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MUR SUD


Il est divisé horizontalement en deux zones distinctes. La section supérieure nous montre la procession funéraire en deux registres peints. La moitié inférieure n'est quasiment pas décorée a l'exception de quelques reliefs peu soignés au-dessus de la zone ou s'ouvrait la descenderie. Au sommet du mur, une frise de khakérous, presque effacée.

Mur Sud : Les obsèques et l'hommage aux dieux funéraires

d'après Davies, Ramose, mélange,
Mur Sud, partie Est de la moitié supérieure
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d'après Davies, Ramose,mélange,
Mur Sud, partie Ouest de la moitié supérieure



vue TB2


Le mur Sud supporte le très important tableau des funérailles, qui précède l'arrivée du défunt devant le grand dieu des morts Osiris. La scène a été exécutée en peinture et non en relief, et de ce fait elle constitue l'exacte transposition, sur une grande échelle adaptée au décor architectural, de l'enluminure du chapitre l du Livre des Morts. Une différence toutefois avec les vignettes de papyrus : la disposition sur deux registres.

A l'extrémité droite (Ouest) de la scène (vue TB42)
Ramose et sa femme, après l'enterrement, se présentent devant Osiris et les dieux de l'au-delà. C'est l'aboutissement des deux registres du cortège. Sur celui du haut, trois porteurs chargés d'offrandes se dirigent vers "la première porte de l'au-delà" un portail coloré en bleu, évocateur d'une porte du monde des Morts. En dessous, les derniers devoirs sont rendus aux morts Merytptah et Ramose dans leurs cercueils dressés devant la façade blanche à porte rouge de "la chapelle de l'ouest" : c'est la façade du tombeau.
Derrière, se trouve la grande figure de la déesse Hathor (vue TB43) "qui réside dans la montagne, la maîtresse du ciel, Mehyt", coiffée du signe de l'Occident, les pieds sur le rocher, symbole de la montagne thébaine qui abrite la dernière demeure de Ramose.

Ayant franchi le seuil, Ramose, très mutilé, peut entrer dans le monde de l'au-delà sous la protection d'Hathor.

Le convoi registre supérieur

vue TB37 vue TB38 vue TB39 vue TB40

Six officiants précèdent le convoi, précédés par un prêtre-lecteur de rituel (vue TB40). Les bras levés en signe d'allégresse, ils se réjouissent de l'heureuse destinée post-mortem du défunt. En tête, le mystérieux "tekenou" (vue TB39), qu'on interprète comme un "sacrifié" virtuel, destiné à l'accompagnement du mort. Il semble être bien lourd puisqu'il est tiré par pas moins de six boeufs ! II faut comprendre que ces bêtes de trait sont un dénominateur commun pour les deux catafalques qui suivent. Ceux-ci sont également montés sur des traîneaux, accompagnés par des hommes qui en tiennent les rênes : un pour les sarcophages (vue TB38), emboîtés les uns dans les autres comme il est de coutume de procéder dans les enterrements de luxe ; et un autre pour le grand coffre contenant les vases à viscères (les vases "canopes") (vue TB37).

Le convoi registre inférieur


Le convoi funèbre, registre inférieur, partie gauche

•  Les pleureuses professionnelles, réparties en deux groupes et vêtues de blanc, sont chargées de se lamenter au passage des obsèques. Elles interrompent le défilé des porteurs de mobilier et de bouquets (vue DS33). Plusieurs d'entre elles sont accroupies à même le sol, la tête couverte de poussière en signe de détresse (vue DS34). Quatre d'entre elles portent la main au visage, manifestation d'une intense tristesse. Le second groupe de pleureuses est très célèbre : toutes les femmes sont debout, leurs têtes basculées en arrière expriment l'agitation de l'émotion. Elles tournent leurs visages du côté des catafalques qui arrivent au registre supérieur (vue DS38).

Quatre autres jeunes femmes se distinguent par leur costume rouge et jaune et leurs gestes précis : deux se battent la poitrine, deux autres présentent une patte de bœuf miniature sur une coupelle. Elles sont toutes coiffées du Klaft, cette pièce d'étoffe nouée dans la nuque (vue DS35 et vue DS36).

•  Le mobilier apporté pour équiper le caveau est merveilleusement bien détaillé (vue DS40 et vue TB38). On reconnaît parfaitement les objets réels, semblables à ceux conservés dans les musées : des coffrets à ouchebtis, des sandales, des vases à parfums en albâtre et en "bleu égyptien", une chaise et un nécessaire à écrire, quatre coffres et encore des sandales, un lit et son chevet, un tabouret, un éventail, un coffre, des amphores, des bouquets floraux.

•  Les "amis" de Ramose qui ferment le convoi (vue DS41), constituent en fait une délégation officielle : ce sont "le fils royal de Koush" (c'est-à-dire le Vice Roi de Nubie), "le héraut en chef du roi" "le chef du Trésor", "les compagnons, chefs du Palais" et "les officiels, chefs de la Ville". Bref, les hommes au sommet de l'administration du temps accompagnent leur chef, le premier ministre, à sa dernière demeure.

Mur Sud, moitié inférieure

d'après Davies, Ramose, Pl. XXVIIIb,
Mur Sud, moitié inférieure Nord

Elle n'est, pour l'essentiel, pas décorée. Néanmoins à l'extrémité Ouest, au-dessus de la descenderie, on trouve quatre panneaux représentant Ramose face à l'Ouest, et marchant vers la tombe, canne en main (voir le bas de vue TB42 et vue TB43). Le premier panneau, le plus grand, comporte une fausse porte. Ramose se dirige vers elle tandis que deux prêtres font des offrandes. Dans le second, Ramose tient en main du pain et une aiguière d'eau purificatrice. Les troisièmes et quatrièmes panneaux montrent Ramose s'approchant de portes du monde souterrain. Ces quatre panneaux n'ont aucun rapport apparent avec le reste de la décoration du mur.

MUR OUEST


Mur Ouest, côté Sud Ramose et le roi, ancien style

d'après Davies, Ramose, mélange,
Mur Ouest, partie Sud. La partie gauche n'est pas décorée

La décoration de cette portion n'a été que partiellement réalisée, toute la partie gauche étant restée vierge.
Ramose, en plusieurs représentations successives, apporte des sceptres (le dernier est dominé par une tête du bélier d'Amon) et des bouquets à Aménophis IV trônant sous un dais en compagnie de la déesse de la Vérité Mâat, fille de Ra (vue TB16) ; sur le socle, les noms des neuf peuples traditionnellement dominés par le roi d'Égypte, "les Neuf Arcs", sont inscrits dans des enceintes à créneaux surmontées par le buste de prisonniers étrangers, une façon expressive de désigner des pays sous domination.
La liste de ces noms remonte à la plus haute antiquité et est devenue canonique ; le concept est conservé pour exprimer le principe fondamental de la domination de Pharaon sur les contrées voisines et sur l'Égypte elle-même.

Mur Ouest, côté Nord : Ramose et le roi, nouveau style

d'après Davies, Ramose, mélange,
Partie Nord du mur Ouest, incomplète.

vue DS44
vue TB13
La partie Nord du mur Ouest est incomplète, comme son homologue côté Sud (vue TB17).
La décoration ici est du style d'Aménophis IV, qui n'est pas encore Akhénaton, dans sa première période. La tombe de Ramose montre très clairement ce changement, et montre également que les artisans ont déjà acquis de l'adresse dans ce nouveau type figuratif.

Le roi Aménophis IV et la reine Nefertiti sont appuyés à une fenêtre du palais (vue DS44, vue TB13).
Une nouveauté : le linteau est ouvert en son milieu, afin que le couple royal bénéficie des rayons du disque Aton terminés par des mains qui leur dispensent les signes "vie" et "pouvoir". Les jambages sont richement ornés de thèmes régaliens classiques : le cartouche (effacé) du roi encadré des ailes du faucon, des cobras protecteurs de la royauté du Sud et du Nord ; un sphinx royal piétinant l'ennemi (vue TB21). Le bas de la fenêtre est demeuré lisse et sans décor. Or, les Égyptiens remplissaient complètement le cadre de leur composition ; il y a dans ce détail un indice supplémentaire du caractère inachevé de la chapelle.
A gauche de l'ouverture, une série de dignitaires, dont plusieurs courbés en deux selon le canon de représentation amarnien.

Au centre de l'ouverture, le roi Aménophis IV, en un mouvement plein de vie, épaules de profil, se penche pour s'adresser à son sujet en contrebas, le héros de la cérémonie, le vizir Ramose. Derrière, reléguée sur la gauche du cadre, la reine Nefertiti tient un chasse-mouches. Des gens du palais, hommes et femmes confondus, sont présents en registres superposés sur la gauche de la fenêtre. Certains, comme les "chefs du harem" sont courbés en deux, en signe de révérence, une façon de se présenter devant le roi typique du nouveau style artistique (vue TB22 et vue TB46 et vue TB48)

Le couple royal a été martelé après la mort du roi, ainsi que tous les cartouches qui ne comprenaient pas le nom d'Amon (vue TB21), afin d'éradiquer jusqu'au souvenir et d'empêcher la magie créatrice des images de faire revivre le couple maudit.
Ces destructions sont commanditées à la restauration du culte d'Amon par les partisans du retour à l'orthodoxie. Les rayons bénéfiques aux mains chargées de signes de vie " ankh " et de pouvoir "ouas" ont été respectés, mais ont été "brisés" par des coups à leur début, ce qui était censé leur ôter leur pouvoir magique (vue TB20).

À droite de la fenêtre, la scène est dessinée et non encore gravée. En haut, on assiste à l'échange de discours entre Ramose et son souverain. Sur la droite, Ramose se retourne, chargé de ses récompenses, assisté par des porteurs, devant une foule de courtisans qui l'acclament (vue BG2).

vue DS47
Ramose se retourne ensuite vers un groupe d'officiels et d'ambassadeurs étrangers (vue TB41, vue DS47, vue DS48 et vue TB11) venus en délégation assister à son heure de gloire. En effet, il appartient au vizir de recevoir les ambassadeurs et leurs "tributs". Cette scène a été préservée au stade du dessin et l’on voit déjà s’amorcer le style dit amarnien avec des personnages aux épaules amoindries et au ventre rebondi, crânes et mentons allongés, gestes souples voire ondulants, dos inclinés ; tel est le nouveau canon de représentation du corps humain.
Les Egyptiens sont courbés en révérence, tandis que les étrangers se tiennent bien droit, les bras levés, les paumes dirigées vers le vizir, geste de salutation respectueuse et de prière.
Sont entremêlés - mais reconnaissables à leurs traits physiques et à leurs parures - des Nubiens, des hommes de l'Afrique noire, des gens de la zone syro-palestinienne et un Libyen.
Ces gens des nations étrangères sont représentés avec sensibilité et humanité, et non comme des caricatures grimaçantes comme c'est souvent le cas à partir du règne d'Horemheb (voir par exemple "La tombe civile d'Horemheb à Saqqara").
Plus à droite, une scène assez effacée montre Ramose recevant des bouquets des prêtres du temple.
Le reste de la paroi est demeuré vierge.

La décoration du tombeau de Ramose s'interrompt avec ces dessins, précisément au moment du passage au nouveau style, ce qui apparait bien si l'on compare le côté Sud de la paroi au côté Nord. Il se met en place à l'intérieur même de la scène de droite, avec une "main" plus audacieuse que l'autre.
L'arrêt de l'activité artistique dans le tombeau peut donc être datée de la 5ème année du règne d'Aménophis IV au moment de la fondation d'Akhetaton, "l'horizon d'Aton" (ou Amarna), la nouvelle capitale qui se trouve en Moyenne Égypte. En effet le roi entendait bien, comme il l’a dit dans une harangue qui nous est restée, que ses hauts fonctionnaires se fassent enterrer dans cette nouvelle capitale.

Le deuxième couloir et les deux dernières salles

vue TB45

vue TB46

d'après Davies,
Ramose, Pl. XXXIX
corridor Sud
d'après Davies,
Ramose, Pl XL
corridor Nord
Au milieu du mur Ouest, dans l'axe de l'entrée, entre les deux représentations d'Aménophis IV , s'ouvre un corridor étroit et court (vue TB19b) qui conduit à une seconde salle à piliers, qui en comporte huit bien qu'elle soit beaucoup plus petite que le hall.
Depuis longtemps, il est impossible d'y accéder, mais il en existe une vue en QTVR ICI.

A son extrémité se trouvent trois niches qui auraient dû contenir des statues du défunt, mais qui ne semblent pas les avoir reçues. Les murs ont été préparés pour la sculpture, laquelle n'a jamais été réalisée. Seuls la partie externe du corridor d'entrée (vue TB45 et vue TB46) et les côtés latéraux (vue TB7) comportent des restes de décoration.

La décoration extérieure, qui est située sur le mur Ouest montre au niveau du linteau une scène double : Ramose regarde, debout, vers l'intérieur devant le nom et les cartouches d'Aménophis III. Sur les montants d'entrée, Ramose est assis en bas (vue TB48), tandis que des colonnes de texte sont présentes dans la partie supérieure.

La face Sud du corridor montre Ramose et Merytptah qui sortent de la partie profonde de la tombe et font des salutations journalières au dieu soleil.

La face Nord du corridor (vue TB7) montre Ramose, seul, qui retourne vers l'intérieur de sa Maison d'Éternité.

Le complexe funéraire souterrain

vue ML60

vue ML61

Merci à Maxwell Lamb
Nous avons vu que son entrée se trouve dans l'extrémité Sud Ouest du hall (voir plan et vue JH50). Ce type d'accès est très différent de ce que l'on trouve habituellement dans les tombes thébaines, où l'accès aux appartements souterrains se fait par un puits vertical.
Au début, le passage se dirige vers l'Ouest puis bifurque à droite vers un escalier. Suit un coude à 90° qui mène à un autre escalier qui est lui-même suivi d'un passage incurvé lequel donne dans la première salle souterraine disposée selon un axe Ouest - Est, à 15,5 m sous le niveau de la salle du hall. Quatre piliers carrés soutiennent le plafond. On remarque que, si le décor n'a pas été appliqué, le creusement est terminé. On peut même apercevoir, dans le fond, une corniche bien excavée (vue ML 62).
Au centre de la pièce se trouve une "chose" cylindrique, non identifiée à ce jour. Une enquête est en cours...
A l'Est s'ouvrent deux passages. Celui de gauche donne accès à une chambre unique, tandis que celui de droite aboutit à deux chambres successives (c'est celui qui est dans l'axe du cliché ML 61). A l'extrémité Sud s'ouvre encore un passage vers une dernière chambre.
Toutes ces pièces sont restées sans décors, et tout indique qu'elles n'ont jamais été utilisées.

CONCLUSION


Les monuments inachevés sont des plus fréquents en archéologie égyptienne. Pour un fonctionnaire qui connut les deux règnes successifs d'Aménophis III et d'Aménophis IV, l'abandon de son tombeau, pourtant magnifique et bien avancé, prend aussi un sens historique. En effet, il pourrait être la conséquence de la création de la nouvelle capitale, Akhetaton, à Tell el Amarna. Tous les courtisans durent y suivre le roi et furent sommés par celui-ci d'y faire creuser leurs demeures d'éternité.
Or, cette ultime - et putative - sépulture de Ramose n'est pas découverte à ce jour. De plus, on n'a trouvé aucune mention de son nom en Amarna : aussi n'est-il pas sûr qu'il ait suivi le souverain dans sa nouvelle capitale.
Cependant, son tombeau à Thèbes et le caveau pourtant remarquablement bien taillé dans le sous-sol du vestibule, n'ont jamais livré la moindre parcelle de mobilier funéraire.
Le mystère qui demeure sur la fin de la vie et de la carrière de Ramose est sans aucun doute lié aux troubles qui ne manquèrent pas de marquer la vie thébaine au moment de la période amarnienne. Une disgrâce, le privant de tout son appareil funéraire, est également possible.
Sauf miracle - une nouvelle découverte inattendue - nous ne connaîtrons jamais le mot de la fin.


Bibliographie

  • B. Porter, R. Moss, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts,    Reliefs and Paintings, vol. l/l, Oxford, 1960 (2nd ed.), p.105-111; plan, p.106 and map VI
  • N. de Garis Davies, The Tomb of the Vizier Ramose. London: EES, 1941.
  • S. Hodel-Hoenes, Life and death in Ancient Egypt, Cornell University Press, 2000

  • Page réalisée par Thierry Benderitter
    Texte par Thierry Benderitter
    Photographies par Thierry Benderitter, Brigitte Goede, Maxwell Lamb
    Matériel complémentaire par Jon Hirst
    © Copyright OsirisNet 2008


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