bétail de la fête d'Opet" en
bas. On remarquera leur variété : certains ont
une robe noire, d'autres une robe blanche tachetée
de noir, ou encore de différentes teintes de rouge-marron.
Pour autant qu'on puisse le voir, il semble que ce sont tous
des mâles.
Deux personnages sont représentés derrière
le troupeau : en haut c'est Kyky lui même qui, matériel
de scribe en main, accomplit sa mission.
En bas, un bouvier vêtu d'un simple pagne pousse le
bétail devant lui avec une badine et deux cordes.
Paroi Est
Elle mesure 2,51 m de longueur et comporte trois registres.
1)- le premier registre
Il comporte la frise déjà décrite qui
se poursuit, avec un léger décalage, depuis
la paroi précédente.
2)- Le registre médian
Il est presque complètement détruit. On devine
qu'il comportait les habituelles scènes de banquet,
dont les hôtes étaient assis sur des chaises.
Il s'agit possiblement du banquet qui était censé
rassembler les différents personnages dans la chapelle
lors de la Belle Fête de la Vallée.
Une indication intéressante figure en haut et à
droite. Deux femmes sont assises et l'une des deux est identifiée
comme "Sa sœur Taouret-hotepti,
Juste de voix". Nous avons déjà
parlé du mot "sœur" qui peut désigner
aussi bien la sœur, que l'épouse, la belle-sœur,
etc… En l'occurrence il s'agit d'une épouse secondaire
de Kyky. Nous la retrouvons dans un texte de la partie gauche,
associée au nom d'un autre personnage, Sa-ray, dont
on ignore tout. Il est cette fois précisé qu'elle
est chanteuse d'Amon et maîtresse de maison.
3)- Nous en arrivons au registre
du bas
Par chance, c'est le plus original, et il est bien préservé.
Il représente différentes étapes de la
procession funéraire qui se continuera sur le mur Nord-Est.
Par manque de place, et comme c'est toujours le cas pour les
scènes de ce type, les évènements sont
télescopés. Il s'agit pour l'artiste de rendre
tous les évènements considérés
comme vraiment importants pour le défunt.
La procession sur cette paroi comporte deux parties : une
partie fluviale sur les 2/3 droits, suivie du début
de la partie terrestre sur le 1/3 gauche.
a) Les scènes de navigation
: les 2/3 droit du registre
 |
| L'image est divisée en 4 parties différentes.
Pour agrandir l'image complète, clickez ICI. |
Il s'agit pour le défunt (après un premier jugement
sur la rive Est, qui n'est jamais représenté,
et qui -pour faire bref- donnait le droit d'être enterré)
de traverser le Nil afin de gagner la rive Ouest, celle des
morts. Le fleuve est représenté, comme d'habitude,
par un rectangle bleu-vert strié de lignes en zig-zag.
Avant le départ, deux serviteurs amènent les
dernières offrandes alimentaires, les plus périssables,
qui doivent accompagner le défunt dans son voyage.
La
barque de cérémonie (vue
17).
Une chose frappe dès le premier coup d'œil :
elle est magnifique !
Réalisée en bois mais présentant la forme
habituelle des barques faites en joncs, elle est ornée
à sa proue une ombelle de papyrus ouverte et recourbée,
et de même à l'arrière. Poupe et proue
sont décorées d'un tissu rouge flottant au vent.
A l'avant est peint un œil-Oudjat. L'embarcation comporte
deux rames gouvernails, mais elle n'a pas de marin et est
tractée par deux autres bateaux.
Au centre de la barque se trouve un splendide catafalque qui
protège la momie du nouvel Osiris Samout, et qui est
à ce titre veillé et protégé à
l'avant par sa soeur-épouse Isis, et à l'arrière
par sa soeur-maîtresse Nephtys. Ceci explique d'ailleurs
pourquoi Isis est toujours aux pieds du défunt : lorsqu'il
va se redresser, il doit voir son épouse avant sa maîtresse…
A l'avant du bateau nous trouvons un chien noir perché
sur un enseigne de nôme. Il s'agit non pas d'Anubis
mais du très ancien dieu Oupouaout, "l'ouvreur
des chemins". Comme on dit de nos jours, il sécurise
le trajet physique et mythologique que va emprunter le défunt.
Le catafalque a un fond rouge, et on peut voir qu'il est aéré,
ce dont témoigne les croisillons rouges qui délimitent
des carrés blancs. Il est posé sous un kiosque.
Le kiosque est surmonté d'un toit bombé rouge
sur lequel est peint en blanc un long serpent, ailes ouvertes.
Il s'agit là d'un serpent protecteur, bienfaisant.
Sous l'habituelle corniche, nous retrouvons la frise d'éléments
rectangulaires qui décore également les montants.
De hautes compositions florales, qu'il faut imaginer comme
autant de bouquets posés sur le pont, mais que selon
la convention du dessin égyptien, l'artiste a accumulé
en hauteur. Lorsqu'on compare cette représentation
avec celle de la paroi Nord-Est (cf infra), on peut aussi
supposer qu'une étoffe rouge, ornée d'une décoration,
entourait la caisse.
La momie se trouve dans son cercueil anthropoïde qui
repose sur un lit dont les pieds se terminent en pattes
de lion. Kyky est pleuré par son épouse Raiay,
qui joue le rôle d'Isis auprès de son mari.
Les
bateaux tracteurs
Ils sont tous deux reliés à la barque de cérémonie
par une corde. Afin de bien pouvoir détailler chacun,
les deux bateaux, qui voguaient évidemment côte
à côte, sont représentés superposés.
Le
bateau du bas (vue
06)
A la poupe se tient un marin qui attache la corde de traction
au bateau. A la proue, presque effacé, un sondeur
plonge sa gaffe dans l'eau. Sept rameurs sont représentés,
dirigés par un chef de nage qui tient également
la rame-gouvernail.
La cabine centrale, où devaient se tenir la famille
et les amis, est percée de trois ouvertures. A chaque
coin, elle est décorée d'une "branche festive"
(voir l'article
sur ce sujet).
Au dessus, une phrase légèrement décalée
en son milieu :"Amener le loué
vers l'Occident. Tu atteins l'Ouest après 110 (ans)".
110 ans était pour les anciens Égyptiens, et
comme la Bible le reprendra à son compte plus tard,
l'âge "idéal" de la mort.
Le
bateau du haut (vue
13).
Il présente un aspect très semblable, mais
on trouve en plus un contremaître sur le toit. Manifestement
il s'y tient pour être vu des deux embarcations, car
il dirige l'ensemble des manœuvres. Remarquez là
aussi les "branches festives".
Au dessus et à droite se trouve la légende de
cette scène : "Vers l'Occident
(bis). L'Occident est prospère pour lui".
Devant le bateau du haut, le demi registre se continue pour
atteindre la même taille que celui du bas.
Ce sont cette fois des pleureuses qui sont représentées.
Les quatre femmes debout sont dans l'attitude conventionnelle
qui correspond à leur profession. Les bras levés,
elles répandent de la poussière sur leur chevelure
en désordre. Elles sont accompagnées de petites
jeunes filles à qui il est probable qu'elles apprennent
le métier. Entre les pleureuses et le coffret à
canopes qu'elles suivent, on trouve la phrase :
"Paroles dites par les pleureuses"
b)- Le cortège atteint la rive
Ouest : le 1/3 gauche de la paroi, et prolongation sur le
mur Nord-Est.
Cette fois c'est le coffret contenant les vases canopes qui
est mis en valeur en premier. Ce coffret, qui a la forme d'une
chapelle, est surmontée d'une image d'Anubis couché
identique à celle de la frise. De grands bouquets de
fleurs sont disposés de part et d'autre. Ce coffret
contient les quatre vases canopes dans lesquels ont été
déposés les viscères embaumés
du défunt. Il est porté par six hommes, tandis
qu'au dessous nous trouvons deux gamins gesticulant, essayant
sans doute d'imiter les pleureuses. Un petit texte vertical
accompagne la scène : "Les
gens qui le portent".
Devant, séparés par une colonne de texte, et
plus bas que les subalternes que nous venons de voir, commence
le défilé des nobles, familiers et amis. Cinq
d'entre eux sont représentés en grande tenue
qui témoigne de leur haut rang, et dans l'attitude
du deuil, une main repliée sur la tête. Comme
les autres, ils se dirigent vers le Nord (mais rappelons nous
que, en raison de l'axe de la tombe, ils devraient -et ils
le font, magiquement!- se diriger vers l'Ouest).
Un texte d'accompagnement nous dit :
"Ainsi parlent les nobles qui
suivent le cortège funèbre…..celui silencieux
pour ses subordonnés, lui qui aime la Maat, qui a bon
caractère, qui n'aime pas les choses incorrectes. L'Osiris,
scribe en chef, comptable du bétail d'Amon, de Mout,
de Khonsou, Kyky, Juste de voix, appelé Samout, Juste
de voix".
Paroi Nord-Est
Elle mesure 2,57 m de long avec ici aussi trois registres.
1)- Registre inférieur.
Nous commençons par lui car il continue le défilé
précédent.
a)- A l'extrême droite, nous
retrouvons le sarcophage funéraire de Kyky après
l'accostage.
Cette fois le motif en croisillons occupe toute la paroi.
Le cercueil anthropoïde n'est plus représenté,
et l'épouse marche cette fois à côté
de la barque. Celle ci est portée par quatre hommes
de chaque côté, et un au centre.
Deux lignes verticales de texte commentent la scène
en citant simplement certains des titres de Kyky.
b)- Vient ensuite une section de paroi
où le registre est subdivisé en deux
tout en gardant un caractère cohérent (vue
41).
Nous trouvons, en bas, un bouvier qui pousse devant lui du
bétail, celui qui servira au sacrifice et au repas
funéraire. La scène est assez abîmée.
Au dessus est présenté un groupe de pleureuse
qui vont précéder le convoi, sept femmes et
trois jeunes filles, qui sont dans la même attitude
que celle déjà vue.
Devant elles, une vache et son veau et un homme qui court,
la patte avant droite d'un bovidé en mains. Nous sommes
ici aux deux extrémités d'une scène de
boucherie où le découpage de la bête n'est
pas représenté.
Un personnage se hâte vers le cercueil (qui aura été
redressé) au visage duquel il va présenter
le cuisseau encore chaud et palpitant afin que le défunt
"aspire" sa substance vitale.
Derrière les pleureuses, nous retrouvons le court texte
en deux colonnes rappelant certains titre de Kyky, alias Samout.
c)- La paroi se réduit alors
de nouveau à un registre, presque complètement
perdu
Il s'agit de la scène, rituellement capitale pour le
défunt, de l'ouverture de la bouche et des yeux sur
le cercueil. C'est également ici que se précipite
le serviteur dont nous avons parlé.
Dans le long texte en quatorze colonne qui la surplombe,
la scène est commentée :
"Faire l'ouverture de la bouche.
Pour le chef comptable du bétail d'Amon, Kyky, Juste
de voix. Son visage est vers le Sud, (il est) sur le sable
du désert. La terre est derrière lui le jour
de l'habillement".
[Un mot d'explication est ici nécessaire pour saisir
ce raccourci linguistique : le rituel ne se fait pas sur la
momie ou sur le sarcophage, comme on le lit souvent, mais
bien sur le cercueil anthropoïde redressé pour
l'occasion. Il est le substitut magique de la momie qui repose
en lui.]
Le visage du cercueil est tourné rituellement vers
le Sud, d'où vient le Nil. Les pieds redressés
sont posés sur un petit monticule de sable du désert.
Il a tourné le dos au royaume des vivants et son
corps vient d'être mis dans les bandelettes, son nouveau
vêtement]
"Paroles dites par le prêtre-lecteur
et le prêtre-sem : tourner autour de lui quatre fois
avec le vase d'eau Nemset. Paroles dites en tournant :Ta purification
est la purification d'Horus ; paroles dites en tournant :
Ta purification est celle de Thot ; paroles dites en tournant
: Ta purification est la purification de ? ; paroles dites
en tournant : Pur, quatre fois."
Le texte se termine immédiatement au niveau
de l'homme qui court par "Amener
les morceaux choisis".
Des représentations d'origine il nous reste essentiellement
le prêtre-lecteur, qui lit un texte inscrit sur le rouleau
de papyrus qu'il tient en mains. Derrière lui un aide
semble lui porter son matériel de scribe. A sa gauche,
un prêtre-sem revêtu de sa peau de panthère
fait l'encensement tandis que devant lui on ne fait que deviner
le prêtre qui pratiquait effectivement l'ouverture de
la bouche et des yeux.
2)- Registre médian
Suite du précédent, il nous présente
maintenant les défunts alors qu'ils ont pénétré
dans le monde de l'Au-delà.
On peut distinguer trois sections : l'accueil dans le monde
funéraire, l'épreuve de la pesée du
cœur et la présentation devant Osiris.
a)- A l'extrême droite, nous
voyons Kyky et son épouse accueillis par une déesse
Il s'agit peut être Maat, qui leur offre le signe hiéroglyphique
de la bouche. Elle leur rend ainsi symboliquement la parole
(et, anecdotiquement, confirme par là que la cérémonie
d'ouverture de la bouche du registre précédent
s'est bien passée). Cette scène rappelle les
§ 21 et 22 du Livre des Morts.
Les deux époux sont en grande tenue de fête,
et Raiay porte encore sur sa perruque le cône d'onguent
festif (vrai ou faux), traversé d'une fleur de lotus.
Elle lève le bras gauche pour saluer la déesse.
On a pu avancer (Seeber, Totengericht) que cette scène
pouvait signifier la réussite du jugement auquel Kyky
va être (et a déjà été magiquement)
soumis.
Derrière la déesse attend un dieu, dont la tête
a disparue mais qui pourrait être Anubis ou Horus, sceptre
Ouas dans une main, croix Ankh dans l'autre. C'est lui qui
va guider le couple vers la salle traditionnellement dénommée
"des deux Maat" où va s'accomplir le jugement,
ici résumé à la pesée.
b)-Le couple s'approche de la balance
Leur main gauche touche l'épaule droite, en signe de
respect.
La scène de la pesée est très traditionnelle.
Le peson de la balance est vérifié par Anubis,
et les deux plateaux sont en équilibre : le cœur-jib
est aussi léger que la plume représentant la
déesse Maat. De ce fait, le monstre couramment appelé
"la dévorante" n'aura pas à intervenir.
La nature et la signification de cette forme animale hybride
est peut être plus complexe qu'il n'y paraît,
mais ce n'est pas ici le lieu d'en débattre.
Thot à tête d'Ibis note le résultat, positif.
Il est d'ailleurs toujours positif !
c)- Le couple peut poursuivre son
chemin vers le Maître de l'Éternité
Il est sous la conduite d'Horus. Cette fois Kyky et sa femme
sont courbés en deux et tiennent leur avant bras droit
dans leur main gauche.
Au dessus de toute cette scène se déroule
un texte en 28 lignes verticales, partiellement mutilé:
"Paroles dites par Horus-vengeur-de-son-père.
Vois, je t'amène l'Osiris, scribe en chef, comptable
du bétail d'Amon, Kyky, Juste de voix. Il a été
déclaré conforme par la balance. Il n'y a pas
de faute en lui. On lui a rendu son cœur dans son corps,
et sa bouche afin qu'il puisse parler.
Paroles dites par Thot, maître des hiéroglyphes
: Vois! J'écris le nom du scribe, le comptable du bétail
du temple d'Amon, Kyky.[….le reste est abîmé]"
A l'extrême gauche se tient Osiris. Il est de nouveau
assis dans une chapelle, mais sévèrement mutilé.
On reconnaît sa couronne Atef et son fouet. Devant lui,
apparemment sur un guéridon, se tiennent les quatre
fils d'Horus, dont nous avons déjà vu qu'ils
représentant les vases canopes. Ils sont de ce fait
figurés comme eux par une tête humaine, une tête
de faucon, une tête de babouin, une tête de canidé.
Leur nom et celui d'Osiris sont mentionnés au dessus
:
"Osiris Khentymentyou, Ounnefer,
maître d'Abydos. Amset, Hapy, Douamoutef, Qebsenouef."
1)- L'entrée
On y pénètre par une petite ouverture, encadrée
par deux jambages de 0,27 et 0,28 m de largeur.
a)- Le linteau surmontant la
porte est perdu ainsi que la partie haute des deux jambages
latéraux. Ce qui en persiste montre qu'ils portaient
une formule d'offrande traditionnelle Hotep di nesou.
De chaque côté et en bas, nous trouvons Kyky
assis sur une chaise et qui accueille les visiteurs de sa
chapelle. Il est coiffé d'une courte perruque et tient
en main, d'un côté une canne, de l'autre un sceptre
Sekhem. Dans le petit cadrat entourant la figuration, nous
trouvons à gauche un petit texte portant le titre principal
et le nom de Kyky.
Le texte restant sur le jambage gauche demande
"d'entrer et de sortir de la nécropole"
et sur celui de droite "…voir
(ton) visage à l'aube, chaque jour"
b)- Épaisseur droite de l'entrée
Elle mesure 0,84 m de large pour 2,13 m de haut.
Kyky offre un bouquet à Osiris. Les deux protagonistes
sont largement détruits. Le texte d'accompagnement
est bien conservé :
"Osiris – Khentyimentyou,
grand dieu, seigneur du ciel. Faire louange à Osiris,
seigneur d'Abydos, afin qu'il donne de sortir et d'entrer
dans la nécropole, sans que mon Ba ne soit repoussé.
Pour le Ka de l'Osiris, le chef comptable du bétail
d'Amon, Kyky, Juste de voix, appelé Samout, Juste de
voix, qui repose à l'Ouest de Thèbes."
c)- Épaisseur gauche de l'entrée
Elle mesure 0,87 m de large et 2,13 m de haut.
Registre
du haut
Kyky offre encore une fois un grand bouquet à Osiris
(vue
27). Le grand dieu est debout sur un signe Maat, coiffé
de sa couronne Atef, avec la barbe à bout recourbé
des défunts. Son corps est enserré dans un linceul
blanc d'où émergent deux mains tenant un long
sceptre Héqa. Cette figuration se rapproche de celle
de Ptah. Il est possible qu'on ait voulu rappeler par là
le grand dieu créateur memphite.
Au dessus, un texte est tracé en hiéroglyphes
noirs sur fond jaune d'or :
"Osiris, seigneur de l'Éternité.
Rendre louange à Osiris, seigneur de l'Éternité,
afin qu'il donne un bon enterrement après (avoir atteint)
un âge avancé, à l'Ouest de Thèbes,
pour le Ka de l'Osiris, chef comptable du bétail du temple
d'Osiris (sic!), de Mout, de Khonsou, Kyky, Juste de voix,
appelé Samout, Juste de voix".
Registre
du bas
Kyky, tourné en sens inverse, consacre des offrandes
posées sur trois guéridons. Il s'adresse une
nouvelle fois à Osiris (qui n'est pas représenté),
demandant de pouvoir entrer et sortir de la tombe, ainsi que
des offrandes, "sans être
repoussé par les portes du monde souterrain".
La fin du texte, plutôt obscure, fait intervenir un
certain "scribe royal, […]gardien
des étables d'Amon, Ameneminet, fils de […]-Inpout."
2)- La salle
Nous sommes maintenant dans la seconde pièce qui mesure
2,30 m de haut pour une longueur d'environ 3,50 m. Son axe
est perpendiculaire à celui de la salle I ; il est
donc géographiquement Sud–Nord, mais rituellement
Est-Ouest.
On est frappé en entrant par l'absence quasi complète
de décoration, tranchant avec la salle précédente,
ainsi que par la niche du fond qui contient quatre statues
brisées.
Il n'existe aucune gravure dans toute la pièce et
même aucun texte sur les parois. Les scènes
sont à l'état d'ébauche plus ou moins
avancées. Elles ont au moins le mérite de
nous montrer comment travaillaient les artisans peintres
et dessinateurs.
a)- La petite paroi Sud – Ouest
(immédiatement à gauche quand on entre)
Elle ne mesure que 0,75 m de large.
Elle porte deux scènes superposées, toutes
deux seulement esquissées.
La scène du bas
Nous y voyons le couple agenouillé, avec leur oiseau-Ba
devant eux, en face de la déesse du sycomore, au
bord d'une étendue d'eau. Celle ci verse de l'eau
dans leurs mains.
La scène du haut est exceptionnelle. Hélas,
je n'ai pas de photo ici non plus.
Elle montre en effet Kyky en train de redresser à l'aide
d'une corde un pilier-Djed. Raiay se tient derrière
lui. Il s'agit à ma connaissance de la seule représentation
de cette scène où n'intervient ni le roi ni
aucun dieu. Même dans sa variante classique, la scène
n'est pas très populaire dans les tombes Ramessides.
Pour d'autres exemples, voir la tombe TT
192 de Kherouef (datant de l'époque Amenhotep III
et IV), et la tombe TT
178 de Neferrenpet.
b)- La petite paroi Sud – Est
(immédiatement à droite en entrant)
Elle mesure 0,63 m de large. Elle n'est pas décorée.
c)- La paroi Est
Elle mesure 3,46 m de long et elle est subdivisée
en deux registres.
Registre supérieur
Sous un kiosque se tiennent le dieu Ra-Horakhty et la déesse
Isis. Remarquons qu'ici, les couleurs ont été
appliquées avant les contours. Le dieu est assis sur
un siège cubique bas. Il porte un grand disque solaire
sur sa tête de faucon. Derrière lui se tient
Isis qui fait un signe de protection, main droite levée.
Cette image est plutôt étrange. On verrait plutôt
Isis veiller sur son fils Horus ou sur son mari Osiris.
Devant le kiosque, une scène d'offrandes où
Kyky avance les deux bras dressés vers la table où
s'empilent des pains et des fleurs, avec des jarres au pied.
Derrière lui, trois femmes esquissées au trait
rouge, cône d'onguent et tige florale sur la tête.
Registre inférieur (vue
36).
Un kiosque superposable était représenté,
entièrement détruit.
Devant, un dieu à tête de faucon et coiffé
de la Double Couronne. Il porte en mains deux plumes de
Shou. Sa tête est tournée vers la gauche, tandis
qu'il semble agir comme l'introducteur d'une cérémonie.
A sa droite, un homme (Kyky?), s'avance, les deux bras levés
tenant une plume de Shou dans chaque main et en portant
également deux sur sa perruque.
Trois femmes le suivent. La première tient également
une plume de sa main droite, tandis que la gauche, levée,
brandit une branche festive. La seconde femme lève
les deux bars, la troisième également mais
elle tient une fleur (lotus?) dans la main gauche.
d)- La paroi Nord
Elle est creusée d'une niche contenant quatre statues,
qui ont été fracassées. Il n'en reste
plus aujourd'hui que la partie inférieure.
Heureusement, nous pouvons encore identifier les noms des
personnes représentées.
- la première statue à gauche représente
"L'Osiris, la maîtresse
de maison, chanteuse de Mout, maîtresse de maison,
Raiay"
- la seconde : "[…] d'Amon,
Kyky, Juste de voix".
- la troisième : "Le
scribe, comptable du bétail de tous les dieux, Meryra".
- la quatrième : "La
maîtresse de maison, chanteuse d'Amon, Toutouia, Juste
de voix".
Nous ignorons absolument les liens qui pouvaient exister
entre la famille de Kyky ou de son épouse, et les
dénommés Toutouia et Meryra. Ils devaient
être bien importants pour qu'ils aient une telle place
d'honneur dans la tombe. Il est probable qu'ils devaient
être cités sur des portions de paroi qui ont
été détruites.
De chaque côté de la niche, la paroi était
décorée, au moins partiellement. Il est très
difficile de dire en quoi consistait le thème (vue
44 bis).
e)- La paroi Ouest
Elle est divisée en deux par la porte donnant accès
au caveau souterrain.
Seule la partie gauche (1,55 m), la plus proche de l'entrée,
comporte une représentation au trait, au demeurant
fort intéressante (vue
16).
On y voit en effet le cercueil anthropoïde porté
par quatre hommes. Le visage des trois premiers n'est plus
distinguable. Celui du quatrième est revêtu
d'un masque à tête de faucon d'Horus. A l'avant,
un cinquième homme, portant un masque d'Anubis, conduit
la procession.
Derrière et au bas de la momie sont représentées
six femmes qui pleurent le défunt.
La partie droite (0,91 m) est anépigraphe.
Une ouverture dans la paroi Ouest conduit à un escalier
qui donnait accès au caveau. Il fut retrouvé
plein de débris, avec seulement quelques fragments
de cercueil en bois.
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