La tombe KV 19 de la Vallée des Rois date de la fin de la XXe dynastie. Elle appartient à un fils de Ramsès IX, le prince Montouherkhepeshef ou Ramsès-Montouherkhepeshef ("Montou est au-dessus de son bras puissant"), prince héritier qui mourut avant d'avoir pu accéder au trône.
Il n'est pas le destinataire premier de cette sépulture, initialement prévue pour un autre prince, Ramsès-Setherkhepeshef, qui montera sur le trône sous le nom de Ramsès VIII ; la tombe de ce dernier n'a jamais été retrouvée.

La tombe fut découverte en 1817 par Belzoni, envahie par de nombreuses inhumations ultérieures remontant à la XXIIe dynastie. La momie du prince n'a pas été retrouvée.

KV 19 se trouve presque au bout d'un ouadi de la vallée de l'est, surplombant nettement le fond de la vallée. Elle est creusée dans un promontoire rocheux situé entre KV 20 et KV 43 (vue gm_34). Orienté selon un axe nord-est/sud-ouest, le monument se réduit à une entrée, suivie d'un premier corridor en pente et, après une porte, de l'ébauche d'un second corridor dont le sol est percé d'un puits funéraire qui a peut-être accueilli la dépouille du prince. Le travail dans la tombe a été ensuite abandonné.
La longueur totale du monument est de 38,68 m, la hauteur de 3,79 m et la largeur varie de 2,74 à 3,69 m (vue plan tmp).


Le Service des Antiquités a mis en place il y a quelques années des vitres de protection et un plancher en bois. Ce dernier a remplacé, au niveau de l'entrée, la grille métallique qui a longtemps fermé l'accès à la tombe KV 60 (vue gm_69 et vue gm_36), tombe non décorée, appartenant peut-être à une nourrice d'Hatchepsout. La sécurité de KV19 y a gagné, mais pas le ressenti pour le visiteur (la tombe est souvent ouverte à la visite).

Le style (mais pas les thèmes) de la décoration de la tombe rappelle beaucoup celui des sépultures des fils de Ramsès III, qui se trouvent dans la Vallée des Reines (voir exemple ci-contre, merci à Amy Calvert) sauf qu'ici il n'y a pas de relief. Les représentations sont de grande taille, ce qui diminue le nombre des scènes, d'où il résulte une relative pauvreté thématique. Cependant, KV19 se résume au corridor d'entrée, et on ne peut préjuger du programme iconographique qui avait été imaginé, mais il est vraisemblable qu'il aurait été calqué sur celui des précédentes.
Même si les images sont de très belle qualité, il ne faut pas s'y tromper : l'âge d'or de la peinture murale thébaine est bien fini.
Par ailleurs, Ramsès III a fait aménager dans la Vallée des Rois une tombe plutôt grande, la KV 3, pour un de ses fils, qui porte également le nom de Montouherkhepeshef, mais n'a rien à voir avec celui qui nous occupe, comme Altenmüller l'a montré. On suppose qu'il avait une importance particulière pour son père pour justifier ce choix. Wente, qui a étudié ce monument très dégradé, rappelle judicieusement à cette occasion que nous comprenons toujours mal le processus successoral dans l'Égypte Ancienne.
Contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n'est pas Ramsès III qui a inauguré le thème du fils du roi présenté aux divinités par son père : dans la gigantesque tombe KV5 des fils de Ramsès II (plan kv5), on retrouve déjà, dans la première antichambre, la représentation du roi suivi de ses fils (vue cd_29).
Plus tard, dans la tombe KV19 qui nous occupe, le roi disparaît et Montouherkhepeshef se présente seul devant les divinités. Peut-être considérait-on que le prince héritier, un adulte, n'avait plus besoin d'intercesseur ? Les fils de Ramsès III, quant à eux, sont constamment représentés comme de jeunes adolescents, alors que certains sont pourtant morts à l'âge adulte.

Les noms donnés à Ramsès IX et à ses enfants suggèrent que le Montouherkhepeshef qui nous occupe descend d'un autre prince du même nom, fils de Ramsès III. La reine Titi, dont la tombe ramesside tardive QV52 sera un jour présentée sur OsirisNet, était probablement une sœur de Ramsès IX (donc une tante de notre personnage) en même tant que la (demi)-sœur et épouse de Ramsès X. L'intrication et la complexité des liens familiaux chez les fils de Ramsès III (qui rappellent ceux de la descendance de Ramssès II) ne sont sans doute pas étrangers à l'affaiblissement constant de la royauté à cette époque.

 L'entrée 

On descend vers l'entrée par une rampe ayant une pente de 8 degrés et une longueur de 15,70 m. Les dimensions de l'entrée et des corridors sont proprement royales, puisque seules les tombes de Ramsès IV et VII ont des dimensions supérieures dans ce domaine.
La première porte est nettement en retrait, protégée sur le dessus et latéralement par un auvent rocheux non décoré.
Au bas de la partie interne des jambages, de chaque côté, se trouvent deux serpents protecteurs crachant leur venin (Isis et Nephtys à gauche ; Serqet et Neith à droite ; ce sont en générale les protectrices du sarcophage et du coffre à canopes), surmontés de trois colonnes verticales de texte issu du Livre des Morts (vue gm_67-68). Immédiatement derrière, au début du couloir, se trouve une zone plane de 1,50 m de long destinée au fonctionnement d'une porte en bois à double battant dont l'existence est attestée aussi par la présence de trous de pivot et d'un récessus de plafond horizontal de 5,30 m. Sur chacune des parois latérales est représenté un vantail ouvert.

 Le premier corridor 

Long de 15,30 m, large de 3,10 m et haut de 3,75 m, il est entièrement terminé, recouvert d'un badigeon blanc, et décoré. Le plafond, parfaitement lissé, est resté blanc. Le décor des parois est limité en haut par un gigantesque signe hiéroglyphique bleu sombre représentant le ciel
En bas, on trouve un bandeau formé de plusieurs lignes épaisses superposées. La première, brun orangée ponctuée de points marron, représente la terre ; viennent ensuite six lignes d'égale épaisseur noire, blanche, rouge, blanche, noire, blanche, avant l'épaisse zone noire qui s'étend jusqu'au sol. Les pluies torrentielles de 1994 ont inondé la tombe, mais n'ont pas dépassé le niveau de ce bandeau.

De chaque côté de la paroi, nous trouvons Montouherkhepeshef représenté sept fois. Chaque fois, le prince est tourné vers l'intérieur de la tombe et accomplit un rite devant une divinité faisant face à lui : adoration, présentation d'offrandes, de vases, libation. Entre les deux protagonistes se dressent un ou deux guéridons chargés d'offrandes. Chaque scène est limitée de chaque côté par une colonne de hiéroglyphes colorés sur un fond jaune brillant. Devant la tête du prince, on retrouve deux ou trois colonnes de hiéroglyphes plus petits, noirs sur fond jaune. De même devant la divinité il est précisé sur le même modèle "Paroles dites par..." suivi de son nom.
Le prince est désigné comme "scribe royal" et "le fils royal, issu de son corps, qu'il aime", et on apprend qu'il occupait la fonction de Généralissime dans l'armée.
Il est vêtu d'un pagne blanc qui remonte très haut dans le dos, tandis qu'il descend beaucoup plus bas derrière les jambes que devant. Lorsque l'attache est représentée, c'est sous forme d'un petit nœud, sans la ceinture sophistiquée qu'on retrouve chez les fils de Ramsès III : seules sont représentées deux longues et fines bandes de lin gaufrées rouges et bleues ; par-dessus, le prince porte une ample tunique très fine, avec des manches largement bouffantes, dont le plissé est le plus souvent (mais pas toujours) rendu par le peintre.
Une seule fois, devant Osiris, il est vêtu différemment, avec un grand pagne à devanteau gaufré, recouvert d'une tunique. C'est aussi la seule fois où il est chaussé de sandales à bout recourbé, ailleurs il est pieds nus.
La coiffure est très élaborée, avec une perruque bouclée, presque toujours associée à un serre-tête. La mèche latérale de l'enfance est constante, sous forme d'une attache circulaire d'où pendent des mèches factices couleur lapis, le tout rehaussé d'or. Autour du cou s'étale un large collier d'or, dont le type varie légèrement d'une représentation à l'autre, tout comme celui des bracelets. Les cordons annexés à son fermoir sont souvent représentés dans le dos (ceux du serre-tête parfois aussi).

Les différentes divinités sont pour la plupart originales. On insiste sur les divinités chthoniennes (Ptah, forme momiforme de l’Amon de Karnak), illustrant la régénération : Thot et Khonsou, deux divinités lunaires ; Tatenen et Banebdjedet, tous deux très rarement représentés). En fait, les seules divinités funéraires canoniques sont Osiris et les Enfants d’Horus. Anubis est absent, Isis et Nephthys aussi ; Hathor s’est fondue avec Meretseger. L’organisation n’est pas claire, et il y a un décalage, qui fait que les Enfants d’Horus ne sont pas en vis-à-vis, non plus que Tatenen et Ptah, ou Bastet et Sekhmet, Thot et Khonsou.
Le dieu ou la déesse est toujours debout, les pieds reposant sur un socle asymétrique afin de conserver leur verticalité en s'adaptant à la pente du corridor.

Les guéridons supportant les offrandes sont représentés dorés. Les denrées alimentaires les plus diverses y côtoient des vases, des aiguières, des paniers... On remarquera la présence fréquente de tiges de papyrus dressées verticalement ; elles sont systématiquement entourées de liserons (vue gm_93 et aussi "Les liserons d'Égypte et leur rôle symbolique pour le défunt").


1)- Côté gauche

•  Scène 1 : le prince devant Osiris (vue is_30 et vue is_19)
Osiris est coiffé d'une couronne combinant l'atef avec une paire de cornes de bélier torsadées, symbole solaire confirmé par la présence d'un disque rouge. Cette nouvelle image est courante depuis la XIXe dynastie, quand les théologiens ont fait d'Osiris la forme nocturne du soleil (Osiris est le ba de Rê, et Rê est le ba d'Osiris). On remarque la tunique très ouvragée que porte le dieu par-dessus son linceul blanc. Un collier à large contrepoids porte en pendentif un naos dans lequel est représenté le double horizon, avec le disque solaire entre deux collines. L'artiste a fait coïncider son sommet avec le scarabée khepri de la renaissance qui se trouve sur la tunique (vue collier). De ses deux mains, Osiris empoigne un grand sceptre composite djed - ouas - ankh. Derrière lui, on trouve une nébride, cette peau d'animal pendue à un mât, dont la signification n'est toujours pas parfaitement claire.
Montouherkhepeshef est, à la différence des autres scènes, vêtu d'un grand pagne à devanteau gaufré, recouvert d'une tunique et porte des sandales à bouts recourbés (vue gm_54). Entre le prince et le dieu, la table d'offrandes illustre très bien la combinaison liseron-papyrus (vue gm_93).

•  Scène 2 : le prince devant Ptah-Tatenen (vue is_52)
L'entité Ptah-Tatenen résulte, à partir de l'époque ramesside, de l'union de deux dieux memphites. On y trouve le très ancien dieu Ptah, qui n'est pas à l'origine un dieu chtonien et funéraire, mais qui récupère ces fonctions dans cette association (sa combinaison ultérieure à Sokar et Osiris en fera Ptah - Sokar - Osiris, une des principales entités funéraires de l'époque tardive).
Le second intervenant est Tatenen ("la terre qui se soulève"), qui évoque la première butte émergée de l'océan primordial, mais aussi le dépôt des alluvions fertiles après la crue du Nil et par extension l'Égypte tout entière.
La tête de la divinité est surmontée d'une couronne composite constituée par deux hautes plumes, flanquée chacune d'un uraeus et reposant sur une paire de cornes torsadées. Montouherkhepeshef fait, à l'aide d'une aiguière, une libation d'eau sur les offrandes posées sur la table devant lui (vue gm_83).

•  Scène 3 : le prince devant Khonsou-em-ouaset neferhetep ("Khonsou qui est dans Thèbes") (vue bg_2186 et vue bg_2185)
Montouherkhepeshef présente une offrande d'onguent à la forme de Khonsou dans Thèbes, qui est son principal lieu de culte. Entité lunaire autonome à l'origine, Khonsou est récupéré par le clergé thébain pour devenir le dieu "fils" (ou plutôt la forme rajeunie) du dieu Amon au sein de la triade Amon - Mout - Khonsou. Dieu lunaire, et donc céleste, Khonsou peut être associé, comme ici, à Horus (Horus l'Ancien, grand dieu solaire, et non Horus l'enfant).
Le plus souvent représenté sous forme anthropomorphe, le corps serré dans un suaire et pourvu d'une volumineuse mèche de cheveux latérale, le dieu peut aussi, comme ici, être représenté avec une tête de faucon, surmontée du disque lunaire et du croissant de lune. Sur la paroi opposée, Thot, autre dieu lunaire, porte les mêmes attributs sur sa tête.
Rappelons que c'est à Ramsès III que l'on doit le lancement du chantier d'un temple de Khonsou dans l'enceinte de Karnak.

•  Scène 4 : le prince devant Bastet
Originaire de Bubastis, dans le Delta, Bastet perd rapidement son caractère léonin au profit de celui d'une douce chatte ; toutefois, cette fille de Rê conservera un potentiel dangereux qui, dans certaines conditions, la rapprochera de Sekhmet.
Sa représentation ici n'est pas habituelle, car elle correspond plutôt à celle d'une autre déesse léonine, Sekhmet. Il s'agit d'une volonté délibérée de rapprocher les deux entités. La déesse a un corps humain, une tête de lion (plutôt que de chat) avec une longue perruque surmontée d'un disque solaire. Celui-ci est entouré d'un serpent uraeus dressé, coiffé lui même d'une couronne hathorique. Elle est vêtue d'une robe rouge serrée sous les seins, ce qu'on s'attendrait plutôt à trouver pour Sekhmet (à tort, nous le verrons) dont une des épithètes est "maîtresse du lin rouge". En main, elle tient un sceptre papyriforme, représentant la Basse Égypte dont elle est issue. Le prince lui offre du lin rouge (nous venons de voir pourquoi) ainsi qu'un vase contenant un onguent.

•  Scène 5 : le prince devant Amsit
Montouherkhepeshef rend hommage dans la tombe à chacun des quatre enfants d'Horus, Amsit, Hapi, Douamoutef et Qebhesenouef. Nous avons consacré un article spécial à ces divinités et vous y renvoyons.
Représenté canoniquement avec une tête humaine, Amsit porte une barbe factice aujourd'hui disparue et tient en main un spectre ouas d'un côté, et une croix de vie de l'autre. Il est vêtu d'un corselet à bretelles décoré d'un motif noir et doré en plumes, doublé d'un pagne plissé. En face de lui, le prince lui offre une pièce de tissu rouge et un vase en pierre contenant un onguent ou un parfum (vue bg_2176).

 Scène 6 : le prince devant Qebhesenouef (vue is_31)

Ce fils d'Horus présente également son iconographie canonique hiéracocéphale, et il est vêtu comme Amsit. Lui aussi tient en main un sceptre ouas et une croix ansée (vue bg_2171). Le prince fait l'offrande de boulettes d'encens (vue gm_92-93).

•  Scène 7 : le prince devant Amon-Rê de Karnak
C'est la dernière représentation de la paroi. Le grand dieu solaire est représenté osiriforme, faisant ainsi pendant à Osiris de la première scène, ce qui illustre une nouvelle fois l'évolution théologique dont nous avons parlé plus haut et la complémentarité des deux divinités à cette époque. Amon porte un suaire blanc orné d'un corselet ouvragé et d'un grand collier à pendentif. Deux mains bleu verdâtre sortent du tissu et agrippent un sceptre ouas. La grande barbe à bout recourbé, caractéristique des dieux morts, complète la ressemblance ; s'il n'était coiffé de la couronne à hautes rémiges, et si son nom n'était pas indiqué devant lui, on pourrait avoir des doutes.
Montouherkhepeshef fait l'offrande d'une patte avant, qu'il présente entre deux feuilles. À noter la présence d'un petit graffito au-dessus de la table d'offrandes (vue is_01).

2)- Côté droit

•  Scène 8 : le prince devant Ptah
Nous avons déjà parlé du grand dieu démiurge de Memphis sur la paroi opposé, où il est associé à Tatenen. En s'implantant dans cette nécropole thébaine, sa personnalité, comme de juste, s'efface devant la prééminence de la déesse locale, Meretseger. C'est pourquoi cette dernière, dame de l'Occident thébain associée à Amon en tant que dieu de la capitale du Sud, est aussi associée à Ptah en tant que maître des cimetières de l'ouest.
Ptah est représenté sous une de ses formes habituelles, les chairs vertes, gainé dans un linceul blanc, coiffé d'un bonnet bleu foncé. Il tient en mains un beau sceptre composite ankh-djed-ouas dans un fourreau flexible qui s'adapte au contour antérieur du corps du dieu. Lorsqu'il est debout, comme ici, les sceptres sont droits, mais s'il était assis, ils suivraient en chicane le dessin de la cuisse et de l'abdomen. Il s'agit ainsi de montrer que les transformations revivifiantes du dieu, qui ont lieu dans la chrysalide divine (le suaire), s'étendent également à ses potentialités de vie (ankh), de puissance (ouas) et de stabilité (djed) qui y sont contenues.
En face de lui, le prince lui rend hommage en levant les deux bras au-dessus d'une table d'offrandes double. La paroi est assez abimée à cet endroit, comme le montrent mieux les vues is_12 et bg_2147.

•  Scène 9 : le prince devant Thoth
Thoth est représenté comme un homme à tête d'ibis. Il est coiffé du même emblème lunaire que Khonsou, associant un disque et un croissant de lune. Il tient en main un sceptre ouas et une croix de vie. Il est désigné comme "scribe des paroles divines" (= les hiéroglyphes). Montouherkhepeshef fait l'offrande de la flamme et d'une pièce de lin blanc.

 Scène 10 : le prince devant Banebdjed(et)
Le dieu Banebdjedet, ou Banebdjed ("Ba neb djedet", "le Ba Seigneur de Mendès") est un dieu bélier, divinité majeure de la cité de Mendès, qui se situe au nord-est du Delta, en compagnie de sa parèdre la déesse poisson (ou dauphin) Hatmehyt et de leur rejeton Harpocrate (Horus l'enfant). Le mot "Ba" désignant à la fois le bélier et ce que nous rendons, faute de mieux, par "âme", le dieu en est venu à incarner le Ba d'Osiris puis, à l'époque tardive, les Bas de Ra, Osiris, Shou et Geb, élargissant considérablement son influence. Du fait de ces associations, Banebdjedet est souvent représenté avec quatre têtes, deux tournées vers l'avant et deux vers l'arrière. Ici, il est coiffé d'une couronne composite.
Dieu bélier, symbole de puissance sexuelle, Banebdjedet se retrouve dans le temple de millions d'années de Ramsès III (Medinet Habou) : on y explique que le dieu Tatenen prend sa forme pour copuler avec la mère de Ramsès et engendrer le futur roi. Il joue également un rôle important dans la dispute entre Horus et Seth en conseillant d'aller voir Neith, qui résoudra le conflit.
Le prince fait une libation d'eau à l'aide d'une aiguière d'or qui a la forme d'un signe ankh, surmontée d'un capuchon à tête de bélier (vue kairoinfo4u_04 détail).

 Scène 11 : le prince devant Hapi
Habillé comme Amsit et Qebhesenouef, cet autre fils d'Horus (rien à voir avec le dieu de la crue homonyme en Français, mais pas en Égyptien) est représenté classiquement, avec une tête de cynocéphale (vue is_11). À noter que le collier est cette fois en argent (à moins que l'artiste n'ait oublié la couleur dorée...). Le prince, les deux bras levés, lui rend hommage.

•  Scène 12 : le prince devant Douamoutef
Il s'agit du quatrième et dernier fils d'Horus, reconnaissable à sa tête de canidé noir qui rappelle celle d'Anubis. Elle émerge d'un bloc de "chevelure" lapis, l'ensemble restant remarquablement harmonieux. À la différence de ses "frères" qui portent un corselet à bretelles et un pagne plissé, il est engainé dans un linceul doré d'où n'émergent que deux mains noires agrippant un sceptre ouas. Une fois de plus, Montouherkhepeshef lève les deux bras devant l'image de la divinité.

• Scène 13 : le prince devant la déesse Meretseger
Dame de la cime thébaine, "celle qui aime le silence, souveraine de la montagne de l'ouest" tient sous sa protection l'ensemble de la nécropole thébaine. Elle est essentiellement vénérée dans le village de Deir el Medineh, par la communauté des ouvriers en charge du creusement et de l'aménagement des tombes de la vallée de rois (et des reines). Représentée habituellement comme un serpent, souvent avec une tête de femme, la déesse est, comme tous les reptiles, une divinité de la terre, et plus précisément du monde souterrain. C'est la déesse nourrice des humains vivant sur terre et des morts sous terre.
Meretseger est représentée ici sous un aspect purement anthropomorphe, coiffée d'un diadème surmonté d'une paire de cornes de vaches enserrant un disque solaire, ce qui la rapproche d'Hathor "Maîtresse de la lisière du désert". Elle porte une robe rouge serrée sous les seins par une longue ceinture bleue ; de sa main gauche, elle empoigne un sceptre papyriforme (vue gm_16). Devant elle, le prince lève les deux mains en adoration. Au sommet de la pile d'offrandes se trouve un brasero sur lequel brûlent des boulettes de résine odoriférante (vue is_34).

•  Scène 14 : le prince devant Sekhmet (vue is_15)
Sekhmet "la puissante", est la plus importante des divinités léonines du panthéon égyptien. Sekhmet possède une double personnalité. D'un côté elle est considérée comme la fille de Rê, et comme la manifestation principale de l'Œil du soleil ; c'est donc une déesse dangereuse et destructrice, dont le seul souffle brûle les ennemis, comme le vent brûlant du désert ; elle est aussi responsable d'épidémies par l'intermédiaire de messagers qui en sont les vecteurs. Comme beaucoup de dieux et déesses, Sekhmet est ambivalente et apparait également comme une guérisseuse des fléaux même qu'elle a déclenchés. Elle est associée à Hathor et à Mout, mais aussi à Bastet, cette dernière étant parfois considérée comme sa forme apaisée.
La représentation de la déesse est, ici, proche de celle de Bastet, n'en différant guère que par la robe, blanche avec une ceinture rouge, et par la couleur rouge et non dorée du disque qu'elle porte sur la tête. Contrairement à l'habitude, elle ne tient pas de sceptre papyriforme.
Devant elle, le prince verse une libation d'eau à partir d'un vase en or (vue bs_07 et vue gm_55).

 La seconde porte et l'ébauche de corridor suivante 



La porte n'est pas décorée. Le travail a été abandonné par les carriers qui creusaient la roche sur quatre niveaux (vue tmp). Deux recessus latéraux rectangulaires ont été aménagés, destinés à la traction du sarcophage. Dans la petite zone plane du sol, un puits funéraire de 1,25 m de profondeur a été creusé ; il semble qu'il était recouvert de dalles de pierre (vue tmp). Son occupant reste inconnu, peut-être s'agissait-il de Montouherkhepeshef.


Bibliographie
•  ALTENMÜLLER Hartwig : Prinz Mentu-her-chopeschef aus der 20 dynastie, MDAIK, 50, p. 1-12, 1994
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•  HART George : A Dictionnary of Egyptian Gods and Goddesses, Routledge, 1986
•  KITCHEN Kenneth : Family Relationships of Ramesses IX and the Late Twentieth Dynasty, Studien zur altägyptischen Kultur 11, p. 127-134, 1984
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•  REEVES Nicholas, WILKINSON Richard : The complete Valley of the Kings, p. 170-171, Thames & Hudson, 1996.
•  WEEKS Kent (ed.) Atlas of the Valley of the Kings (= PTMP, 1), American University in Cairo Press, Carte feuille 38. 2000 et site web du Theban Mapping Project
•  WENTE Edward : A Prince's tomb in the Valley of the Kings, JNES, 32, p. 223-234, 1973.
•  WILKINSON Richard : The complete Gods and Goddesses of Ancient Egypt, Thames & Hudson, 2003


Page réalisée par Thierry Benderitter
Texte par Thierry Benderitter.
Merci à Georges Engel pour les textes en Allemand
Photographies par Gilberto Modonesi (gm), Brigitte Goedde (bg), Bruno Sandkühler (bs), Christian Mariais (cm), kairoinfo4u-Flickr, I.S.(is)

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