| |
La
tombe Thébaine d'Horemheb est
sa seconde après sa tombe
Memphite
datant du temps où il était
Généralissime de Toutankhamon.
Il est considéré comme
le 15ème -et dernier- pharaon
de la prestigieuse XVIIIème
Dynastie durant une grande partie
de laquelle l'Égypte contrôlera
peu ou prou tout le Proche Orient
et la Nubie. Après lui, et
en fait avec lui, commence la XIXème
Dynastie, basée sur des militaires,
celles des Ramessides qu'inaugurera
Ramses I. Horemheb, d'origine non royale, constitue en fait tout comme son prédécesseur Ay une dynastie à lui seul.
Horemheb est d'origine roturière, et on ne sait rien de ses parents.
Le début de sa brillante
carrière se fait sous
Akhénaton et se poursuivra
tout au long de l'époque
amarnienne jusque sous Ay à
qui il finira par succéder.
Excellent militaire il devient
rapidement général
puis général en
chef. Son réel rôle
politique semble débuter
sous Toutankhamon où
il est clair qu'il est, mais avec
le Divin Père Ay, le
vrai Maître
de l'Égypte. Ses relations
avec ce dernier restent du domaine
de l'hypothétique mais n'ont certainement pas du être faciles (voir
à ce sujet la discussion
dans "la
tombe de Ay").
De même, le rôle du général Nakhtmin
autour du jeune souverain reste peu clair. Nakhtmin était
général, et successeur de Houy (voir "la
tombe de Houy") comme vice-roi de Koush. Certain
(Schulman, JARCE III, 1966) pensent même qu'il aurait
levé une armée dans le Sud pour tenter d'éliminer
Horemheb et son armée du Nord, et qu'il ait échoué.
Horemheb fera ultérieurement mutiler ses monuments.
Ceci pourrait expliquer pourquoi, au moment de la succession
de Toutankhamon, Horemheb préfèrera soutenir
le vieux courtisan Ay -sans doute à charge de revanche-
plutôt que de risquer de voir s'approcher de trop près
du trône ce jeune rival. La chape de plomb qui est tombée
sur la mémoire de Nakhtmin ne permet pas de savoir
quel fut son réel rôle politique.
Quoi qu'il en soit, dans cette fin de période amarnienne trouble (pour plus de détails, lisez "Akhénaton et la religion d'Aton", je pense que vous ne le regretterez pas) on peut être certain que c'est sur Horemheb que reposait la sécurité des frontières de l'Égypte, menacées surtout à l'Est à la suite de la "diplomatie de l'or" déjà initiée sous Amenhotep III qui y avait quasiment fait disparaître les expéditions militaires.
Les restes de la tombe Memphite d'Horemheb à Saqqara, par sa taille et la qualité de sa réalisation, témoignent de l'importance qu'avait prise à cette époque le général devenu premier ou second personnage de l'état auprès d'un roi-enfant.
 |
|
vue 46
|
Avec Horemheb, ce sont les militaires qui arrivent donc au pouvoir sur le Double-Pays. Continuant l'oeuvre déjà commencée sous ses prédécesseurs Toutankhamon et Ay, Horemheb aura à coeur de faire disparaître à Thèbes les résidus de l'hérésie amarnienne et d'y rétablir la prééminence du culte d'Amon. Par contre il a été bien montré qu'il n'est probablement pour rien dans la destruction d'Akhétaton, l'éphémère capitale d'Akhénaton à Tell el Amarna, qui sera l'oeuvre des Ramessides pour des raisons qui ne sont toujours pas claires.
Djeser-Kheperou-Ra (approx.
1319-1292) est donc classiquement considéré
comme le dernier pharaon de la XVIIIème Dynastie, place
qui devrait plutôt revenir à Toutankhamon puisque
ni lui ni son prédécesseur Ay n'étaient
directement issus de la lignée thoutmosides et qu'ils
devraient chacun constituer une dynastie à eux seuls.
Mort apparemment -comme Ay- sans enfant, Horemheb fera en sorte que la couronne échoie à un de ses compagnons d'arme, le général Paramessou, qui deviendra Ramses I, car il avait sûrement remarqué que le fils aîné de cet homme déjà âgé disposait d'un potentiel extraordinaire. En quoi il avait vu juste car Sethy I (voir "la tombe de Sethy I") sera un des plus grands pharaons d'Égypte.
| LA TOMBE ROYALE KV 57
- GÉNÉRALITÉS |
 |
|
Plan 1
|
L'entrée de la tombe fut découverte le 25 février 1908 par Davis et son collaborateur Edward Ayton.
Cette tombe peut être considérée comme le monument le plus innovant qu'Horemheb ait laissé à Thèbes. Son plan combine en effet un changement d'axe comme il était de coutume au début de la dynastie avec un axe globalement linéaire comme dans les tombes amarniennes. La tombe fait environ 110 m de long et s'enfonce de 30 m sous terre en suivant un axe presque parfaitement Nord - Sud depuis l'entrée jusqu'à la chambre funéraire. La seule cassure d'axe survient dans la salle à piliers juste après la salle du puits. A ce niveau, l'escalier suivant est déporté vers l'Ouest. Il continuera ensuite, presque parallèle aux escaliers et couloirs précédents.
 |
|
Plan 2: Isometric vue
|
La chambre funéraire est disposée sur deux niveaux.
Le premier, le plus haut, est constitué par une plate-forme
à six piliers. Celle ci surplombe la seconde zone,
plus basse, où reposait le sarcophage. De ces deux
niveaux partent neuf pièces annexes, celle située
au Nord n'étant que débutée. La décoration de la tombe, qui est partiellement faite en relief levé sur un fond bleu - gris, est de haute qualité, mais très incomplète. Seule l'Antichambre et la salle du Puits sont complètement décorées, mais pas la chambre funéraire. La décoration est basée sur la première occurence connue du Livre funéraire connu sous le nom de "Livre des Portes", où des portes monumentales séparent chacune des heures de la nuit, un nouveau concept pour la description du périple nocturne du soleil.
On ignore si une ou plusieurs des annexes étaient destinées à recevoir des décorations, mais elles sont restées anépigraphes, tout comme la première salle à piliers et tous les corridors et couloirs.
Tout comme pour ses trois prédécesseurs Ay, Toutankhamon et même Amenhotep III (pour ne pas parler d'Akhénaton) on ignore pourquoi la décoration est restée aussi incomplète. Pour Toutankhamon le facteur temps a certainement joué, mais pour les autres cela reste un mystère. Tout se passe comme
si les artistes n'avaient eu le
droit de réaliser les décors
dans la chambre funéraire
qu'à partir du décès
du souverain. Peut être craignait
on que le terrible pouvoir magique
des représentations ne soit
prématurément libéré? Chez Horemheb, on a vraiment l'impression que les décorateurs ont stoppé leur travail un jour et n'y sont plus retourné le lendemain. Les déblais n'ont même pas été totalement enlevés dans la chambre funéraire avant qu'on n'y introduise la momie du roi défunt, ce qui aurait pourtant été facile pendant les 70 jours que durait le processus de momification. De plus, Horemheb est mort à un âge avancé, autour de 80 ans, et son décès était donc prévisible. Pharaon riche et puissant dans un pays en ordre, ce ne sont certainement pas les moyens qui lui ont manqués.
Cela reste -et restera sans doute toujours- un mystère.
Du moins l'état d'incomplétude des décorations nous permet t'elle d'apprécier les différentes étapes de la décoration.
La tombe fut pillée dès l'antiquité, comme la quasi totalité des autres tombes royales. Après avoir atteint la salle du puits, les voleurs ont trouvé l'ouverture du mur Nord conduisant à la partie profonde de la tombe qui avait été rebouchée et peinte après l'inhumation dans un effort dérisoire pour tenter de tromper les intrus.
Lors de sa découverte par Davis la tombe contenait
cependant encore des objets intéressants, notamment
le grand sarcophage de granit rouge et un coffret à
canopes en calcite. Il s'y trouvait également plusieurs
statues en bois de divinités ainsi que deux statues
grandeur nature du roi, également en bois, rappelant fortement
celles trouvées dans la tombe de Toutankhamon, mais sans incrustations
dorées. Dans ce qu'on a coutume de nommer la chambre d'Osiris
furent retrouvés les restes osseux de deux femmes, tandis
que dans le sarcophage lui même ce sont les restes d'un homme
et d'une femme qui furent trouvés, mais certainement pas le
roi. La momie de celui ci a en effet disparue ou n'a pas été
identifiée.
| LA TOMBE ROYALE KV 57,
ÉTUDE DÉTAILLÉE |
La décoration de la tombe adopte le schéma suivant
(Plan
1 ) : Entrée, corridors et escaliers
(A-D) : non décorés. Chambre du Puits
(E) : scènes avec les dieux. Salle à piliers supérieure(F) : non décorée.
Corridors et escaliers (G-H) : non décorés.
Antichambre (I) : scènes avec les dieux.
Entrée dans la chambre funéraire : la déesse Maat. Chambre funéraire - partie haute à piliers (J1) : Livre des Portes. Chambre funéraire - niveau du sarcophage (J1) : Livre des Portes.
Annexes Ouest (K-N) : M ("Chambre d'Osiris")
très partiellement décorée. Annexes Nord (O-Q) : non décorées. Annexes Est (R-S) : non décorées.
| ENTRÉE, PREMIER
CORRIDOR ET ESCALIERS- A-D |
 |
|
vue JJH 1 Entrée de la tombe |
On entre dans la tombe par une volée de marches raides (A) qui passent sous un surplomb inhabituellement profond. Cet escalier nous amène, après passage à travers la porte moderne, dans un corridor pentu (B). Puis nous retrouvons un escalier raide de 25 marches, flanqué de chaque côté par une sorte de niche-étagère de 50 cms de profondeur et de 1,5 m de hauteur, dont la signification reste obscure, peut être technique. Après un autre corridor pentu (D), nous arrivons à la Chambre du Puits (E). Notre périple de 45 m nous amène déjà à 20 m sous le niveau de l'entrée.
Nous n'avons pour le moment rencontré aucune décoration, et ceci sera encore le cas pour ces passages dans la tombe de Ramses I qui succédera à Horemheb. Il faudra attendre le fils de celui ci, Sethy I, pour que ces passages soient décorés.
Le seuil et l'entrée à la salle sont au même niveau que la fin du corridor (D). Cette pièce est creusée à sa base d'un puits qui lui donne son nom. Le pourquoi de cette pièce reste encore obscur. Initialement, les archéologues ont pensé qu'il s'agissait d'une protection contre les pillards, mais cette hypothèse est aujourd'hui tombée en désuétude. Le Puits est peut être en rapport avec le Noun, l'Océan des origines d'où toute vie est surgie. Ce rapport à l'élément liquide a pu venir d'une constatation simple: lors des rares mais très violents orages qui arrosent régulièrement Thèbes, les eaux de ruissellement s'infiltraient dans les chantiers en cours et dans les tombes déjà existantes. Les architectes Égyptiens ont donc creusé ce puits qui recueille ces eaux avant qu'elles ne s'enfoncent plus profondément dans la tombe. A partir d'une fonction au début utilitaire, les théologiens Égyptiens ont pu ensuite trouver au Puits une signification symbolique. Par contre l'explication du creusement à la base du Puits d'une chambre reste à trouver. Elle ne s'intègre guère dans un processus de protection contre les eaux La pièce mesure 4,16 m de large pour une longueur de 3,37 m, avec un plafond qui est à 2,39 m du plancher théorique. Le puits proprement dit a environ 4 m de profondeur et est encore actuellement partiellement encombré de déblais. La pièce fait avec le couloir précédent un angle de 3° vers la gauche (Ouest), créant ainsi le premier changement d'axe. Après l'inhumation, l'ouverture située à l'extrémité gauche (Nord) de la pièce avait été scellée, plâtrée et revêtue d'un décor. Après l'effraction due aux voleurs, nous ne possédons plus qu'une partie de ce motif. Décoration
de la Salle du Puits. Cette salle, ainsi que l'antichambre (I) est décorée de représentations d'Horemheb avec les dieux. Bien que ces scènes aient déjà existées dans les mêmes salles de tombes antérieures, elles prennent chez Horemheb une importance particulière avec l'utilisation de la sculpture en relief levé. C'est dans les visages que le travail sur le relief est le plus abouti. La couleur parfaitement conservée et chatoyante donne des images magnifiques que même celles de la tombe de Sethy I, une référence, ne parviendrons pas à égaler. Tous les murs sont surmontés d'une frise de Khakérous posée sur un motif géométrique comportant une alternance de bleu, rouge, vert, jaune, noir et blanc. Ce motif se prolonge verticalement à chaque extrémité. L'ensemble repose sur le signe hiéroglyphique du ciel qui est soutenu à chaque bout par un spectre Ouas. Remarquons que les khakérous ne présentent pas leur aspect habituel mais apparaissent échancrés à leur sommet au niveau duquel on a rajouté un disque jaune (solaire?) supplémentaire. La base des scènes de la paroi est séparée du motif noir qui fait la jonction avec le sol par deux larges bandes jaune et rouge. Le plafond est actuellement en mauvais état. Il est décoré d'étoiles jaune d'or sur un fond bleu nuit et confirme que nous sommes bien dans un domaine céleste.

vue JJH w01 Sud-Ouest
|
|

vue JJH w02 Nord-Ouest
|
|

vue JJH w03 Nord-Est
|
|

vue JJH w04 Sud-Est |
|
Description des scènes: Nous partons dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du mur Sud, à gauche de l'entrée (vue w01
puis w02)
Mur Sud, à gauche:
Sur un autel est étendu le chacal représentant Anubis. Il porte un fouet sur le dos et autour du cou le signe hiéroglyphique signifiant "protection". Mur Ouest: (3 scènes)
1) Horus (ici Harsiesis
= Horus-fils-d'Isis; en effet il existe différents types d'Horus)
présente Horemheb à Isis. Le roi porte un pagne richement
décoré avec un devanteau triangulaire. Il est coiffé du némès
royal, comme partout ailleurs dans la tombe. La barbe droite
des vivants et la queue de taureau complètent l'image du souverain.
Horus porte la Double Couronne. Nous retrouvons aussi Isis
qui porte sur la tête des attributs d'Hathor. Sa robe moulante
est ornée de motifs de plume, rappelant ce que l'on retrouve
sur les sarcophages "Rishi"; dans ses mains, le spectre Ouas
de pouvoir et un signe Ankh. Horus porte lui ces deux attributs
dans une main, tandis que l'autre repose sur l'épaule du roi,
lui offrant ainsi sa protection.
2) Le roi portant un pagne simple offre des vases à vin à Hathor, représentée en déesse de l'Ouest dont elle porte les attributs sur sa perruque. La scène, quoique bien endommagée, reste lisible.
3) Horemheb, qui porte les mêmes attributs que devant Isis, est représenté devant Osiris-Ounnefer qui lui offre la vie assis sur son trône habituel, lequel repose sur le signe hiéroglyphique biseauté valant pour Maat. Il porte son habituelle couronne Atef. Il est intéressant de noter que le roi porte la barbe droite longue des vivants et Osiris la barbe à extrémité recourbée des dieux morts.
Mur Nord, à gauche :
Horus (Harsiesis).
Cette scène très abîmée devait montrer Horemheb devant
la triade Horus, Anubis et Osiris.
Maintenant nous allons dans le sens contraire des aiguilles d'une montre en commencant par le mur Sud à droite de l'entrée (vue w04
puis w03) Le mur Est est quasiment une copie en miroir du mur Ouest. Mur Sud, à droite:
Horemheb est debout devant Horus (Harsesis) et Hathor (en déesse de l'Ouest). Osiris est habillé comme dans la scène du mur Ouest où il se tient devant Isis et Osiris. Les deux dieux sont vêtus d'une chemise et d'une robe sans manches. La robe, magnifique, est entièrement couverte de dessins de plumes et d'ailes.
Mur Est : (3 scènes)
1) Horus (Harsesis) présente Horemheb à Isis. La scène ressemble à celle du mur Ouest. Horemheb et Horus sont habillés de la même façon mais le dieu ne porte pas de queue de taureau. Isis par contre est complètement différente. Elle porte sur sa tête le hiéroglyphe de son nom et non les cornes hathoriques sur une perruque noire et non bleu-lapis et une robe différente. Elle assure Horemheb qu'elle lui donne "le trône d'Osiris afin d'être en paix".
 vue 30
|
2) L'offrande de vin que fait Horemheb à Hathor ressemble à celle du mur Ouest. Hathor, qui offre protection au roi, est ici représentée sous sa forme habituelle et porte sur la tête les cornes entourant le disque solaire sur une perruque bleue et noire. (vues 30
et détail 31).
3) Le roi devant Osiris-Ounnefer est pratiquement identique à sa figuration sur le mur Ouest, à la seule différence de ses bracelets de bras (vue 30).
Mur Nord, à droite :
Horemheb (qui a disparu) devait se tenir debout devant la triade Horus, Anubis et Osiris. Osiris, habillé comme auparavant, est assis sur un trône plus richement décoré sur le côté duquel est représenté le signe de l'Union des Deux Terres (Sema Taouy). Le trône repose sur le signe de Maat par l'intermédiaire d'une natte. Horus porte la longue tunique bleue, tandis qu'Anubis porte une chemise sans manches, un pagne court et une perruque bleue. Seul le pied du roi reste visible devant le hiéroglyphe de Maat, le reste a disparu (vue 30).
On peut remarquer dans toutes ces scènes, comme dans celles de l'antichambre à venir, l'absence totale d'Amon ou d'Amon-Ra. Il faudra attendre la fin de la XIXème et le début de la XXème Dynastie pour les voir retrouver droit de cité parmi les divinités funéraires invoquées dans les tombes.
|
Première salle à piliers - F
|
La pièce fait 6,88 m de large et 7,53 m de longueur pour une hauteur de 2,72 m. Un second petit changement d'axe, de 4° est retrouvé ici. Deux piliers carrés d'1 m de côté sont présents dans l'axe de la salle. On quitte cette pièce anépigraphe par un escalier taillé dans le roc à la base du mur Ouest, dans l'espace avec un des piliers.
|
Corridor et escaliers - G-H
|
L'escalier de 16 marches par lequel on quitte la pièce amorce le second axe droit de la tombe qui court donc, presque parallèle mais décalé de 7° par rapport à l'axe initial. Nous passons ainsi dans le corridor (G) avant d'atteindre l'escalier (H) de 12 marches et d'entrer dans l'antichambre (I). Le dernier escalier va changer l'axe de progression une ultime fois, avec un retour de 3° vers la salle du Puits. Des deux côtés le mur est creusé d'une sorte d'étagère de 25 cms de profondeur destinée à soutenir les poutres servant à la descente du sarcophage. Nous avons ainsi parcouru 21 m de couloirs et escaliers, sans rencontrer aucune décoration.
La pièce mesure 4,12 m de large sur 5,21 m de long, avec une hauteur de 2,66 m. Nous sommes maintenant à environ 28 m de profondeur. A l'origine les deux issues de cette pièce étaient fermées par des portes en bois comme le montrent les restes d'emplacements pour les gonds et de plâtre. La porte menant vers la partie haute de la salle funéraire avait été décorée sur le versant tourné vers l'antichambre, l'autre versant étant destiné à la porte. Le linteau initial a quasiment disparu.
Décoration de l'antichambre.
Comme la Salle du Puits (E), cette pièce comporte des représentations d'Horemheb devant des divinités, mais le nombre de scènes est ici plus grand. On insistera sur la remarquable qualité du travail de peinture et de sculpture mis en oeuvre. Le sommet des murs comporte ici encore la frise de khakérous et les décors géométriques déjà vus. Nous n'y reviendrons pas. Le plafond, qui était très endommagé, a été restauré. Il comporte un fond noir parsemé d'étoiles jaune d'or. Le passage du bleu profond au noir s'explique probablement par le fait que l'on se rapproche du monde souterrain le plus profond.

vue JJH a01 Sud-Est
|
|

vue JJH a02 Nord-Ouest
|
|

vue JJH a03 Nord-Est
|
|

vue JJH a04 Sud-Est
|
|
Nous allons progresser dans le sens des aiguilles d'une montre, en commencant par la partie gauche du mur Ouest, près de l'entrée (vues a01 puis a02).
Mur Sud, à gauche:
Le roi, vêtu
d'un pagne, est salué par Hathor qui l'enlace par les
épaules. Elle porte sur la tête le hiéroglyphe de l'Ouest
et est revêtue d'une robe rouge collante (vue
50).
|
Mur Ouest: (5 scènes)
(vues 26
, 11
et 12).
1) Cette fois le roi est approché par Anubis sous sa
forme anthropozoomorphe, corps d'homme et tête de canidé,
qui lui offre la protection. Il tient en main le sceptre
de pouvoir Ouas et le signe de vie Ankh. (vues 25
et 05).
|
2) Horemheb, dont le pagne comporte maintenant une pièce centrale de couleur différente, offre maintenant du vin à Isis qui est coiffée d'attributs hathoriques et vêtue comme Hathor. Elle lui offre en retour "la royauté d'Ounnefer (osiris)" (vue 10).
|
3) Horemheb a une nouvelle fois changé de pagne. Il est maintenant en présence d'Horus-fils-d'Isis et le salue quatre fois pour lui avoir accordé de "se lever dans le ciel, comme Ra" (vue 22).
|
4) Puis Horemheb offre les vases de vin à Hathor sous sa forme de déesse de l'Occident. Comme toujours dans cette tombe elle porte sur sa tête le symbole de l'Ouest, monde souterrain siège du royaume des défunts. La déesse le récompense en lui octroyant "le trône d'Osiris, éternellement" (vue 17).
|
5) Horemheb, vêtu de son pagne richement décoré à devanteau, se tient en adoration devant Osiris (vues 13 et 14).
|
Mur Nord, à gauche :
Une partie de
la scène, grandement détruite au moment de la découverte
de la tombe, fut ultérieurement restaurée en 1934. Le
roi, habillé comme devant Osiris, se tient debout devant
Ptah. Le corps verdâtre du dieu est serré dans
son habituel vêtement moulant, la tête est couverte
d'un capuchon bleu. Ses mains seules émergent, tenant
un sceptre combiné Ouas-Djed. Comme Osiris, Ptah se
tient sur le signe de Maat devant un grand pilier Djed
dressé, autre symbole osirien. Nous retrouvons ici une
référence aux préférences d'Horemheb qui semblent l'avoir
poussé vers le grand dieu de Memphis plutôt que vers
l'Amon de Thèbes (vue 04).
|
Nous allons maintenant progresser en sens anti horaire, en commencant par la portion du mur Sud à droite de l'entrée (vue a04 puis a03)
Mur Sud, à droite:
Comme dans la salle du Puits, cette paroi commence avec Horus présentant Horemheb à Hathor. La déesse porte une belle robe rouge sans manche et une perruque noire (vue 42).
Mur Est : (5 scènes) (vues
16 et 15).
Comme dans la salle du Puits, le mur Est est une copie quasi conforme du mur Ouest. La principale différence est qu'ici Horemheb fait l'offrande des vases à la divinité masculine et non féminine. A l'exception d'Osiris, toutes les divinités portent un sceptre Ouas et un signe Ankh.
1) Le roi, avec
son pagne habituel, offre les vases à Anubis qui en
retour l'assure de sa protection (vues 38
et 39).
|
2) Horemheb
porte un pagne avec une pièce centrale de couleur ocre
et se tient devant Isis qui porte une robe blanche sans
manche. Il fait l'adoration quatre fois afin qu'elle
l'assure qu'elle "le traitera comme Ra"(vue 50).
|
3) Le pagne
royal a encore changé. Le souverain se tient maintenant
devant Horus à qui il offre les vases. Horus lui assure
qu'il lui a attribué "le trône de son père Osiris"
(vue 51).
|
4) Horemheb
se retrouve une nouvelle fois en présence d'Hathor portant
sa magnifique perruque composite noire et bleue surmontée
de ses attributs déjà rencontrés. Elle promet au roi
"une éternité de joie"(vues 20
et 40).
|
5) Le roi dans son pagne de cérémonie à devanteau se
tient devant Osiris, représenté comme nous l'avons déjà
vu. En échange de sa libation de vin, le dieu lui promet
"le don de vie, chaque jour, comme Ra" (vues
18
et tb2).
|
Mur Nord, à droite:
Dans cette scène
Horemheb est habillé comme devant Osiris mais se tient
devant le dieu Nefertoum qu'on identifie facilement
grâce à la fleur de lotus bleu qu'il porte sur la tête.
Nefertoum est considéré comme le fils de Ptah qui lui
fait face sur le mur Ouest opposé. Le dieu porte un
pagne simple et une perruque bleue. Derrière lui est
représenté en grande taille un noeud d'Isis rouge, qui
fait face au Djed osirien sur le mur opposé (vues 06
et 29).
|
Finalement que penser de ces scènes où nous trouvons Horemheb devant des divinités?
Si nous comptons les images qui ont disparues dans la salle du puits, ce ne sont pas moins de 23 représentations qui sont ainsi figurées. Sur les 21 images qui restent analysables, nous trouvons Horus-fils-d'Isis 8 fois, Hathor 7 fois, Osiris 5 fois, Isis et Anubis 4 fois, Maat 2 fois, Ptah et Nefertoum une fois.
Une fois de plus on trouve ici avec intérêt l'interchangeabilité
des attributs céphaliques d'Isis et d'Hathor.
Notons enfin que dans la salle du Puits, Horemheb apparaît avec son titre de roi vivant "Maître des Deux Terres", tandis que dans l'antichambre il est "l'Osiris-roi, fils de Ra", un titre funéraire.
Décoration de la partie Nord de la porte vers la chambre funéraire
L'ouverture entre l'antichambre et la chambre funéraire montre le passage d'Horemheb vers le royaume des morts. De chaque côté apparaît la déesse Maat pour à la fois "le recevoir" et "le guider" dans l'Au-Delà. Sur sa tête elle porte la plume d'autruche symbolisant LA Maat (Vérité, Justice, Ordre du monde,...). Ces deux images de la déesse font face au roi entrant dans la pièce suivante. Celle de droite porte une perruque d'un bleu plus clair que celle de gauche, peut être pour évoquer les deux parties diurne et nocturne du périple solaire.
Les deux scènes sont surmontées d'une frise de khakérous qui ont ici leur aspect conventionnel, sans doute parce que les théologiens ont estimé que le rajout d'un symbole solaire à un niveau aussi profond ne s'imposait plus. Barres décoratives et hiéroglyphe du ciel soutenu par deux sceptres Ouas complètent le tableau.
La chambre funéraire est maintenant en vue. Nous allons la visiter en détail, ainsi que ses annexes.
|
|
|
|