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Le mur ouest de la salle A est divisé en deux parties, nord et sud, par la niche osirienne flanquée de part et d'autre par les statues de Nefersekher.
Mur ouest, partie sud
Nous traiterons d'abord des deux registres et des bandes de texte ; la niche de la statue de Nefersekherou et la représentation du nœud d'Isis-Hathor seront vues avec la niche elle-même, car elles lui sont liées.
1)- La bande de texte supérieure
"L'osiris, le scribe des offrandes divines de tous les dieux, le responsable adjoint du trésor du seigneur du Double pays, Nefersekherou, il dit :
Salutations, Osiris, Premier de l'Occident, seigneur d'Abydos, grand dieu, seigneur de la terre sacrée, seigneur de l'éternité, maître de la pérennité, roi du monde souterrain, seigneur de l'ouest, le grand qui est dans Busiris, la bouche suprême et le seigneur dans la nécropole, avec de hautes plumes doubles et des cornes acérées, la grande échelle de ses frères.
Puisse t'il apparaître selon ce qui a été promis, devant les maîtres du monde souterrain. Pour le Ka du scribe des offrandes divines de tous les dieux, Nefersekherou, juste de voix, vénéré en paix".
2)- Registre supérieur
Il comporte deux scènes d'adoration illustrées surtout grâce au dessin (issu de Feucht) sous-jacent, car nous ne disposons que de quelques photos. Tout le registre comporte des lacunes, grandes et petites, dont certaines sont intentionnelles. On peut également repérer des signes de restauration remontant à l'antiquité.
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A- Première scène : l'adoration à Osiris
• Le défunt, une épouse et un fils
Nefersekherou, revêtu de la peau de félin traditionnelle, officie en tant que prêtre-sem. Il est suivi par une de ses épouses et son fils. Osiris est assis sous un kiosque, protégé par Isis. Le texte d'accompagnement est encore un hymne à Osiris, qui identifie tous les protagonistes de la scène (de droite à gauche) : "Le scribe du trésor du seigneur des Deux Terres, Nefersekherou, …sa sœur bien aimée, la chanteuse d'Amon, Nefertari, …son fils bien-aimé, le scribe de l'armée du seigneur du Double Pays, Amenemopet". Tous trois portent d'amples vêtements magnifiquement plissés.
Nefersekherou tient un vase dans la main droite et un encensoir dans la gauche. Il est intéressant de noter que la tige de papyrus qui se trouve devant lui, tout comme celles que tiennent sa femme et son fils sont entourées de liserons. Dans sa main gauche, Nefertari tient un collier menat en plus de la tige de papyrus, tandis que son autre main est levée. On remarque que, selon une tradition ramesside, le haut de la robe est teinté en un jaune rougeâtre, qui s'estompe vers le bas. Certains ont voulu y voir un argument en faveur de la nature réelle et non symbolique du cône d'onguent porté sur la perruque : la couleur serait produite par le mélange de graisse et de parfum coulant depuis la tête et imprégnant les habits. Il est exact que, sur les trois personnages, Nefertari est la seule qui porte un tel cône. Arrive enfin le fils, qui agrippe dans sa main gauche une tige de papyrus, mais aussi un canard, par les ailes.
• Osiris
Le kiosque sous lequel trône le Grand Dieu est très semblable à celui que nous avons déjà vu. Il est bordé latéralement par un double motif en échelle, qui se trouve également à la partie haute. Cette dernière est constituée d'une corniche, avec une frise où alternent uræus et plume d'autruche de Maat. À l'avant et à l'arrière, nous retrouvons l'imiout, ce fétiche anubien dont nous avons déjà parlé. Le tout repose sur une estrade à corniche. Le trône se dresse sur un signe maat biseauté. La représentation d'Osiris, hélas abîmée, reste somptueusement colorée, comme on le voit avec la belle couronne Atef. Le dieu a une carnation turquoise inhabituelle (au lieu du vert ou du noir qu'on a coutume de rencontrer). Le pigment servant à fabriquer cette couleur, était le plus souvent réalisé en fritte glaçurée broyée, et était particulièrement coûteux. Émergeant de son suaire blanc, on devine encore les deux mains, l'une tenant un fouet et une crosse, la seconde un assemblage composite comportant un pilier djed, une croix ankh et un sceptre ouas. Ses pieds masquent partiellement la tige d'un guéridon doré, sans qu'on puisse préciser ce qui y était posé. L'arrière du kiosque est masqué par une tenture rouge à motifs hexagonaux noirs et blancs, soulignée d'une large guirlande à son sommet. Derrière Osiris se tient sa sœur Isis, identifiée par son nom, qui a presque disparu. Sur la tête, elle porte une couronne typiquement hathorique avec une paire de cornes lyriformes entre lesquelles se trouve un disque solaire ; elle pose ses mains (peintes en jaune) sur l'épaule de son frère et mari.
B- Seconde scène : l'adoration de la Triade
Nefersekherou est seul cette fois, devant une construction rappelant celle que nous venons de voir. Son image est très détériorée, laissant apercevoir sa belle tunique plissée et un pendentif jaune et rouge accroché autour de son bras gauche. Il est une nouvelle fois entouré d'un hymne à Osiris.
Le défunt se trouve devant une famille divine : Osiris, sa sœur-épouse Isis, ainsi que leur rejeton posthume Horus (le jeune). Les Quatre Enfants d'Horus sont également présents ; rappelons que ce sont les descendants d'Horus l'Ancien et non d'Horus-fils-d'Isis … (voir l'article : Les Quatre Enfants d'Horus).
Osiris porte cette fois des attributs essentiellement régaliens. Il est coiffé d'une haute couronne Swty, qui associe deux plumes droites accolées, avec un disque solaire central à la base, et une paire de cornes torsadées horizontales (qu'on devine plus qu'on ne les voit). Autour de sa perruque se trouve un serre-tête doré orné de l'uræus. Son costume est doré dans sa partie basse, qui conserve l'aspect d'un suaire, tandis que la partie haute est décorée d'un motif en damier rouge et blanc. Les bras sont individualisés, et les mains saisissent, d'un côté la crosse et le fouet qui sont les attributs traditionnels du dieu, et de l'autre une longue canne à bout légèrement recourbé, le sceptre awet, dont la tige graduée sert à comptabiliser les années (vue cd_152).
Derrière Osiris, c'est son fils Horus qui est coiffé de l'Atef. Il est engoncé dans un suaire mortuaire avec une grande ceinture rouge autour de la taille.
Symétrique par rapport à Horus se trouve un autre personnage momiforme, abimé, avec encore une ceinture rouge et un collier doré. Il s'agit d'Isis, comme l'attestent le hiéroglyphe de son nom sur sa tête, et le texte d'accompagnement. Des pieds d'Osiris se dresse une grosse tige de lotus rouge surmontée d'une ombelle de papyrus ouverte. Cinq personnages y sont figurés, dans l'ordre de gauche à droite : Amsit, Anubis, Hapy, Douamoutef, Qebehsenouef. Cette inclusion d'Anubis parmi les Quatre Enfants d'Horus est inhabituelle, mais pas unique.
3)- La bande de texte médiane
"Veuille le roi donner une offrande à Osiris, premier dans l'Occident, le seigneur de l'éternité, Ounnefer, souverain de la pérennité, son temps de vie est de millions d'années, le plus grand des cinq dieux, qui est issu de Nout, à la tête de l'Ennéade et du royaume des morts. Maat est toujours devant toi. Je me réjouis de voir ta beauté. Thot t'amène ta sœur Isis, la protection de tes membres, ton fils Horus, seigneur de ce qu'il a pris comme sa propriété. Puisse t'il donner l'offrande au défunt, (consistant en) pain, bière, bovins, oiseaux des marais, eau fraîche, lait et vin, toutes bonnes choses pures, pour le Ka du scribe des offrandes divines de tous les dieux, l'administrateur adjoint du trésor du seigneur des Deux Terres, Nefersekherou, juste de voix, en paix dans l'Occident".
4)- Registre inférieur
Il comporte trois scènes d'offrandes devant le défunt. Le registre est, une fois de plus, criblé de lacunes.
A- Première scène d'offrande
(vue cd_5107) Devant le défunt et trois membres de sa famille se tient un prêtre-sem qui effectue, au-dessus d'une petite table d'offrandes ornée de guirlandes, une fumigation à partir d'un bol d'où sortent des flammes et une libation à l'aide d'une aiguière hes, d'où l'eau ruisselle.
En premier, nous trouvons bien sûr Nefersekherou assis, main gauche levée, tandis que de sa main droite il brandit un sceptre sekhem bleu pâle. Derrière lui se tient non pas sa femme, mais sa fille, Heli, qui lève aussi la main gauche pour saluer tandis que la droite reste sur ses genoux. Elle occupe pleinement la position de sa mère, et aurait été confondue avec elle, n'eussent été les inscriptions. Viennent ensuite deux jeunes filles agenouillées, l'une au dessus de l'autre. L'inscription qui surmonte celle du haut (l'autre en est dépourvue) l'identifie comme "Sa fille, la chanteuse d'Amon, Heretperi". Il s'agit donc des petites-filles de Nefersekherou.
B- La cérémonie de l'allumage du luminaire
La scène débute immédiatement à droite de la précédente, sans séparation. Un nouveau prêtre-sem tourne le dos au précédent, tandis qu'en face de lui Nefersekherou et son épouse Nefertari sont assis, dos à la niche osirienne. Le défunt tient un sceptre sekhem vert dans sa main droite, tandis que la gauche reste sur ses genoux, empoignant une pièce d'étoffe. Son épouse lui passe la main droite autour des épaules, tandis que la gauche est levée en signe de salutation. Le prêtre tient dans chaque main une mèche enflammée. Il allume une grande chandelle (?) dressée sur un autel, qui semble décorée par des pièces de tissu rouge, et qui est entourée de deux autres plus petites. Une table d'offrandes et une composition florale séparent le couple de l'autel (vue cd_2840).
C- Offrandes et joueur de harpe
La situation de la scène par rapport au registre supérieur apparait bien sur la (vue cd_149). Le prêtre-sem, qui se trouve sur la gauche, s'avance, un encensoir dans une main, une aiguière dans l'autre, vers la table d'offrandes. À ses pieds, un harpiste est assis en tailleur. Son œil est réduit à une ligne, suggérant qu'il est aveugle. Sa harpe comporte un corps doré et une hampe blanche, terminée par une tête. Le musicien pince délicatement les cordes, et nul doute qu'il ne chante en même temps un de ces "chants du harpiste" de l'époque, exprimant les doutes quant au destin funéraire promis (vue cd_2838 et vue cd_150).
Les offrandes, très nombreuses, sont empilées sur un guéridon, dont le plateau reproduit le hiéroglyphe du Ka, avec les deux bras ouverts, tandis que le pied est entouré de vases dans des claies. Des guirlandes décoratives agrémentent l'ensemble (vue cd_2837). Le couple a le dos tourné à la niche à statue de droite. Il est assis sur deux fauteuils à dosseret haut, sans accoudoirs, qui reposent sur une natte. Tous deux ont leurs habits de fête, de grands colliers et de longues perruques surmontées d'un cône d'onguent. En examinant les jambes, on s'aperçoit que, sous la tunique diaphane, l'artiste a encore différencié les sexes en donnant une teinte rose pâle à la peau de la femme et un peu plus sombre au défunt. Derrière et au-dessus du couple se trouvaient leurs noms et titres. On remarque que le nom de l'épouse, initialement Nefertari, a été badigeonné de blanc et que c'est finalement Nedjemmaatmout qui est inscrit. Ceci traduit probablement le décès intercurrent de Nefertari (vue cd_2836).
Sous la chaise de la dame, une femme adulte est agenouillée, qui porte le nom de Nefertari et qui est très probablement la fille de l'épouse du même nom. Derrière elle, sous la niche de la statue de Nefersekherou, trois hommes sont également accroupis, surement les fils du couple, mais on ignore avec quelle(s) femme(s). Leurs noms ont disparu, et on peut seulement lire, pour celui de gauche "…son fils, le prêtre-ouab…". Devant chaque fils se trouve une petite table d'offrandes, et chacun présente une fleur de lotus ouverte à son nez, exprimant ainsi son désir d'immortalité.
La niche osirienne
Elle est située à peu près au milieu du mur ouest, en face du passage d'entrée. Elle est flanquée de chaque côté par deux autres niches plus petites, contenant un statue de Nefersekherou. Entre les deux nous trouvons un nœud d'Isis-Hathor à gauche et un pilier djed à droite.
La niche est légèrement en protubérance sur la paroi et adopte l'architecture d'une porte. Elle a été endommagée dans l'antiquité, mais restaurée à l'époque moderne. À sa base se trouve un piédestal qui était peint en bleu foncé avec une frise constituée de deux ouas flanquant un ankh, reposant sur le panier neb, tous dessinés en noir (vue cd_231). L'encadrement comporte deux bandes de texte sur fond jaune. Il débute à la partie médiane du sommet, et se prolonge sur les deux montants verticaux. Il est très endommagés, surtout en haut, mais on peut être assuré qu'il commençait par la traditionnelle formule d'offrandes à divers dieux, de type "hotep di nesou", "Veuille le roi donner une offrande". Dans le texte de la bande externe, Nefersekherou est désigné comme "directeur des cerfs (ou des esclaves)". Les deux bandes verticales jaunes sont entourées de chaque côté par une épaisse bande blanche et se terminent au-dessus d'une représentation du défunt assis, tourné vers l'intérieur de la niche (voir niche_01).
A- La corniche
Au-dessus du linteau se trouve une corniche décorée, qui se prolonge de chaque côté par la frise de tête du reste de la paroi.
Dans la courbure des motifs symboliques sont disposés selon un axe de symétrie médian. Le motif central est reproduit ci-contre, et l'image est ici. Quatre ondulations de terrain représentent la montagne de l'Ouest. La vache Hathor en sort, une partie de son corps restant emprisonné dans la montagne, puisqu'elle fait le lien entre les deux mondes. Elle porte sa parure traditionnelle, deux hautes plumes semblant surgir d'un disque solaire, encadrées de cornes lyriformes. En face d'elle se tient le défunt, un genou à terre, les mains levées ; tous deux sont séparés par une table d'offrandes. Au-dessus de la corniche, deux inscriptions hiéroglyphiques se déploient à partir du centre et courent en sens opposé ; il s'agit une nouvelle fois de formules d'offrandes.
B- La statue
Au centre de la niche se dressait une statue d'Osiris momiforme, taillée en ronde bosse directement dans la pierre de la paroi. Seule la partie inférieure est aujourd'hui préservée sous forme d'un suaire blanc remontant jusqu'au niveau de la taille. Le fond de la niche est rouge, avec un motif hexagonal, donnant l'impression d'un rideau sur lequel on aurait appliqué un décor de perles. Il est probable que ce simulacre d'étoffe, que nous avons déjà rencontré dans les kiosques osiriens, rappelle les tentures qui servaient à protéger de la vue de la foule la statue du dieu lorsqu'on la transportait dans son tabernacle. Les bords de la niche avaient aussi été décorés, mais rien de significatif ne persiste actuellement. Voir coin supérieur gauche par exemple.
C- À gauche de la niche
• Nous trouvons d'abord une représentation peinte d'un grand nœud d'Isis personnifié à l'image d'Hathor. Il est installé sur un piédestal bleu vert, bordé par un motif en échelle complété intérieurement par un groupement de signes ankh et ouas au-dessus de paniers-neb. On retrouvera ce motif sur le piédestal du pilier djed qui se trouve du côté opposé. Malgré les dégâts subis par l'ensemble, on peut encore reconnaître Hathor par les oreilles et la coiffure.
• La niche de Nefersekherou Le fond est peint en jaune ocre. Son image se détache en ronde bosse, mais elle n'est –curieusement- que peu détruite, les dégâts étant limités au visage et aux bras (vue cd_134). Ils étaient néanmoins suffisants, aux yeux des anciens Égyptiens, pour compromettre gravement son identification par les dieux, ses sens et sa capacité d'action.
D- À droite de la niche
• Nous trouvons d'abord un grand pilier djed peint. Celui-ci, comme son homologue controlatéral, trône sur un piédestal bleu-vert, associé aux mêmes symboles noir (vue). Bien que le pilier ait été endommagé, toutes ses composantes sont reconnaissables. Il est surmonté par une couronne composite, associant deux plumes droites (semblables à celles de Shou), un disque solaire à la base, et une paire de cornes de bélier, torsadées, d'où se dressent deux serpents uræus couronnés. Il s'agit là d'une couronne Swty (lit. "les deux plumes").
• La niche de droite est symétrique de celle de gauche avec une image en ronde bosse du défunt, légèrement abîmée, sur fond jaune (vue cd_234).
Mur ouest, partie nord
Ici, la frise de tête diminue graduellement de hauteur vers l'extrémité nord du mur. Il existe aussi une bande blanche supplémentaire entre les motifs en échelle et les registres.
1)- Bande de texte supérieure
"L'osiris, scribe des offrandes divines de tous les dieux de Thèbes, l'administrateur adjoint du trésor de la ville (Thèbes), Nefersekherou, juste de voix. Il dit :
Salut à vous, les dieux, seigneurs de la Maat, dans le cœur desquels il n'y a rien de faux. Je suis venu à vous, les bras emplis de Maat, et il n'y a rien de mauvais dans mon corps.
Je suis conforme concernant Maat et je suis gentil. N'envoyez pas vos massacreurs contre moi. Je connais les gardiens de la douat qui sont au service de Ra
Oh ! ouvrez pour moi, afin que je puisse reposer dans l'empire des morts, car je suis l'un d'entre vous dans le pays des dieux".
2)- Registre supérieur
Il est divisé en deux scènes qui ont subi des dégâts dispersés, dont ceux infligés aux visages sont intentionnels.
A- L'adoration d'Osiris
(vue cd_132) Le dieu est assis sous un kiosque, dos contre la niche. Nefersekherou se tient debout en face d'une table d'offrandes, les bras levés, tandis que derrière lui Nedjemmaatmout tient un sistre et une longue tige de papyrus de la main gauche et une menat de la droite. Trois colonnes d'un 'Hymne à Osiris' les séparent du kiosque du dieu. La décoration en est splendidement colorée, et on retrouve sur le fond une tenture rouge ornée d'hexagones bleus et blancs, imitant une résille et surmontée d'une grande guirlande florale (vue cd_4939). Osiris est gainé dans un suaire blanc ponctué de points rouges. Il porte une couronne Atef dont la mitre centrale est colorée. Il empoigne le fouet et le crochet, ainsi que le long sceptre awet. Isis et Nephthys se tiennent derrière lui. Devant, une grande tige de papyrus s'épanouit, avec sur son ombelle les Quatre Enfants d'Horus (sans Anubis cette fois). Le fétiche Imiout se trouve derrière (vue cd_256). Un uræus ailé, centré par un grand disque solaire rouge, se trouve devant le visage du dieu, et tend vers sa narine le bâton en forme de signe ankh qu'il agrippe dans ses serres.
B- L'adoration du cycle solaire
Le dos tourné à la scène précédente, le défunt s'avance, bras levés (vue cd_173 et vue cd_4941), vers une représentation symbolique composite de la naissance de l'astre solaire, dont il est séparé par quatre colonnes d'un 'Hymne à Ra-Horakhty'.
La composition occupe toute la hauteur des deux registres. L'arrière-plan est brun-rose, représentant la montagne thébaine dont les ondulations sont évoquées par quatre collines rougeâtres. Au centre se trouve un pilier djed personnifié qui supporte un grand signe ankh, d'où s'élèvent deux bras qui poussent vers le haut le disque solaire hors de la colline. L'astre est reçu, au niveau de la voûte céleste diurne (en noir), par une femme, réduite à une poitrine de laquelle s'échappent les deux bras tirant le disque solaire à l'aube pour son trajet diurne journalier. Il s'agit d'une personnification de la déesse Nout, comme cela est précisé dans le texte d'accompagnement. La déesse est souvent représentée dans les tombes de l'époque et plus tardive, sous forme d'un corps de femme, arqué à ses deux extrémités, qui avale le soleil le soir et le remet au monde le lendemain matin. Un exemple bien connu se trouve sur un plafond de la tombe KV9, de Ramses VI.
Le rôle revivifiant du pilier djed, qui représente Osiris, est attesté par le signe ankh, qui indique que le soleil moribond du soir a rechargé ses batteries (si l'on peut dire) au contact du dieu des morts, lequel fait donc pleinement partie, à cette époque, du cycle solaire. Une illustration éloquente et célèbre de ce changement théologique majeur se trouve dans la tombe de la reine Nefertari, QV66. La fusion nocturne de l'essence des deux dieux est confirmée par ce texte double : "Osiris repose en Ra" (gauche) et "Ra repose en Osiris" (droite)". Ailleurs on trouvera, et c'est la même chose : "Osiris est le Ba de Ra, et Ra est le Ba d'Osiris".
De chaque côté du motif central, en bas, se trouvent deux oiseaux-Ba (vue cd_5129). Représentant la partie mobile du défunt, capable de se déplacer entre le monde des morts et celui des vivants, le Ba (rendu, faute de mieux, par 'âme') se présente sous forme d'un oiseau ailé, les deux bras levés en adoration. À gauche se trouve celui de Nefersekherou, et à droite celui de Nedjemmaatmout, chacun devant un brasero Au-dessus sont agenouillées les deux déesses veillant sur Osiris, Isis à droite (vue cd_165bis) et Nephtys à gauche. Plus haut encore se trouvent des babouins, deux de chaque côté. Selon une légende bien connue, ces animaux sont considérés comme des adorateurs du soleil levant en raison des cris qu'ils poussent à l'aube. Enfin, tout à fait en haut, de chaque côté de l'arc de l'horizon, l'espace vide est comblé par un œil oudjat (vue cd_5133).
C- Adoration
À droite, séparée par une colonne de texte, se trouve un étroit registre vertical lié au précédent. Dans le carré blanc du haut, nous trouvons quatre représentations des Puissances (terme qui convient mieux que celui, plus classique, d'âmes) de Hierakonpolis (Haute Égypte) et de Bouto (Basse Égypte), qui sont des divinités tutélaires archaïques du Double Pays. Tous sont en adoration, ceux qui sont debout ont des têtes humaines, les deux autres qui sont agenouillés ont une tête de faucon pour l'un, et de canidé noir pour l'autre (vue cd_169). Dans le petit carré du bas, séparées du précédent par du texte, se trouve le défunt, seul, en adoration (vue cd_170).
3)- Bande de texte médiane
"Veuille le roi donner une offrande à Osiris, le premier des Occidentaux, le grand dieu, … …, Isis la grande, la mère du dieu, Hornedjheritef, Anubis, devant la cour des dieux, Imiout, seigneur de la terre sacrée, la grande ennéade, la petite ennéade … . Afin qu'ils accordent transfiguration dans les cieux à travers Ra, pouvoir sur la terre à travers Geb, une offrande au défunt pour la transfiguration devant les seigneurs de l'éternité, la sortie et l'entrée de la nécropole, qu'il ne soit pas repoussé devant les deux portes de la Douat. Pour le Ka de l'Osiris, scribe du trésor, Nefersekherou, juste de voix".
4)- Registre inférieur
Il a énormément souffert en raison du creusement d'une entrée pour accéder à la tombe adjacente de Djehoutymes, TT295 (vue cd_157). Il persiste, sur la partie gauche, la scène d'adoration à la déesse-arbre qui dispense ses bienfaits, et dont le début se situe sous la niche de la statue de Nefersekherou. Là sont représentés trois de ses filles et deux de ses fils (le plus proche du couple est nommé : "son fils, le scribe de l'armée, Amenemopet". Ainsi, ce sont Nefersekherou, Nedjemmaatmout, leurs oiseaux Ba respectifs, et cinq de leurs enfants qui sont devant la déesse-arbre.
Toute la partie droite de la représentation est manquante, soit plus de la moitié du tronc et presque tout le lac rectangulaire, celui-ci ne persistant que sous les oiseaux Ba. Ces derniers, qui se devinent plus qu'ils ne se voient, sont tournés vers les défunts. Sur les berges de ce lac bleu pousse le tronc du sycomore qui sert de corps à la déesse. Elle se penche vers le couple, tenant dans la main gauche un plateau avec des offrandes, et dans la droite, un vase à libation en or d'où l'eau ruisselle en lignes bleutées sur les Bas, le couple et jusqu'aux enfants (vue cd_156bis). Tous les membres de la famille ont recueilli dans leurs mains en coupelle l'eau bienfaitrice, et la portent aux lèvres. Nefersekherou a un genou à terre (ainsi que ses fils) et son épouse les deux (comme ses filles) ; leurs perruques sont doublées par une composition de couleur que nous n'avons encore jamais rencontrée. On notera l'absence du cône d'onguent dans ce contexte non festif.
La partie droite de la paroi, détruite, comportait, dans le coin supérieur droit, une scène avec le couple assis, tourné vers la niche. Seule la fin du texte (-Mout) est encore visible (vue).
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