PAGE 1 | PAGE 2 | PAGE 3


SALLE A 

Cette pièce a son entrée au Nord et le passage vers la salle B au Sud. Elle mesure 2,5 m selon cet axe et 3,5 m d'Est en Ouest, pour 2 m de haut. Elle est située en contrebas par rapport à l'entrée.

Disposition générale du décor

 SALLE A - MUR EST 

Une partie de l'extrémité Est de ce mur Est est très abîmée, mais l'ensemble reste toutefois interprétable (voir nfrp11 et nfrp12). Surmontant toute la largeur des deux registres, un hiéroglyphe bleu foncé ponctué d'étoiles blanches représente le ciel.
Nous avons déjà décrit la frise, ainsi que les bandeaux, aussi venons-en aux scènes proprement dites et aux textes d'accompagnement.


Registre supérieur

Il comporte à partir de l'entrée cinq scènes mettant en jeu des portes (sbxt), scènes tirées du "Livre des Morts",et plus précisément des chapitres 144 à 147. Ces scène sont suivies par une représentation de la "psychostasie" avec adoration, présentation et demande du défunt, puis enfin par la scène dite "pesée du coeur".

A l'exception du premier passage, où un génie gardien est assis sur le toit et non à l'intérieur, tous les portails sont représentés de façon identique.
La porte de la chapelle est ouverte; les génies y siègent sur deux rangs, chacun assis sur une natte verte.
L'édifice repose sur une base blanche surmontée d'une corniche et de deux frises d'épaisseur inégale, à motif d'échelle (formé de rectangles alternativement rouge, bleu-vert et bleu foncé).
Le toit de la chapelle est doté d'une corniche colorée, avec un motif de grappes de raisins. La porte étroite comporte un motif à caissons.
Le texte, écrit en sens inverse la normale, est disposé en plusieurs colonnes au-dessus du couple et se prolonge en deux colonnes devant lui.

Les scènes de portes



Porte 1

La première scène
Elle montre le couple arrivant, les mains levées, devant une chapelle close (vue 09). Moutemouia tient un grand bouquet dans sa main droite. Dans cette scène, le génie est sur le toit de la chapelle : c'est un serpent ondulant dont le corps est bleu-clair et blanc, cerné de rouge sur sa face inférieure. Des paires de piliers djed et de nœuds d'Isis, de couleur bleu-vert, bleu foncé et rouge, forment la décoration de la porte de la chapelle, le tout sur un fond doré.


Porte 2

La seconde scène de passage
Elle est située au coin de la pièce. Le couple, ainsi que la première colonne de textes, se trouvent sur le mur Nord; la deuxième colonne et la chapelle sont sur le mur Est.
Neferrenpet et Moutemouia ont les bras levés en position d'adoration. Lui porte un pectoral avec contrepoids par-dessus la saignée du bras gauche.
Trois génies sont dans la chapelle et deux autres au-dessus, assis avec un couteau sur les genoux. Le premier a figure humaine, tandis que celui qui se tient derrière lui a une face de lion de couleur bleue. En dessous se trouve un lion couché avec un uræus au front. La chapelle est surmontée d'une rangée de khékhérous bleu-verts.


Porte 3

La scène de la troisième porte
Elle est située juste au-dessus de la partie endommagée.
Le couple n'est pas représenté, sans qu'on sache pourquoi, mais on retrouve toujours deux colonnes de texte devant le vantail. Les génies ont été martelés mais on distingue leurs contours, ce qui permet de dire qu'ils avaient une forme animale. La chapelle est couronnée par une alternance d'uræi avec disque solaire et de plumes de Maat.


Porte 4

A la quatrième porte, le couple est à nouveau en position d'adoration, devant une chapelle (juste après la zone endommagée sur la vue 12). La main gauche de Moutemouia est abaissée et tient un rouleau de papyrus. Sur l'épaule gauche du mari, un pectoral à contrepoids. Il y avait deux génies dans la chapelle, qui ont été martelés.
Comme pour le portail 2, un rang de khékhérous surmonte l'édifice.


Porte 5

Enfin à la cinquième porte
Le couple y est représenté comme à la quatrième porte, sauf que Neferrenpet porte une tablette de scribe sur son épaule gauche. Il y avait quatre génies assis dans la chapelle, les deux proches du couple ont été martelés, la tête de celui du haut à droite également. Ils portaient tous un fléau. On devine encore deux têtes de lion de couleur bleue pour les deux génies de droite.
Le toit de la chapelle est semblable à celui que l'on peut voir au troisième portail.

Les scènes suivantes

•  Précédée par une adoration d'Osiris, la scène de "Psychostasie" comporte deux sous-scènes : le couple présenté aux juges et la pesée du cœur. Elle s'étend du mur Est au mur Sud. au-dessus se trouvent les quatre assesseurs. Le coin de la pièce passe entre le second assesseur et sa table d'offrande.

 • Adoration d'Osiris : le couple se trouve en position d'adoration, face à une grande table d'offrande. Moutemouia tient un sistre hathorique dans sa main gauche. Les offrandes sont empilées sur quatre guéridons séparés par trois bouquets reposant sur un socle en forme de corniche; l'ensemble est entouré d'une guirlande pendante. L'offrande comporte différents types de pains; au-dessus d'eux, de la viande, du gibier, un grand bouquet et de la nourriture fumante présentée dans un bol.

 • Présentation et jugement du défunt (vue TB119)
Anubis, avec un corps humain et une tête de canidé, accompagne le couple dans la salle du jugement. Il tient de sa main droite la main gauche de Neferrenpet. Tous trois sont nu-pieds et le couple ne porte aucun bijou, en signe d'humilité. Juste devant Anubis, on distingue sous le martelage le monstre chargé de dévorer les justiciables en cas de décision défavorable (NB : ce qui, évidemment, n'arrive jamais...).
La scène se continue sur le mur Sud où se trouve la scène de pesée du cœur.

Pesée du coeur : Horus et Thot font la pesée. Ils sont debout devant une grande balance à fléau disposée sur un socle. Sur le plateau de gauche nous trouvons la plume de Maat, sur celui de droite, le cœur du défunt. Horus maintient la balance avec sa main gauche. A son sommet se tient un babouin (animal de Thot) avec une plume horizontale. La verticale est testée par Horus de la main droite, alors que Thot de la même main fait le geste d'adoration et de l'autre tient sa tablette de scribe. Il rapporte le résultat (favorable) à Osiris (vue TB15).

Tout ceci se déroule devant la chapelle d'Osiris. Devant celle-ci la fourrure tachetée Imiut est pendue à un pilier. La chapelle est entourée latéralement par un double bandeau de décoration en forme d'échelle; au-dessus, un seul bandeau est surmonté d'une frise d'uræi. Osiris momiforme est assis sur un trône posé sur un signe Maat bleu foncé, lui-même sur une natte de roseau.
Les quatre fils d'Horus sont représentés sur une grande fleur de lotus. Osiris tient le crosse et le fléau. Il porte un grand et riche collier. Isis et Nephthys (cette dernière en tête), se tiennent mains levées derrière Osiris. [pour plus de détails, voyez l'article spécial "Les quatre fils d'Horus"]

Texte de la bande médiane

"Une offrande que le roi fait à Osiris, premier des Occidentaux, Ounnefer, le seigneur de la terre sacrée, le grand dieu, maître d'Abydos, maître de la Nécropole, le grand à Busiris, l'aîné à Hérakléopolis, celui qui est dans la colline des tombes, le premier de l'horizon. Celui qui porte la couronne Atef, celui qui est sorti du corps de sa mère, celui dont les membres sont décorés par le serpent Uraeus, le Ba au visage secret dans son ennéade de dieux, celui qui est sur la colline des défunts sur les montagnes de l'Ouest, le seigneur auquel le tribut est payé, pour qui on embrasse la terre à l'endroit où il se tient, le seigneur de l'incarnation, [celui]qui se matérialise de multiple façons ........partie manquante........ Puisses-tu accorder que je sois dans l'entourage de ton Ka, que je participe à tes louanges et sois associé à la splendide transformation, que je survive [en paix] comme ils survivent (les défunts osirifiés); l'Osiris, scribe du trésor du temple d'Amon, Kenro, justifié".

Registre inférieur

Les scènes débutent à l'angle droit du passage vers la salle B par Neferrenpet et sa femme qui se désaltèrent au bassin d'un jardin. Puis suivent quatre scènes d'offrandes : la première débute sur le mur Nord, les trois autres sont sur le mur Est. Puis vient un harpiste devant le couple jouant au senet (?). Enfin sur le mur Sud, Neferrenpet fait des offrandes à Amenhophis I et à sa mère Ahmes-Nefertari divinisés. Les scènes trois et quatre sont dégradées.

La scène du bassin est tirée du Livre des Morts, chapitre 62. Neferrenpet et sa femme sont penchés au bord d'un bassin en T, et portent à la bouche l'eau recueillie dans leurs mains en cuillère ; quelques gouttes retombent dans le bassin. L'eau est de façon classique figurée par un zigzag foncé sur un fond bleu clair. Des poissons rouges et bleus nagent entre de longues tiges de lotus; à l'arrière-plan, trois palmiers-dattiers chargés de fruits. Quatre oiseaux bleus, les ailes déployées volent au-dessus, tandis qu'un autre oiseau se tient sur un nid contenant deux oeufs.

Dans la première scène d'offrande (à droite de la vue), Neferrenpet est assis sur une chaise noire à dossier. Ses pieds, chaussés de sandales blanches, reposent sur un socle. Il tient un sceptre sekhem dans sa main droite, la gauche est levée en signe d'adoration.
Un prêtre au crâne rasé, vêtu en prêtre lecteur, se tient devant lui. Il porte dans sa main droite un bouquet de lotus en boutons, dont les tiges rouges sont enroulées en anneau autour de son poignet, ainsi qu'une aiguière destinée à des libations, dont quelques gouttes sont figurées tombant sur les genoux du défunt. Dans sa main gauche, il présente sur un plateau des offrandes de pains, gâteaux, viandes, etc...

Dans la deuxième scène (pas de photo. Si vous en avez, d'avance, merci), Neferrenpet est assis avec un bouquet de fleurs de lotus, il tient le sceptre Sekhem et une grande laitue (une Romaine, symbole de vigueur sexuelle, associée à Min) dans sa main droite, tandis qu'il tend sa main gauche. Derrière lui, Moutemouia met une main sur son épaule gauche, l'autre main est ballante. Un oignon pend au cou de Neferrenpet, ce qui peut-être associé à la fête de Sokar. Le texte dit "... la nuit de la fête de Baraset (Bastet) et la première fête d'Osiris ...".
La partie droite est endommagée. Son étroitesse ne laisse pas de place pour une table d'offrande ou une autre personne.

Dans la troisième scène, Neferrenpet et Moutemouia sont assis devant une très grande table dont le dessin est basé sur celui du hiéroglyphe Ka dont les bras semblent envelopper l'offrande (voir sur la partie gauche de nfrp12). Sous la table, quatre poteries, décorées chacune avec une petite guirlande et posées sur un petit socle; elles contiennent d"autres offrandes (des légumes?). au-dessus, des paniers avec des fruits rouges et bleus.
A gauche de la table, on distingue Neferrenpet assis bras levés, tandis que seul le pied de Moutemouia est encore visible.

La quatrième scène d'offrande est complète. Le couple, portant de grands colliers colorés, est assis devant une table, plus petite que pour la scène 3. Neferrenpet tient un sceptre sekhem à main droite, sa main gauche est tendue vers les offrandes. Moutemouia hume une fleur de lotus qu'elle tient de sa main gauche, tandis que dans sa main droite elle serre une pièce de tissu.
Un prêtre sem, Bak-n-our, est debout de l'autre côté de la table, il brûle de l'encens et fait une libation.
Six cruches ventrues sont disposées sous la table, entourées de lotus.

La scène du harpiste, relativement préservée, est originale car le musicien joue pour le couple en train de faire une partie de jeu de plateau. Agenouillé, il maintient la harpe contre lui, posée sur un coussin et joue des deux mains.

La scène représentant une partie de jeu de plateau est la dernière du mur.

Le couple est assis à l'inverse des autres représentations, regardant vers le Nord. De la table de jeu pend une guirlande colorée. Le damier jaune, comporte 36 cases (4 rangs de 9, que l'on distingue très bien car elles sont représentées à plat, sans perspective, selon les conventions de la représentation égyptienne); il s'y ajoutent deux séries de cases supplémentaires à droite (en haut) et à gauche (en bas) d'un espace vide.
Les pions alternativement bleu et brun-rouge sont disposé au-dessus du damier. A gauche se trouvent de petits pions en forme d'osselets, à droite des pions plus grands (de style "Halma"). Le dessin du damier et la forme des pions diffèrent des jeux de senet classiques; peut-être le damier est-il destiné à deux jeux différents ? Quoi qu'il en soit, le jeu n'est pas nommé dans le texte.
Neferrenpet, assis sur une chaise, tient un sceptre Sekhem à main gauche, et un petit pion repose sur son index en position de supination. Sa femme est assise sur un tabouret, les mains croisées sur la poitrine. Sous la table, un chat avec un collier, est en train de s'attaquer à un os (vue n037).

La dernière scène sur le mur Sud, sous la scène du jugement, montre Neferrenpet brûlant de l'encens devant un couple royal divinisé (noter la qualité du dessin de l'ostensoir) et faisant une libation, sur une grande table d'offrande, pleine de nourriture, sous laquelle se trouve cinq cruches rouge-brun, entourées d'une tresse de lotus.

Le couple royal, Aménophis I et sa mère Ahmes-Nefertari, est assis sous un dais, supporté par des colonnes papyriformes reposant sur un socle. Le roi tient crosse et fléau dans sa main droite, et un signe ankh de la main gauche. Il est coiffé du kepresh bleu avec un uraeus. Ahmes-Nefertari, représentée comme souvent avec une peau noire (qui a maintenant pâli), porte la coiffe de vautour (signe des mères royales ayant enfanté) avec deux plumes. Elle tient un chasse-mouches de la main droite, et de la main gauche un signe ankh. La scène est traversée par une fracture de la roche.

Bandeau de texte inférieur

"L'Osiris, scribe des offrandes divines dans la maison d'Amon, Kenro, justifié, il dit: 'Salutations, Osiris, Premier dans l'Ouest, Seigneur d'Abydos, le grand dieu, seigneur du monde souterrain, seigneur de l'éternité (nHH), dirigeant pour toujours (Dt), roi du monde souterrain, seigneur de l'Ouest. Tu es le premier à Busiris, porte-parole principal de la nécropole, qui porte la couronne haute à deux plumes et les cornes pointues, le grand et supérieur de ses frères. Puisse-t-il accorder l'entrée promise, venant comme bien-aimé en la présence des seigneurs du monde souterrain, se réjouissant quand Ra apparaît et se réjouissant de son apparence. Que je prenne mon siège......partie manquante......que mon nom soit prononcé et que l'on me trouve au jour de Rosetau, de telle sorte que je me déplace le long des murs (?) avec des guirlandes d'oignons autour du cou le jour de Sokar.' Pour le Ka du scribe du trésor dans la maison d'Amon, Kenro, justifié".

 SALLE A - MUR OUEST 

Il y a quelques dégâts sur ce mur Ouest, à l'extrémité Nord, et un peu au centre du registre du bas. Cela n'empêche pas la lecture et l'analyse des scènes (voir nfrp04). C'est au niveau de la bande de texte inférieure que les dégâts sont les plus importants avec perte de la moitié du texte.
La disposition d'ensemble est la même que sur le mur opposé, et chaque registre est surmonté d'une représentation symbolique du ciel, bleu foncée avec des étoiles blanches.



Registre supérieur

A l'exception de la première scène (à droite de l'entrée), ce registre montre Neferrenpet en adoration devant diverses divinités. Il est accompagné de Moutemouia dans les trois dernières scènes. Tous les dieux sont assis dans des chapelles presque identiques, et à chaque fois une table d'offrande se trouve entre le défunt et les dieux.

La première scène est dédiée à la louange du parcours solaire
Elle prolonge le mur Nord sur ce côté de la salle.
Nous y voyons Neferrenpet debout en adoration devant le soleil couchant, à l'Ouest. Il est accompagné d'un grand bouquet, atteignant la hauteur de son épaule. Cinq colonnes de texte sont placées verticalement devant lui, et se prolongent au-dessus de lui.

Après le texte, cinq rangées d'offrandes disposées sur des nattes occupent la pleine hauteur du registre. Puis viennent dix divinités réparties sur deux rangs, sept en bas (3-1-3) et deux en haut, représentatives du voyage du soleil.

La fin de la scène est particulièrement riche du point de vue symbolique, combinant l'idée de la remise au jour concomitante du soleil et du défunt osirifié. De la montagne de l'Ouest, où le soleil s'était couché, sortent deux bras, rappelant le hiéroglyphe D28 de Gardiner. Ces bras sont ceux de la déesse Nout (et/ou de la Déesse de l'Occident) qui pousse hors de son sein le disque solaire qu'elle a régénéré pendant la nuit. Mais le disque est également porté par les bras issus d'un pilier Djed. Ce pilier, censé représenter la colonne vertébrale d'Osiris, est une icône du dieu reconstitué, vivant de nouveau. Il n'est pas anodin qu'il soit représenté avec la base fichée dans la montagne. Il y a été enseveli, il s'y est régénéré comme l'a fait le soleil, son Ba, et il se réveille de la léthargie de la mort, puissant comme au jour de la création.
Et c'est bien entendu ce destin que Neferrenpet, défunt osirifié, souhaite pour lui-même (vue tb102).

La scène d'adoration de Thot et de Maat
Elle est abîmée, seul demeure le bas des jambes de Neferrenpet. Le toit de la chapelle, dans laquelle se trouve le dieu, est tenu par des mâts décorés de bandelettes.
Thot à tête d'ibis est assis sur un trône, derrière lui, Maat se tient debout. Tous d'eux brandissent un ankh de la main droite. La main gauche de Thot tient un sceptre ouas, celle de Maat est levée en signe de louange.
La table d'offrande repose sur deux guéridons jaunes, entre eux un bouquet noué serré.

Vient ensuite une scène d'adoration d'Atoum et Sekhmet
Le couple, bras levés, est devant une grande offrande qui repose sur un simple guéridon autour duquel sont deux vases rouges à panse rebondie et entourés de fleur de lotus. Neferrenpet a son matériel de scribe sur l'épaule et Moutemouia tient un sistre dans sa main gauche. Un bouquet monté les sépare.
Les dieux sont sous un dais (vue tb100). Atoum est assis sur un trône quelque peu différent de celui de la scène précédente, et tient un signe ankh de la main gauche et un ouas de la main droite. Il porte le pschent (couronne formée par la réunion de la couronne blanche de Haute Égypte et la couronne rouge de Basse Égypte). A remarquer le signe du sema-taouy sur le côté du trône, qui confirme le pschent et la royauté d'Atoum sur le Double-Pays.

Derrière Atoum, la déesse-lionne Sekhmet, la main droite levée, tandis que la gauche tient un signe ankh. Sur sa tête léonine figure un soleil rouge entouré d'un serpent jaune. C'est la puissante fille de Ra, capable d'anéantir toute vie par son souffle brûlant.

Ensuite, scène d'adoration de Ptah et Hathor
Le couple se tient bras levés devant une grande offrande située entre eux et les dieux. Ils sont séparés par un grand bouquet bleu et rouge atteignant presque leurs épaules. Un pendentif doré est passé par-dessus le bras droit de Neferrenpet.
Cette fois, le toit de la chapelle est soutenu par des piliers-djed.

A remarquer l'extraordinaire rendu de la transparence et du plissé des robes du couple, frangées par endroit, ainsi que la sophistication des nœuds de maintien, à la taille pour lui, sous la poitrine pour elle. Neferrenpet porte un serre-tête doré, Moutemmouia, une coiffe bleue et rouge surmontée d'une fleur de lotus. Tous deux arborent en collier une guirlande bleu, blanc et rouge. Neferrenpet chaussé de sandales blanches, a les poignets encerclés de deux bracelets bleus. Moutemmouia, elle, ne porte ni bijoux, ni sandales.

Ptah momiforme, a la peau bleu-verte. Il tient comme de coutume de ses deux mains sortant d'un suaire, un sceptre composite, à la fois ouas, pilier-djed et ankh; il porte un collier vert et un pectoral d'or.
Hathor, se tient derrière, elle porte un "kalathos" avec des cornes de vaches et un disque solaire, elle tient un ankh dans sa main gauche abaissée.
La grande offrande repose sur quatre guéridons; un grand récipient jaune est entouré d'un écheveau de fleurs de lotus.


La dernière scène d'adoration, devant Ra-Horakhty et Maat se situe sur le mur Sud, à gauche de l'entrée (vue nfrp06).
Là aussi, le couple est devant une grande offrande qui est supportée par quatre guéridons. Entre eux se dressent des bouquets, et des guirlandes entourent le tout. La chapelle diffère de celles représentées sur les autres scènes, la frise du toit est constituée d'uræus, les piliers sont décorés d'un double motif en échelons.
Ra-Horakhty, à tête de faucon, est assis; il tient un sceptre ouas de la main gauche et un signe ankh de la main droite. Maat est debout derrière lui, avec sa plume caractéristique, tenant aussi un ankh dans la main gauche tandis qu'elle lève le bras droit.
Entre eux et les offrandes, un piédestal avec une cruche jaune et un écheveau de fleurs de lotus.

La bande de texte médiane
"Une offrande que le roi donne pour Amon, Ra-Horakhty et Khepri, qui sont dans la barque du soir, Atoum qui vit en Maat, Ptah-Sokar le seigneur de la Maat, le roi des deux terres, parfait d'apparence, qui crée toute connaissance et crée les dieux, qui crée les peuples et chaque comportement au moyen de la vitalité de son Ka.
Thot, seigneur des paroles des dieux, le vrai scribe de l'ennéade des dieux, celui qui répertorie la terre entière.
Puissiez-vous accorder une offrande invocatoire de pain, bière, bovins, oiseaux; des boissons: vin et lait, de l'encens, des huiles, tous les fruits de saison, ainsi que les choses bonnes et pures, de quoi vit un dieu.
Pour le Ka de celui grandement apprécié de son dieu, brave de cœur et sage d'avis, dans les plans duquel rien n'est ajouté ou retiré, l'Osiris, scribe des offrandes divines, scribe du trésor dans le temple d'Amon, Neferrenpet, justifié, appelé Kenro, justifié, seigneur des provisions".

Registre inférieur

Le début près du passage vers la salle B est consacré à la déesse arbre, sinon ce registre concerne principalement la procession funèbre, laquelle se poursuit jusqu'à ce que la tombe soit atteinte, sur le mur Sud. La partie centrale du panneau est endommagée, mais la qualité reste intacte et la lacune ne nuit pas à la compréhension (vue 04).

La scène de la déesse de l'arbre, est tirée du Livre des Morts, chapitre 59, c'est le pendant de la scène de boire au bassin située de l'autre côté de l'entrée. Le sycomore chargé de fruits d'où la déesse-arbre Nout apparaît occupe toute la hauteur du registre. La déesse porte un panier d'offrandes dans la main droite et un récipient pour libation dans la gauche. Le couple assis au pied de l'arbre, boit dans le creux de ses mains l'eau qui s'en écoule. Sous l'arbre, on trouve des récipients pansus et un panier de pains.

La procession funéraire
Elle est traitée, jusqu'au milieu du mur Ouest, en deux longues scènes, lesquelles se rejoignent alors en un seul registre. La procession se termine devant la tombe avec les scènes de la fin du mur Ouest et celles du mur Sud.

La procession, mur Nord (vue TB104)
Elle présente le cercueil tiré par deux bœufs; en dessous neuf dignitaires l'accompagnent (six sont visibles sur la photo). Les neufs dignitaires sont des collègues du défunt (selon le texte), ils portent des tenues adaptées à leur rang social; l'un d'eux (non visible sur la photo), se retourne.
Le cercueil est placé dans une chapelle transportable, sur le pont d'un bateau, lui-même sur un traîneau. Isis (derrière) et Nephtys (devant) encadrent la chapelle, face à la momie. Un des conducteurs porte un récipient d'eau, soit pour se rafraîchir, soit pour mouiller la terre sous les patins du chariot, la transformant en boue qui facilitera la glisse. Un prêtre avec un encensoir marche entre le traîneau et les bœufs.

La procession se poursuit sur le mur Ouest


Elle continue, jusqu'à l'endroit abîmé du mur, par la traction du traîneau supportant les vases canopes, lui-même sur un bateau. au-dessus est allongé Anubis dans sa forme canine. La chapelle est la aussi protégée par Isis et Nephtys.
Cette fois le traîneau est tiré par six serviteurs, trois regardent vers l'avant, les autres vers la chapelle.
Devant eux, d'autres serviteurs portent sur leurs épaules des coffres à l'aide d'un balancier. Les dégâts n'en laissent voir que quatre, il étaient peut-être cinq.
Sous la chapelle, un important groupe de pleureuses (vue 04), toutes regardant vers l'avant. Après les pleureuses, cinq grands guéridons avec des offrandes et, pour chacun d'eux, encore un desservant.

Enfin, la procession arrive devant la tombe
De ce fait, le registre retrouve sa pleine hauteur (vue TB109).
Plusieurs pleureuses se tiennent derrière un prêtre-lecteur, lui-même derrière un prêtre-pur. L'une des pleureuses est prostrée sur le sol.
Devant elles, une très grande offrande repose sur une natte. Un prêtre est en train de la consacrer; il tient un rouleau de papyrus avec un texte encore lisible, tandis que le matériel de scribe est serré sous son bras gauche.

Le texte dit : (1) accomplissement de l'ouverture de la bouche (pour l'Osiris), (2) le scribe du trésor du seigneur des deux terres, (3) Kenro, au nom (4) des scribes [....] le seigneur des deux terres, (5) Amon dans (?)
De l'autre côté des offrandes, trois personnages se tiennent devant les momies de Neferrenpet et Moutemouia. Deux sont des pleureuses, l'une d'entre elle est agenouillée. Derrière elles, un prêtre vêtu d'une peau de panthère, tient un encensoir de la main gauche, et de sa main droite il tient un récipient à libation dirigé vers le couple défunt.

La scène finale se déroule à l'extérieur de la tombe
Elle se trouve sur le mur Sud à gauche de l'entrée.
Les momies de Neferrenpet et de sa femme, sont dressées sur le sol avec, à leur pieds, deux pleureuses agenouillées. Elles sont surmontées d'une ligne ondulée, figurant la libation effectuée par le prêtre du mur Ouest.

Entre les momies et la tombe se trouve le dessin d'une stèle dressée (vue TB95), dont le texte est très dégradé. Au sommet, Neferrenpet rend hommage à Osiris, derrière le dieu se trouve Isis. Au bas de la stèle un prêtre fait des offrandes au couple. La stèle est réalisée en noir sur fond blanc, avec un peu de jaune et de rouge. Le texte porte la formule d'offrande classique : "Une offrande que le roi fait à Osiris..."
La dernière ligne de texte, est divisée en petites colonnes verticales, elle énonce :"l'Osiris, scribe de la divine offrande dans la maison d'Amon, Kenro, justifié, sa femme, la maîtresse de maison, Moutemouia, justifiée. Rite accompli par le prêtre pur d'Amon, Nefersekherou, justifié" (peut-être est-ce le Nefersekherou de TT296 ?).

La tombe est représentée avec une corniche et une façade à piliers, surmontée de deux yeux oudjat, entourant le signe shen en forme d'anneau. Trois ondulations figurent l'élément liquide et surmontent un bol. Au sommet de la tombe, un pyramidion et de chaque côté une figure d'Anubis canidé, portant un fléau jaune (surtout visible à gauche).
Sous la corniche, le texte dit : "Louange à Amon, à Ra-Horakhty qui illumine les deux terres lorsqu'il s'élève, de la part de l'Osiris, scribe du trésor dans la maison d'Amon, Kenro, justifié".

Bandeau de texte inférieur
"Pour le Ka de l'Osiris, scribe de l'offrandes divine, scribe du trésor de la maison d'Amon, Neferrenpet, justifié, appelé Kenro, justifié. Il dit : "Oh assistants des grands dieux, prêtres purificateurs et tous ceux des domaines d'Amon, qui suivent la procession funèbre de l'Osiris, scribe ..." le reste du texte est très dégradé....

 FACADE DU PASSAGE ENTRE LES SALLES A ET B 

Située au milieu du mur Sud, elle apparaît légèrement en sur-épaisseur à cause du placage de plâtre.
Chaque côté de la porte comporte deux colonnes de hiéroglyphes sur fond jaune. Les quatre colonnes comportent les formules habituelles d'offrande ("une offrande que le roi donne pour...."). Les formules s'adressent de gauche à droite à : 1) Isis, 2) Osiris, 3) Amon, Ra-Horakhty et Atoum, 4) Ptah-Sokar.

Le linteau (vue 17-18), lui aussi sur fond jaune, présente deux scènes adossées surmontées d'un hiéroglyphe "ciel" bleu foncé. A gauche Neferrenpet et Moutemouia rendent hommage à Osiris et Isis, à droite à Ra-Horakhty et Maat (vue n032). Les deux dieux sont assis avec les déesses debout derrière eux, tenant de la main gauche un symbole ankh. Une ligne verticale sépare les deux scènes. Osiris tient trois sceptres (à deux mains); Ra-Horakhty tient un sceptre Ouas à gauche et un symbole ankh à droite. Dans les deux cas, le couple, bras dressés, se tient devant une table d'offrandes.

 PLAFOND DE LA SALLE A 

Le plafond est entouré par la bordure rayée typique de cette tombe. Il est divisé en quatre caissons par des bandes jaunes couvertes de textes. L'une d'elle va de l'entrée au passage vers la salle B. Les deux autres courent Est-Ouest au milieu du plafond. Ces quatre zones sont délimitées par une bande colorée à motif en échelons. Elles sont décorées de motifs géométriques. Cela est bien visible au-dessus du passage vers la pièce B (vue img43).

Tous les textes se rapportent aux vœux du défunt; par exemple dans la bande centrale "... pouvoir quitter et revenir dans le monde souterain, à discrétion ...", dans la bande Est "... être transfiguré, fort et justifié ..." dans la bande Ouest "... pouvoir s'élever vers le ciel comme un oiseau ..."'. Le défunt y est toujours nommé Kenro.

PAGE 1 | PAGE 2 | PAGE 3