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La super équipe qui travaille depuis des années sur le site du Gebel el Silsila lance une souscription via la plateforme de crowdfunding Kickstater pour financer une fouille originale: qu'est ce qui a bien pu se passer pour que le temple de Sobek disparaisse ?
"L'archéologie au Gebel el-Silsila est vraiment passionnante. Nos fouilles nous ont sensibilisé au devenir d'un temple à Sobek démoli depuis longtemps. Nous cherchons à comprendre quand, comment et pourquoi le dieu crocodile et son édifice sacré ont été abandonné, ayant perdu les faveurs du clergé local et peut-être même celles du pharaon lui-même.
Nous partagerons nos découvertes avec vous au travers d'une publication richement illustrée écrite par notre équipe et avec des images étonnantes faites par nos photographes. Nous présenterons ainsi pour la première fois la fouille sur le site d'un temple, avec ses blocs de construction démantelés et détruits, ses fragments de décor et les objets de dévotions que nous y trouverons".

The Gebel el-Silsila Team is asking your help - they are raising funds (via Kickstarter) for their next campaign: looking for a temple of Sobek at the site.
"The archaeology at Gebel el-Silsila is astonishing and mind-blowing. With our excavation we are increasing awareness of a long lost temple, unveiling the secrets of when, how and why the crocodile-god and his sacred edifice was abandoned, no longer being in favour with the local (or domestic) priesthood and perhaps even the pharaoh himself.
We will share our discoveries with you through a beautifully illustrated publication written by our team and with stunning imagery produced by our photographers, presenting for the first time the excavations of a temple with its dismantled and destroyed building blocks, fragments and artefacts of devotions still preserved inside of it, dumped into its western part".
And the team concludes: "Sobek, make yourself ready, hear our call, here we come!"

Les squelettes du grand sarcophage d'Alexandrie: 2 hommes, 1 femmeSkeletons from huge Egyptian sarcophagus are two men, one woman

Photos: Egypt Ministry of Antiquities

Dans la newsletter du mois dernier, j'avais rendu compte de l'ouverture - très attendue mais très décevante - du grand sarcophage en granit noir trouvé à Alexandrie. Il ne contenait que de l'eau rougeâtre et nauséabonde provenant d'un égout, dans laquelle baignaient les os désolidarisés de trois squelettes. La couleur particulière de l'eau était due à la décomposition des bandelettes et autres tissus dans l'eau d'égout.
Le Ministère des antiquités vient de publier une mise au point:
► le premier squelette appartient à une femme âgée de 20 à 25 ans, avec une taille d'environ 160 à 164 cm.
►Le deuxième appartient à un homme âgé de 35 à 39 ans, avec une taille comprise entre 160 et 165,5 cm.
► Le troisième squelette est celui d'un homme âgé de 40 à 44 ans, de haute taille, entre 179 et 184,5 cm. Il existe une cavité osseuse à la partie postérieure droite du crâne, correspondant à la cicatrice d'une de 17 mm de large qui révèle que le personnage a survécu un certain temps avec cette cavité
. Les inhumations à l'intérieur du sarcophage se sont probablement déroulées en deux phases consécutives, puisque les corps ont été posés les uns sur les autres.
L'équipe a également trouvé trois feuilles d'or avec des dessins. Leur signification est encore obscure, mais Jack Ogden, le président de la Society of Jewellery Historians a accepté de faire quelques commentaires. L'un des dessins est un serpent qui n'a pas de capuchon, a dit Ogden, ce qui se rencontre souvent dans les bijoux égyptiens. Les serpents sans capuchon "ont une connotation de renaissance - ils perdent leur peau - et sont donc parfaits dans un contexte funéraire". Les serpents sans capuchon "étaient apparemment liés à la déesse Isis".
Un autre dessin montre une branche de palmier ou un épi de maïs, deux motifs communs "liés à la fertilité et à la renaissance".
Le dessin le plus énigmatique montre peut-être la capsule d'un pavot à opium dans une chapelle.

In last month's newsletter I reported on the much anticipated but very disappointing opening of the large black granite sarcophagus found in Alexandria. It contained only reddish and nauseating water from a sewer, in which the bones of three skeletons floated uncoupled. The strange color of the water resulted from the mixing of the sewage water with the remains of the decomposed skeletons' wrappings.
The Ministry of Antiquities has just published an update:
► the first skeleton belongs to a woman between the age of 20 to 25 years, with a height around 160 to 164 cm.
►The second one belongs to a man between the age of 35 to 39 years, with a height ranging between 160 to 165.5 cm.
► The third skeleton belongs to a man between the age of 40 and 44 years and its height was between 179 to 184.5 cm. Studies on the right bone located on the back right of the skull shows a rounded healed cavity of 17 mm wide () which reveals that the character has survived a long period of time with this cavity, which thus was the result of a trepanation.

Most probably the burying processes inside the sarcophagus were carried out on two consecutive phases, as every skeleton was found on top of one another.
The team also found three sheets of gold with drawings. Their signification is still obscure, but Jack Ogden, the president of the Society of Jewellery Historians, made the following comments. One of the drawings is a snake that doesn't have a hood, Ogden said, noting that this is commonly seen in Egyptian jewelry. Unhooded snakes "had connotations of rebirth — they shed their skin — and thus [are] perfect in a funerary connection," said Ogden. Unhooded snakes "were seemingly connected with the goddess Isis".
Another drawing shows a palm branch or ear of corn, both of which are common motifs "related to fertility and rebirth," Ogden said.
The most enigmatic drawing show what may be the seed pod of an opium poppy within a shrine, although Ogden emphasized that he cannot be certain what the drawing shows.

Le plus ancien (?) fromage du monde trouvé à Saqqara. N'en mangez pas !'Cursed' Mummy Cheese Might Be the World's Oldest

Photo: Université de Catane

Vous êtes frustré de n'avoir pas pu boire le jus rougeâtre contenu dans le grand sarcophage découvert à Alexandrie ? Vous êtes impatient de pouvoir goûter "le plus ancien" fromage du monde que des archéologues de l'université de Catane viennent de retrouver dans une tombe du Nouvel Empire à Saqqara ? Je ne vous le conseille pas, il est contaminé...!
Le fromage en question a été découvert dans la tombe de Ptahmes, ancien maire de Memphis et haut fonctionnaire pendant les règnes de Sethy I et de Ramsès II (XIIIe siècle av. J.-C.) parmi une grande cachette contenant des jarres d'argile brisées (El-Aguizy O., BIFAO 2010, 110, 13-34 et Staring N., BIFAO 2015, 114, 455-518). À l'intérieur d'une des jarres cassées, ils ont remarqué une "masse blanchâtre solidifiée", poudreuse. À côté se trouvait un morceau de tissu probablement utilisé pour recouvrir et protéger le contenu de la jarre. La texture de ce tissu suggère que la nourriture qu'il protégeait était solide lorsqu'elle a été enterrée aux côtés de Ptahmes il y a quelques 3300 ans ; en d'autres termes, la trouvaille n'était probablement pas un pot de lait avarié.

La caractérisation protéomique biomoléculaire de cet échantillon archéologique montre que la substance est un produit laitier obtenu en mélangeant du lait de brebis/chèvre et du lait de vache.

Pour les biochimistes, c'est probablement le plus ancien résidu archéologique de fromage trouvé à ce jour.
Mais est-ce vraiment le cas ?
Selon Bettina Arnold, professeur au Département d'anthropologie de l'Université du Wisconsin-Milwaukee, qui n'a pas participé à l'étude, "la façon dont on définit le "fromage" par rapport aux autres types de produits laitiers fermentés (le yaourt, le kéfir...) doit être prise en compte (....) techniquement, un "fromage" découvert dans deux momies féminines au Xinjiang, en Chine, en 2014 serait plus vieux.
Autre surprise, la présence dans la masse fromagère de Brucella melitensis, une bactérie qui est responsable de la Brucellose.

La détection, effectuée à l'aide d'un peptide spécifique, fournit une preuve biomoléculaire directe "convaincante" de la présence de cette infection au cours de la période Ramesside, pour laquelle on ne disposait que de données paléopathologiques indirectes. Pour mémoire, la brucellose était très présente à l'époque romaine : un cinquième des squelettes retrouvés à Herculanum, ensevelis suite à l'éruption du Vésuve de 79, en portaient des traces.

Researchers from the University of Catania (Italy) have discovered in 2013-14 in Saqqara the "world's oldest" cheese, and it is contaminated...! The discovery was made inside the tomb of Ptahmes, former mayor of Memphis and a high-ranking official during the reigns of Seti I and Ramesses II (13th century B.C, thus, about 3,300 years old) among a large cache of broken clay jars (El-Aguizy, O., BIFAO 2010, 110, 13−34 ; Staring, N., BIFAO 2015, 114, 455–518). Inside one of the fragmented jars, they noticed a powdery, "solidified whitish mass". Nearby, they found a scrap of canvas fabric that was likely used to preserve and cover the ancient blob of food. The texture of this fabric suggested that the food had been solid when it was interred alongside Ptahmes a few millennia ago — in other words, the find probably wasn't a jar of ancient spoiled milk.
Biochemists said it was probably the oldest archeological solid residue of cheese ever found to date. The biomolecular proteomic characterization of this archeological sample shows that the constituting material was a dairy product obtained by mixing sheep/goat and cow milk.

Moreover, the presence of Brucella melitensis, a bacterium responsible for Brucellosis (aka Malta Fever), has been found in the sample. The disease is commonly spread from animals to humans through unpasteurized milk and contaminated meat. The detection has been attested by specific peptide providing a reasonable direct biomolecular evidence of the presence of this infection in the Ramesside period, for which only indirect paleopathological evidence has been so far provided (Pappas, G.; Papadimitriou P., Int. J. Antimicrob. Agents 2007, 30, 29−31 ; Bourke, J. B.; Medical History 1971, 15 (4), 363–375).
But is this the oldest cheese ever found?
According to Bettina Arnold, a professor in the Department of Anthropology at the University of Wisconsin-Milwaukee, who was not involved in the study, "How one defines 'cheese' as distinct from other forms of fermented milk products, such as yogurt, kefir" is important when discussing this issue [...] technically a "cheese" discovered in the burial of female mummies in Xinjiang, China, in 2014 is older.

L'homosexualité dans l'antiquitéHomosexuality in the Ancient World

Photos : J. Bodsworth & T. Benderitter

Une mise au point courte mais intéressante sur ce qu'on sait des sexualités "alternatives" en Grèce, à Rome et en Égypte.
La conception moderne de la sexualité repose sur une catégorisation stricte des désirs personnels - hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, pansexualité, etc. Dans le monde antique, ces mots n'existaient pas et les concepts qu'ils sous-tendent n'étaient pas nécessairement analogues aux notres.
Les attitudes envers l'homosexualité dans l'histoire récente ont influencé la manière dont nous percevons la sexualité dans le monde antique. Les premiers historiens et archéologues considéraient les sexualités alternatives à travers le prisme de leurs propres codes sociaux, et leur discours sur ce sujet était souvent embarrassé et formulé à l'aide d'euphémismes (quand le sujet n'était pas tout simplement occulté). Depuis, des progrès importants ont été faits, mais le vécu des sexualités alternatives de l'antiquité reste largement méconnu.
C'est particulièrement vrai dans l'Égypte ancienne, où les documents écrits sur ce sujet sont quasiment inexistants. Sur la question de l'homosexualité, c'est le mastaba de Niankhkhnoum et Khnoumhotep, à Saqqara, qui est considéré comme une preuve par certains. On y trouve une représentation des deux hommes face à face, enlacés et semblant près de s'embrasser, pose la plus "osée" permise par le canon du décor égyptien. Cependant, il ne s'agit aucunement d'une preuve et cette représentation peut correspondre à celle de deux frères jumeaux, tous deux manucures du roi Nyouserrê, très proches l'un de l'autre ici-bas et qui voulaient le rester dans l'au-delà (et désirant peut-être aussi diviser en deux le prix de la tombe…). À supposer même qu'il s'agisse d'une relation homosexuelle entre les deux hommes, le mastaba ne nous apprend finalement pas grand chose sur cette sexualité alternative.


The modern conception of sexuality relies on a strict categorisation of sexual appetites and personal desires – heterosexuality, homosexuality, bisexuality, pansexuality, etc. In the ancient world, however, these words did not exist and the concepts they represent were not necessarily analogous to our modern understanding of sexuality.
Attitudes towards homosexuality in recent history have coloured the perspective through which we view the nature of sexuality in the ancient world. Early historians, archaeologists and antiquarians viewed notions of alternate sexual identity through the lens of their own social mores, and their discussion of these sexual identities was often stilted and couched in euphemism (when it wasn't downright ignored).
Modern scholarship has done a great deal to explore the history of sexual identities in ancient cultures and, though progress is slow, there is now a wider consensus on the existence of alternate sexual practices in the ancient world. Despite this, the application of modern labels to sexual identities in antiquity still provides an inadequate exploration of the lived sexual identities of ancient peoples.
Attitudes towards same-sex relationships in ancient Egypt are hotly debated due to a lack of surviving literary evidence. Perhaps the most famous case study regarding Egyptian homosexuality is the tomb of Khnumhotep and Niankhkhnum, two Overseers of Manicurists in the Palace of King Nyuserre. The two men were buried together in a joint tomb at Saqqara, and have been considered by some scholars to be the first recorded same-sex couple in history. A great deal of this argument is based on the interpretation of tomb decoration showing the two men standing nose-to-nose and embracing, the most intimate pose allowed by the decorum of Egyptian art. The dearth of solid evidence provides space for a great deal of supposition, but unfortunately such supposition tells us little of use about the practicalities of ancient Egyptian engagement and understanding of same-sex relationships and alternative sexual desires.

Les premières momies seraient beaucoup plus anciennes que ce que l'on croyaitAncient Egyptians Were Making Mummies Much Earlier Than Thought

Photo: Stephen Buckley/University of York

La momie S. 293 est le plus ancien corps conservé au Musée égyptien de Turin, où il est entièrement visible, enroulé en position fœtale. On a longtemps pensé qu'elle avait été conservée naturellement, préservée par l'action du sable chaud et sec du désert. En fait, le corps présentait des traces de produits chimiques qui seront couramment utilisés dans la momification 2500 ans plus tard.
Stephen Buckley, de l'Université de York, a montré que la momie avait sur la peau des traces d'huiles végétales et animales, d'extraits de plantes aromatiques, de gomme végétale et de résine de pin. L'analyse est superposable à celle d'une découverte similaire faite en 2014 sur des textiles funéraires datant de 4300 avant J.-C. Le même mélange d'ingrédients sera également retrouvé sur des momies préparées des milliers d'années plus tard.
De plus, "cette recette d'embaumement était utilisée non seulement sur un site, mais dans toute l'Égypte", explique Buckley. "Cela suggère qu'il y a eu suffisamment d'interactions interculturelles et d'échanges d'idées pour que cette recette puisse être utilisée dans une vaste zone du sud de l'Égypte, avant la constitution d'un État égyptien.
La plus grande différence entre les pratiques de momification préhistoriques et celles des périodes ultérieures est l'introduction de tombes fermées. L'ancienne recette d'embaumement n'était alors plus suffisante pour arrêter la décomposition. Pour résoudre ce problème, les embaumeurs ont développé la pratique d'enlever les organes du mort et de plonger le corps dans le natron afin d'extraire toute l'humidité des tissus.

A mummy that was long thought to have been naturally preserved showed traces of compounds that were commonly used in Egyptian mummification 2500 years later. Mummy S. 293 is the earliest preserved body in the Egyptian Museum in Turin, where it is fully visible, curled in a fetal position. The body has been classified as 'natural' mummy, preserved through the action of the hot, dry desert sand.
Stephen Buckley of the University of York, revealed signs of an embalming recipe on the mummy, suggesting its preservation was no accident of nature. Buckley and his colleagues found the mummy had traces of plant and animal oils, aromatic plant extracts, plant gum and pine resin. The analysis matches a similar finding in 2014 when Buckley's team got their hands on funerary textiles dating from 4300 B.C. They found the combination of ingredients found on the Turin mummy and on mummies prepared thousands of years later. "This embalming recipe was being used not just at one site, but across Egypt," says Buckley. "It's suggesting that there was enough cross-cultural interaction and exchange of ideas to allow this common embalming recipe to be used in the southern parts of Egypt over some distance before there was an Egyptian state.
The biggest differences between the mummification rituals of prehistoric Egyptians and those of later periods is the introduction of sealed tombs. The ancient embalming recipe wouldn't have been enough to halt decomposition in a closed stone box. For that, embalmers developed the practice of removing the organs from the deceased and coating the body inside and out with natron, to draw all moisture from the tissues.

Découverte de 2 stèles (?) ptolémaïques à Kom OmboArchaeological mission studies 2 ancient pieces discovered in Kom Ombo

Photos : Egypt Ministry of Antiquities

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les informations autour de cette découverte sont rares et imprécises. Les deux monuments mesurent 2 m de haut et sont en grès.
► Le premier est cintré, avec un disque solaire à sa partie haute. On y trouve le roi Ptolémée XII, son épouse Cléopâtre V et leurs filles, ainsi que 29 lignes de texte hiéroglyphique.
► Le second concerne également Ptolémée XII, qui assomme un prisonnier devant une divinité. On trouve aussi un texte de 29 lignes en hiéroglyphes et un autre de 33 lignes en démotique.

The least we can say is that the information around this discovery is rare and imprecise. Both monuments are said to be 2 m high and made of sandstone.
► The first one is curved, topped with a solar disk. It shows King Ptolemy XII, his wife Cleopatra V and their daughters, and 29 lines of hieroglyphic text.
► The second also concerns Ptolemy XII, who smites a prisoner in front of a divinity. There is also a text of 29 lines in hieroglyphics and another of 33 lines in demotic.

Le radiocarbone permet la datation absolue des carbonates de plomb dans les cosmétiques antiquesAbsolute dating of lead carbonates in ancient cosmetics by radiocarbon

Abstract : Le carbonate de plomb est l'un des principaux composés qu'étudient l'art et de l'archéologie, car il est utilisé dans la peinture et les cosmétiques depuis l'Antiquité. La datation au radiocarbone par spectrométrie de masse avec accélérateur est généralement appliquée aux restes organiques. Ici, nous l'étendons au carbonate de plomb, un matériau inorganique. Nous démontrons que les carbonates de plomb peuvent être datés. Nous montrons également que les poudres de maquillage naturelles et manufacturées peuvent être discriminées par le radiocarbone. Nous trouvons que la cérusite utilisée pour les cosmétiques était un minéral naturel pendant le Royaume d'Egypte et ensuite un composé synthétisé fabriqué par les Grecs de l'Antiquité. De plus, nous confirmons que la phosgénite a été produite artificiellement par les Egyptiens il y a environ 3500 ans. Nos résultats confirment l'expertise des anciens Egyptiens et des Grecs dans la synthèse chimique des cosmétiques. La détection du radiocarbone dans le carbonate de plomb est très prometteuse pour l'histoire de l'art et fournit un nouvel outil pour l'authentification des peintures par la datation du pigment blanc de plomb.

Abstract: Lead carbonate is one of the major compounds of art and archeology used as an ingredient in paint and cosmetics since Antiquity. Accelerator mass spectrometry radiocarbon dating is usually applied to organic remains. Here we extend radiocarbon dating to lead carbonate, an inorganic material. We demonstrate that lead carbonates can be dated. We also show that natural and manufactured make-up powders can be discriminated by radiocarbon. We find that cerussite used for cosmetics was a natural mineral during the Egyptian Kingdom and then a synthesized compound manufactured by the ancient Greeks. Furthermore, we confirm that phosgenite was artificially produced by the Egyptians about 3500 years ago. Our results confirm the expertize of ancient Egyptians and Greeks in the chemical synthesis of cosmetics. The detection of radiocarbon in lead carbonate holds great promise for art history and provides a new tool for the authentication of paintings by dating the lead white pigment.

Nouvelle publication : La chambre de khephren-Analyse architecturale

Après "la chambre de Chéops", "la chambre de Meidoum", "la chambre de Snefrou", Gilles d'Ormion et Jean-Yves Verd'hurt viennent de publier "la chambre de Chephren" aux éditions Actes Sud.
La pyramide de Khephren est étudiée ici d'un point de vue strictement architectural, qui a l'avantage d'offrir une prise concrète à l'analyse. Après avoir évoqué le contexte architectural de l'époque, les auteurs abordent le problème de la construction de la pyramide de Khephren. Évitant les grandes théories, ils relèvent des détails qui prouvent un processus d'édification des pyramides en plusieurs phases. Au cours de cette enquête captivante, les indices s'accumulent, jusqu'à ce rebondissement: l'élément principal, preuve du caractère funéraire de la chambre supérieure, se révèle être une contre-preuve!
Afin de sortir de l'impasse après ce constat surprenant, les auteurs infléchissent leur recherche en procédant par analogie avec d'autres cas comparables, ce qui leur permet d'assembler une à une les pièces manquantes du puzzle. De cette façon, ils parviennent à établir la probabilité de l'existence d'une chambre inconnue et à déterminer l'emplacement de son accès.
Ils ont alors entrepris de vérifier leurs conclusions en ayant recours à la microgravimétrie et au radar géologique. La concordance des résultats obtenus par ces deux procédés différents valide les conclusions de l'analyse architecturale avec un fort degré de probabilité.
Malgré son caractère technique, ce livre est tout public. Ces travaux éclairent de données fondamentales le processus de construction des pyramides et donnent à penser que des chambres funéraires inviolées se trouvent peut-être encore dans quatre d'entre elles.

Les Pass en ÉgypteThe Pass in Egypt

Merci à Daniel Berubbe pour ces informations pratiques, qui ne nécessitent pas de commentaires.

Thanks to Daniel Berubbe for this practical information, which does not require comments.