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Lorsque le 4 novembre 1922 Howard Carter découvre la tombe KV 62 quasiment intacte du Pharaon Toutankhamon-Nebkheperoura, une page majeure de l'archéologie s'ouvre. Pour la première fois, les égyptologues et le public, fascinés, découvrent la splendeur dont s'entouraient les rois d'Égypte avec les milliers d'objets présents dans la tombe, et les magnifiques sarcophages dont celui en or vont enflammer l'imagination de générations d'archéologues et des touristes qui se pressent par milliers chaque année pour visiter la tombe. La moyenne du nombre de visiteurs atteignant les 2000 par jour, le service des antiquités vient de fixer en 2004 des quotas de visites pour préserver la tombe.
Les circonstances de la découverte ayant été amplement détaillées par Carter, nous n'y reviendrons pas.
Un leitmotiv assez récurrent est de regretter le fait que seule la tombe d'un "petit" pharaon ait été retrouvée intacte, et d'imaginer ensuite ce qu'aurait put être la sépulture d'un pharaon prestigieux au long règne. Il serait peut être plus sage de se dire que cette tombe date de la XVIIIème Dynastie, une des plus prestigieuse et des plus riches de l'histoire Égyptienne, et que de plus elle concerne un roi situé dans une période charnière de l'histoire. Pourquoi le matériel funéraire retrouvé serait t'il en quantité tellement inférieure ici? Nous n'en savons rien.
Peut être dans des tombes plus grandes en aurait t'on retrouvé des quantités équivalentes mais disposées plus au large.

LE ROI TOUT- ANKH- AMON



vue 17

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Beaucoup de choses font encore mystère même pour ce souverain dont on a retrouvé la tombe presque intacte et la momie en place. Il semble admis actuellement que Toutankhamon est le fils du pharaon "hérétique" Akhénaton (et non celui d'Amenhotep III).
Son origine maternelle, comme ses conditions d'accession au trône restent largement inconnues. Il semble toutefois clair que sa légitimité n'a pas été mise en cause par ses contemporains.
Il monte sur le trône sous le nom de Toutankhaton "l'image vivante d'Aton " renonce, en l'an 2 de son règne à l'hérésie amarnienne et rétablit le culte d'Amon, comme il le décrit sur la stèle dite " de la restauration " qu'il dépose dans le temple de Karnak.
Il transforme alors son nom en Toutankhamon "l'image vivante d'Amon " et revient à Thèbes, abandonnant l'éphémère capitale de son père, Akhétaton. Il s'agit encore d'un enfant qui ne saurait diriger l'Égypte. Cette direction est confiée à trois personnages principaux: le "père divin" (nom dont la signification précise nous échappe encore) Aÿ qui joue le rôle central de régent, Maya qui a en charge le trésor, et le général Horemheb à la tête de l'armée. Sous cette compétente direction, l'Égypte restaure sa puissance intérieure et extérieure, comme en témoigne la magnifique tombe que le général Horemheb se fait construire à Saqqara.

Toutankhamon meurt jeune, à environ 19 ans, vers 1352 avant JC, sans avoir engendré de prince héritier.
Les circonstances de sa mort brutale restent toujours mystérieuses, mais la publication en mars 2005 du rapport d'étude scannographique de la momie du roi permet d'écarter l'hypothèse du meurtre, du moins par instrument contondant. Le roi présente une fracture de jambe qui, si elle s'est ouverte, peut être cause du décès par infection. Le crâne du roi ne montre pas de trace de coup comme on a pu le croire antérieurement.

Son successeur déjà âgé au moment où il monte sur le trône est le "père divin" Aÿ (voir la tombe de Aÿ). C'est lui qui organise ses funérailles dans la Vallée des rois, conformément à la tradition, et fait tout à fait unique, son nom figure dans la tombe de son successeur. A sa mort rapide ( 4 ans seulement plus tard), c'est un autre personnage qui n'avait pas droit légitime au trône lui non plus, le général Horemheb, qui lui succède. Avec ce dernier seulement l'épisode amarnien est considéré comme clos, et ses années de règne seront comptées à partir du dernier pharaon "légitime", Amenhotep III.
Les générations suivantes et surtout les Ramessides s'efforceront ensuite d'effacer toute trace de cette période en gommant des listes officiels tous les rois entre Amenhotep III et Horemheb.

LA TOMBE KV 62



Plan (H. Carter)

Toutes les précautions avaient dû être prises pour sécuriser la sépulture. Cela n'a pas empêché la tombe de Toutankhamon de recevoir au moins deux fois la visite des violeurs de tombe, très peu de temps après l'enterrement. Mais la nécropole thébaine était encore bien gardée, et aucune autre visite n'eut lieu jusqu'au creusement de la tombe de Ramses VI à la XXème Dynastie A cette période, un éboulement avait caché miraculeusement la tombe du roi sur laquelle les ouvriers dressèrent leurs cabanes et ainsi ils la préservèrent des pillages massifs de la fin de la XXIème Dynastie jusqu'à sa redécouverte en 1922.
Ce n'est certes pas pour sa taille ou pour la richesse de sa décoration que la tombe est célèbre.
On a souvent souligné à juste titre la petite taille de la tombe: c'est en effet la plus petite des tombes royales de la Vallée des Rois, dont elle ne suit pas le plan général. On pense qu'à l'origine elle était destinée à un personnage non royal de haut rang, peut être Aÿ, et qu'elle a été décorée à la hâte au moment du décès inattendu du roi.
La tombe originellement commencée pour Toutankhamon était probablement celle qui sera finalement continuée (mais non achevée) et utilisée par Aÿ pour son propre enterrement seulement 4 ans plus tard, la tombe KV 23, située dans la vallée de l'Est, et située à côté de celle d'Amenhotep III, ce qui n'est sûrement pas un hasard.

Quoique très petite et de style très différent des autres, il fut cependant estimé qu'elle réunissait les critères canoniques suffisants pour permettre un ensevelissement rituel et constituer la tombe du roi, avec notamment une rupture d'axe, alors qu'Akhénaton s'était lui fait construire en Amarna une tombe selon un axe unique, afin que rien n'entrave la lumière solaire.

II s'agit d'une tombe rupestre dont l'entrée est taillée directement dans le calcaire du Ouadi principal de la Vallée.
Un escalier de 16 marches amène à un court corridor de 7,60m orienté à l'Est, qui donne directement sur l'antichambre. Six des marches originelles ,les plus basses, furent rasées lorsqu'il fallut faire passer du mobilier funéraire de grande taille dans la tombe. Elles furent ultérieurement reconstruites en pierre et mortier pour restituer l'original.
Les bords du corridor sont correctement lissés mais aucun enduit n'a été appliqué. Lors de la découverte, toute cette portion avait été remplie de déblais pour tenter de protéger l'accès à la tombe, en vain. A l'origine, on y trouvait le matériel antérieurement retrouvé par Carter dans une cache en 1907.
Le corridor était lui aussi clôturé par une maçonnerie plâtrée. Derrière celle ci apparaissait l'antichambre comportant un très important mobilier.

ANTICHAMBRE ET ANNEXE


L'antichambre a été ainsi nommée par Carter, cette pièce rectangulaire est disposée perpendiculairement, avec une orientation Sud-Nord. Les murs en ont été plâtrés, mais aucune décoration n'a été effectuée.
Sur le mur Ouest, à gauche, s'ouvre une pièce baptisée annexe dont le plancher est à 1m sous le niveau de l'antichambre. Elle n'est pas décorée non plus.


Photo H.Carter

Ces deux pièces furent découvertes remplies de matériel funéraire, essentiellement (mais pas exclusivement) au nom du jeune roi. Leur ordonnancement avait cependant été complètement bouleversé par les pilleurs. Les inspecteurs qui sont intervenus après le pillage ont remis un semblant d'ordre, mais sans manifestement prendre leur travail à coeur, empilant les objets dans les coffrets sans ordre et repoussant sans ménagement les objets longs contre les murs. Carter se demandait même pourquoi ils avaient pris cette peine pour un tel résultat.

Le mur Nord de cette pièce comporte une ouverture vers la chambre funéraire. Elle était initialement fermée et plâtrée, avec d'innombrables sceaux de la nécropole apposés sur le plâtre. Elle aussi avait été percée par les pilleurs puis restaurée après le passage des inspecteurs. De chaque côté de l'ouverture, en défendant l'entrée comme l'aurait fait Anubis, les célèbres statues en bois noirci du roi.

LA CHAMBRE SÉPULCRALE


C'est la seule pièce décorée de la tombe. Au moment de la découverte, la pièce était entièrement occupée par les grandes chapelles en bois entourant le sarcophage royal (5 x 3,30 x 2,73 m), ne laissant qu'un très petit espace libre avec les murs (75 cms). Sur le sol de cet espace étaient disposés des objets à valeur magique, et notamment 11 avirons de gouverne.

Cette chambre est en contrebas par rapport à l'antichambre, et il est vraisemblable que la pièce d'origine ait été élargie pour contenir les grandes chapelles dorées. On reproduisait ainsi un semblant de tombe classique où existe une salle hypostyle surélevée par rapport à la chambre sépulcrale.


Photo
H. Carter

Les quatre murs de la pièce ont été revêtus de plâtre puis décorés. Le plafond est resté tel quel. Toutes les parois sont surmontées du signe du ciel "Pet" (vue 8), soutenu par des piliers à ses deux extrémités est et sud (vue 9)

Les thèmes décoratifs sont simples, peu nombreux, et l'on sent bien la hâte qui a du présider à la finition du travail. Celui ci a dû être rendu considérablement plus difficile par le peu d'espace dont disposaient les peintres. En effet, on est assuré que le plâtrage et la décoration n'ont été appliqués qu'après que les chapelles aient été montées (vue 4). On peut imaginer les conditions de travail, dans un espace quasiment confiné. Ceci explique probablement aussi un des faits qui marquent le plus lorsque l'on regarde les parois: les innombrables taches marrons qui mutilent plus ou moins les représentations et qui représentent des amas fungiques. Carter pense que ces champignons ont été introduits par le plâtre ou la peinture, puis que l'humidité qui s'est produite à la suite de l'évaporation du plâtre a permis leur croissance.
Les personnages sont à grande échelle, ce qui réduit beaucoup le nombre de scènes. Le roi est représenté devant des divinités et devant des vignettes de l'Amdouat (= le monde souterrain), le tout sur un fond jaune-ocre censé imiter la couleur de l'or. La salle du sarcophage était d'ailleurs appelée par les anciens Égyptiens "Salle de l'Or".
Dans chacun des 4 murs, sous le plâtre, une petite niche avait été creusée pour y disposer des figurines protectrices (vue 1 Anubis entouré de tissu).

Le trait des peintres est hâtif mais précis. Les proportions des personnages nous apparaissent par contre exagérément modifiées, peut être un reste du style amarnien chez ces artisans qui avaient probablement travaillé auparavant pour Akhénaton.
Ces motifs rappellent un peu ceux utilisés dans les tombes des deux derniers prédécesseurs "légitimes" du roi: son grand-père Amenhotep III et son arrière grand-père Thoutmosis IV. Si chez ce dernier le fond des murs est également jaune d'or, il est par contre bleu-gris chez Amenhotep III.

Mur nord


vue 15

vue 18
C'est celui que l'on a en face de soi en regardant la chambre funéraire depuis l'antichambre (vue 15).
Trois scènes se suivent de droite à gauche :
Première scène:
Il s'agit d'une représentation unique dans les tombes royales (vue 18): le nouveau pharaon Ay, expressément nommé, pratique la cérémonie d'ouverture de la bouche sur son "père" Toutankhamon pourtant bien plus jeune que lui. Le nouveau roi est représenté canoniquement juvénile, de taille un peu inférieure à Toutankhamon. Il est revêtu de la peau de panthère du prêtre-sem, il est coiffé de la couronne bleue (le Khepresh) avec l'uraeus et porte aux pieds des sandales blanches. Il joue donc ici le rôle habituellement réservé à l'aîné des fils du roi défunt qui, en accomplissant les rites, affirme sa légitimité. Et il s'agit clairement ici pour le vieux courtisan d'asseoir son droit -très contestable- au trône.
Le texte dit: "le dieu parfait, maître du Double-Pays, maître des rites,(le) roi de Haute et Basse Egypte Khéperkhépéroura, (le) fils de Ra Père-divin-Ay, doté de vie éternellement et à jamais comme Ra".
Toutankhamon lui est représenté en Osiris. Il est coiffé de la couronne Atef doublée de l'uraeus et porte en main le fouet Nekhakha et le flabellum, insignes de son pouvoir. Sa grande barbe à bout recourbé indique son statut de mort glorifié. Il porte autour du cou un large collier Ousekh sur lequel se détache un scarabée Kheper qui pousse le disque solaire devant lui, signe de renaissance.
Entre les deux, le coffret contenant les objets nécessaires à la cérémonie, représentée comme toujours au dessus pour qu'on les distingue mieux. Les petits vases contiennent des boulettes d'encens. Le texte dit : "le dieu parfait, maître du Double-Pays, maître des apparitions, (le) roi de Haute et Basse Égypte Nebkheperoura, (le) fils de Ra Toutankhamon, maître de l'Héliopolis du Sud (= Thèbes), doté de vie, éternellement".

Seconde scène:

vue 19

Le "Maître du Double-Pays Nebkheperoura, doté de vie éternellement et à jamais" est représenté en costume des vivants. Il est vêtu d'un pagne qui remonte haut sur les reins. Il porte une perruque courte, et tient dans une main une canne et dans l'autre une massue et le signe de vie ankh. Il est accueilli par la déesse du ciel Nout. Celle ci lui tend les mains présentant deux filets d'eau qu'il faut lire " nyny ", " bienvenue! ", comme le précise le texte situé au-dessus d'elle : "Nout, maîtresse du ciel, dame des dieux, elle fait nyny (=accueille) (pour) celui qu'elle a enfanté, elle donne santé et vie à ta narine, qui est vivant éternellement". Le ventre rebondi et le visage du roi sont typiquement post-amarnien, comme en témoignent le crâne encore bombé, l'oeil très allongé, le nez relativement long ou l'angle du cou avec les épaules.

Troisième scène:(vue 9)

vue 9


Elle représente trois personnages. Derrière le roi se tient son Ka, son "double vital" qui est coiffé d'une perruque tripartite surmontée par le hiéroglyphe Ka entourant deux signe qui se lisent "taureau puissant", une épithète royale habituelle. Il porte une longue barbe recourbée indiquant qu'il appartient à l'Autre monde. D'une main il tient le signe de vie, et de l'autre il enserre le jeune roi devant lui.
Ce dernier est représenté en costume des vivants, coiffé du némes. Il embrasse "Osiris, maître de l'Occident, le grand dieu", qui l'acceuille comme le montre les deux mains sortant du suaire. Le dieu est coiffé de la couronne atef sans uraeus, et ses chairs sont vertes comme la végétation qui renaît. Vue de l'angle Nord Ouest: vue 11.

Mur Sud (vue 28 et vue 25)


vue 25, reconstitution

Toutankhamon, coiffé du klaft, cette pièce de tissu en vogue à l'époque amarnienne, est debout bras le long du corps, mains à plat sur les cuisses face à la déesse "Hathor, maîtresse du ciel, qui est à la tête de la nécropole occidentale". Reconnaissable au signe de l'Occident qui orne sa tête, elle tend un signe de vie devant le nez du roi. Il est introduit par "Anubis qui préside à l'Occident, le grand dieu qui est dans la place d'embaumement, maître du ciel". Celui ci est debout derrière le roi et de la main, il l'introduit auprès de la déesse (vue 25). Derrière ce dieu se tenait Isis, coiffée du siège qui la caractérise, faisant le même geste de bienvenue que Nout sur la paroi nord. La légende devant elle précisant : "la maîtresse du ciel, qui souhaite la bienvenue à celui qu'elle a mis au monde, donne toute santé, toute vie [...] à ta narine éternellement". Trois dieux barbus accroupis derrière elle étaient qualifiés chacun de "grand dieu maître de la Douât". Lors du déménagement des chapelles qui couvraient le sarcophage royal par Carter, ce mur fut percé et les quatre divinités disparurent et sont actuellement dans les petites salles fermées.

Mur Ouest (vue 26, reconstitution)


vue 27

Il porte la première heure du Livre de l'Amdouat (= le Livre de ce qui est dans le monde inférieur) présentée dans un ordre inhabituel. Les deux scènes du registre supérieur (vue 7) sont extraites des deux moitiés du registre médian de la première heure. Dans le premier tableau, se trouvent cinq divinités debout. La déesse Maât est suivie de quatre autres qui auraient dû normalement être représentées dans la barque solaire : "la Maîtresse de la barque", "Horus", "le Ka de Shou" et "Nehes".
Au-dessus se trouve une ligne de texte dont les mots ont été écrits dans un ordre perturbé. En se basant sur les autres tombes royales, il faut rétablir : "Les deux Maât qui liaient ce dieu dans la Mesketet (la barque nocturne du soleil) qui navigue avec les membres de l'assemblée de cette ville".
Le tableau suivant représente une barque solaire où le scarabée Khépri est encadré par deux "Osiris", qui sont en fait deux images de Toutankhamon osirifié qui sont agenouillés et qui, retournés dans sa direction, l'adorent (vue 26). Au-dessus de ce second tableau se trouve une ligne de hiéroglyphes dont l'ordre est perturbé de la même façon que la précédente, et qui en est la suite : "parmi lesquels ce dieu entre sous forme de bélier". A la partie inférieure, sont représentés douze babouins (vue 27) représentant les 12 heures de la nuit.

Mur Est


vue 10

vue 24
vue 20
vue 12



Il montre, dans son registre supérieur qui est le seul décoré, une scène qu'on ne trouve en principe que dans les tombes privées: la procession funéraire. En fait, celle ci est très réduite puisqu'on n'y trouve aucun porteur d'offrandes mais seulement l'image de la barque funéraire surmontée du catafalque du roi sur un traîneau tiré par de hauts dignitaires.
Les douze haleurs sont répartis en cinq groupes (vue 24). Les cinq premiers personnages sont suivis par trois groupes de deux personnages (vue 23), enfin, un homme seul ferme la marche . Ils sont certainement classés selon leur rang.
Le costume du premier des deux personnages au crâne rasé qui constituent le quatrième groupe (vue 22), montre qu'il s'agit certainement des deux vizirs reconnaissables à leurs robes a bretelles. Le dernier personnage, seul et le plus près de la momie est peut être Horemheb, second personnage du royaume après Ay. Tous sont chaussés de sandales blanches qui permettent de fouler un sol sacré. Au-dessus d'eux : " Dire les paroles par les amis, les grands de la maison du roi qui sont en train de haler l'Osiris roi, maître des Deux terres Nebkhépéroura jusqu'à l'Occident. Ils disent les paroles : " Ô Nebkhépéroura, bienvenue ô dieu protecteur de la terre".
La haute barque-catafalque (vue 8) est décorée à son sommet d'une double frise de cobras protecteurs. La momie du roi défunt est représentée allongée sur un lit à peine esquissé, avec un scarabée Khepri bien mis en évidence. Il est désigné comme "le dieu parfait, maïtre du Double-Pays". Au pied de la momie se trouve une petite représentation d'Isis, tandis qu'au niveau de la tête se tient sa soeur Nephthys (vue 20), également en adoration, les bras levés. Devant cette dernière, on trouve la représentation du roi en sphinx, debout sur l'extrémité supérieure d'une hampe (vue 21).

Le sarcophage (vue 12)
Lors de l'ouverture de la pièce, celle ci comportait quatre chapelles en bois doré, entourant le sarcophage central. Celui ci est en quartzite rouge. Quatre déesses protectrices y sont figurées en relief levé aux quatre angles: Isis, Nephtys (vue 14), Selqit et Neith qui étendent leurs ailes protectrices sur ses quatre côtés (vue 13).
La momie du roi était placée dans trois sarcophages, le plus interne étant le célèbre sarcophage composé avec 110,4 Kgs d'or pur. La momie elle même était revêtue du célèbre masque d'or.

LE "TRÉSOR"


cliché John Bodsworth

Chaouabti de TTA


L'extrémité nord du mur Est est percée d'une ouverture qui donne sur une petite pièce aux murs anépigraphes orientée Sud-Nord mesurant 4,75 x 3,80m. Elle fut surnommée le Trésor par Carter car lors de la découverte, les objets les plus importants de la tombe s'y trouvaient. Le sol était jonché de boites de toutes sortes surmontées de modèles de bateaux, le tout dominé par une image d'Anubis allongé sur une chapelle portable, suivi de la célèbre tête d'Hathor en dois doré, derrière laquelle se trouvait la chapelle contenant les vases canopes protégée par les quatre déesses, Isis, Nephtys, Selqit et Neith. Cette pièce avait également reçu la visite des pilleurs mais le désordre qu'ils ont laissé a été remis en état par les inspecteurs beaucoup plus sérieusement que dans l'antichambre et l'annexe.


LES OBJETS DE LA TOMBE


Il n'était pas question dans cette description de la tombe d'évoquer en détails les multiples objets qu'elle renfermait.
Une liste exhaustive, avec photos d'époque, et l'intégralité des rapports de fouille se trouve sur le site de l'Ashmolean Museum, sous la rubrique Tutankhamun: Anatomy of an Excavation.


Bibliographie (sommaire, centrée sur la tombe)

  • Carter H : La tombe de Toutankhamon, Pygmalion, 1978
  • James T.G.H. :Toutankhamon, Gründ, 2000
  • Desroches-Noblecourt C. : Toutankhamon, Pygmalion, 1977
  • Ouvrage collectif sous la direction de Weeks K. : La Vallée des Rois, Gründ, 2001
  • Reeves N ; Wilkinson R.H. : The complete valley of the kings , Thames and Hudson,    1996
  • Jonhson G.B. : KV 62, its architecture and decoration, KMT, 4, 4, 1993
  • Le site du Theban Mapping Project

Page réalisée par Thierry Benderitter
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