LA
TOMBE DU GÉNÉRAL HOREMHEB
A SAQQARA - Surface
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| Dernière mise à jour
: 28/05/2007 |
Ce monument, certainement la tombe
la plus prestigieuse de son temps pour un particulier, est
une source d'information
de première importance sur l'histoire de l'Égypte
sous le règne de Toutankhamon.
Les reliefs, ciselés par des artisans à jamais
anonymes sont parmi les plus accomplis jamais retrouvés
en Égypte ancienne
et sont une source majeure pour l'histoire de l'art.
Je remercie tous ceux qui m'ont aidé (et fait découvrir à
moi aussi) ce monument avec leurs photos: Alain GUILLEUX
(G) - Michel TREILLET (T)-
Tish CHAPMAN (TC) et Paul BIESTA. Pour la bibliographie et
plans: Jon HIRST.
Pour les reconstitutions 3D: Emad ASFOUR
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##vue E
01##
A= avant cour; B= première cour à piliers;
C= salle de la statue et deux chapelles (puis magasins)
latérales;
D= seconde cour à piliers;
E= salle des offrandes
avec deux chapelles latérales. |
La tombe de celui qui à l'époque
n'était pas encore le pharaon Horemheb fut découverte
une première fois au XIXème siècle,
puis elle disparut de nouveau sous les sables. Elle fut
redécouverte
en 1975 par Geoffrey Martin et son équipe qui
dégagèrent
le monument en quatre saisons de fouilles.
On ne sait rien de précis sur la carrière
d’Horemheb avant le règne de Toutankhamon,
mais il est certain qu’il n’est pas arrivé
du jour au lendemain au poste de Généralissime
de l’armée, Supérieur de tous les
travaux du roi et Régent du jeune roi.
Certains ont proposé de reconnaître Horemheb
(Hor-m-heb = Horus est en fête) dans un des proches
d’Akhenaton, un militaire du nom de Paatenemheb (Pa-Aten-m-heb
= L’Aton est en fête), le dieu Horus ayant peut
être été renié, comme d’autres,
par Akhenaton. [NB :Cela me
semble peu probable car le nom d’Horus fait partie du protocole d’Akhenaton,
voir l’article sur ce sujet ICI].
Lorsque Horemheb fait construire sa tombe à Memphis, sous Toutankhamon,
il semble au faîte de sa puissance, mais rien n’indique encore une
future destinée royale.
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Wien,
Kunsthistorisches
Museum
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Quoi qu’il en soit, Horemheb ne parle pas de sa parenté,
ce qui suggère qu’il était probablement
d’origine modeste et qu’il s’est fait
lui même. On suppose que sa famille est originaire
d’Hérakleopolis,
près de l’entrée du Fayoum, dont
le dieu tutélaire est Herishef, un dieu à tête
de bélier. Néanmoins aucun monument
de cette ville ne fait allusion à Horemheb,
et ce dernier n’a pas eu, semble t’il,
de dévotion
particulière pour son dieu, pas plus qu’il
n’y a érigé de lieu de culte pour
sa famille (du moins rien n’a été retrouvé).
Erik Hornung pense que son lieu de naissance devait plutôt
se situer dans le nôme du Faucon, le 18ème nôme
de Haute Égypte. Quoi qu'il en soit, Horemheb a toujours
montré une dévotion particulière au Grand Dieu Faucon
Horus, avec lequel on le trouvera souvent représenté lorsqu'il
règnera, comme dans ce groupe statuaire de Vienne.
Les études architecturales révèlent trois
stades successifs dans
la construction du monument (plan ci dessous), correspondant
sans doute à sa montée en influence à la
suite de ses campagnes militaires victorieuses en Asie.
Lorsque Horemheb accédera à la royauté,
il se fera bien sûr construire une autre tombe conforme
à sa fonction de Roi-Dieu dans la Vallée des
Rois à Thèbes, mais il n’est pas impossible
qu’il ait eu à cœur de terminer sa tombe
civile si cela n’était pas déjà
fait, en y ajoutant ses attributs régaliens, d’autant
que sa première épouse (Amenia ?) y était
déjà ensevelie.
## [ NB : La
tombe royale d'Horemheb est déjà publiée
sur OsirisNet.]##
Contrairement à l’usage, sa seconde épouse,
la Grande Épouse Royale Moutnedjemet,
semble bien avoir également été inhumée
ici, à Saqqara et non avec son royal époux
à Thèbes.
| La nécropole de Memphis au Nouvel
Empire. |
De nombreux grands officiels du Nouvel Empire ont choisi
le site de Saqqara pour y faire construire leur "
demeure d’Éternité ". Cela n’est
guère surprenant puisque Memphis (dont Saqqara est
le cimetière) a toujours où presque été
la capitale administrative de l’Égypte. Ils
ont choisi essentiellement la zone située au Sud
de la chaussée d’Ounas, mais également
une zone située près du complexe funéraire
de la pyramide de Téti.
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Situation de la tombe,
d'après
GT Martin
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Cette zone avait été occupée des siècles
auparavant par des mastabas de l’Ancien Empire. Les
architectes n’ont pas hésité à
les démanteler pour réutiliser leurs blocs
et se sont servi de leurs puits funéraires qu’ils
ont remodelé dans certains cas. De même des
éléments de l’enceinte de la pyramide
du roi Djoser (IIIème Dynastie) ont été
retrouvés dans la maçonnerie de la tombe d’Horemheb.
Pour l’anecdote, des fragments de la colonnade ont
pu être remis à leur place par Jean Philippe
Lauer plus de 3000 ans après avoir été
démantelé par les carriers d’Horemheb…
Horemheb a choisi un emplacement qui était à
l'époque un peu à l’écart, probablement
pour être sûr de disposer de suffisamment d’espace
et ainsi éviter d’éventuelles intrusions
ultérieures dans sa tombe.
Autour de l’époque de Toutankhamon se produit
une modification dans la conception de la tombe, du moins
pour certains notables de très haut rang.
Ceux ci, qui avaient seuls les moyens et l’influence
suffisante, délaissent les tombes creusées
à flanc de falaise (hypogées) pour un nouveau
type de monument que G.T. Martin a appelé "
tombe-temple ". Ces tombes reproduisent, en
miniature, un " Temple des Millions d’Années
" royal (improprement appelé aussi temple
funéraire),
et il est très probable que leur fonctionnement était
voulu comme similaire. Ces tombes-temples sont inspirées
par les temples à ciel ouvert de l'époque
d'Akhénaton, eux mêmes dérivés
des temples solaires de la Vème Dynastie.
C’est sans doute cette raison théologique qui explique
pourquoi ce nouveau type de tombe a été préféré
au mastaba, classique à Saqqara qui est pourtant
plus solide, protège mieux les reliefs, ne s’ensable
pas…
| Architecture de
surface de la tombe |
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Les trois phases de la
construction d'après GT Martin
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Sur le modèle d’un temple (vue E_01 ci dessus),
elle comprend une avant-cour, un grand pylône au sein
duquel se trouve l’entrée du monument, des cours
ouvertes, des chapelles de culte et des magasins.
Le matériau de construction de base reste la brique crue,
dont on trouve deux tailles différentes. Le monument d’Horemheb
est à
ce jour le plus ancien connu où la pierre a été également
utilisée, sous la forme de beaux
blocs de calcaire fin de Tourah.
Les cours intérieures et les chapelles, ainsi que
la face extérieure du pylône étaient parées
à l’aide de ces blocs soigneusement ajustés,
décorés de scènes et d’inscriptions
hiéroglyphiques gravées et peintes (sauf
le pylône).
Les trois phases de construction
La première phase de la construction comportait
deux cours et les chapelles de l'Ouest, soit les zones
C, D et E du
plan. La cour C était en briques crues, non parée
et sans relief.
La seconde phase consiste essentiellement en un aménagement
de la cour C qui devient une salle, la salle de la statue,
avec de chaque côté, de part et d'autre d'un épais mur
de briques crues, des magasins à toit voûté. L'ensemble
était couvert. En avant, une nouvelle cour à ciel ouvert.
La dernière phase voit l'érection du pylône
actuel à l'Est,
et l'abattage du mur Ouest de la cour précédente
qui devient une cour à piliers.
De nombreux détails dans le choix des scènes
suggèrent qu’Horemheb lui même a scrupuleusement
supervisé l’avancement des travaux, sélectionnant
ce qu’il considérait comme ses plus hauts faits
d'armes, ce qui donne un programme décoratif très
différent de celui d’une tombe Thébaine
de même époque, et de nombreuses
scènes
uniques dans l’iconographie égyptienne. D’une
manière générale la qualité des
reliefs préservés est exceptionnelle et constitue
un des sommets de l’art pariétal du Nouvel Empire.
Seule La dernière portion de la tombe, datant de la
fin du règne de Toutankhamon ou du règne d’Horemheb
lui même a été simplement peinte et
non sculptée.
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| vue TC 24 |
vue TC 16 |
vue G 01 |
L’avant cour (plan, A) de la tombe était dallé.
Elle n'a pas encore été bien reconstituée.
Elle mène à un grand pylône en briques
crues, non décoré, de 7m de hauteur, divisé
en deux parties comme il est habituel dans un temple.
Sa partie tournée vers l’extérieur était
revêtue d’un parement en calcaire dont quelques
blocs remis en place rappellent l'existence. Ce pylône n'était
pas décoré (c'était un privilège royal).
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| vue T 01
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vue TC 01 |
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| vue TC 17 |
vue TC 18 |
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vue T 04 |
L’entrée donne sur une grande première
cour largement à ciel ouvert (vue T 01; TC 01; TC
17; TC 18). Une colonnade gravée
d’environ 3 mètres de haut supportait un toit
entourant la cour destiné à protéger
les reliefs des éléments et à fournir
de l’ombre aux visiteurs.
Le pavement sous la colonnade est légèrement
surélevé par rapport à la portion centrale
de la cour, avec un système d’écoulement
des eaux.
Aucune des colonnes n'a été retrouvée
intacte, elles ont été reconstituées
d'après celle retrouvée
dans la seconde cour. Ces
colonnes
comportent chacune une scène gravée dans un
cadre rectangulaire et tourné vers le centre de la
cour, montrant Horemheb en perpétuelle adoration
devant le soleil (vue T 04).
On retrouve ici à la
fois l'influence Amarnienne, mais également la dévotion
toute particulière
dont Horemheb a toujours fait preuve vis à vis du
Grand Dieu solaire Horus, comme nous l'avons déjà vu.
Les décors des murs ont en grande partie disparu.
Certains d’entre eux se trouvent dans des musées
européens,
notamment à Leide. Des reconstitutions ont pu être
réalisées à partir de ces blocs et
remis
à leur place d'origine.
Ce qui reste des scènes comporte des aspects de la
carrière d’Horemheb, ainsi que des scènes
d’apport des offrandes nécessaires au culte funéraire.
Dans le coin Nord-Ouest de la cour se trouve l'accès
au puits funéraire N°1 (voir structures
souterraines).
Mur Sud :
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vue T 03
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C’est le dernier érigé avant l’accession
d’Horemheb au trône. Seul un examen très
attentif a permis de retrouver un décor esquissé,
au demeurant historiquement très intéressant.
On y voit des étrangers, peut être une délégation,
comprenant des Libyens, des Asiatiques, des Nubiens (qu’on
retrouvera ailleurs dans le monument) mais aussi un homme
des îles de la mer Égée (ou peut être
un Grec). Le texte d’accompagnement a disparu.
Un autre relief intéressant (T 03) montre partiellement
la
" fenêtre d’apparition " d’un
palais royal. Dans la scène achevée on aurait
représenté le souverain distribuant l’or
de la récompense à Horemheb dans la cour.
Mur Ouest :
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| vue T 02 |
On y trouve, à côté de la porte menant
à la salle de la statue, une stèle.
Celle que l’on voit de nos jours est un moulage, l’original
se trouvant au British Museum (vue T 02). Elle porte le
plus long texte
conservé de la tombe (25 lignes).
La stèle montre dans son cintre Horemheb en adoration devant
trois divinités debouts: Ra-Horakhty, Thot et Maat. En
voici la partie sélectionnée
par G.T . Martin, qui montre l’état d’esprit
régnant
à la cour après la restauration qui a succédé
au règne de " l’hérétique"
Akhenaton (image et texte complet en Anglais se trouvent
ICI):
"Salut à toi qui est bénéfique
et efficient, Atoum-Horakhty ! Quand tu apparais à
l’horizon du ciel, des prières pour toi sont
dans la bouche de chacun, car tu es beau et régénéré
comme le disque dans le sein de ta mère Hathor.
Puisses tu apparaître partout, ton cœur dans
la joie pour l’éternité !…Adoration à
toi, Thot, Seigneur d’Hermopolis, qui est venu à
l’existence de lui même, qui n’a pas été
enfanté, Dieu unique, Seigneur du Monde Souterrain
!...puisses tu faire que le scribe royal Horemheb se tienne
fermement aux côtés du souverain, comme tu
t’es tenu à côté du Maître
de l’Univers en le nourrissant lorsqu’il
est sorti de la matrice !…Adoration à toi,
Maat, Maîtresse du Vent du Nord…puisses
tu faire que le prince héréditaire Horemheb
puisse respirer les souffles amenés par le ciel…"
Outre son intérêt religieux, montrant la restauration
du culte des divinités traditionnelles [NB : il n’est
pas fait mention d’Amon, sans doute en raison du contexte
Memphite du monument], on y trouve toute la liste des titres
d’Horemheb (à l’exception notable de celui
de régent, devenu obsolète à l’intronisation
de Aÿ comme pharaon à la mort de Toutankhamon).
Certains correspondent à des fonctions réelles
(probablement très lucratives…), d’autres
sont honorifiques.. Ils se répartissent en titres "gouvernementaux",
par exemple : "Supérieur des courtisans du roi",
"Maître des secrets du palais"…en titres
militaires : "Généralissime", "Supérieur
des recrues du Seigneur des Deux Terres"…en titres
administratifs : "porteur du sceau du roi de Haute et
Basse Égypte" …en titres religieux : "Supérieur
de tous les offices divins"…et d’autres :
"Supérieur de tous les travaux du Roi en toutes
ses places", "Supérieur des supérieurs
des scribes du Roi", etc…
Une autre stèle symétrique flanquait la porte
d’entrée de la salle à la statue. Latéralement,
on retrouve des restes d'inscrptions sur les jambages
(vues vue TC 02 et vue TC 03)
Mur Nord
Les restes sont très fragmentaires, comportant des
scènes de fête et d’autres d’un
campement militaire. Ces reliefs très fins sont pour
partie à Bologne et à Berlin.
Il persiste cependant in situ une partie d’une scène
historiquement très importante, reproduite par
G.T. Martin (voir
ici).
Sur la droite, Horemheb représenté
à très grande échelle donne l’or
de la récompense à un personnage beaucoup
plus petit, les bras levés en signe de reconnaissance.
Son visage est très particulier : il s’agit
d’un homme déjà âgé,
bedonnant, au nez aquilin qui rappelle celui de la
momie de Ramses
II, et celui de la momie présumée de Ramses
I. Malheureusement le bloc qui aurait du porter le nom
du
personnage a disparu, mais il est vraisemblable qu’il
s‘agissait de Pa-Ramessou,
le futur Ramses I.
Il
s’agit
là d’une scène de type royal, qui pourrait
dater des débuts du règne de Toutankhamon,
à un moment où le roi était considéré
comme trop jeune pour officier lui même, laissant
cette charge au régent.
Des fragments de blocs extrêmement abîmés
portent des scènes militaires, notamment la représentation
de soldats au bivouac, avec les différentes activités
qui y correspondent.
Des restes de scène montrant
Horemheb, le plus grand des personnages Égyptiens
de son temps, dans ses activités quotidiennes
n’ont
malheureusement que très partiellement survécu.
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| vue T 05
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vue TC 04 |
vue G 05 |
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vue T 15 |
vue TC 23 |
Sur le mur Sud d’un petit vestibule à l’Est
de la salle on trouve un fin relief bien conservé
et presque complet montrant un prêtre anonyme faisant
le rituel d’ouverture de la bouche sur une statue
assise d’Horemheb (vue T 05). Un petit personnage
représenté
derrière Horemheb nommé Sementaoui semble
avoir eu longtemps la faveur de scribe particulier d’Horemheb
(vue TC 04 et G 05). Après la mort ou la disgrâce
de celui ci, il fut remplacé par un autre, Ramose,
dont le nom a
été gravé par dessus celui de son
prédécesseur.
La salle de la statue proprement dite est une pièce
rectangulaire, autrefois recouverte d’un toit voûté
dont l’effondrement ancien a fait disparaître
les peintures qui avaient été faites
directement sur plâtre.
Les jambage inscrits de l’entrée donnent d’intéressantes
informations. Sur ceux de l’Est, on trouve Horemheb
représenté devant une table d’offrandes
(vue T 15 et TC 23). Seule l’une des deux représentations
(T 15) porte un uræus au front, rajouté après
son accession au trône.
On peut lire dans les textes d'accompagnement qu’il
est "
plus grand que les plus grands, plus puissant que les plus
puissants… " et on trouve de nombreuses références
à son action militaire, qui a de fait permis à
l’Égypte de reprendre son emprise en Syro-Palestine
et en Nubie.
Les ramessides, qui n'ont pas oublié ce qu'ils lui doivent,
institueront un culte à la
mémoire
d’Horemheb. En témoignent deux linteaux
datant de Ramses II et qui montrent les familles des
prêtres
funéraires qui avaient en charge le monument et
l’exécution
des rites.
A l’ouest de la cour on pénètre par
un court passage dans la seconde cour. Ce passage comporte
latéralement les restes (1/3 des 27 lignes d’origine)
d’un important et particulièrement original
hymne à Osiris. En effet, sans doute par réaction
à la période Amarnienne, le rôle religieux
d’Osiris pour la survie s’est considérablement
accru, et prend la même importance que le culte à
Ra, dont il devient le Ba souterrain.
Il s’agit d’une reproduction à moins
grande échelle de la première cour. Les piliers
de la colonnade devaient avoir un peu plus de 2m de haut,
et les reliefs sont ici mieux conservés. L'une des
colonnes a été retrouvé intacte et a servi de modèle pour
la reconstitution des autres.
G.T. Martin considère
les scènes
ayant survécu
comme parmi les plus importantes historiquement de toute
l’histoire Égyptienne, montrant notamment
la politique militaire du temps de Toutankhamon et de
ses conseillers
par l’intermédiaire des nombreuses représentations
des fonctions militaires du Généralissime
Horemheb. Les reliefs sont merveilleux, avec un souci
du
rendu du détail particulièrement visible
dans les représentations des étrangers.
Le puits funéraire principal, N°4, souvre dans l'angle
Nord-Ouest de la cour (voir structures
souterraines).
Mur Est, partie Sud
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| TC 21 |
T 06 |
T 07 |
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| T 08 |
TC 07 |
T 13 |
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| G 06 |
TC 06 |
TC 06bis |
(vues T 06; T 07; T 08; TC 06; TC 07; TC 21; G 06)
A droite, Horemheb debout. Devant lui, un officier va obliger
un chef Nubien à "flairer la terre" en
signe de soumission Derrière, six officiers magnifiquement
représentés observent la scène. Derrière
eux encore de longues cohortes de prisonniers escortés
par des soldats Égyptiens curieusement représentés
à une moindre échelle, peut être des
jeunes recrues, dont on sait qu’Horemheb était
le responsable suprême. Des scribes militaires, gravés
avec une extrême finesse (T 13), enregistrent scrupuleusement
tous les détails.
Des prisonniers
Nubiens sont assis à terre tandis qu'un Égyptien
amène
un autre captif en le frappant au menton (TC 06; TC
06bis).
Un bloc du musée de Bologne montre une scène
apparentée.
Mur Sud
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G 07
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T 14 |
G 08 |
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| TC 23 |
G 09 |
G 10 |
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| G 03 |
G 04 |
T 16 |
La majeure partie du mur Sud a pu être reconstituée.
Nous sommes maintenant dans l'enceinte du palais royal
(de Memphis?). Le jeune roi Toutankhamon et son épouse
Ankhsenamon sont assis sous un baldaquin. Dans la cour
du dessous, Horemheb est une nouvelle fois récompensé par
l'or dont les lourds colliers shebiou sont mis en place
autour de son cou ( G 03).
Derrière lui de longues rangées
de captifs (vues G 07; G 08; G 09; G 10; T 14), uniquement
des Asiatiques (du moins dans les reliefs restants).
Ces
prisonniers
apeurés
sont cette fois menottés et attachés
par le cou les uns aux autres. Des femmes et des enfants
emmenés en captivité en Egypte sont également
représentés. Leur sort final reste inconnu.
La série des scènes
militaires est interrompue par une repésentation
d’Horemheb assis (vue TC 23). Il
tient en main le sceptre sekhem et un uraeus a été
ajouté secondairement à son front. Derrière
lui se tient le scribe Sementaoui, dont nous avons
déjà
parlé. Le texte d’accompagnement porte
les mots "année de règne",
mais cete dernière est perdue. Cela nous montre
par contre que nous ne sommes pas en présence
d'une scène
mythique mais bien d'un fait historique réel
sous le règne de Toutankhamon.
En dessous on
trouve des scènes de boucherie et des provisions
alimentaires (vue G 04 et reconstitution).
Dans le coin nord-est, on retrouve également
une représentation d'un attelage de char (vue G
04 et T 16). Sur un jambage, une belle image d'Horemheb
debout (vue
TC 05).
Mur Ouest
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G 12
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T 11 |
Des émissaires Libyens Nubiens et Asiatiques
agenouillés
ou couchés à terre viennent supplier
le roi Toutankhamon, par l'intermédiaire de
son représentant
Horemheb, de leur accorder "le souffle de vie",
et donc sa clémence (G 12; T 11). Le Régent
se retourne vers le couple royal pour leur faire part
de la supplique.
Un interprète se charge des traductions.
Les restes de textes sont difficiles à comprendre
mais semblent faire allusion à la dévastation
de leur pays après le passage des armées égyptiennes
menées par le Généralissime.
Mur Nord
Il comporte des scènes funéraires. A
côté
d'amoncellements de denrées diverses, des pleureurs
professionnels se lamentent. Des vases brisés
rapellent le bris rituel des "vases rouges" pendant
les funérailles.
Deux niches à statues sont encore visibles, qui contenait
des dyades de Horemheb et de sa première épouse
Amenia.
Point central du monument et
première partie construite du monument, son entrée
s'ouvre à
l'Ouest de la seconde cour. Elle adopte un plan carré.
Elle était probablement recouverte d'un toit
en calcaire surmonté d'une pyramide en briques
crues elle même surmontée d'un pyramidion de pierre.
C'est ici qu'avait lieu le service funéraire
des offrandes puisque le défunt était
enterré dans
le puits situé en dessous, ce qui a du être
le cas pour les deux épouses de Horemheb.
La décoration a complètement disparu, sauf
deux blocs provenant probablement de cet endroit et qui
montrent Horemheb semant et labourant dans les champs
d'Ialou.
Dans l'entrée, des portions de représentations
concernent des femmes, épouses ou mère du
défunt. Les deux petites chapelles latérales
semblent avoir été anépigraphes, ou
leurs peintures ont complètement disparu.
Les puits funéraires N° 2 et N°3 s'ouvrent sous la chapelle
(voir structures
souterraines).
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Merci à Emad Asfour pour son autorisation
d'utiliser ses reconstitutions.
D'autres reconstitutions sont sur son site
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LE SITE D'ALAIN GUILLEUX: UNE PROMENADE
EN ÉGYPTE montre un grand nombre de photos complémentaires
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