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| Dernière mise
à jour : 07/03/2008 |
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| Merci à Michel Treillet pour sa traduction |
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TT178, la tombe de Neferrenpet
, encore appelé
Kenro 
| EMPLACEMENT ET ASPECT DE LA TOMBE |
La tombe est située Sud de la région de el-Khokha
(cf plan de situation, dessiné par Kampp). Son entrée
se trouve au Sud-Est d'une cour prévue initialement
pour la tombe inachevée de Nefermenou (TT365, époque
de Thoutmosis III) qui est située dans le mur Nord.
Le mur Ouest de la cour comporte aussi l'entrée de
la tombe de Nefersekherou
(TT296).
Les deux tombes TT 296 et TT 178 sont de même époque
et de facture proche; TT178 est plus "animée",
mieux organisée et elle semble un peu plus ancienne.
La disposition des chambres principales, taillées dans
le roc, est caractéristique du Nouvel Empire sous le
règne de Ramses II : un hall rectangulaire (salle A)
dessert la chapelle (salle B), au bout de laquelle (au Sud,
"Ouest rituel") se trouvent des niches avec quatre
statues.
Fait exceptionnel, la décoration est terminée,
et même les statues, dégrossies dans le calcaire,
ont été recouvertes de stuc, peintes et décorées.
On pénètre dans les souterrains menant au caveau
par un puits de 4,8 mètres, au coin Sud-Est de la deuxième
chambre. Il est probable que seules les chambres I et II sont
attribuables à Kenro et à son épouse.
Les autres pièces et passages sont beaucoup plus tardifs.
La description complète des souterrains se trouve en
fin de texte.
| NEFERRENPET ET SA FAMILLE |
Sur les 105 paragraphes écrits de cette tombe, son
nom figure 95 fois : 86 fois en tant que Kenro, 19 fois en
tant que Neferrenpet; à sept reprises il est question
de Neferrenpet appelé Kenro (Nfr-rnpt Dd(w) n.f KnrA),
et quatre fois comme Kenro appelé Neferrenpet (KnrA
Dd(w) n.f Nfr-rnpt). Sauf pour la lecture de textes mentionnant
Kenro, nous utiliserons le plus souvent Neferrenpet qui semble
être son nom officiel.
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les noms du propriétaire |
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Le premier nom est "Nefer-renpet", littéralement
"Bonne année". Il s'agit d'un nom parfaitement égyptien.
Le second nom est plus problématique. En effet,
il se traduisait jusqu'à présent par "Ken-ro"
par addition d'une voyelle, mais actuellement c'est
"Ken-er"qui est plutôt admis.
L'égyptologue allemande Brigitte Goedde a émis
une autre hypothèse. Elle pense qu'il s'agit
d'une variante syllabique en Néo-égyptien
d'un nom asiatique, et suggère d'y voir "Ken-el",
nom qui contient l'élément théophore
du dieu Cananéen "El" bien connu par
ailleurs (pensons à la tombe du vizir Aper-El
découverte il y a quelques années par
Alain Zivie). Serge Rosmorduc m'a aimablement communiqué
son
interprétation.
De plus, en langue égyptienne ce nom de Ken-er
ou Ken-el ne veut rien dire, argument supplémentaire
pour son origine étrangère.
Le personnage, égyptianisé et ayant acquis
un haut statut social, aurait alors adopté "Neferrenpet"
comme nom de cour.
Cependant, ses parents étaient apparemment déjà
Égyptiens....
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Neferrenpet avait un rang très élevé
: il était "scribe principal
du trésor du temple d'Amon-Ra", et il gérait
les services sacerdotaux dans le sanctuaire. Il était
aussi "scribe des offrandes divines
dans la maison d'Amon". Sa femme Moutemouia, toujours
à ses côtés, était "chanteuse
d'Amon", elle fut sans douté inhumée
dans la seconde chambre mortuaire qui était complètement
terminée.
Les noms de la parenté de Neferrenpet sont inscrits
sur les murs de la chapelle ainsi que sur les statues. Son
père était Piay, prêtre pur d'Amon à
Karnak, sa mère s'appelait Ouiay.
La chapelle est complètement terminée; c'est
un bel exemple de qualité picturale à l'époque
ramesside, ainsi que du raffinement, de l'harmonie et de la
disposition équilibrée des motifs décoratifs.
Seule la zone relatant les activités des ateliers et
entrepôts a fait l'objet de moins d'attention et pourrait
témoigner d'une fin de décoration hâtive.
Le
décor est appliqué sur une détrempe disposée
sur une couche de plâtre blanc. La frise du haut (au
sommet des murs principaux) sur un moulage courbe, est particulièrement
soignée (voir vue
tb064). Tout autour de la salle, elle consiste en une
alternance de trois khékhérou, une tête d'Hathor, trois
autres khékhérou, et une représentation d'Anubis avec
l'oeil Oudjat d'Horus. C'est une forme de cryptogramme indiquant
la vie dans sa plénitude renouvellée.
Les
scènes se présentent en deux registres sur les
murs des deux chambres, séparés par des bandes
intercalaires. Les registres eux-mêmes n'occupent que
la moitié de la hauteur murale (voir ci-contre).
Entre la frise en haut de chaque mur (sauf pour le dessus
du passage d'entré et et le haut des niches), et la
décoration, se trouve le motif égyptien classique
en échelle, encadré par deux lignes de couleur
turquoise (voir ci-dessus, limite basse).
La séparation entre les deux registres est très
décorée. En haut un motif d'échelle,
puis une large bande jaune ocre avec du texte hiéroglyphique
multicolore, puis une autre bande à motif d'échelle.
Toutes ces bandes décorées sont séparées
entre elles et des registres par des bandes blanches plus
étroites.
Sous le registre du bas, apparaît le même motif,
au-dessus d'une large bande d'abord jaune puis rouge, limitée
par des bordures noires. Le tout est séparé
du sol par un bandeau non décoré de 35-40 cm,
qui était peint en blanc à l'origine.
Les
scènes ainsi que leurs bordures décoratives ne sont pas forcément
limitées par l'extrémité d'une paroi : ils peuvent déborder
sur la paroi voisine. C'est ainsi que les limites des registres
se trouvent :
1) sur les côtés du passage d'entrée;
2) sur les côtés du passage de la chambre A vers
la chambre B;
3) sur les côtés du passage de la chambre B vers
la chambre A;
4) à l'extrémité Sud des mur Est et Ouest
de la chambre B.
La fin de scène est signalée par des bandes
verticales : l'une à motif d'échelle, l'autre
bleu foncé, la troisième rouge. La ligne bleu
foncé se prolongeant horizontalement (en haut) au-dessus
de la bordure rouge; toutes ces bandes colorées sont
entourées de blanc. (voir à gauche).
Détail de la frise du haut
En parcourant la tombe on note de légère différences
entre les frises.
Le motif de base représente en alternance
• Hathor avec un visage humain (vu de face) mais
des oreilles de vache; elle porte une lourde perruque retenue
par deux bandeaux rouges et une agrafe. La tête surmonte
un grand signe "nb",
qui lui même surmonte la lettre "t",
le tout donnant "nbt"
c'est à dire "maîtresse" ou "dame"
(Hathor étant la "maîtresse" de la
nécropole).
• Anubis est sur un mastaba, sa queue pendante,
avec une sorte de grand châle rouge autour du cou. Le
mastaba (qui vaut pour l'entrée de la tombe) est rouge
et jaune, avec des panneaux bleus est coiffé d'une
corniche turquoise. Un oeil Oudjat surmonte le tout.
• Les trois motifs khékhérou (des faisceaux de
roseaux colorés) sont surmontés d'un disque
rouge, tandis qu'à leur base se trouve un disque doré.
Les plafonds
La décoration des plafonds est très élaborée.
Chaque zone comporte un ou plusieurs motif centraux de facture
essentiellement géométrique formant des caissons.
En tout il y a huit motifs. Ils sont entourés de bordures
colorées et ont une bande de texte centrale. Ils seront
décrits en détail pièce par pièce.
État général
La tombe n'a pas subi de gros dégâts bien que
les deux pièces aient été occupées
ultérieurement Des fractures, à l'Est du mur
Sud de la chambre A, ont entraîné des glissements
de la décoration sur toute la hauteur (voir
vue 14 et vue
15). Le dommage le plus important se trouve sur le mur
Ouest de la salle B, où le bouchon de pierre conduisant
aux galeries souterraines a été arraché,
ruinant le décor de cette zone.
Mais cette occupation humaine a tout de même eu quelques
conséquences.
Dans la première pièce, les noirs ont palis,
ce sont les jaunes qui ont souffert dans la seconde. Dans
les deux salles, bleu et turquoise ont souvent viré
au noir, ainsi sur l'Anubis de la frise, et sur les grappes
du plafond. La nature cristalline de ces couleurs a entraîné
leur combinaison avec la couche de fond, rendant le plâtre
friable. On peut le voir par exemple sur le bleu foncé
de la collerette de la perruque des dieux, ou sur les colliers
(voir la vue
tb067). Le jaune ocre présente le même phénomène,
visible sur les plumes d'Hathor et le texte du mur Est de
la salle B (voir la vue
32).
Des abrasions superficielles dues aux occupations ultérieures
sont notables dans la partie Est de la chambre A. Dans l'autre
pièce, le dommage le plus évident se trouve
près du puits, avec le martelage de certaines scènes
: les démons (ainsi que leur noms) ont été
éliminés (voir la vue
tb117). Mais contrairement à d'autres tombes thébaines,
les visages humains peints ou ceux des statues assises n'ont
pas été défigurés.
Enfin, l'installation d'une porte trop grande pour l'ouverture
a entraîné la perte de ce qui restait des trois
colonnes de texte à gauche de l'entrée.
L'état actuel de l'architrave ne permet plus d'identifier
aucune trace de décoration.
D'après les photos de 1920, prises lors de la restauration,
le montant gauche présentait le couple adorant Osiris,
près de cartouches de Ramses II.
Pour mémoire, on retrouve aussi des cartouches à
l'entrée des autres tombes de la cour, TT296
Nefersekherou tombe ramesside et TT365 Nefermenou datant
de Touthmosis III.
Des deux côté de l'entrée il y avait des
colonnes de texte, dont seules subsistent des traces de trois
d'entre elles à droite et d'une à gauche. Elles
contenaient les formules d'offrande usuelles ("Une
offrande que le roi donne pour.....").
Les dieux identifiés sont à gauche Isis, et
à droite Amon-Ra, Ptah-Sokar et Hathor.
A la différence du reste de la tombe ou les décors
sont peints, les murs Est et Ouest du corridor d'entrée
(comme ceux de l'entrée dans la pièce B) sont
en relief dans du stuc, procédé souvent utilisé
à l'époque amarnienne.
Les deux murs sont dégradés, le mur Est plus
que celui de l'Ouest.
Ils sont consacrés à des scènes d'adoration
du soleil (hymne au lever et au coucher) où l'on trouve
Ra et Atoum.
En effet, à l'époque Ramesside, on assiste d'une
part -conséquence de l'époque amarnienne- à
la remontée en puissance des cultes solaires héliopolitains.
Mais parallèlement, on insiste aussi sur l'action complémentaire
dans leurs périples diurnes et nocturnes des deux grands
dieux du monde terrestre et du monde de l'Au-delà,
Ra et Osiris, l'un représentant le Ba de l'autre.
MUR EST
Neferrenpet et Moutemouia font face à l'extérieur
dans une posture d'adoration.
Neferrenpet -à la différence de la représentation
du mur opposé- porte une barbe, et une perruque non-ourlée.
Il est décoré d'un collier jaune à rangs
rouge et bleu foncé.
Moutemouia est coiffée d'une perruque tombant sur ses
hanches, un cône de parfum avec des lotus et un très
large bandeau fleuri rayé jaune-rouge-bleu-blanc. Elle
porte un collier d'or; dans sa main droite abaissée
elle tient le collier Menat et trois tiges de papyrus tressées.
Ses vêtement sont blancs, souplement plissés,
et on distingue le rose de la peau en transparence. Des lignes
rouges soulignent les plis.
Le texte d'accompagnement est celui de "l'adoration de
Ra".
MUR OUEST
Le couple entre dans la tombe. Tous deux portent des vêtements
rouges, avec un collier bleu-rouge-blanc et des bracelets
d'or. De fines lignes rouges soulignent le dessin et les plis
des vêtements. Ils lèvent les bras en adoration.
Neferrenpet est plus grand et de peau plus foncée que
son épouse. Son vêtement est ajusté pour
faire ressortir son ventre. Sa perruque, les sourcils et les
pupilles sont effacés.
Moutemouia, robe nouée sous la poitrine, se tient derrière
son mari, bras gauche levé, tandis que dans sa main
droite abaissée elle tient une tige de papyrus. Son
bandeau est noué derrière la tête, et
elle porte en boucle d'oreilles des disques rouges, recouverts
partiellement par la longue perruque. Elle est coiffée
d'un petit cône de parfum strié.
Le texte d'accompagnement est celui de 'l'adoration d'Atoum"
PLAFOND DE L'ENTREE
Il est très mal conservé. Sensiblement carré,
il est entouré de la bordure rayée propre à
cette tombe, avec la séquence colorée : blanc-bleu-blanc-rouge-blanc-bleu-blanc
(en allant vers l'intérieur). Ces bordures entourent
une zone centrale divisée en deux par une bande de
texte. Chacune d'elle est elle-même entourée
du motif en échelle.
La composition est faite de rubans jaunes enroulés
en spirale avec des rangées de disques rouges, dont
le centre bleu-vert est entouré d'un cercle de points
blancs. Le centre des spirales est bleu foncé. La zone
entre les décorations était à l'origine
remplie par des rhombes bleu-vertes. Il n'en reste que des
traces.
Le texte va en colonnes de la porte vers la chambre A. Il
comporte les formules usuelles : "Une
offrande que le roi donne pour Osiris..."
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