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Seule la chambre A, la pièce principale, est décorée. Elle est divisée en deux parties par l'entrée du côté est et la niche osirienne qui lui fait face du côté ouest. Elle mesure 2 m de large, et 2,6 m de haut, pour environ 9 m de long du nord au sud. La moitié sud de la pièce est de 1 m plus longue que la moitié nord.
Lorsqu'on entre, on s'aperçoit que le niveau de la pièce est plus bas que celui de l'entrée, mais cet effet était encore plus net avant l'installation du plancher de bois actuel. L'ensemble des parois est protégé par des vitres.

  Mur est, partie sud 

Cette partie de la tombe est conforme aux modèles décrits plus haut en ce qui concerne la frise, les bandes de séparation et celles de textes. Nous allons donc nous focaliser sur les registres illustrés. Ajoutons simplement que, au-dessus de chacun des deux registres, se trouve une bande bleue qui est incurvée vers le bas à chacune de ses extrémités, dessinant ainsi le hiéroglyphe du ciel ; la bande du haut (et elle seule) est constellée d'étoiles blanches.
Le contenu des deux registres d'images ressemble étonnement à celui qui se trouve sur le mur est de la pièce A de la tombe TT178, mais le nombre de scènes est ici moins important.


1)- La bande de texte du haut


"Veuille le roi donner une offrande à Atoum, seigneur du Double Pays, l'unique d'Héliopolis,
Ptah-Sokar, qui est dans la chetyt (la barque nocturne du soleil), Nefertoum-Hor-Hejenou, et tous les dieux de la nécropole.
Puissent t'ils me donner d'être un esprit bienheureux dans le ciel, le pouvoir sur la terre, et la justification.
Afin que je puisse m'asseoir comme ils sont assis et me tenir debout comme ils sont debout.
Afin que mon nom soit connu comme l'un d'entre eux,
comme les beaux bienheureux dans la nécropole.
Pour le Ka de l'osiris, du vrai scribe du roi, celui qu'il préfère,
l'administrateur adjoint du trésor du seigneur des Deux Terres de la ville (Thèbes),
Nefersekherou, juste de voix.
Sa sœur bien aimée, la chanteuse d'Amon, Nefertari, juste de voix, en paix"
.

2)- Registre supérieur

Il comporte de petites zones endommagées, certaines volontairement. Les dégâts à l'extrémité gauche ont également touché la partie arrière du mur d'entrée.
Depuis la porte, nous trouvons cinq scènes ayant des correspondances entre elles. D'abord, deux scènes de 'portes' ("sbxt") provenant des chapitres 144 – 147 du Livre des Morts. Rappelons que chaque porte est gardée par un génie féroce et armé, qui doit repousser les forces du mal et leurs représentants. Le défunt, bien pourvu grâce au rituel funéraire et au Livre sur papyrus, est capable de franchir ces redoutables obstacles et de progresser vers la salle du jugement osirien.

A- La 6ème porte

C'est ainsi que le texte identifie la scène. Le couple constitué de Nefersekherou et de son épouse Nefertari se trouve devant une chapelle. Le défunt a les deux bras levés en adoration ; sa femme ne lève que le bras droit, tandis que, dans sa main gauche abaissée, elle serre une longue tige de papyrus qui se termine par une ombelle ouverte.
La chapelle est jaune d'or. Sa porte ouverte est cernée de noir et porte un motif en échelle de la même couleur. Au sommet du tabernacle se trouvent plusieurs zones : tout d'abord une bande rouge sur laquelle se détachent des grappes de raisin bleu sombre. Vient ensuite une double couche de motifs rectangulaires en échelle, puis commence la corniche à gorge.
La moulure porte une succession de symboles verticaux, tandis que sur le plateau se dresse une frise de khakherous plus simples que ceux que nous avons précédemment décrits, avec des 'bottes' verdâtres liées au niveau d'un disque rouge. Les montants latéraux sont eux aussi décorés d'un double motif de bandes rectangulaires en échelle ; selon l'aspective égyptienne, un seul est visible. L'ensemble est dressé sur un piédestal qui a lui même une forme de corniche dont la partie supérieure est blanche et la partie basse embellie de guirlandes rouges et bleues (vue cd_205bis).
A l'intérieur se tiennent deux démons zoomorphes superposés, dont les têtes ont été martelées, tout comme les visages du couple et certaines parties de leurs corps. Ils sont assis sur une épaisse natte verte. Leurs corps sont certainement ceux de félins. Tous deux exhibent deux grands couteaux (vue cd_287).

B- La 3ème porte

Nous retrouvons notre couple devant une autre chapelle, qui contient cette fois quatre génies anthropomorphes, dont les têtes ont été martelées, comme celles du couple (vue cd_0178). Nefersekherou porte, au niveau de la saignée du coude gauche, le hiéroglyphe représentant le matériel du scribe et la fonction de scribe proprement dite. Son épouse tient dans sa main gauche baissée une tige de papyrus ainsi qu'un canard. Les génies sont assis deux par deux sur des nattes épaisses. Tous les quatre sont engoncés dans un habit chatoyant qui les recouvre complètement et tiennent en main un fouet constitué d'un manche noir et de deux lanières rouges. La chapelle est presque superposable à celle précédemment décrite, mais la frise de khakherous a disparu, remplacée par un motif associant un serpent uræus et deux plumes d'autruche. L'uræus est jaune d'or, surmonté d'un disque solaire rouge. Les deux plumes valent pour le nisbé "maaty" et évoquent la Salle des Deux Maat où se déroulera le jugement du mort.

C- La grande offrande

Les défunts approchent de la salle du jugement. Avant d'y pénétrer, ils consacrent une grande offrande alimentaire et florale. Lui s'avance les bras levés tandis qu'elle brandit un grand sistre dans sa main gauche. Sur une estrade identique à celle des chapelles se dressent quatre guéridons lotiformes dorés qui semblent jointifs, sur lesquels repose une natte. Les offrandes s'accumulent sur cette dernière, pièces de viande, fruits, légumes, fleurs. Au sommet se trouve un petit récipient blanc d'où s'échappent des fumeroles, traduisant la présence de braises à l'intérieur, servant très probablement à brûler une résine odorante. Entre les pieds des guéridons, et à l'avant, se dressent des bouquets montés. Tout autour se déploie une élégante guirlande florale incurvée, dont les attaches latérales ont été soigneusement reproduites. Une guirlande a également été ajoutée autour du grand bouquet de gauche. Ce dernier, constitué de trois tiges pour signifier le pluriel, la multiplicité, présente une autre particularité : autour de sa tige sont représentées les feuilles sagittées d'une liane, en l'occurrence un liseron (vue cd_205ter). Cette représentation se retrouve en d'autres endroits de la tombe, ainsi que dans de nombreuses sépultures civiles de l'époque, et il est intéressant de s'y étendre un peu : voyez l'article La "liane" à feuilles sagittées.
Au-dessus du couple, ainsi que derrière les offrandes, se trouvent les colonnes d'un hymne à Osiris, qui commence au-dessus de la scène suivante, l'ensemble du texte prenant de ce fait une forme en "T".

D- Le jugement osirien

Le couple est introduit dans la salle du jugement (ou salle des deux Maat) par Anubis qui tient Nefersekherou par la main gauche. Les époux adoptent tous deux l'attitude classique de l'humilité, bras droit replié sur la poitrine, la main agrippant l'épaule gauche. Le visage d'Anubis a été martelé, tout comme ceux du couple.
Viennent ensuite quatre petites colonnes de texte sur fond jaune, qui portent les paroles d'Horus, lequel a vérifié l'équilibre de la balance et déclare que le défunt a passé l'épreuve avec succès. En dessous deux courtes lignes introduisant Anubis.

Le reste de la scène est divisée en deux parties : en bas, la pesée du cœur, en haut le tribunal des quarante-deux dieux, réduits ici à quatre, qui ont le visage intact, alors que ceux des autres protagonistes sont martelés. Chacun tient en main un sceptre ouas et siège devant une petite table d'offrandes sous laquelle se dressent deux vases. Ce sont les accesseurs, qui doivent approuver le jugement.
La balance est juchée sur un piédestal. Sur le plateau de droite se trouve le cœur du défunt, sur celui de gauche, une petite représentation de la déesse Maat (justice, règle, norme, équité, équilibre…). Les deux plateaux sont en équilibre, comme le constate Horus qui immobilise le poinçon. Nefersekherou est justifié ! Son cœur n'a été ni plus lourd que Maat (mauvaises actions, iniquité…) ni plus léger (inaction, paresse). À l'avant, Thot, dont la tête d'ibis a disparue, note le résultat favorable confirmé par les accesseurs, et va l'annoncer à Osiris. Ainsi, Nefersekherou ne finira pas dans le ventre de 'la dévoreuse', animal hybride mi-lion, mi-crocodile, qui se tient à gauche de la balance ; il échappe ainsi à la seconde mort, définitive, celle-là.

(vue cd_2783) Osiris se tient assis dans une somptueuse chapelle, devant laquelle est représentée une nébride ("imyout"), cette peau d'animal suspendue à un mât au-dessus d'un bassin, est en rapport avec Anubis, mais sa signification exacte n'est toujours pas bien comprise.
La chapelle est dressée sur une estrade, et suit, en plus grand, le modèle des chapelles précédemment rencontrées, avec une grande frise de serpents uraeus dressés au sommet. On remarque les colonnes papyriformes qui soutiennent le toit aux quatre angles.
Le Grand Dieu est assis sur un archaïque siège cubique bas reposant sur le signe hiéroglyphique biseauté, qui se lit "maat". Il est engainé dans son suaire momiforme jaune et rouge d'où dépassent ses mains, vertes, qui tiennent les deux symboles de sa royauté souterraine, le sceptre et le flagellum. Son visage, également vert, a été épargné par les iconoclastes, et on voit bien la couronne Atef dont il est coiffée. Comme toujours, le dieu est silencieux, il trône, il regarde, mais ne dit jamais rien. Derrière lui se trouvent ses deux protectrices, dont les visages semblent avoir été volontairement martelés, ses deux sœurs, Isis son épouse et Nephtys, sa maîtresse. A l'avant, un grand lotus surgit du signe maat, dont la couleur bleue striée de noir évoque le milieu liquide, le Nil ou/et le Noun, l'océan primordial. Au dessus de la somptueuse corolle déployée se tiennent les Quatre Enfants d'Horus, auxquels un article spécial est consacré.

3)- Bande de texte intermédiaire

"[Veuille le roi donner une offrande à Osiris, premier des Occidentaux, Ounnefer], seigneur de la Terre Sacrée (Ta-djeser, la nécropole), le grand dieu, maître d'Abydos, le maître de la nécropole, le grand dans Busiris, l'aîné dans [Hérakléopolis], celui qui est dans les collines de la nécropole, le premier de l'Horizon. Celui qui porte la couronne Atef, celui qui est issu du corps de sa mère, dont le corps est orné du serpent uræus, le Ba au visage secret dans l'Ennéade des dieux, celui qui est dans les collines de la montagne de l'ouest, le seigneur des supplications, à qui l'on doit obéissance.
"On embrasse la terre là où il se trouve, le seigneur de l'embaumement, aux nombreuses manifestations ; de son désir tout ce qui est advient.
…partie manquante…
Puisses tu m'accorder de me trouver dans la suite de ton Ka, que je sois associé à tes prières, et que j'accompagne les transfigurés (akhou), que je survive en paix, comme ils survivent.
(par) l'osiris, le scribe de l'offrande divine de tous les dieux, Nefersekherou"
.

3)- Registre du bas

Il souffre lui aussi de dégradations volontaires, auxquelles s'ajoute une vaste lacune du côté droit, affectant les deux dernières scènes (voir photo).

A- Le couple boit l'eau du lac

Cette belle scène est très endommagée. Le lac a la forme d'un "T" mais selon l'aspective (absence de perspective) égyptienne, il est représenté verticalement (vue cd_2792bis). Dans ses eaux vert clair, des poissons nagent au milieu des lotus. Ses berges sont soulignées par une épaisse bande vert sombre, signalant la présence de végétation. Trois palmiers chargés de dattes rouge sombre ou jaune sont représentés, leurs troncs barrés par la branche du T. Dans l'arbre le plus à gauche, un oiseau délicat peint en rose, avec quelques stries rouges, s'envole au-dessus du défunt, abandonnant le nid où se trouvent trois œufs (vue cd_4936).
Dans le second palmier, deux oiseaux bleutés volètent dos à dos. Le couple se désaltère après avoir recueilli l'eau du lac dans ses mains jointes en coupe ; celle-ci ruisselle encore à terre (vue cd_156).
Le bassin faisait partie de toutes les maisons des hauts personnages, lieu de fraîcheur, il indique également la prospérité de son possesseur, qui entend bien continuer à profiter de ses bienfaits dans l'au-delà. Le nom de la femme a disparu dans une lacune, mais il s'agit certainement de Nefertari.

B- Offrandes aux défunts lors de deux fêtes

La scène, gravement endommagée, déborde sur la précédente. Nefersekherou et Nefertiti sont assis devant une pile d'offrandes, et le texte au dessus d'eux décrit ce qui se passe : "Recevoir les oignons de vous la nuit de Baraset (Bastet) et à la première fête d'Osiris…", ce qui associe la scène à la fête de Sokar.
Les époux sont assis avec leurs mains gauches levées en signe de salutation. Nefertari serre un morceau de tissu dans sa main droite posée sur le genou. Derrière son siège se tient une fillette nue, probablement sa fille, peut-être déjà morte. Nefersekherou tient dans sa main droite une plante jaune et un sceptre sekhem à bordure florale.
Devant le couple se dresse une imposante pile de victuailles, dont la base est entourée de deux grandes guirlandes. L'offrande proprement dite consiste en deux grands bouquets formés d'écheveaux d'oignons qui sont attachés par des liens au sommet et s'épanouissent en corolles vers le bas. Du côté opposé se trouve une pleureuse agenouillée qui, dans un geste mimant le désespoir, porte sa main gauche à son front. Il s'agit de la fille du défunt (et sa mère est probablement Nefertari). Derrière elle, un prêtre-sem, reconnaissable à sa peau de féli, consacre les offrandes à l'aide de libations et d'une fumigation (vue cd_175).

La seconde scène empiète presque sur la première. Nous retrouvons les époux assis comme précédemment, devant une pile d'offrandes beaucoup plus petite, consacrée encore par un prêtre-sem. La seule différence notable est la fleur de lotus dans la main de la femme, signe de régénération. Cette fois, aucune fille n'est représentée. Le texte au dessus de la scène est détruit, et on ignore le nom de l'offrande et son contexte.

C- La partie de Senet (?)

Le couple est assis, pieds sont surélevés, dans un édifice couvert délimité par des colonnes devant un jeu de damier, et regarde cette fois vers l'entrée. Les sièges légers sont posés sur une épaisse natte. La scène est endommagée par une grande lacune qui a fait disparaître la partie supérieure de l'épouse ainsi que la fin du texte (voir dessin pour plus de clarté).
Le damier repose sur un étroit guéridon soutenu par quatre pieds fins entourés de guirlandes à leur sommet et en leur milieu. Le plateau comporte 10 rangs et 6 colonnes sur la gauche, rien à droite. Devant le défunt se trouve cinq pions, alternativement vert sombre et rouge. Trois autres, en forme de petites bobines, se trouvent de l'autre côté du plateau. Le motif du damier ainsi que la forme des pièces ne plaident pas en faveur d'un jeu de Senet (mais, comme dans la tombe TT178, aucune indication textuelle n'est fournie). Il est possible que le plateau ait été conçu pour jouer à deux jeux différents.
Nefersekherou tient un sceptre sekhem dans sa main gauche levée, ce qui permet d'apprécier l'ampleur de sa tunique. Sa main droite s'avance vers l'échiquier, serrant délicatement un pion blanc qu'il s'apprête à placer. Sa femme a son bras droit levé, comme pour saluer ... mais il n'y a personne en face du couple.

D- L'offrande au couple royal Amenhotep I et Ahmes-Nefertari (mère d'Amenhotep I).

Nefersekherou est seul cette fois, très mutilé par une grande lacune. Il s'approche, les deux bras levés, du kiosque des souverains. Entre les deux, une importante quantité d'offrandes diverses a été empilée sur une table, et des vases placés dessous.
Le couple royal se tient sous un édifice léger, ressemblant à une chapelle sans porte, qui se dresse, une fois de plus, sur une estrade. Comme sa mère, le roi est assis sur un trône reposant sur une natte, et surélevé par un coussin. Il tient un fouet dans la main droite, tandis que la gauche empoigne un signe ankh. Il est coiffé du Khepresh bleu, dont les rubans rouges retombent dans son dos. Deux de ses cartouches se trouvent devant son visage (vue cd_4937).
La reine (vue cd_5101) est coiffée d'une perruque bleu sombre qui se distingue à peine de sa peau noire. Elle est surmontée d'une couronne constituée par un vautour d'or, aux ailes déployées enserrant la tête, sur lequel se trouve un disque solaire rouge entre deux plumes dorées. Dans sa main gauche, la reine tient un signe ankh, et dans la droite un chasse-mouches dont les lanières retombent sur son épaule.

 Mur est, partie nord 

Cette partie du mur est est beaucoup plus petite que la partie sud. L'aspect général de la frise et des bandes de texte a déjà été décrit, nous n'y revenons pas, et allons nous intéresser aux deux registres peints et aux bandes de texte. Seul petit point à souligner dans la frise de sommet, à gauche, la présence à l'extrémité nord d'un œil oudjat dans une petite chapelle. Les bandes bleues qui surplombent les deux registres ne comportent pas d'étoiles.


1)- Bande de texte supérieure

"Offrande qu'a donnée le roi à :
Osiris, premier à l'Occident, le Grand Dieu, maître des Vivants (les défunts)
Isis la grande, la mère du dieu, maîtresse du ciel, maîtresse des Deux Terres
Anubis, maître des ouvertures des cavernes
Imiout, seigneur de la terre glorifiée.
Afin qu'ils puissent être transfigurés dans les cieux, comme Ra, avoir pouvoir sur la terre comme Geb, et justification par l'intermédiaire du grand dieu.
Pour le Ka de l'osiris, l'administrateur adjoint du trésor du seigneur du Double Pays dans la ville du sud (Thèbes), Nefersekherou, juste de voix"
.

2)- Registre supérieur


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Malgré les apparences, il est occupé par une scène unique. Quelques zones ont subi des dégâts peu importants, les plus notables se trouvant à l'extrême gauche. Il est impossible de dire si ces dommages, qui touchent également les visages des défunts et le corps d'Osiris, sont volontaires ou non.
Cette fois, Nefersekherou est en compagnie d'une autre épouse, Nedjemmaatmout.

À droite, le couple se tient devant une chapelle dont le 'mur' est décoré par une version abrégée du fameux chapitre 125B du Livre des Morts, connu sous le nom de 'confession négative', particulièrement inapproprié.

Les deux portes de l'édifice sont ouvertes, et ainsi le défunt peut le traverser, afin de se retrouver devant Osiris qui trône à gauche. Au dessus de la corniche du 'mur' se trouve une frise formée de serpents uræus et de plumes avec, au centre, une paire d'yeux oudjat. Sur les quarante-deux formules que contient le chapitre, trente ont été retenues et écrites en autant de colonnes. Chacune de celles-ci est divisée en deux par une petite boîte où se détache un génie accroupi sur fond blanc (vue cd_250). Au-dessus de lui est écrit le nom du défunt, et en dessous est nommée l'action qu'il est censé ne pas avoir accomplie.
Seules les dix premières entrées suivent l'ordre normal du texte, par exemple la quatrième : "Salut, engloutisseur d'ombres, qui vient de la caverne, l'osiris Nefersekherou, juste de voix (il dit) : je n'ai pas volé".
Il ne s'agit cependant nullement d'un acte de purification pour se débarasser de ses péchés, et encore moins de contrition, mais d'un procédé de magie. Le défunt, devenu un "transfiguré" (ou bienheureux, un Akhou) est maintenant possesseur d'un immense pouvoir magique, avec lequel il va envoûter la balance et le tribunal ! Il ne s'agit pas du tout pour lui de s'excuser de ses mauvaises actions, mais de charmer (au sens fort, magique) les intervenants afin d'être admis dans le cercle des dieux.

Comme s'il venait physiquement de traverser la chapelle, le défunt en émerge du côté gauche, laissant derrière lui la porte ouverte. Ses deux mains sont levées en signe de respect face à Osiris. Le dieu est assis sur son trône dans une chapelle à toit bombé. Sa fille Maat est assise derrière lui, tandis que sur la corolle de la tige de lotus dressée se tiennent les Quatre Enfants d'Horus. Thot ibiforme vient annoncer la venue du défunt justifié, en brandissant une croix de vie et un sceptre ouas dans une main et une voile gonflée stylisée, rappelant le hiéroglyphe dans l'autre. On trouve la correspondance dans le texte : "Tout air, qui vient des cieux, pour ton nez".
Le fond du kiosque est partiellement masqué par une tenture ou un rideau à bords frangés et ponctués de motifs hexagonaux.

3)- Bande de texte médiane

"Veuille le roi donner une offrande à Ptah-Sokar-Osiris, seigneur de la Chetyt, (à) Nefertoum-Horhekenou, (à) la Grande Ennéade, (aux) seigneurs de la nécropole
Puisse t'il faire en sorte que tout ce qui vient sur vos tables d'offrandes soit viré pour le Ka de l'osiris, le scribe des offrandes divines de tous les dieux de Thèbes, Nefersekherou, juste de voix.
Puisse ton Ba être utile pour toi et le doux souffle être pour ta narine
Puisse Anubis poser ses bras sur tes membres
Puisse les Occidentaux s'unir à toi, et puisse t'on ouvrir les deux portes de la Douat (le monde souterrain)
Puisse t'on te donner du courage, ouvrir pour toi les cieux, afin que tu puisses être uni à lui et avec les (étoiles) impérissables"
.

3)- Registre inférieur


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Ici encore, tout le registre est occupé par une longue scène unique. On y observe de nombreuses petites zones endommagées dispersées, surtout à l'extrémité droite, en bas.
La scène décrit les funérailles et correspond aux vignettes du premier chapitre du Livre des Morts lorsqu'il est écrit sur papyrus. Elle représente la transition du monde des vivants à la tombe, et sera utile aussi bien au défunt lui-même qu'à ses proches pour sa vie dans l'au-delà. En effet, des funérailles rituelles sont un gage indispensable d'un 'passage' réussi. Or, dans la vie réelle, il est possible que, pour diverses raisons, ce n'ait pas été le cas. Les rituels éternisés ici en tiendraient alors lieu.
Le registre se divise en trois parties ; celle de gauche occupe la totalité de la hauteur, celle du milieu est divisée en deux sous-registres, comme celle de droite bien que la division soit moins nette.

A- Sous-registre en haut, à droite, de la droite vers la gauche

Quatre hommes tirent un traîneau à patins rouge sur lequel se trouve le coffre contenant les vases canopes dans lesquels les prêtres ont placé les viscères momifiés du défunt. La chapelle est bleu-vert, décorée d'une large guirlande de fleurs, et repose sur une estrade dorée. On devine encore Anubis, dieu de la nécropole, qui trône au sommet sous sa forme de canidé noir avec un ruban rouge autour du cou, portant un fouet doré. De hauts bouquets, avec de longues tiges, sont disposés à l'avant et à l'arrière du coffre. À l'avant, un homme porte sur son dos un coffre de taille respectable. Celui qui le précède brandit un bouquet. Puis viennent deux personnages côte à côte qui portent sur l'épaule gauche deux vases blancs et des tiges de lotus de l'autre côté. Les deux hommes qui les précèdent portent chacun sur l'épaule une palanque à chaque extrémité de laquelle pend un panier blanc. À l'avant de la scène, un dernier personnage transporte un siège et des coussins.

B- Les deux sous-registres du bas, de droite à gauche

Quatre vaches conduites par un bouvier tirent le traîneau sur lequel repose le cercueil. À l'avant du traîneau se tient un prêtre-sem qui fait libation et fumigation. Le cercueil, décoré de grands bouquets à l'avant comme à l'arrière, a été ajouré, afin de laisser voir la momie. Une femme est agenouillée au passage du convoi, les deux mains levées vers la tête.
Trois hommes suivent le cortège (vue cd_2107). Il s'agit de hauts personnages, parents ou collègues, qui tiennent en main un bâton à extrémité piriforme d'où pendent deux rubans. La procession est précédée et dirigée par un prêtre au crâne rasé. Il répand de l'eau à terre devant ses pieds à partir d'un vase qu'il tient à deux mains. A l'origine, il s'agissait de verser de l'eau sous les patins du traîneau afin de faciliter la glisse de l'engin.
Deux pleureuses, tournées vers le cortège, accueillent le prêtre. Les quatre autres sont tournées en sens inverse ; celle qui est agenouillée appartient au registre final de gauche. Ces femmes sont dans l'attitude habituelle dans leur métier, le sein nu, jetant de grands cris et se frappant la tête et la poitrine.

C- Sous-registre en haut, à gauche, de droite à gauche

Au-dessus des pleureuses, l'action est également en rapport avec des rites accomplis devant la tombe. La ligne de base est rehaussée de 7 cms, ce qui indique la séparation des actions d'avec le demi-registre sous-jacent. Un petit veau, guidé par sa mère (dont le pis a été oublié), suit un homme qui s'approche de la tombe en tenant une cuisse de bœuf. Devant lui, des pleureuses sont agenouillées, la main droite posée sur la tête tandis que leur main gauche effleure le sol, peut-être pour y ramasser la poussière qu'elles répandront sur leur corps. Devant elles, un homme est agenouillé, main gauche levée, dans l'attitude caractéristique du signe Henou (rituel en rapport avec les divinités ancêtres, les "âmes" –ou puissances- de Pe et de Nekhen).

D- La partie gauche du registre, de droite à gauche

Cette fois, l'action occupe la totalité de la hauteur du registre. Deux prêtres sont debout côte à côte. Celui de l'avant-plan, un prêtre lecteur, lit un papyrus qui, comme dans la tombe TT178, porte le titre du rituel qu'il décrit : "Le rituel de l'ouverture de la bouche, exécuté pour l'osiris Nefersekherou"
Devant eux se trouve un autre groupe de trois prêtres. Celui qui se trouve au premier plan est un prêtre-sem, qui accomplit une lustration sur les offrandes empilées devant lui à l'aide d'une aiguière-hes, d'où on voit un filet d'eau ruiseller. Le second, plus sombre de peau, lève un vase-nemset, tandis que le troisième brandit l'herminette qui servira à l'ouverture de la bouche. Devant les trois hommes, le reste de la scène est surélevé, indiquant peut-être qu'elle se déroule dans la cour de la tombe. Au-dessus de la pile d'offrandes, mais il faut comprendre à côté, se trouve un petit coffre blanc surmonté d'une table (vue cd_126bis). Comme il est impossible de voir dans le coffre, l'artiste a dessiné au-dessus son contenu en rouge (parfois seulement les contours). Il s'agit des objets qui, comme l'herminette, sont nécessaires au rituel de l'ouverture de la bouche et que l'on posait sur la table après les avoir sorti.

La scène finale met en scène une épouse du défunt (on ignore laquelle). Agenouillée devant le cercueil, poitrine nue, cheveux en désordre, elle se lamente du départ de son cher mari, et pose ses mains sur la bière, comme pour retenir le mort. Deux grands bouquets sont représentés derrière elle.
La momie est dressée, légèrement penché vers l'arrière qui touche le mur de la tombe (ou une stèle de grande taille). Le corps est blanc, souligné d'une épaisse bande rouge, et barré de trois lignes de la même couleur. Sur la poitrine et la tête, on a disposé un plastron doré, sur lequel se détache la perruque bleu nuit (couleur du lapis-lazuli, dont est fait la chevelure des dieux) rehaussée par un serre-tête ainsi que par le cône d'onguent au sommet. Celui-ci est traversé par une fleur de lotus bleu et une fleur de liseron. Une fausse barbe à extrémité recourbée se devine encore à la pointe du menton.

Derrière la momie se trouve une représentation de la tombe elle-même, décorée avec un grand bouquet. Elle comporte une partie horizontale surmontée d'une corniche, avec au dessus une petite pyramide blanche couronnée d'un pyramidion noir. Les espaces sombres (porte d'entrée, niche) sont peints en jaune. La tombe est incluse dans la montagne de l'ouest, d'où on voit émerger la vache Hathor, dorée, Menat autour du cou, avec sa couronne habituelle (deux plumes entourant un disque solaire et une paire de cornes) ; en tant que "Maîtresse de l'ouest" comme elle est nommée, elle doit prendre soin du défunt pendant sa nouvelle gestation souterraine.

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