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Les tombes de Tanoutamon
et de sa mère Qalhata :
à el-Kurru, Soudan
L’Égypte et le Pays de Kouch (partie de l’actuel
Soudan) ont toujours eu des relations très poussées
depuis les premières dynasties. Les échanges
commerciaux ont eu lieu principalement du Sud vers le Nord
et reposaient sur des denrées précieuses : ébène,
or, ivoire, peaux de panthère, encens, pierres précieuses
ou semi-précieuses…
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Merci à Raymond Betz
pour texte et photos |
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Très tôt également, des archers nubiens furent utilisés dans
l'armée égyptienne. Ils sont représentés dans de nombreuses
tombes thébaines. Une célèbre compagnie
d'archers se trouve au Musée du Caire; il s'agit de figurines
provenant de la tombe de Meketra. Ce type de "modèles miniatures"
était assez fréquemment placé dans les sépultures au Moyen-Empire.
C'est ainsi que, dès la VIème dynastie, nous
retrouvons trace de ces expéditions, par exemple
dans la célèbre
lettre de Pepy II à Herkhouf.
L’Egypte va contrôler la Nubie, surtout au Nouvel
Empire, lorsque Thoutmosis Ier étendra son influence
presque jusqu’à la 5ème cataracte (inscription
du rocher de Hagr el-Merwa à Kourgous – 1500
avant J.-C.). Des colonies égyptiennes s'établirent
en Basse et Moyenne Nubie.
Thoutmosis III fonda la ville de Napata (actuellement Karima)
au pied du Djebel Barkal. La Nubie restera sous contrôle
égyptien jusqu’aux environs de 1050 avant J.-C.
Trois siècles plus tard, la XXVème dynastie
constituera pour l’Égypte une période
peu ordinaire puisque, cette fois, ce sont les rois kouchites
qui vont dominer le pays depuis la 4ème cataracte
jusqu’à la Méditerranée : PiAnkhy
(ou Piyé) entreprit pendant son règne (747-716
avant J.-C.) la conquête de l’Égypte
désunie. Il atteignit rapidement Thèbes et
poussa plus tard jusqu’au Delta.
PiAnkhy eut trois fils et six filles (Dodson 2004), dont
l’une s’appelait QALHATA. Elle épousa
le roi Shabaka, successeur de PiAnkhy sur le trône
d’Égypte. De leur union naquirent plusieurs
enfants dont Shabataka, successeur de Shabaka, ainsi que
TANOUTAMON, qui suivit Shabataka et Taharqa sur les trônes
de Nubie et d’Égypte.
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| D'après Lepsius, Denkmäler. |
Tous ces rois nubiens furent enterrés dans la nécropole
d’el-Kurru, située à 13 kilomètres
de la montagne sacrée du Djebel Barkal, à
l’exception de Taharqa qui fut enterré dans
le cimetière napatéen de Nuri (Lehner 1997).
On trouve à el-Kurru les tombes de 9 rois et 14 reines
de la dynastie kouchite (plan,
selon Lepsius).
L'existence d’El-Kurru, assez curieusement, est citée
par Frédéric Cailliaud (CAILLIAUD 1826), sans
toutefois mentionner le site archéologique. Ce sera
Lepsius (LEPSIUS 1849), qui en fit le premier une étude
systématique. Il numérota toutes les pyramides
de 1 à 24. Il fut suivi en 1919 par Georges Reisner,
qui sous-estima l’importance de ce cimetière
(GASM EL SEED 1985). Il fallut attendre le travail de Dows
Dunham (DUNHAM 1950) sur les sites kouchites pour avoir plus
de détails.
Pourquoi cette nécropole "à l'égyptienne" en plein
Soudan ?
On suppose aujourd’hui que PiAnkhy fut inspiré
par les pyramides qu’il vit en Égypte. On notera
toutefois que sa tombe est plus proche, du point de vue architectural,
des tombes privées du Nouvel Empire que d’une
pyramide de l’Ancien Empire. Peut-être à
cause de raisons purement matérielles, les pierres
de grès étant difficiles à trouver dans
cette région.
Aujourd’hui, l'ancienne nécropole de pyramides
se présente sous forme d'une série de
monticules (vue
4744) plus ou moins bien conservés (sauf un –
vue
4751– Lepsius 1 – roi inconnu). Certaines
mêmes (dont celles de Qalhata et Tanoutamon) sont représentées
par une simple assise au sol.
Le site d’El-Kurru se visite (voir photo aérienne
de la SFDAS – voir bibliographie) et l’on peut
pénétrer aujourd’hui dans deux tombes
décorées de la nécropole, celles de Qalhata
et de Tanoutamon. Ce sont ces tombes peintes, exceptionnellement
bien conservées, que nous vous présentons ici.
Chacun de ces tombeaux présente un plan simple et constant
composé d’une descenderie plus ou moins longue,
parfois couverte d’une voûte, d’une porte
d’entrée et d’une ou deux chambres funéraires.
Des voûtes modernes en terre crue ont été
érigées au-dessus de certaines descenderies.
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Avertissement |
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Les représentations vont
faire souvent appel aux Quatre Fils d'Horus, aussi je
vous conseille la lecture préalable de
l'article s'y rapportant avant de poursuivre.
Les textes des deux tombes n'ont été que
partiellement relevés par Gasm el Seed (voir
bibliographie). Ce sont ceux que nous reproduisons.
Aucun n'a été translittéré
ou traduit à notre connaissance.
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LA TOMBE DE TANOUTAMON, KU 16
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| Tnwout-Imen/Tanoutamon |
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| Plan |
Les noms du roi y sont repris dans des cartouches :
Hr wAH-mrwt / sanx-tAwi(?) / xwi-tAwi Hkn-... (?) / bA-ka-ra
/ tnwt-imn
Hr wAH-mrwt
ba-ka-Ra (Glorieux
est le Ba de Ra)
La tombe est de structure traditionnelle pour le site d’el-Kurru
(voir plan ci-contre)
La pyramide de surface (Lepsius 4 – P&M 16), dont
il ne reste que quelques éléments d’assise,
devait occuper une surface d’environ 8,25 mètres
carrés. Elle était sans doute construite en
grès. Elle était entourée d’une
enceinte, également en grès, dont on a retrouvé
quelques blocs du mur Sud. Il subsiste également quelques
blocs en grès du mur Nord de la chapelle qui était
accolée à la pyramide.
Comprenant 34 marches, la longue descenderie (vue
4698) s’aligne sur la chapelle (Direction Est-Ouest).
Un petit palier précède la première salle
(A) où l’on pénètre par un passage
en arche. L’antichambre mesure 3.00 x 3.00 mètres,
avec un plafond presque plat. On y accède par une seule
marche. Les murs en sont stuqués et peints (voir descriptif
ci-après).
La chambre funéraire, atteinte après deux marches
supplémentaires, est beaucoup plus grande : 6.00 x
4.15 mètres, avec plafond voûté légèrement
aplati. Il n’y a ni niche ni estrade. Les murs sont
également stuqués et décorés (DUNHAM
1950).
| Généralités sur
la décoration |
Les murs ont été blanchis et la décoration
réalisée en aplats de peinture, guidée
par un carroyage rouge encore focalement bien visible. Il
n'y a aucune portion sculptée.
En raison d'inondations et de coulées de boue, le décor a
été perdu sur une hauteur variant entre 0,60 et 1,60 m. De
plus, la tombe n'a pas été achevée, certains
dessins et hiéroglyphes étant réduits à l'état d'esquisses.
Certaines couleurs n'ont pas résisté au temps. C'est ainsi
que de nombreuses parties en noir ou en bleu ont aujourd'hui
disparu. Ceci est particulièrement net au niveau de certaines
perruques, qui à l'origine était couleur lapis-lazuli, comme
les cheveux des dieux, et qui sont aujourd'hui blanches. Le
noir des yeux est aussi particulièrement mal préservé.
La composition générale est simple, avec des scènes d'accueil
dans l'antichambre, et des scènes plus strictement funéraires
dans la chambre sépulcrale.
La carnation des silhouettes obéit au strict canon égyptien
classique (que les égyptiens du temps avaient pourtant en
grande partie abandonné), avec la peau des hommes rouge sombre,
et celle des femmes jaune, presque paille. Les contours des
personnages sont réalisés en jaune, et non en noir comme on
aurait pu s'y attendre. Ceux des hiéroglyphes sont
rouges.
Globalement on notera la qualité moyenne des représentations,
qui apparaissent rigides et compassées, bien loin des représentations
thébaines des siècles passés. Ces personnages de grande taille
rappellent un peu ce que l'on avait réalisé pour les fils
de Ramses III dans la Vallée des Rois. La pauvreté iconographique
d'ensemble, avec peu de scènes, était cependant compensée
par une belle qualité technique qui manque un peu ici.
On entre dans une pièce assez petite, dont le plafond,
très légèrement voûté, est
constellé d’étoiles jaunes à 5
branches sur fond de ciel bleu, à l’image du
ciel nocturne, hélas aujourd'hui presque blanc (vue
4674).
Nous présenterons d’abord la paroi Sud (à
gauche en entrant), puis la paroi Nord (à droite),
enfin celle de l’Ouest (fond).
Les parois Nord et Sud sont divisées en trois parties : il y avait certainement un bandeau de soubassement, aujourd'hui disparu. Puis la majeure partie du mur est occupé par la scène principale. Enfin, encadrée entre deux bandes rouge sombre, une ligne de grands hiéroglyphes jaunes (vue 4669).
1)- Paroi Sud
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| Qebehsenouef |
Tanoutamon |
Imset |
Nous voyons le souverain au centre de la paroi, accompagné
à droite d’Imset et à gauche de Qebehsenouf,
deux des "Quatre fils d’Horus", comme dans
la scène de "l’introduction royale".
Ils font référence non seulement aux viscères
du défunt (Imset : principalement le foie, Qebehsenouf
: intestins, Hapy : poumons, Douamoutef : rate ou estomac),
mais également à son intérieur "ib"
(qui contient le viscère du cœur).
Vous pouvez consulter la page spécialement consacrée
aux "Quatre
fils d'Horus"
On peut remarquer que les Quatre fils d'Horus sont tous ici
représentés avec des têtes humaines, alors que depuis la XXème
Dynastie on avait attribué à trois d'entre eux
des têtes animales (faucon, canidé, cynocéphale)
a)- Imset
Le nom du dieu, qui permet son identification, est indiqué
à la droite de sa tête.
Il apparaît donc ici avec une tête humaine. Il
porte un petit corselet, qui était bleu à l'origine,
avec des "écailles" jaunes. Une barbe recourbée
recouvre partiellement son large collier Ousekh qui, curieusement,
s'interrompt au niveau de la retombée droite de la perruque,
et dont l'angle n'aurait manifestement pas été correct
pour terminer l'arc de cercle. Étant donné qu'on retrouve
la même chose pour Qebehsenouef, il faut y voir une volonté
stylistique de l'artiste plutôt qu'une faute technique.
Le dieu tient de la main gauche un sceptre Ouas, et de la
droite, il tient la main de Tanoutamon qu'il accueille et
entraîne à l’intérieur de la tombe.
b)- Le roi
Il est identifié par son cartouche sur fond jaune.
Il porte la coiffure caractéristique des souverains
nubiens : un diadème en or supportant deux uraei. Il
montre ainsi la double domination qu'il exerce, sur la Nubie
d'une part, et sur l'Égypte d'autre part.
Autour du cou reste figuré le cercle d'or auquel est attachée
une tête de bélier, qui devait faire partie d'une plaque pectorale
plus large, aujourd'hui effacée. Le souverain veut ainsi rappeler
sa dévotion au dieu Amon -dont c'est un des animaux sacrés-
dont le sanctuaire du Djebel Barkal est proche de la nécropole.
Le costume du souverain est différent de celui des
pharaons égyptiens, notamment par la façon dont
les plis du vêtement recouvrent les bras et présente
des manchettes. c)- Qebehsenouf
Identifié par les hiéroglyphes de son nom, il est plus qu'à
moitié détruit. Il se tient derrière
le roi (en fait à côté selon les canons
de la perspective égyptienne) et lui donne également
la main. Il a aussi une tête humaine (alors qu’il
pourrait avoir une tête de faucon), une barbe recourbée
et est habillé de la même façon qu’Imset.
L’inscription de la frise évoque la descente
dans le monde inférieur (TEXTE).
2)- Paroi Nord
Les dommages subis par cette paroi sont plus importants que
ceux de la paroi Sud.
La scène est en symétrie inverse de celle de la paroi Sud.
Tanoutamon se trouve en présence des deux autres Enfants
d’Horus : Hapy à droite et Douamoutef à
gauche. Ceux-ci entraînent cette fois le roi vers l’extérieur
et le texte de la frise se rapporte à l’ascension
vers le ciel (TEXTE).
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| Douamoutef |
Tanoutamon |
Hapy |
| Cliquez sur chacune des trois parties
pour agrandir |
a)- Hapy : nous pouvons déduire
que c’est lui par le fait que Douamoutef est à
gauche : le nom de Hapy n’est presque plus visible à
droite du dieu. On distingue à peine le sceptre Ouas
qu’il tient à la main. b)- Le roi
: il est vêtu du même costume que sur la paroi
opposée, et son nom est bien visible à sa droite.
Sur la même vue, le nom de Douamoutef (à gauche
de la tête du roi) est aussi lisible.
c)- Douamoutef est nommé
à droite de sa représentation. Comme sur la
paroi Sud, les deux dieux tiennent la main de Tanoutamon et
l’accompagnent.
3)- Paroi Ouest
Elle est divisée en deux par l'ouverture cintrée qui mène
à la seconde chambre. Sur les deux parois à gauche
et à droite de l’arche, nous trouvons la représentation
des deux soeurs d'Osiris, Isis sa femme et Nephtys sa maîtresse.
Les deux soeurs gardent l'entrée de la partie la plus secrète
du caveau. Leur présence promet au défunt qu'elles veilleront
sur lui, comme elles ont veillé sur le corps mort de leur
frère Osiris et l'ont ramené à la vie.
Isis se tient sur la partie gauche et Nephtys sur la
partie droite ; elles sont associées aux Enfants d’Horus.
Elles sont représentées de façon très
proche, vêtues d’une robe à bretelles et
tiennent en main deux bandelettes rouges qui font allusion
à la momification. Bras et poignets sont ornés
de bracelets, et le cou d'un collier à plusieurs rangs.
Elles portent chacune sur leur tête leur nom en hiéroglyphes.
On remarquera la couleur jaune clair de la peau, déjà signalée,
et le manque de toute la partie inférieure des corps.
Partie
gauche : Isis
Elle porte sur sa perruque, en ajout léger, la dépouille
de vautour : sur son front, la tête du vautour, et à
l’arrière de la tête, la queue du même
oiseau. C'est mettre en avant son rôle de déesse
mère (= hiéroglyphe " Mout" du vautour),
et la rapprocher de la déesse Mout, dont les Grandes
Épouses royales portaient également l'emblème.
Le texte en cinq colonnes inscrit au-dessus de la déesse
n'a été qu'ébauché, les hiéroglyphes
étant au stade d'esquisses tandis que des éléments
de décoration manquent (vue
4673 et TEXTE).
De droite à gauche : "Paroles
prononcées par Isis, Osiris le roi, Tanoutamon (cartouche),
juste de voix ; il a passé le tribunal d’Osiris;
elle lui apporte (non seulement les bandelettes mais aussi)
la protection".
On notera le reste de nid des guêpes maçonnes,
que l’on trouve souvent dans les tombes, mais qui finissent
par tout envahir et par détruire la décoration
de certaines tombes peintes (regardez bien en haut de la photo,
vous allez le trouver, on voit les restes des alvéoles).
Partie droite : Nephtys
La déesse n'a jamais été officiellement mère (même si la plupart
des chroniques lui attribuent la maternité d'Anubis, conçu
de façon adultère avec son frère Osiris). De ce fait, elle
n'a pas la possibilité de porter la dépouille de vautour.
On notera la façon maladroite dont le bras droit a
été rendu.
Le texte au-dessus de Nephtys (vue
4675): TEXTE.
au-dessus du passage (vue
4674).
On notera les quatre babouins en adoration devant la barque
portant le soleil levant. Ces babouins se retrouvent par exemple
au pied des obélisques à Louxor : on en a fait
les premiers adorateurs du disque lumineux. L'emplacement de cette scène ne doit bien sûr rien au hasard. Par l'ouverture sous-jacente, Tanoutamon va, comme le disque solaire, revenir au jour, se lever chaque matin, bref, renaître quotidiennement.
On retrouve une pièce à plafond semi-voûté,
constellé d'étoiles d'or à cinq branches,
nettement plus longue que la précédente. Tous
les murs sont décorés, avec une iconographie
inspirée des vignettes des chapitres 27, 28 et 30 du
Livre des Morts.
1)- Paroi Sud (à
gauche en entrant)
En haut de la paroi se trouve une frise contenant un texte
hiéroglyphique en deux lignes, à lire de gauche
à droite, et qui commence par : "Formule
pour que le défunt puisse vivre sans embarras pour
l’éternité – le bienheureux, le
roi – Tantamani (nom
Nubien authentique du roi),
qui est justifié de voix".
Dans le registre sous-jacent se trouve une série de
génies funéraires à tête animale
ou humaine (vue
4685 et vue
4688) ; certains génies sont peu reconnaissables,
une tête à long museau avec des oreilles assez
courtes par exemple. Ce sont des génies de l’Au-delà
: ils tiennent toujours le sceptre Ouas à la main et
le signe de vie Ankh. Ils peuvent être très bénéfiques
: on doit les solliciter et connaître leur nom pour
traverser les épreuves de l’Au-delà. Malheur
par contre au défunt qui ne les connaîtrait pas!
A l'origine, il existait plusieurs rangées de ces génies,
cinq à gauche et quatre à droite du catafalque,
mais il n’en reste que deux rangs – le reste ayant
disparu suite à l’humidité.
La suite du texte de frise, ainsi que les colonnes verticales
de hiéroglyphes au-dessus du catafalque, reprennent
le chapitre 30A du Livre des Morts (TEXTE).
On remarquera particulièrement, sur cette paroi, la
présence d’une belle image du scarabée,
qui est la représentation du soleil levant (vue
4689).
Toute la partie moyenne et basse du catafalque est perdue,
et il ne subsiste que la frise d'uraei protecteurs qui ornait
la partie haute de l'édifice.
Néanmoins, grâce à d'autres tombes, on
peut reconstituer la partie manquante. Celle-ci comportait
la représentation d'une momie reposant au centre de
l'édifice, et entourée de génies protecteurs.
Nous le reverrons plus en détail chez Qalhata.
On retrouve également des génies à droite
du sarcophage (vue
4688).
2)- Paroi Nord (à droite en entrant)
En haut, court une frise de hiéroglyphes en deux lignes
: TEXTE.
Ligne du dessus : "Paroles prononcées
: Ô Osiris – roi – Tanoutamon ; elle s’étend
sur toi, ta mère Nout…" (rappel :
Osiris est le fils de Nout et de Geb). On fait référence
ici à la voûte céleste qu’on voit
à l’intérieur des couvercles des cercueils.
Ligne du dessous : "Elle est venue
vers toi, ta sœur (ou ton épouse) Isis".
"Ce que fait Isis : Que tes jambes
ne soient pas entravées - tu peux circuler dans le
monde de l’Au-delà. Elle te donne le souffle
vital, tu peux respirer".
A chaque fois, il est fait référence au mythe
osirien que le défunt veut voir s'appliquer à
son propre cas : sa mère le met au monde, sa sœur
et épouse le ressuscite.
On retrouve dans les registres inférieurs les génies
de la paroi Sud ; on distingue par exemple – au rang
du dessous, en deuxième position - un personnage féminin
en robe blanche et à tête de chat (vue
4685) ; d’autres génies ne peuvent être
reconnus : peut-être une tête de crocodile, ou
une autre de canidé ?
Une différence notable avec la paroi Sud, est la présence
ici d'un dieu androcéphale debout, qui tend les symboles
de la régénération (sceptre Ouas) en
direction de la momie. De celle-ci, on ne distingue plus que
la tête redressée pour la circonstance (détail).
au-dessus du sarcophage, on retrouve un texte non terminé
; en effet il n’y a que la première colonne à
droite qui est remplie. On distingue aussi la queue du lion
qui forme le lit (vue
4680)
Une deuxième série de génies remplit
l'espace pariétal entre l'arrière du catafalque
et la paroi Ouest. Là encore, ils ne sont pas nommés.
On remarque que l'un d'entre eux porte la tête d'Ibis,
en relation usuelle avec Toth.
3)- Paroi Ouest (au fond)
La paroi peut être divisée en trois parties.
Le registre du bas est occupé par 25 colonnes verticales
de hiéroglyphes presque effacés. Le registre
médian comporte deux parties inégales, séparées
par deux colonnes de hiéroglyphes. Enfin le cintre
du haut comporte la barque solaire et couronne l'ensemble.
a)-
Registre médian, partie gauche
• Le roi est agenouillé à gauche,
en adoration. Devant lui se trouve son cœur-ib sur un
pavois, lequel a la forme de ceux qui supportent habituellement
les fétiches symboles des nomes (divisions territoriales
administratives en Égypte). Le cœur-ib peut à
cette époque (cf l'article cité plus haut sur
les Quatre fils d'Horus) représenter la personnalité,
le "moi" du défunt.
• A droite se tient son oiseau-ba (vue
4690) avec un pilier djed autour du cou. Il se tient perché
sur l'entrée d'une tombe. Élément mobile,
il montre par là sa capacité à sortir
au jour et à regagner la sépulture pour s'y
unir à la momie.
• Les personnages à droite de l’oiseau-ba
ne sont pas nommés dans le texte que nous avons ici;
ils sont trois (ou deux ?) et ressortent du monde divin ;
en effet ils tiennent dans la main gauche le signe de vie
et dans la main droite le sceptre Ouas. Il pourrait s’agir
de génies, ou de "compétences" que
l’on trouve souvent dans la barque solaire : "Hou"
- la personnification de la parole, "Sia"
- l’entendement et "Heka"
- la magie. Ces compétences doivent être mises
en œuvre pour pouvoir traverser les épreuves.
Nous pouvons faire ici une brève remarque générale
: les Égyptiens (et les Soudanais) de l'époque
étaient incapables d'abstraction. Il fallait donner
une forme tangible aux concepts; c'est de là que vient
cette profusion d'images divines qui nous semblent souvent
un fatras incompréhensible et contradictoire.
b)-
Registre médian, partie droite
Nous trouvons, à gauche, un personnage momiforme très
original (vue
4677 detail). Il est assis, comme le Ba, sur un édifice
funéraire. Son image s'imbrique avec celle d'un disque
solaire esquissé, dont les rayons dardent vers le bas.
Dans le cercle on reconnaît d'une part une partie du
visage, mais aussi une partie de croix Ankh, qui partait certainement
de l'angle du genou. S'agit-t'il d'un manqué de l'artiste,
qui aurait voulu représenter le soleil au-dessus du
corps, qu'il aurait réchauffé ainsi de ses rayons
? Ou s'agit-t'il d'une composition voulue, qui dans ce cas
serait sans équivalent ?
Le roi s'avance depuis la droite. Il porte le némès
et le pagne royal; il est représenté avec le
signe de vie et le sceptre Ouas.
Au milieu, on reconnaît à peine le cœur-ib.
Le pavois a disparu.
Il est fait référence ici au chapitre 27 du
Livre des Morts : "Formule pour
empêcher qu’on n'enlève son cœur à
N. dans l’empire des morts".
Le défunt doit dire ceci : "Ô
vous qui enlevez les cœurs, vous qui dérobez les
viscères du cœur, vous qui faites se manifester
le cœur de l’homme dans ce qu’il a fait,
alors qu’il ne se reconnaît pas par suite de ce
que vous avez fait, salut à vous, maîtres de
l’éternité, organisateurs de la pérennité
! Ne m’ôtez pas ce cœur qui est le mien!
Ne critiquez pas ce viscère de mon cœur!…"
c)-
Registre du bas
En dessous, et séparant aussi en deux le cintre (vue
4691), une série de colonnes de hiéroglyphes
(fort difficiles à déchiffrer) reprenant le
texte du chapitre 28 du Livre des Morts. On y trouve notamment
l’extrait approprié à cette vignette :
"Formule pour empêcher qu'on
enlève à N. le viscère de son cœur
dans l’empire des morts. Qu’il dise : O Lion,
je suis la fleur ouneb – mon abomination est l’abattage
– que ce viscère de mon cœur ne soit pas
enlevé par les combattants dans Héliopolis"
(BARGUET 1967).
(NB : la fleur-ouneb est, comme le lotus, sortie des eaux
primordiales ; c’est une fleur d’or, symbole de
ce qui est impérissable)
A plusieurs reprises dans le texte, on distingue
"l’Osiris, le roi"- et le cartouche
de Tanoutamon.
4)- Paroi Est
Nous la découvrons lorsque nous nous retournons pour
quitter la pièce
Les parties gauche et droite de l’arche portent les
emblèmes des Quatre Enfants d’Horus dont les
têtes sont représentées au sommet d'un
mât.
Imset à tête humaine, Hapy à tête
de babouin, Qebehsenouf à tête de faucon et Douamoutef
à tête de canidé ; tous ont des perruques.
On constatera à nouveau que la tombe n’est pas
terminée : certains visages ne sont pas colorés,
le museau de Qebehsenouf se trouve dans la perruque de Hapy
!
au-dessus du passage, nous retrouvons l'équivalent
du cintre de l'antichambre, avec la même scène
d’adoration de la barque solaire avec cependant ici
un canidé noir en plus à chaque extrémité
(vue
4750).
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LA TOMBE DE QALHATA, Ku 5
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La reine Qalhata
était la soeur et l'épouse du Pharaon Shabaka, et la mère
de Tanoutamon dont nous venons de parler.
Sa tombe, numérotée Ku 5 est, avec celle de son fils, la mieux
conservée de la nécropole. Elle en est d'ailleurs très
proche quant à la décoration.
La pyramide de surface devait couvrir une superficie d’environ
7 mètres carrés (Lepsius 21 – P&M
5); il n’en reste que les assises.
De même, il ne reste rien du mur d’enceinte et
de la chapelle, qui n’était pas précédée
d’un pylône (voir
plan).
Cette tombe, conforme au plan traditionnel des tombes d’el-Kurru,
comporte deux chambres de dimensions respectives 2,75 x 2,75
m et 5,20 x 3,40 m (KMT 2003). La descenderie mène
à un minuscule palier précédant une arche
d’entrée.
La première salle comporte un plafond presque plat
et des murs stuqués et peints. La deuxième salle,
séparée de la première par deux marches,
a un plafond voûté aplati. Décalé
vers le sud, on trouve un socle qui devait recevoir un sarcophage
(non retrouvé).
La tombe est couverte aujourd’hui d’un double
toit moderne destiné à protéger les structures
enfouies.
1)- Paroi Sud
Au centre de la paroi se tient la reine Qalhata tenant par
la main, comme chez Tanoutamon, les enfants d’Horus
qui la guident et la regardent.
Qalhata porte la coiffure-casque en or typique des mères
royales kouchites de la 25ème dynastie. Elle représente
une dépouille de vautour qui enveloppe entièrement
la tête. On remarquera le repentir du peintre au niveau
de la tête de l'oiseau. Cou et poignets sont ornés d'un
collier et de bracelets d'or. La reine est revêtue d'une ample
robe de lin fin, blanche, qui comporte des manches descendant
assez bas sur les avant-bras.
• A sa droite (vue
4705), Douamoutef qui donne la main à la défunte
; il remplit ainsi son rôle de psychopompe (conducteur
des âmes des morts). Il est représenté
avec une tête de canidé à perruque, un
pagne shendjit (pagne royal égyptien plissé
et court) et un sceptre Ouas. Il est précédé
de son emblème sur un mât, où on voit
le canidé en entier.
• A sa gauche (vue
4707), Hapy à tête de babouin. A gauche de
Hapy, on distingue un autre emblème, presque effacé.
2)- Paroi nord
A droite de la reine Qalhata, voici Quebehsenouf, à
tête de faucon à perruque (vue
4703). A gauche, Imset à tête humaine tenant
l’autre main de la reine (vue
4704). Un emblème difficile à identifier
se trouve à gauche d’Imset.
La salle mesure 5,20 m de long pour 3,40 m de large. Son plafond
voûté a conservé une bonne partie de sa
coloration bleue et apparaît constellé d'étoiles
à cinq branches (vue
4728).
1)- Paroi Sud
Comme chez Tanoutamon, la paroi Sud est centrée par
une grande image de la défunte étendue sur le
ventre sur une couche funéraire, tête levée.
Ces images sont très intéressantes, car on les
retrouve en Abydos, dans les salles osiriennes du temple de
Sethy I (XIXème dynastie).
Il s’agit ici, et sur la paroi opposée, de décrire
différentes étapes de la renaissance osirienne.
Osiris est couché mais est déjà en train
de se relever. La défunte est bien sûr assimilée
au Grand Dieu.
Sous la couche, nous retrouvons dans le mobilier funéraire
la couronne blanche de la royauté de Haute Égypte,
la couronne Atef plus spécifique d'Osiris, des arcs,
des massues, un pagne…
Le lit lui même est en forme de félin, dont on
voit la tête, les pattes et la queue. L'ensemble se
trouve surmonté d'un dais, et la peinture jaune utilisée
pour la décoration assimile bien l'endroit à
la "salle de l'or" qui, dans une tombe, représente
la pièce où se trouve le sarcophage.
On retrouvera ce type de représentation plus tard dans
les chapelles osiriennes sur le toit du temple de Dendera.
Ce catafalque peut en effet être rapproché du
"pavillon divin" de la chapelle osirienne n°3
de Dendera, qui était l’antique "tente de
purification" où l’on procédait à
la momification.
Au-dessus du catafalque se trouvent 16 petites colonnes de
texte presque effacé, les hiéroglyphes ne persistant que sous
forme de leurs "négatifs" blancs.
Immédiatement à gauche du catafalque, un dieu
tend à l'Osiris-Reine le sceptre Ouas, surmonté
du signe de vie (vue
4717 et vue
4734).
A gauche (vue
4716) et à droite (composition)
du catafalque, on trouve les divinités déjà
rencontrées chez Tanoutamon, mais cette fois sur fond
gris : femme à tête de lionne, homme à
tête de lion, homme à tête de crocodile.
Les deux lignes de texte qui courent horizontalement en une
sorte de bandeau supérieur ne sont pas terminées
ou sont très effacées : on distingue les hiéroglyphes
sans voir les contours noirs attendus (vue
4718). On peut y lire la phrase évoquant la filiation
de la défunte avec la déesse Nout :
"Elle s’étend sur toi - ta mère Nout
– en son nom de ciel (de Nout) ; elle agit pour que
tu te transformes en dieu".
A la ligne du dessous, on évoque les paroles d’Isis
: "...ses deux jambes, qui doivent
te permettre d’aller et venir dans l’Au-delà".
2)- Paroi Nord
A nouveau les cohortes de génies sont présentes
à droite et à gauche d'un image centrale, faisant
une sorte de miroir à la paroi opposée (vue
4721 / vue
4722 pour la droite et vue
4726 / vue
4725 pour la gauche.
Nous retrouvons la défunte en Osiris, dans un catafalque.
Ce dernier est surmonté d'une frise d'uraei dressés
surmontant une corniche à gorge. Cette fois, la momie
couverte de bandelettes repose sur le dos, toujours sur un
lit en forme de félin : le processus de revivification
ne s'est pas encore produit.
Remarquons sous la couche la présence des attributs
(masculins) de la royauté : la couronne aux deux uraei,
différents types de sceptres, un flagellum, un sac
avec le signe de vie, un pagne shendjit (aux 3 pointes), la
massue hedj, etc.. (vue
4724 et vue 4733).
3)- Paroi du fond (Ouest)
Adoration de la barque solaire (vue
4719 et vue
4720). Cette fois le disque solaire repose sur le signe
hiéroglyphique de l’horizon ; on retrouve les
babouins en adoration. Deux personnages sont présents
dans la barque, un personnage masculin et un personnage féminin.
Le personnage féminin pourrait être la défunte
(chairs plus claires), accompagnée d’Horus.
Comme chez Tanoutamon, l'essentiel de la paroi est occupé
par des colonnes de texte largement effacées, sur un
fond bleu-verdâtre, et dont il n'existe ni relevé,
ni traduction, comme nous l'avons déjà signalé.
4)- Paroi Est
C'est celle que l'on découvre lorsqu'on se retourne
pour quitter la pièce. De chaque côté
de l'arche, nous trouvons les deux déesses chargées
de conduire le deuil de la reine, comme elles ont conduit
celui de leur frère Osiris.
A gauche, Isis (qui porte son nom en écriture hiéroglyphique
sur la tête) porte la main à la tête ;
elle apparaît ici en pleureuse divine, après
avoir procédé aux divers rituels funéraires
; elle conduit le deuil.
Sur le côté droit du passage, on trouve évidemment
Nephtys (vue
4730) qui conduit également le deuil.
Il est difficile de dire si les deux déesses sont accroupies
ou debout.
Au sommet, dans le cintre, nous retrouvons la scène
habituelle d’adoration de la barque solaire (vue
4731) par les cynocéphales.
Page réalisée par Thierry Benderitter
Texte par Raymond Betz et Thierry Benderitter
Photographies par Raymond Betz
© OsirisNet 2007 |
| Bibliographie
|
| -BARGUET
1967 : Le Livre des Morts des anciens Égyptiens,
Paul Barguet, Éditions du Cerf, Paris 1967
-CAILLIAUD 1826 : Voyage à Méroé,
au Fleuve Blanc, Frédéric Cailliaud
, 4 volumes, Paris 1826.
-DODSON 2004: The complete Royal Families of ancient
Egypt, Aidan Dodson et Dyan Hilton, Thames and Hudson,
London 2004, p. 236.
-DUNHAM 1950 : Royal Cemeteries of Kush - El Kurru,
Dows Dunham, Museum of Fine Arts, Boston (1950).
-GASM EL SEED 1985 : La Tombe de Tanoutamon à
El Kurru (KU.16), Revue d’Egyptologie n°36,
p. 67-72, Ali Ahmed Gasm el Seed (1985).
-KMT 2003: Revue KMT, A Modern Journal of Ancient
Egypt, Volume 14, n°2, été 2003,
Sebastopol, Californie, USA, p. 52.
-LEHNER 1997: The complete Pyramids, Mark Lehner,
Thames and Hudson, London 1997, p.194.
-LEPSIUS 1849 : Denkmäler aus Aegypten und
Aethiopien, Carl Richard Lepsius, 12 volumes, Berlin
1849-1859 et http://edoc3.bibliothek.uni-halle.de/lepsius
- texte vol. V - p.254-255, planches vol. I, partie
II p.122-123
http://edoc3.bibliothek.uni-halle.de/lepsius/textb.html
http://edoc3.bibliothek.uni-halle.de/lepsius/tafelwa1.html
-Porter & Moss: Topographical Bibliography of
Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Reliefs, and
Paintings, Bertha Porter and Rosalind Moss, Griffith
Institute, Oxford 1995, p. 195-198
-REISNER 1921 : The
Royal Family of Ethiopia, Museum of Fine Arts
Bulletin 19, p. 21-39 (pdf file)(1921)
-SFDAS
: site web de la Section Française de la
Direction des Antiquités du SOUDAN
La pyramide portant le n°3 est la plus grande
du site ; elle n’a pu être attribuée.
La tombe de Tanoutamon porte le n°1 (descenderie
couverte); on distingue très bien les restes
de sa pyramide (carré à la base du
toit de protection). La tombe de PiAnkhi (ou Piye)
est à gauche de la grande pyramide.
Deux sites intéressants sur la Nubie:
- Le célèbre site de Néfercoco : La
Nubie Antique
- Le site "Voyage
au pays des pharaons noirs" |
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