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La tombe KV 16 de Ramses I (Men-Pehty-Ra) XIXème dynastie
(vers 1315 – 1314 BC).
Successeur d'Horemheb et fondateur d'une nouvelle Dynastie,
la XIXème.
Monté assez âgé sur le trône,
il a longtemps exercé les plus hautes charges du
pouvoir sous son prédécesseur. Il portait
alors le nom de Paramessou .
1) Origines
L’origine non royale de Ramses est attestée
sur une statue retrouvée en 1913 par G. Legrain
au pied d’un colosse d’Horemheb, sous le Xème
pylône de Karnak. Elle était dédiée
au " prince dans le pays entier, maire de la ville,
vizir, Paramessou, qu'a engendré le chef des archers
Sethy ".
L'inscription sculptée sur le pagne
tendu sur les genoux complète ainsi ses titres : "chef
des archers, intendant des chevaux, chef du sceau, charrier
de Sa Majesté, messager royal vers tout pays étranger,
scribe royal, commandant de l'armée du Seigneur
du Double Pays, chef des prêtres de tous les dieux,
lieutenant de Sa Majesté en Haute et Basse Egypte,
commandant les bouches du Nil, noble, maire de la ville,
vizir, Paramessou ".
De cette période non royale subsistent aussi deux
sarcophages, dont l’un sera réutilisé par
son arrière petit-fils.
La famille ramesside est donc, traditionnellement, une
famille de militaires. Elle était originaire de
l'est du Delta, de la ville de Tanis, située, aux
marches de l'Asie, origine qui a pu influer sur certains
aspects de la politique ramesside. Cela explique aussi
la fréquence du nom Sethy dans la famille: " celui
qui appartient à Seth ", Dieu particulièrement
honoré dans la partie orientale de la Basse Égypte.
On sait également, grâce à une stèle
datée de Ramsès II, et découverte à Tanis
que, avant même son avènement, le vizir Paramessou
avait envoyé son fils Séthy rendre hommage à Seth
en sa ville.
L’épouse de Paramessou, Sat-Ra, également
d’origine non royale, est la mère de son héritier
Sethy I.
On peut se demander pourquoi Horemheb a choisi cet homme
déjà âgé pour lui succéder
?
Général, comme lui, et compagnon d’armes
d’Horemheb, ce dernier le nomma vizir, ce qui lui
permit de se familiariser avec les affaires de l'État,
qu’il devait bien connaître lors de son accession
au trône.
Surtout, il y a tout lieu de croire qu’il
a décelé chez le
fils de Paramessou, Sethy (futur Sethy
I), des qualités exceptionnelles. Sethy
lui même avait de plus l’avantage d’avoir
aussi un fils, ce qui assurait en principe à la
succession pharaonique une stabilité dont elle était
privée depuis le décès d’Amenhotep
IV - Akhenaton.
2) Ramses sur le trône
Ramses se considérait clairement comme le fondateur
d’une nouvelle dynastie, comme le montre le choix
de son nom de couronnement (Men-Pehty-Ra = Établie
(stable)-est-la-puissance-de-Ra), calqué sur celui
d’Ahmosis, le fondateur de la XVIIIème Dynastie
(Neb-Pehty-Ra = Ra-est-maître-de-la-puissance).
La titulature adoptée par Ramsès l insiste
sur les liens de la monarchie avec les Dieux. Elle ne présente
pas encore l’aspect guerrier qu’auront celles
de ses successeurs:
Nom d’Horus : Taureau puissant à la verte
royauté (c à d perpétuellement renouvelée,
comme la végétation au printemps)
Nom " Les deux Maîtresses " : celui qui
apparaît en roi à l'égal d'Atoum.
Nom d’Horus d'or : celui qui affermit la Vérité et
la Justice à travers le pays-aux-deux-rives
Nom de Roi de Haute et Basse Egypte: Établie (stable)
est la puissance de Ra
Nom de Fils de Ra : Ra-ms-s (" c'est Ra qui l'a mis
au monde ").
Après l’époque Amarnienne et la persécution
d’Akhenaton, Amon a été rétabli
dans ses prérogatives et au rang des rares réalisations
que l’on peut attribuer à Ramsès I,
on trouve les travaux à l’origine de la grande
salle hypostyle de Karnak, qui sera achevée par
ses successeurs.
Mais il semble que, manifestant peut-être la même
méfiance qu'Horemheb à l'égard du
clergé d'Amon redevenu très puissant, il
ait voulu donner une place importante, également,
aux croyances héliopolitaines et memphites.
Le règne de Ramses I sera très bref, moins
de deux ans. Il eut apparemment la sagesse d’y associer
son jeune fils Sethy, ce qui permettra à ce dernier
de succéder à son père sans problème
majeur.
La tombe de Ramses I porte le n° 16 de la Vallée
des Rois (KV16). Elle est située en face de celle
d’Horemheb. Elle fut découverte par Belzoni
en octobre 1817.
Vu la brièveté du règne du roi, elle
est demeurée inachevée.
Il existe trois théories pour expliquer la petite
taille de la tombe :
. La première postule que le souverain
déjà âgé et
peut être malade lorsqu’il est monté sur
le trône d’Horus aurait dès l’origine
prévu une petite tombe. Seule l’achèvement
de celle ci et notamment du sarcophage se serait fait dans
la hâte.
. Une autre hypothèse est que la
première
salle en cours de creusement, qui aurait dû servir
d’antichambre, fut hâtivement transformée
en caveau à la mort du roi.
. Il semble en fait que la tombe était
conçue
pour être un monument beaucoup plus grand mais que
l’état de santé rapidement dégradé du
roi ait amené à réduire de façon
drastique le programme initial.
Plan
La
tombe est rectiligne et ne mesure "que" 29 m
de longueur. Elle comporte deux escaliers séparés
par un couloir, aboutissant à une petite chambre
rectangulaire flanquée
de deux niches et d’une annexe. Un sarcophage en
granit rouge occupe une portion significative de la pièce.
Plan plus complet ICI
Le décor
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...Les
peintures de la tombe de Ramses I sont parmi
les mieux préservées de celles
des tombes royales. |
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Ne
se retrouve que dans la salle du sarcophage.
Il
reprend à la fois le style et les thèmes
de l'hypogée d'Horemheb. Il est d’ailleurs
très vraisemblable que la plupart des artisans
ayant travaillé sur la tombe de Ramses I avaient
déjà été en charge de
celle de son prédécesseur Horemheb.
On y retrouve donc ce fond bleu-gris< si particulier
(déjà présent, il faut le noter, chez Aménophis (Amenhotep)
III), des couleurs intenses et saturées, avec la même palette. Par
contre, par manque de temps, les peintures sont appliquées ici directement
sur les parois enduites de plâtre, sans que l’on retrouve les magnifiques
reliefs levés décorant la tombe d’Horemheb. Le roi n'ayant
régné que dix-huit mois, cela nous donne un aperçu de ce
qui peut être accompli en si peu de temps dans une sépulture
royale à cette époque. |
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La tombe est restée scellée après
que la momie du roi en
ait été déménagée pour la protéger à la
XXIème Dynastie par les pieux prêtres d’Amon.
On ne retrouve dans la tombe aucun graffito d’époque gréco-romaine.
Il n’y a que peu de dégâts des eaux. Par contre le plafond
craquelé menaçait d’effondrement et un bâti en bois
a été installé autour du sarcophage afin de soutenir la
voûte.
Le souvenir du temps de l’hérétique
Akhenaton étant encore bien vivace une génération
seulement après sa mort, les artistes se sont efforcés
de se rapprocher le plus possible de l’orthodoxie
picturale pré-amarnienne.
Il en est de même pour le programme décoratif,
avec des scènes extraites du Livre des Portes et
que l’on ne trouve qu’à partir de la
tombe d’Horemheb (cf infra).
Avec cette tombe et celle d'Horemheb, on sent la volonté d’une
coupure. En effet, à la XVIIIème
Dynastie on trouve dans les tombes royales de Thoutmosis
I, Thoutmosis III, Aménophis (Amenhotep) II, Aménophis
(Amenhotep) III, le Livre de l’Amdouat, qui sera
très réduit il est vrai chez Toutankhamon
et Äy. Ce livre va disparaître chez Horemheb
et Ramses I. Plus tard il réapparaîtra chez
Sethy I, Ramses II, Merenptah,…associé au
Livre des Portes.
(ref : montfort : http://sethy1.free.fr/sarcob.html
et : http://www.sacred-texts.com/egy/gate/
Le Livre des Portes est une composition funéraire
dont le nom original est inconnu. Il apparaît dans
la Vallée des Rois dans la tombe de Horemheb, puis
dans celle du premier représentant de la XIXème
dynastie, Ramsès I.
Il s’agit d’un des
livres décrivant
le périple nocturne du soleil.
Il remplace dans cette fonction le Livre de l’Amdouat
employé précédemment, duquel il est
largement inspiré.
Comme celui de L’Amdouat, le Livre des Portes est
divisé en sections et reprend la description générale
du voyage nocturne du soleil en barque dans un cadre
comprenant trois registres.
La principale nouveauté, c'est l'apparition
d'une scène de jugement devant Osiris, après
la Vème division. Néanmoins, il ne s'agit pas
d'un jugement du roi, comme on a pu le dire, nouveauté
qui aurait été introduite en raison l’épisode
amarnien. Le roi est déjà un Osiris et à ce
titre il assiste, en gloire, au jugement des ennemis d'Osiris.
Notons d'ailleurs que seul Osiris est présent; il n'y
a pas d'assemblée des dieux juges ou d'accesseurs comme
dans une tombe privée.
Chez Ramses I, la justification se fait, d'après le texte,
devant la Grande Ennéade. Il s'agit là d'un rappel mythologique,
puisque la Grande Ennéade avait déjà jugé le différent
entre Horus -qui réclamait le trône de son père défunt-,
et son oncle Seth- qui l'avait usurpé. Le roi sera donc,
comme Horus, conforté dans sa royauté par ce jugement.
Dans la conception
même
de la salle, avec l'apparition de la corniche à gorge
et la disposition générale,
on a nettement voulu recréer une salle de tribunal
et une spatialisation. Autre nouveauté l'utilisation
de cryptographies (procédé cependant
déjà présent
sur les chapelles dorées de Toutankhamon).
Enfin, la caractéristique iconique principale du
Livre des Portes est la présence de portes
qui sont au nombre de douze (la Douat elle-même
comprend onze divisions, cf le pb des intervalles et du
nombre de barreaux d’une échelle).
Ces gigantesques portails qui ponctuent les différentes étapes
du périple de la barque solaire matérialisent
les heures de la nuit et font référence à des éléments
essentiels d'un temple égyptien ou du palais royal.
Tout comme les portes qui se succèdent dans un bâtiment,
ils semblent conduire le voyageur vers le cœur de
l'espace architectural.
Ces portes, déjà citées dans le Livre
de l’Amdouat n’y étaient en revanche
jamais représentés. Un
serpent veille sur
chacune d’elles et son corps s’étend
sur toute la hauteur des trois registres.
Chez Ramses I on ne trouve que
des extraits des 3ème et 4éme heures.
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Vue JH 6: second escalier
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Après une première longue volée d’escaliers,
on arrive à l’entrée proprement dite.
Celle ci est plus grande que celle des tombes de la XVIIIème
dynastie.
Un corridor descendant, à parois lisses mais non
revêtues de plâtre conduit à une second
escalier taillé dans la roche. De chaque côté se
trouvent deux profondes corniches, dont la fonction n’est
pas évidente. Elles ne sont pas décorées.
La salle du sarcophage s’ouvre directement en bas
de cet escalier, là où on aurait normalement
attendu la salle du puits.
| La salle du sarcophage – Vue
d’ensemble |
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Vue JH 1: vue d'ensemble
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| Vue JH 5: progression
(s) |
Ce qui frappe d’emblée c’est la petite
taille de la pièce, l’immense sarcophage à
couvercle bombé qui en occupe une grande part, et
l’aspect
très
coloré des murs en bon état. Ils sont surmontés
d'une corniche à gorge qui a pour but de spatialiser l'espace.
Dans le livre funéraire de l'Amdouat, précédemment employé,
on trouvait des bandes de sable symbolisant le monde souterrain.
La taille de la pièce ne permettait que d’entreposer
un matériel funéraire peu abondant, dont
il ne restait déjà presque plus rien lors
du transfert de la momie du roi à la XXIéme Dynastie. Ce
matériel
devait être
bien inférieur en quantité à ce qui
a été retrouvé chez Toutankhamon [NB:
pour lequel certains se lamentent pourtant que c’était
un " petit
pharaon " qui devait avoir peu de
chose par rapport à d’autres. Je n'en crois
rien.]
Le déroulement des scènes donne une bonne
idée de la progression
du roi défunt dans
son voyage dans l’au-delà.
Celle ci est comme dédoublée, une partie
sur les parois de droite, une partie sur les parois de
gauche
aboutissant
sur la paroi du fond respectivement à Osiris et à Khépri.
Il en résulte un intéressant effet de symétrie.
Celle ci, comme toujours en Égypte, n’est
jamais complète.
Nous suivrons le chemin du roi successivement dans ses
deux directions, droite et gauche à partir de l’entrée.
| Progression sur la
voie de droite |
A- Le mur à droite de
l’entrée :
Vue 42
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Vue JH 4 : Mur d'entrée, à droite
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Vue 42 |
De chaque côté de l’embrasure, deux
images de la déesse Maat accueillent le roi défunt.
Elles rappellent que –à la différence
de ce qui se pratiquait avant- le roi rentre dans la
salle " des deux Maat " (Maat(y)) c’est à dire
une salle du jugement, et nous reverrons sur le mur opposé qu’il
va être amené devant Osiris.
Maat reçoit le roi : vue 9
"
Paroles dites par Maat, fille de Ra lorsqu’elle accueille
son fils aimé l’Osiris-Roi Men-Pehty-Ra, juste
de voix, et qu’elle lui donne le trône de son
père Osiris, pour l’éternité (bis) "
Derrière la déesse : " Protection,
vie, stabilité, toute dilatation-de-cœur (=
joie) sont autour d’elle "
Le roi est ensuite figuré faisant offrande de deux
vases à vin au dieu Nefertoum (vue
7). Il est présenté encore
une fois comme " l’Osiris-Roi
Men-Pehty-Ra, juste de voix auprès du Grand Dieu
maître
de Busiris (=Osiris) ". Devant lui : " Donner
du vin, afin qu’il le fasse ( ?) comme Ra "
Le Dieu Nefertoum est facilement reconnaissable au lotus
ouvert qu’il porte sur la tête. Son nom est également
inscrit au dessus de lui. Il porte d’une main le
signe de vie Ankh, de l’autre le bâton de puissance
Ouser.
Cette représentation fait référence
au Chapitre 81 B du Livre des Morts : " Formule pour
prendre l ‘aspect d’un lotus….Ô ce
lotus, cette image de Nefertoum, je suis quelqu’un
qui connaît ton nom… " Ainsi est symbolisée
la naissance du soleil qui sortit pour la première
fois du chaos initial lorsque les pétales bleus
de la fleur de lotus se sont écartés.
Ce rapprochement de Nefertoum avec le royaume solaire est
très ancienne puisque le Spell 266 des Textes
des Pyramides proclame qu’il est " la fleur de
lotus au nez " du dieu soleil Ra.
A partir du Nouvel
Empire, Nefertoum est considéré comme le
dieu-fils d’une triade Memphite regroupant également
Ptah (que l’on retrouvera sur la paroi à gauche
de l’entrée) et la déesse léonine
Sekhmet.
Au dessus de lui : " Paroles dites par Nefertoum,
le Grand Dieu, Maître de Ta-Djeser (= la nécropole),
qui ordonne d’apparaître devant la montagne
de l’Occident. Maître pour l’Éternité,
gouverneur de l’Éternité. "
Derrière lui : " Protection,
vie, stabilité,
puissance, sont autour de lui comme Ra ". "
On trouve ensuite un grand " Nœud
Tit " (nœud d’Isis) qui fait allusion
au chapitre 156 du Livre des Morts " Formule pour le nœud-Tit
de jaspe rouge ….Tu as ton sang, Isis, tu as ton
pouvoir magique, Isis, tu as ta magie, Isis, l’amulette
qui est la protection de ce Grand Dieu, qui réprime
celui qui lui cause du tort." La signification exacte de
ce symbôle de la déesse reste obscure.
B- la paroi droite
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Vue JH 7: Paroi de
droite |
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Vue 45
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Vue 53
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| Vue
60 |
On y trouve représentée une partie de la
2éme division (ou 3éme heure) du Livre des
Portes (manquent : la porte (sauf le battant), le registre
supérieur sauf le début du texte placé au
2ème registre, les neuf personnages après
les serpents du registre inférieur, la fin du texte
du registre d’en bas.
Le mouvement des scènes se fait de droite à gauche,
prolongeant ainsi la phase d’accueil initiale.
Au
dessus des représentations du registre du haut,
une " corniche Égyptienne " surmontée
d’une frise khakérous.
Sur cette paroi sont creusées dans le haut du dernier
registre deux petites niches destinées à contenir
des briques magiques, au nombre –théorique-
de 4, et qui sont censées être orientées
selon les points cardinaux (vue
1). Manifestement ici ce
n’est
pas le cas. Sans doute les amulettes contenues dans les
niches compensaient elles ?
1) La première porte
Elle est représentée uniquement par son battant.
Celui ci porte sur un fond jaune le gigantesque serpent
gardien dressé, Aqeby (Vue
5, Vue
62).
Texte (en écriture rétrograde, avec inversion
du sens des signes) : " Aqeby, il
est sur ce battant, il ouvre à Ra. Ouvre pour celui
de l’Horizon,
lorsqu’il éclaire les denses ténèbres
et qu’il donne la lumière dans la Douat !(=
la Chambre Cachée). Cette porte est scellée
après que ce Grand Dieu y est entré et Ceux-qui-sont-dans-leur-pylône
(= les défunts) se lamentent quand ils entendent
la porte se refermer sur eux "
2) Registre de la barque
Dans la barque, un Dieu criocéphale surmonté d’un
disque solaire (vue 34, vue
45). Il s’agit de la forme nocturne
du soleil, qui réunit
les Bas d’Osiris et de Ra. Une explication claire
en est donné dans la tombe
de la reine Néfertari (Grande Épouse
Royale de Ramses II)
Le Dieu se tient debout sous un dai, un sceptre de puissance
Ouas à la main, devant lui se dresse un serpent
protecteur. Le dai est entouré et protégé par
les replis d’un autre grand serpent, Mehen.
On remarque combien l’équipage de la barque
est réduit : il n’y a que le Dieu Sia pour
incarner le pouvoir de la Connaissance à l’avant,
et le Dieu Héqa pour le pouvoir magique à l’arrière.
La barque est hâlée par quatre Dwawtyw (=
habitants de la Douat, le monde inférieur).
Devant les haleurs, huit momies debout portent la Barque
de la Terre, qui traverse un espace symbolisé par
une barre ou un boyau (vue
51, vue
53). Au dessus de celle
ci, huit divinités
sont assises et à chaque extrémité en
forme de tête de vache (avec oreilles hathoriques
vue
43, vue
44) se tient un taureau.
La corde des haleurs
entre dans la
gueule de la vache de droite et en ressort à l’autre
extrémité, montrant que la barque est censée
traverser ce boyau, ce qui fait de cette traversée
un rite de passage et de renaissance. Il faut probablement
comprendre (ce n'est pas très clair) qu'il s'agit d'un
équivalent du portage de la barque d'Aker dans son domaine
souterrain, les deux taureaux dos à dos pouvant représenter
les deux monticules
qu'on
retrouve associés à ce Dieu. Remarquons que les momies
porteuses arborent toutes la barbe postiche recourbée
des morts bienheureux, qui passe même de manière
non réaliste devant
la barre afin de mieux la mettre en valeur.
Devant les haleurs et leur faisant face, quatre personnages
osiriformes dans un linceul blanc, la tête revêtue
du klaft (vue 10) sont désignés comme " les
Outous de la terre ".
Au dessus des représentations, le texte en écriture
rétrograde dit : " Ce Grand Dieu est halé par
les dieux de la Douat, ce Grand Dieu arrive à la
Barque de la Terre, à (l’embarcation) des
dieux . "
"
Ra leur dit : " Ô dieux qui portez la Barque
de la Terre, porteurs de l’embarcation de la douat,
que vos formes soient élevées, que la lumière
soit pour votre embarcation. Sacré (Djeser) est
ce qui est en elle ! La barque de la terre flanche devant
moi ( ?), l’embarcation de la douat élève
mes formes. Voici, je traverse la Région Mystérieuse
pour m’occuper de ceux qui sont en elle. La terre
tremble (bis). L’âme est honorée, le
double taureau se réjouit et le Dieu est satisfait
de ce qu’il a créé. "
" Ces dieux disent à Ra : " Ra est
honoré, son âme est puissante (quand elle
est) avec Celui de la Terre (?). Ces dieux honorent Ra
lorsqu’il se couche. La barque jubile, sa douat est
cette embarcation . Puis ils se lamentent lorsque Ra a
passé près d’eux. Leurs offrandes consistent
en légumes frais ; leurs offrandes leur sont données
lorsque (ils) entendent la voix de ceux qui halent ce Grand
Dieu. Ceux de la douat dans la barque sacrée, qui
se trouvent dans la terre, ordonnent aux Outous de la terre. "
" Rugissements de Khenty-mnt-f : Découvrez vos têtes ! Cachez
vos bras ! L’air est pour vos nez ; que vos bandelettes soient déliées
! Vous avez le pouvoir sur vos dons, vous êtes satisfaits avec ce que j’ai
créé ! "
" Leurs offrandes consistent en pains, leur bière
est la boisson djsrt, leur rafraîchissement,
c’est l’eau. Ce qu’on leur donne comme
offrande, c’est des étoffes de couleur claire
dans la douat. "
La suite de ce texte est un passage mutilé du Livre
des Portes, 2éme division (ou 3éme heure),
1er registre : " (Les dieux saints
qui se trouvent dans la douat) dans leurs chapelles, chairs
divines dont
le serpent Sty garde les chapelles. "
"
Ra leur dit : Vos chapelles (sont ouvertes) et mes rayons
pénètrent dans votre obscurité. Je
vous ai trouvé en deuil, vos chapelles scellées
sur vous. Je donne (de l’air à vos nez). "
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Vue 5
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| Vue 30 |
3) Registre
d’en bas : Le Dieu
Atoum est appuyé sur un bâton
devant la représentation
de l’énorme serpent
Apophis (vue
5). Le dieu empêche ainsi
Apophis d'exercer son action maléfique
et de renverser la barque solaire.
Curieusement, le reptile n'est pas
découpé comme on le
voit si souvent ailleurs. Au
dessus de la niche à droite
une inscription : "
L’assemblée des dieux,
qui repousse Apophis. " Les
divinités elles même
ne sont pas représentées.
Remarquons que la représentation
d’Apophis se situe juste sous
celle de la barque divine.
4) A gauche,
après la niche, nous
retrouvons Atoum dans la même
pose debout tenant un sceptre et
le signe de vie Ankh devant neuf
divinités " maîtres
des provisions. " (vue
30, vue
36) Le texte au dessus de
ces représentations est en
gravure rétrograde et dit
: " Ce qu’Atoum
fait (pour) Ra : diviniser le Dieu,
jeter bas le rebelle. Tu es renversé,
toi qui n’est plus debout
! Tu es charmé toi qui ne
te retrouve plus ! Mon père
est justifié contre toi,
je suis justifié contre toi,
je te repousse de Ra, je te punis
pour Celui de l’Horizon !
" " L’Ennéade
dit à Ra (lorsqu’elle)
repousse Apophis de Ra: " Ta tête
est tranchée, Apophis ! Tes
replis sont coupés ! Tu ne
t’approcheras pas de la barque
de Ra, tu ne descendras pas vers
la barque divine ! La flamme est
contre toi venant de la Région
Mystérieuse. Nous t’avons
destiné à être
anéanti ! " " Ils
vivent des dons de Ra, des offrandes
de Celui qui est à la tête
des Occidentaux (= Osiris). On leur
fait offrande sur terre, on leur
présente le rafraîchissement
comme à ceux qui ont droit
aux offrandes par devant Ra."
" Atoum dit à ces dieux qui
portent le sceptre et le signe de
vie, à ceux qui s’appuient
sur leurs sceptres : Repoussez le
rebelle de Celui de l’Horizon,
coupez les chairs du mauvais !
Ces dieux charment Apophis, ils
ouvrent la terre pour Ra, ils scellent
(la terre pour Apophis)."
C –
La paroi du fond, à droite
Sur
la paroi du fond sont représentées quatre
scènes séparées. Osiris et Khepri,
termes des deux voyages, centrent la paroi ; de chaque
côté huit personnages. L'ensemble présente
un aspect presque symétrique, avec la corniche égyptienne
qui prend la forme d'un toit
au dessus des représentations divines.
A droite, le roi mort est conduit par Horus, Atoum et Neith
devant Osiris assis sur un trône archaïque
placé sur un socle (vue 48).
C’est
l’aboutissement du voyage dans l’au-delà sur
le chemin de droite (Livre des Portes, 2éme division
(ou 3éme heure)).
A
partir du Nouvel Empire, les théologiens Égyptiens
ont enfin réussi à faire se rejoindre les
destinées solaires et osiriennes, à priori
contradictoires : Osiris est devenu la forme nocturne du
soleil. Les Baou des deux dieux se rejoignent, comme cela
est exprimé par la formule : " Osiris, (c’)est
le Ba de Ra, Ra c’est le Ba d’Osiris".
Devant
Osiris, un personnage plus petit, le prêtre
Iwn-mwt-f, habillé de la peau de panthère
(vue 17). Ce prêtre représente le fils idéal
d’Osiris qui accomplit la fonction de prêtre
funéraire.
Devant Iwn-mwt-f : " Paroles prononcées par
Iwn-mwt-f, quatre fois : En paix, tu es en paix, éternellement
et à jamais ! "
Au dessus d’Osiris, une inscription qui reproduit
le discours du Dieu :
" Paroles à dire : Je viens, je serai ta protection. J’établis
ton trône comme celui de Ra au ciel. Tu te lèves (comme le soleil) éternellement
et à jamais dans tout endroit que tu désires, Osiris qui est à la
tête de l’Occident, Ounen-nefer, roi des Vivants. "
Horus porte la double couronne et un sceptre. Au dessus
et devant lui : " Paroles prononcées par Horus,
fils d’Isis : Allez et venez, introduisez le dans
le grand palais qui est dans la douat, au milieu de la
terre de la montagne de l’Occident. "
Au dessus du roi : " Je viens devant toi, roi des
dieux, Grand Dieu, maître du ciel. "
Au dessus d’Atoum : " Paroles dites par Atoum,
maître des Deux Terres et d’Héliopolis,
Grand Dieu, maître du ciel, qui réside dans
les Deux Terres. "
Devant lui : " Paroles à dire
: Je te donne les apparitions de Ra au ciel. Que tu sois
comme lui. "
Au
dessus de Neith (vue 21): " Paroles
prononcées
par Neith la Grande, Mère divine, Maîtresse
du ciel, Maîtresse des dieux. "
Devant elle : " Paroles à dire : Je te donne
le trône d’Osiris pour que tu te repose sur
lui, éternellement. "
Les
autres représentations, à gauche sur
la paroi du fond sont l’aboutissement de la progression
royale à partir de la paroi d’entrée
côté gauche, nous les reverrons donc plus
bas.
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